Un coup d'œil au découpage

Vous savez ce qui fait du Trait-Carré un endroit unique? Son aménagement et sa commune. Des traits distinctifs qui méritent que l’on s’y attarde. Gros plan sur le territoire!

Un aménagement d’inspiration italienne

Le Trait-Carré tient son originalité de l’aménagement de son territoire. Le découpage des terres en étoile est une initiative des Jésuites. Ces derniers se sont inspirés de Palmanova, première ville italienne édifiée selon ce modèle en 1593. Cette ville fortifiée a la forme d’un cercle. Ses rues rayonnent du centre vers la périphérie.

Des terres en trapèzes irréguliers

Les Jésuites optent donc pour le modèle radian qu’ils adaptent au territoire de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges. Le plan compte 40 terres en forme de trapèzes irréguliers qui aboutissent à un carré central appelé « commune ». Sur chacun de ses côtés, le carré peut accueillir 10 terres mesurant chacune un demi-arpent de front (24 mètres environ) et s’élargissant jusqu’à 4 arpents en profondeur. Le centre de la commune comprend aussi un emplacement où seront installés une église, un presbytère et un cimetière.

Une commune hors du commun

La commune tout au centre du village se révèle un élément original du Trait-Carré de Charlesbourg. Habituellement, elle est plutôt située à la périphérie des établissements. Les Jésuites ont répondu à une demande des habitants qui voulaient un espace commun pour faire paître leurs bêtes. Pour utiliser la commune, les habitants paient une rente annuelle et doivent clôturer la partie de leur terre qui borde la commune. Ils doivent aussi bâtir leur maison dans le premier tiers de leur terre. Ainsi, tout le monde s’installe près de la commune, mais tout en demeurant sur sa propre terre. C’est ce que l’on nomme la « règle du tiers ».

Le cœur du Trait-Carré

En 1708, des mésententes sur l’utilisation de la commune surviennent. On suggère aux habitants du Trait-Carré de diviser cet espace. Cependant, il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle avant que le démembrement de la commune ait lieu. La plupart des habitants reçoivent alors leur part. Leur terre est prolongée vers le centre. Les terres du sud de la commune, elles, sont divisées en plus petites parts de formes rectangulaires et trapézoïdes. On veut permettre au plus grand nombre possible de personnes de s’y établir. Au XIXe siècle, l’espace qu’occupait la commune regroupe désormais le centre des activités commerciales, institutionnelles et religieuses du Trait-Carré.

Le rang, le canton et l’aménagement huron

Aux environs du Trait-Carré, on observe, au XIXe siècle, d’autres types d’aménagement du territoire. Il y a d’abord le découpage en rangs introduit au début de la colonisation. Les terres forment de longues bandes étroites qui partent du fleuve ou d’un cours d’eau principal. Les habitations sont éloignées les unes des autres, mais tout le monde a accès à l’eau. Puis, le découpage en cantons apparaît après la Conquête. Les terres prennent la forme de quadrilatères divisés à la façon d’un damier, comme le canton de Stoneham. Enfin, les Hurons de Wendake, village situé au nord de la ville de Québec, ont aménagé leur territoire de façon spontanée, sans plan déterminé. Dans les faits, ils se sont établis pour être en harmonie avec la géomorphologie des lieux. Les rues sont très sinueuses à l’image de la rivière Saint-Charles qui borde le village.

À la façon des Hurons

Le type d’aménagement du territoire chez les Hurons témoigne de leur respect pour les éléments de la nature. De plus, les maisons huronnes sont très rapprochées les unes des autres. Souvent, elles ne disposent pas de cour intérieure. On laisse ainsi une large place à l’espace public pour favoriser les échanges entre les membres de la communauté.