Un milieu en ébullition

Les temps changent au Trait-Carré et le décor aussi. Vous imaginez? En un siècle et demi, la bourgade de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges est devenue une municipalité en constante évolution. On y construit de nouveaux bâtiments. Des commerces ouvrent leurs portes. Des écoles accueillent de plus en plus de jeunes. Voyez comment le XIXe siècle est riche de mille nouveautés dans ce village de la paroisse de Charlesbourg!

Quand Trait-Carré rime avec croissance

L’économie en plein essor, la population qui augmente, les constructions qui se multiplient... Au XIXe siècle, le Trait-Carré se révèle le village le plus populeux de la paroisse de Charlesbourg. Le nombre de maisons passe de 40 en 1815 à 59 en 1831, puis à 89 en 1851.

Une nouvelle église

L’église ne suffit plus à accueillir les nombreux fidèles. En 1827, on en construit donc une nouvelle, toujours en pierre mais plus spacieuse. Pendant quelques années, les deux églises paroissiales se partagent le centre du Trait-Carré. L’ancienne église sera démolie en 1835. Cinq ans plus tard, on aménage un cimetière sur le site de l’église disparue.

Le changement de régime

En vigueur depuis le début de la colonie, le régime seigneurial cède peu à peu la place au régime municipal. La municipalité de Charlesbourg est créée en 1845. Elle comprend un centre institutionnel et commerçant au cœur de la communauté, c’est-à-dire au Trait-Carré.

Davantage de services, davantage de commerces

La population profite désormais de nouveaux services. Le premier bureau de poste de Charlesbourg ouvre ses portes en 1853 au Trait-Carré. Dorénavant, les villageois n’ont plus à se rendre à Québec pour envoyer ou récupérer leur courrier. De plus, le magasin général de Jacques Verret offre, dès 1856, tout un éventail de produits aux habitants. De nombreux artisans comme des forgerons, des charrons et des cordonniers s’installent également au centre du village.

Un nouveau presbytère

En 1875, on remplace l’ancien presbytère par un nouveau bâtiment qui s’harmonise avec l’église en pierre. Le centre religieux du Trait-Carré prend forme. Il compte une église, un cimetière et un presbytère.

La maison-école, le couvent et le collège

Le Trait-Carré s’impose peu à peu comme lieu d’apprentissage. Au début du XIXe siècle, le curé Antoine Bédard enseigne le latin et le français aux jeunes garçons. À sa mort, il lègue sa propriété à la communauté pour favoriser la création d’une maison-école au Trait-Carré. Ce projet voit le jour en 1845. Des institutrices donnent alors des cours aux garçons et aux filles dans l’ancienne maison du curé Bédard.

À partir de 1880, les Sœurs du Bon-Pasteur enseignent aux jeunes filles de Charlesbourg à l’étage de la maison-école. Les garçons, eux, vont en classe au rez-de-chaussée. Bientôt, cette maison est trop petite pour accueillir tous les enfants de la paroisse de Charlesbourg.

On construit donc un couvent qui ouvre ses portes en 1883. L’administration du bâtiment est confiée aux Sœurs du Bon-Pasteur qui prennent en main l’enseignement des filles. Pour leur part, les garçons continuent de fréquenter la maison-école jusqu’en 1903. Cette année-là, le collège Saint-Charles dirigé par les Frères Maristes ouvre ses portes au centre du Trait-Carré.