Extraits du journal de Jacques-Ferdinand Verret

Journal de Jacques-Ferdinand Verret

Sur le chemin Saint-Pierre...

N'ayant encore remarqué aucune jeune fille à laquelle j'aurais pu demander de vouloir bien me permettre de lui offrir une promenade sur cette route que l'on pourrait appeler la promenade des amoureux, je rentre chez moi. »
Jacques-Ferdinand Verret

Sur l'aménagement du territoire du village huron...

« Nous avons visité le village où ils sont tous groupés et où commandent les chefs de la nation. Leurs maisons sont toutes séparées les unes des autres comme des tentes et on a le droit de passage autour des bâtisses. Leurs noms de famille sont tous des noms de saints, tels que Vincent, Noé, Maurice, Gros-Louis, Bastien, etc. »
Jacques-Ferdinand Verret

Sur les fréquentes visites aux marchés...

« Aller au marché, voilà un usage propre aux habitants voisins de Québec et passé dans leurs mœurs. Charlesbourg, Beauport et Saint-Ambroise sont bien les trois paroisses dont les habitants fréquentent le plus régulièrement les marchés. »
Charles Trudel, 1886

Sur la médecine de l'époque...

« Suis allé chez Fiset, rue Saint-Jean, Québec, qui m'a ramanché le bras droit qui avait été mal ramanché, il y a deux mois et demi, par Joseph Beaumont, Charlesbourg. Il m'a fait beaucoup souffrir. »
Jacques-Ferdinand Verret

« J'ai été beaucoup indisposé aujourd'hui pour avoir bu de l'eau froide hier soir avant de me coucher. J'ai été mal à mon aise toute la journée, quoique je sois resté à mon ouvrage toute la journée, mais ce soir je me mets au lit avec, sans aucun doute, une inflammation d'intestins [...] Par les soins habiles de ma mère, je me trouve joliment mieux, mais il a fallu beaucoup me réchauffer pour chasser le froid que j'avais attrapé. »
Jacques-Ferdinand Verret

Sur les activités du docteur Grondin

« Je me rends chez le docteur Grondin ce midi pour me faire extraire une dent. Il me dit qu'elle est creuse et que la mâchoire, qui, certainement, se brisera, en essayant de l'extraire, prendra plus de temps à guérir que la dent elle-même à se gâter complètement et à tomber. »
Jacques-Ferdinand Verret

« J'ai fait une chute malheureuse, ce soir. Vers 5 heures, j'étais dehors devant la maison sur un endroit recouvert de plusieurs pouces de glace lorsque le chien, le favori de la famille, venant à toute vitesse à la poursuite de deux cochons, surpris en flagrant délit de promenade intempestive sur notre propriété, me heurta en passant et me fit tomber en me faisant faire un demi-tour, ce qui me plut assez médiocrement lorsque je vis que j'étais venu près de m'évanouir et que ce n'était qu'à la suite de beaucoup de difficultés que j'avais réussi à me remettre sur les pieds, tout en ressentant des douleurs très vives à la jambe gauche et particulièrement au genou. »
T1, p. 300

Sur les mœurs religieuses...

« Le curé de cette paroisse, trouvant que l'office du mois de Marie, ayant lieu à 7 heures p.m., occasionnait des rencontres fréquentes de jeunes garçons et de jeunes filles et ne trouvant rien de bien religieux dans les promenades par couple qui ne manquaient pas de se former à la sortie de l'église, a décidé que cet office aurait lieu immédiatement après les vêpres les dimanches et la semaine à 7 heures a.m. comme auparavant. »
Jacques-Ferdinand Verret

Sur la bénédiction paternelle...

« Après avoir reçu la bénédiction et les meilleurs souhaits de mon père et de ma mère, mes frères, mes sœurs et moi, nous buvons à leur santé [...] je suis heureux d'être béni solennellement une fois par an par mon excellent père, par ma sainte mère. »
Jacques-Ferdinand Verret

Sur les lieux de rendez-vous quotidiens...

« Depuis un mois, nous jouons, au magasin, aux dames. Je joue assez bien à ce jeu et je suis un des plus forts des habitués qui viennent tous les soirs quand ils le peuvent, et surtout Louis Villeneuve qui vient veiller ici au moins cinq fois par semaine. »
Jacques-Ferdinand Verret

« Après la messe, après vêpres, au bureau de poste, rendez-vous hebdomadaire. Un grand nombre de jeunes gens sont au poste d'observation, où les jeunes filles qui ont affaire au bureau de poste sont obligées de passer. »
Jacques-Ferdinand Verret

Sur les échanges culturels...

« Harry Montgomery, montant chez lui seul en buggy, m'offrit de monter dans sa voiture, ce que j'acceptai. Je sautai dans sa voiture et nous filâmes jusqu'au couvent, où je descendis de sa voiture. Il faisait parfaitement noir. La conversation roula tout le temps en anglais, sur les incidents du jour et surtout sur les jeunes filles qui résident près de cette route et dont il connaît quelques-unes. »
Jacques-Ferdinand Verret

Sur les étrangères...

« J'ai réellement un faible pour les jolies étrangères et je suis vraiment désolé que mon cœur ne s'émeuve pas avec autant de facilité et de persistance à la vue d'une jolie Canadienne [...] Qui peut dire d'avance où l'amour le conduira? »
Jacques-Ferdinand Verret

« Ce soir vint au magasin une certaine demoiselle de Québec, dont les parents nommés Small ont une villa au lac Beauport. C'est une belle jeune fille dont le parler, le geste, les manières ont quelque peu capturé mon attention pendant les quelques minutes que je me suis entretenu (d'affaires commerciales) avec elle. Aurais-je un faible pour les jeunes filles qui ne sont pas de mes compatriotes? »
Jacques-Ferdinand Verret

Sur les modes estivales...

« Ma sœur Sarah m'a fait un bonnet à la mode du jour et que je commencerai à porter ce soir, après vêpres. Ce bonnet-là a été inauguré à Charlesbourg, cet automne, par les demoiselles étrangères qui viennent passer ici la belle saison. Un mois après, la mode s'en répandit un peu partout et aujourd'hui, elle est générale tant à la ville qu'aux environs. Ce bonnet se vend depuis 50 cents à 2 dollars. Les communs, ceux qui sont le plus portés, sont faits en laine noire, brune ou violette, quelques-uns en ont même de rouge et brun, et rouge et violet, etc. Tous les jeunes gens en ont et cela fait assez bien à un homme. Quelques jeunes filles en ont aussi, mais chacun trouve que cette coiffure ne leur convient pas à moins qu'elles soient quelque peu coquettes et jolies. Ce bonnet est fait sous la forme du scotch cap, seulement qu'il n'y a pas de pendant de ruban en arrière comme ce dernier et que le bouquet est bien plus gros. »
Jacques-Ferdinand Verret