Une justice spectaculaire

Illustration d'un bourreau 32 Ko

Sur la place publique de la ville, on annonce, à grands roulements de tambour, que le coupable d’un crime y recevra sa sanction. Les curieux accourent pour assister à ce spectacle impressionnant.

Image d'un document d'une sentence 148 Ko
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En effet, aux 17e et 18e siècles, l’emprisonnement ne constitue pas une véritable forme de punition. Les méfaits les plus graves sont plutôt punis par des châtiments corporels, exécutés devant la population pour en faire un exemple. Les autorités entendent ainsi briser toute envie que le délit se reproduise.

La Cour contre la Corriveau

Illustration de La Corriveau dans sa cage de fer 52 Ko

Le 15 avril 1763, la cour martiale britannique déclare Marie-Josephte Corriveau (1733-1763) coupable du meurtre de son 2e mari. Elle la condamne à être pendue et exposée pendant un mois dans une cage de fer à la vue et au su de tous, un châtiment inhabituel en Nouvelle-France.

La tragique histoire de « la Corriveau » a marqué l’imaginaire populaire. Son histoire s’est enrichie au fil du temps de faits plus ou moins réels. La légende raconte que certaines nuits, à l’île d’Orléans, la Corriveau terrorisait les passants… bien après sa mort.

Crimes et châtiments

Photo d'un carcan 20 Ko
Illustration d'un carcan 8 Ko

Chaque délit entraîne une sanction. Dans la première moitié du 18e siècle, les délits majeurs prennent la forme de crimes contre la personne, comme la violence verbale ou physique, et de crimes contre les biens, tels le vol, le recel, les incendies criminels. L’ivresse publique, le faux monnayage, la sédition - des crimes de lèse majesté- figurent également au nombre des crimes de l’époque, en plus des crimes contre les mœurs comme l’inceste et la prostitution.

Les juges condamnent les délinquants à payer une amende ou à faire des excuses publiques, notamment. Pour les crimes les plus graves, les coupables risquent d’être soumis au carcan, flagellés, marqués au fer rouge ou même pendus.

Des maisons d’arrêt

Illustration d'un cachot 4 Ko

Aux 17e et 18e siècles, les villes de Québec, Montréal et Trois-Rivières utilisent comme prison des édifices existants, parfois même des maisons privées ou des casernes militaires. Les conditions de détention sont horribles dans ces pièces insalubres, malodorantes, mal équipées.

La prison n’est le plus souvent à cette époque qu’une maison d’arrêt où on retient un accusé jusqu’à ce que sa sentence soit rendue. C’est au cours du 19e siècle que la maison d’arrêt est devenue une prison ou un pénitencier, c’est-à-dire un lieu où les contrevenants sont privés de liberté pour un certain temps afin d'expier les crimes qu’ils ont commis.