Surveillance au quotidien

Image d'un exercice du boulet 148 Ko

La prison doit assurer la sécurité publique en enfermant les délinquants et en évitant les évasions. L’aménagement des prisons est conçu de manière à faciliter la ségrégation des prisonniers, leur isolement, la surveillance de leurs faits et gestes.

Au 18e siècle, le rôle des officiers de prison consistait à ouvrir et fermer les portes. Au 19e siècle, les postes de travail se spécialisent. Le personnel correctionnel doit surveiller, encadrer et réformer le prisonnier. Il a pleine autorité pour ce faire.

Gardien de prison : une fonction en évolution

Photo de Renée Gobeil 39 Ko

Jusque dans les années 1950, le gardien de prison assurait la surveillance des détenus et appliquait le règlement. Par la suite, son rôle s’est transformé. On demande maintenant à l’agent correctionnel, comme on appelle désormais le gardien, d’aider les détenus dans leur démarche de réinsertion sociale. Qu’est-ce qui motive aujourd’hui les jeunes à étudier pour travailler dans ce milieu? Renée Gobeil enseigne aux futurs agents correctionnels; elle dresse un portrait du rôle en évolution du gardien de prison et répond à cette question.

Après un diplôme d’études collégiales en Techniques correctionnelles (maintenant appelé Techniques d’intervention en délinquance), un baccalauréat en criminologie et un certificat en toxicomanie, Renée Gobeil a travaillé plusieurs années aux Services Correctionnels du Québec, notamment comme agente de probation, où elle a assuré le suivi de personnes faisant l’objet d’une surveillance en probation ou dans le cadre d’un emprisonnement avec sursis ainsi que celles en libération conditionnelle. Elle enseigne maintenant au Cégep Ahuntsic en Techniques d’intervention en délinquance et en Techniques policières.

Entrevue avec Renée Gobeil

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Version accessible de l'entrevue

Geôliers de père en fils

Photo de la résidence du directeur de Kingston 64 Ko
Photo de la résidence du geôlier 80 Ko

Maître des lieux, le geôlier dirige d’une main de fer la prison dont il a la charge. Même s’il doit rendre des comptes au shérif et aux inspecteurs de prison, il demeure le responsable de la sécurité, de l’hygiène et de la discipline dans sa prison.

Il s’agit d’une fonction sociale prestigieuse. Le geôlier et sa famille habitent dans la prison ou dans une résidence de fonction sur le terrain de l’établissement. À Trois-Rivières, trois générations de la famille Gennis se succèdent comme geôlier de père en fils pendant plus de cinquante ans. La femme ou la mère Gennis occupe quant à elle pendant ce temps la fonction de surveillante pour les femmes détenues.

Guichetiers et gardes

Photo d'un cadenas 212 Ko
Photo de gardiens du pénitencier de Kingston 92 Ko

Ils surveillent les détenus en tout temps, dans leurs cellules, dans les espaces communs. Ils contrôlent les allées et venues. Ils procèdent aux fouilles et usent de force dans les cas d’urgence. Ce sont les guichetiers et les gardes.

Le guichetier est aussi appelé « tourne-clef ». Il est placé directement sous les ordres du geôlier dans la hiérarchie. Le garde a une fonction encore plus spécifique de surveillance. Dans les faits, ce n’est que dans les prisons de villes plus importantes, comme Montréal, que ces deux postes sont distincts au 19e siècle.

À partir des années 1960, les gardiens perdent une part de leur autorité sur les détenus au profit des agents de libération conditionnelle, qui dirigent le processus de remise en liberté. Leur travail prend une dimension plus sociale à laquelle ils doivent s’adapter.

Veiller sur femmes et enfants

Photo de femmes détenues à Kingston 44 Ko

Pour assurer la garde des femmes détenues dans les ailes ou dans les quelques prisons qui leur sont réservées, on embauche des surveillantes, qu’on appelle aussi « matrones ». Il arrive, comme à la prison de Trois-Rivières, que la matrone soit la femme ou la mère du geôlier.

Les surveillantes veillent sur les détenues et sur les enfants qui sont incarcérés avec elles. En effet, les établissements carcéraux autorisent les enfants à rester avec leur mère, dans certains cas jusqu’au sevrage, après quoi le jeune est placé dans la famille ou en institution. La difficulté de vivre loin de leurs enfants, les traumatismes liés à la violence conjugale ou aux abus de toutes sortes sont des blessures vives chez les femmes incarcérées. Les surveillantes doivent en tenir compte dans leur accompagnement des détenues.

Surveiller jour et nuit

Photo de vestiges de la prison de Québec 84 Ko
Image d'un surveillant à Kingston 72 Ko

En prison, en tout temps, le personnel carcéral doit savoir où sont les détenus et ce qu’ils font. Chaque geste des prisonniers est scruté en fonction des règlements de l’établissement.

Les portes en barreaux de métal enlèvent toute intimité au détenu. Des séries de portes verrouillées ponctuent le trajet le long des différentes ailes, ralentissant les déplacements. Quant aux détenus qui sont condamnés aux travaux forcés ou qui travaillent à l’extérieur, des boulets et des chaînes aux pieds entravent leur liberté et facilitent leur surveillance par les gardiens qui les accompagnent.

Avec la fin du 20e siècle, les technologies électroniques de surveillance par vidéo et d’ouverture automatisée des portes assurent les mêmes fonctions avec moins de personnel.