À l'ordre!

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Classer les prisonniers selon leur délit, leur sexe, la durée de leur sentence : voilà une des mesures réformatrices qui transforment les prisons au 19e siècle. Les officiers et le personnel correctionnel doivent désormais assurer l’ordre et la sécurité dans l’établissement, en plus de l’hygiène des détenus et des bâtiments. L’aménagement des prisons reflète ce changement de philosophie carcérale, même si le surpeuplement des établissements empêche d’appliquer pleinement cette réforme.

Dr Wolfred Nelson

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Wolfred Nelson (1791-1863) participe à la Rébellion de 1837 comme chef des Patriotes à Saint-Denis-sur-Richelieu. Emprisonné puis condamné pour haute trahison, il est déporté aux Bermudes pendant un an. Il revient au Bas-Canada en 1842 après quelques années passées aux États-Unis.

Ce médecin et député, qui sera aussi maire de Montréal (1854-1856), obtient en 1852 le poste d’inspecteur des prisons et des asiles de la province. Il avait passé sept mois dans la prison du Pied-du-Courant à Montréal lors de l’épisode de la Rébellion et connaît donc le sujet de l’intérieur. L’inspecteur visite les prisons de la province et produit des rapports sur les conditions de détention. Il s’agit d’une importante fonction de surveillance et de suivi qui permettra de dénoncer et de corriger les manquements et les abus dans les prisons.

Chacun son aile

Image du plan du pénitencier de Kingston 68 Ko
Photo de la cellules du pénitencier de Kingston 72 Ko

L’officier de détention assigne la cellule aux prisonniers en fonction de leur crime et de leur sexe. Ainsi, à la prison de Trois-Rivières, un étage est réservé aux femmes détenues, parfois accompagnées de leurs jeunes enfants. On sépare les détenus des prévenus, c’est-à-dire de ceux qui sont en attente de leur sentence. Une aile est attribuée aux prisonniers qui ne peuvent pas payer l’amende imposée par le juge. Le centre du bâtiment est alloué au personnel carcéral, pour faciliter la surveillance.

Depuis 1867, on répartit les prisonniers selon la durée de leur sentence : pour des peines de deux ans et plus, les détenus vont dans les pénitenciers fédéraux alors que les peines de deux ans moins un jour sont purgées dans les prisons provinciales.

La hiérarchie carcérale

Photo de gardiens de Kingston 172 Ko
Photo du personnel de la prison de Trois-Rivières 84 Ko

Ordre et discipline! Chacun a sa fonction spécifique en prison. Le chef de la prison, au 19e siècle, c’est le shérif. Son rôle est large : en plus de gérer la prison, il voit à l’administration du palais de justice, au choix des jurés, à l’exécution des jugements et à la perception des amendes.

Le geôlier dirige l’établissement de détention. Il habite sur place. Il est responsable des guichetiers, des gardes et des surveillantes pour femmes. À ce noyau s’ajoute le personnel qui accompagne et soigne les détenus : le médecin, l’aumônier. Tous fournissent un rapport de leurs activités et de celles des prisonniers à l’inspecteur des prisons. Plusieurs fois par année, ce dernier vient vérifier les conditions de détention des prisonniers, dont il rend compte au gouvernement.