Un matin,
la Gestapo est venue cogner à notre porte. On nous a ordonné de remplir chacun une valise et de nous regrouper immédiatement dehors, dans la cour. Là, j'ai vu mes amis, mes parents et mes voisins. On nous a conduits à pieds dans un quartier de la ville et ils ont décidé que ce serait le ghetto juif. Là, on nous a attribué un logement qui consistait en une grande pièce que nous, une famille de cinq personnes, devions partager avec une autre famille de quatre. La situation ne m'a pas étonnée. J'ai simplement pensé que mes parents avaient décidé de déménager. Il était interdit de posséder une radio, d'aller en dehors du
ghetto ou d'aller à l'école. On nous a donné des bons pour acheter des rations alimentaires. Je vois encore ma mère couper le pain en morceaux pour la journée. Nous nous sommes habitués à vivre dans ces conditions. On venait prendre mon père et un de mes frères chaque matin pour aller travailler dans un atelier qui fournissait des uniformes aux Allemands.