Chez les religieuses de Québec, les élèves pensionnaires au couvent des Ursulines préparaient avec grand soin la cérémonie de la procession de l'Enfant Jésus. Vêtues de robe blanche et coiffées de couronne, les jeunes filles formant le cortège (dont la plus petite avait l'insigne honneur de porter la corbeille dans laquelle reposait le jésus de cire) s'avançaient jusqu'à la crèche de la chapelle en chantant Cher petit frère. Ce cantique, composé sur un air ancien, serait l'œuvre de sœur Sainte-Marie Simon.
Cette coutume aurait cessé en 1935, lorsque les parents réclamèrent leurs enfants pour la fête de Noël. Avant cette date, le congé scolaire débutait le 27 décembre pour se terminer au lendemain de la fête des Rois.
Chaque année, les Ursulines sortaient les plus beaux ornements pour la fête de l'Enfant Jésus : parement de la Nativité
à la peinture à l'aiguille, candélabres d'argent datant
des débuts de la colonie, nappes brodées et chape de soie de
Lyon réalisées avec les draperies de Madame de la Peltrie, pour donner à cette cérémonie de la procession de l'Enfant Jésus son caractère solennel et grandiose, malgré la simplicité des lieux.
La procession de l'Enfant Jésus se faisait également dans d'autres églises comme en témoigne ce voyageur britannique qui, entre 1780 et 1790, assistait à une messe de Minuit en sol canadien :
«Vers 10 heures du soir, on amenait avec cérémonie un berceau jusque dans le chœur de l'église de Québec. À minuit, un jésus de cire y était déposé en grande pompe puis bercé durant toute la messe au son des cantiques.»
Aujourd'hui, cette cérémonie se poursuit dans certaines provinces canadiennes, notamment dans l'Alberta, à Edmonton, où la procession à Saint-Joachim rassemble beaucoup de paroissiens catholiques.
La procession de l'Enfant Jésus


