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Kora
(harpe-luth)
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Ouagadougou, Burkina Faso
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Calebasse,
peau de chèvre, punaises, bois, clés de
guitare et cordes de nylon
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La
Direction du Patrimoine Culturel, Burkina
Faso
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Dapoya II est un quartier du Nord de Ouagadougou au Burkina Faso,
où beaucoup de familles d'origine malinké vivent.
Dans une des familles, il y avait un mariage. De loin, on entendait
des notes de balafon et des sons aigus d'un instrument. Le rythme
était envoûtant et la mélodie à faire
rêver. Tous les gens y convergeaient et je ne pouvais pas
y résister. Je m'introduisis dans la cour. Je me postais
le plus près possible des musiciens pour mieux nourrir
ma curiosité.
C'est là que j'ai pu voir pour la première fois,
cet instrument majestueux, fait d'une caisse de résonance
en calebasse, d'un long manche et de plusieurs cordes. Cet instrument
est une kora.
Je n'ai pas hésité à choisir la kora, séduit
par sa forme imposante, sa musique douce et berçante. C'est
un instrument qui s'adapte à tous les types de musique.
La kora a subi beaucoup de transformations du fait que les mélomanes
sont de plus en plus exigeants, d'où la nécessité
d'incorporer des outils modernes dans sa fabrication.
Le
kora, c'est l'instrument traditionnel dont s'accompagnent les
griots. Dans la classification organologique, la kora est une
harpe-luth car elle possède à la fois certaines
caractéristiques du luth (manche droit) et de la harpe
(cordes perpendiculaires au résonateur). Elle est incontestablement
le plus célèbre des instruments à cordes
d'Afrique. Elle est connue, semble-t-il, depuis le début
du moyen âge, mais son rayonnement date de l'empire du Mali
(les années 1240). Elle a été utilisée
pour chanter les héros dans des formes instrumentales très
riches et émouvantes. Elle comprend : une grosse demi calebasse
recouverte de peau de jeune veau ou de chèvre et tendue
au moyen de lanières de cuir (maintenant de punaises ou
de pointes). La peau est transpercée de deux hanses par
lesquelles on tient la kora pour la jouer, et la calebasse transpercée
d'un bâton traverse la peau en son milieu perpendiculairement
au manche et aux deux hanses. Sur le manche sont montées
les cordes (anciennement au nombre de 7 et actuellement 21) aux
moyens d'anneaux de lanières de cuir de buf. Avec le perfectionnement
de la kora, ces anneaux sont de plus en plus remplacés
par des clés en bois très dur ou par des clés
de guitare. Ces cordes jadis en peau torsadée sont maintenant
en nylon.
Le koraïste, assis de préférence, les jambes
croisées, la kora devant lui, tenue par les deux antennes,
les pouces et les index libres pour bien attaquer les cordes.
C'est le griot gambien Djeli Madi Woulendi qui a perfectionné
la tessiture en la portant de 7 à 21 cordes. On raconte
d'ailleurs qu'elle a été inventée en Gambie,
à Talitodembakounda.
Pour maîtriser correctement la kora, il faut une dizaine
d'années. Elle est très difficile à fabriquer
et à accorder. La kora se joue au Mali, en Guinée,
au Sénégal, en Casamance, en Gambie, et en Guinée
Bissau. Elle est avant tout de culture mandingue, et c'est bien
pourquoi ses divers accords se font en fonction des chansons mandingues.
Chaque peuple adapte à ses mélodies.
À l'heure actuelle les gammes existantes sont les suivantes:
1. La gamme SAOUTA (gamme casamançaise des socés)
ayant le 4e degré haussé d'un ton chromatique. Même
chose que la gamme antique hypo-lydienne.
FA SOL LA SI DO RÉ MI FA
2. La gamme MANDÉKA : gamme sensible courante dans le mandinge
proprement dit : Niani, Kirina, Kangaba(SIGMA)
FA SOL LA SIB SO RÉ MIB FA
3. La gamme SIM'BI : nom d'une harpe arquée mandingue.
Gamme la plus usitée dans les chants héroïques.
FA SOL LAB SI DO REB MI FA
4. La gamme SILABA : FA (mineur) SOL LA SIB DO RE MI
C'est la gamme de FA majeur.
5. La gamme TOMORA : FA (mineur) SOL LAB SIB DO RE MIB
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