Atelier en direct pour la fabrication d'un instrument à vent : le nay

L'objectif principal de cet atelier est d'initier des enfants dont l'âge se situe entre huit et douze ans à fabriquer, par eux même, un instrument à vent qui se caractérise par la simplicité de sa facture et la disponibilité des matériaux dont il est fabriqué.

Présentation du nay
Seul instrument à vent joué dans la musique arabe, le nay est considéré comme le plus parfait des instruments à vent. Par son timbre riche en harmoniques, moelleux et légèrement voilé, ses sons se rapprochent, plus que ceux de tout autre instrument, des sons de la voix humaine. Malgré sa structure relativement simple, le nay occupe dans le monde arabe-musulman une place privilégiée en tant qu'instrument d'orchestre et de solo et ce, grâce à sa sonorité brillante.

L'utilisation du nay en Tunisie est relativement récente; en effet il y fut introduit au cours des années trente par un grand musicien d'origine syrienne, l'Aleppin (d'Alep) cheikh Ali Darouiche Le Halabi.

Cependant le nay, instrument citadin par excellence, a un congénère de campagne dont l'utilisation remonte à des temps immémoriaux : cet instrument est connu en Tunisie sous le nom de gasba. Il diffère du nay par la disposition des ouvertures (trous). Le nay est une flûte traversière, il n'a ni bec ni anche.

Étapes de la fabrication d'un nay

Le tube de 60 à 80 cm de long est coupé dans la partie droite d'une tige de roseau parvenue au terme de sa croissance, où les entre-noeuds sont de longueur à peu près égal, et où le diamètre intérieur est uniforme. Si la taille du tuyau est variable, elle l'est, cependant, dans des limites restreintes, étant en principe déterminé par la longueur des entre-noeuds , qui doivent être toujours au nombre de neuf.

On commence tout d'abord par nettoyer soigneusement l'extérieur de la tige de roseau à l'aide de papier de verre fin puis, à l'aide d'une mèche longue et dont le diamètre correspond à celui de l'intérieur de la tige de roseau. On procède à débarrasser ce dernier de tous les disques membraneux transversaux qui en obstruent le canal au niveau des noeuds ; à l'exception toutefois du disque du noeud de celui des deux bouts qui doit servir d'embouchure. Ce noeud appelé réservoir du nay est coupé en biseau sur la périphérie de son bord extérieur et au milieu de sa membrane circulaire, on découpe un petit disque, en laissant adhérer à la paroi du tube une rondelle destinée à vibrer sous le choc du souffle du joueur. En l'absence de ce réservoir, les notes obtenues sont fausses.

L'instrument est percé de sept trous latéraux, dont six sur sa face supérieure, celle de devant, le septième étant ouvert sur sa face intérieure, celle de derrière. Les six ouvertures de devant sont réparties en deux groupes de trois trous équidistants chacun, les deux groupes étant séparés par une distance double de celle qui sépare les trous de chaque groupe. Le septième trou, celui de derrière, est percé de telle façon que son centre coïncide exactement avec le milieu de la totalité du tube.

À défaut d'un outil approprié pour le perçage, on utilisera une tige de fer dont on aura chauffé le bout à blanc. La deuxième moitié du tube, la moitié antérieure, celle qui se termine par le bout opposé à l'embouchure, est ensuite partagée en douze segments d'égale longueur. À la limite exacte du troisième segment à compter de l'embouchure, est percé le premier des six trous de devant, soit le premier groupe de trois.


 

 

À la limite du quatrième segment est percé le deuxième trou, suivi du troisième à la limite du cinquième segment. La limite du sixième segment est restée intacte, puis aux limites des septième, huitième et neuvième segments sont percés les trous du deuxième groupe. À noter que si le diamètre intérieur du tube est d'un centimètre et demi environ, celui des trous latéraux est de trois ou quatre millimètres.

Pour offrir au souffle un biseau toujours tranchant, ce que ne permet pas la fibre fragile et usable du roseau, le tube du nay est protégé par du fil en coton, enroulé sur une largeur d'un demi centimètre. À noter enfin que le nay n'est pas un instrument très exigeant en matière d'entretien ; en effet il se contente d'un peu d'huile d'amandes douces dont on l'enduit légèrement.

Quelques notion sur le jeu

Le joueur de nay se tient assis, les jambes croisées ou sur un siège, les jambes pendantes et appuyées au sol, ou encore simplement debout. Il pose le bord inférieur de l'embouchure de son instrument un peu au-dessous de sa lèvre inférieure, puis penchant la tête un peu vers la droite, il maintient le tube un peu incliné vers ce même côté pour former avec l'axe de son corps un angle d'à peu près 10 à 30 degré. L'instrument se prend des deux mains, entre les pouces et le bout des doigts, les doigts de la main gauche servant les trois premiers trous de devant, à compter de l'embouchure, et son pouce le trou arrière, les doigts de la main droite étant réservés aux trois derniers trous de devant. Les sons obtenus du tube, tout d'abord avec toutes ses ouvertures latérales bouchées, puis en les débouchant une à une, et à tour de rôle, en commençant par la plus éloignée de l'embouchure, ses sons doivent, en principe, reproduire les degrés de la gamme fondamentale. Si vous n'obtenez pas le son approprié dès la première tentative ne désespérez pas, continuez à le chercher. En modifiant légèrement la position du nay, vous finiriez toujours par le trouver.