Musée Ethnographique Alexandre Sènou Adandé
(Bénin)


Lycée privé de langues étrangères Alexandre Dumas
(Bulgarie)


Direction du Patrimoine Culturel
(Burkina Faso)


Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo
(Madagascar)


Musée National du Mali
(Mali)


Musée de St-Boniface
(Manitoba, Canada)


Centre d'études et de recherches andalouses
(Maroc)


Musée acadien de l'Université de Moncton
(Nouveau Brunswick, Canada)


Laboratoire de recherche sur les musiques du monde
(Québec, Canada)


Musée canadien des civilisations
(Québec, Canada)


Musée du paysan roumain
(Roumanie)


Centre des musiques arabes et méditéranéennes
(Tunisie)

Centre des Études et des Recherches Andalouses
Découvrez le Maroc !


Le Centre d'études et de recherches andalouses (CERA) qui fut crée à Chefchaouen en 1986 dans le bâtiment même du Musée Ethnographique inauguré en 1989 (ancienne résidence administrative et militaire du fondateur de la ville) invite à diverses occasions, le Conservatoire de Musique (ouvert en 1975 dans une ancienne demeure du Pacha) à donner des concerts de musique andalouse traditionnelle dite « al-Ala » dans le jardin de la célèbre citadelle, « al-Qasaba ».

L'on peut se demander pourquoi précisément ce type de musique : est-ce l'absence ou la méconnaissance d'autres genres qui justifie ce choix ou est-ce parce que les habitants préfèrent particulièrement le raffinement de cette musique d'élite ?

Malgré le fait que la ville de Chefchaouen soit, à côté d'autres villes historiques, d'importance plus modeste, elle a pu abriter, depuis sa fondation à l'époque Wattaside en 1471 par un descendant du Prophète le chérif alami l'émir Moulay Ali Berrached, un nombre considérable de familles andalouses réfugiées là après la chute de Grenade en 1492.

Ces immigrés ont amené évidemment avec eux leurs moeurs, leur mode de vie et de culture. La musique, comme l'architecture et d'autres arts, en font partie. Ils ont tendance ainsi à préférer écouter cette musique savante, fortement chargée de nostalgie, qui rappelle la première patrie et soulage de la séparation du paradis perdu.

Les touristes européens considèrent Chefchaouen comme l'une des merveilles du Maroc : son cachet pittoresque, ses maisons aux murailles passées à la chaux et aux portes peintes en bleu, aux toits de tuiles andalouses, ses jardins à la végétation luxuriante et ses sources abondantes. Tout cela donne à cette mystérieuse et charmante ville, un aspect méridional des plus séduisant. Charles de Foucauld qui y passa une nuit en 1883, en a laissé une description enthousiaste : « elle n'est, dit-il, que vie, richesse et fraîcheur ».

La cité a constitué une source d'inspiration privilégiée pour les historiens et les hommes de Lettres, peintres, artistes, photographes, ceci sans omettre les artistes et artisans traditionnels hommes et femmes en matière de poterie simple ou décorée, filature, tissage, maroquinerie (« Ghzel, Draza, Khiraza »...) comme en matière de ferronnerie ou de sculpture sur bois (« Haddada », etc) comme en matière d'artisanat moderne faisant usage de la machine (tissage et broderie contemporaine).


Azzeddine KHARCHAFI
Spécialiste des traditions orales au Maroc