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INTRODUCTION
Aucun autre facteur n’a joué un rôle aussi important dans le
peuplement puis dans l’abandon ultérieur de Fort Selkirk que le commerce et
les déplacements. Les Chilkat Tlingit de la côte, originaires de ce qui est
aujourd’hui la côte sud de l’Alaska, étaient les principaux partenaires
commerciaux des Tutchone du nord. Les échanges entre les deux groupes se
tenaient ordinairement aux campements de pêche estivale, dont l’un d’eux
était situé au site actuel de Fort Selkirk.
Au milieu du XIXe siècle, un nouveau partenaire commercial est
arrivé à Fort Selkirk, la Compagnie de la Baie d’Hudson. À l’été 1852,
la concurrence engendrée par les négociants blancs a mené les Chilkat Tinglit
à piller le poste de traite de la Baie d’Hudson pendant que les Tutchone du
nord, qui habitaient la région, étaient partis à la pêche. Près de quarante
années se sont écoulées avant qu’un nouveau négociant blanc ne s’aventure
à Fort Selkirk.
En 1889, un Américain, Arthur Harper, et sa femme d’origine autochtone ont
établi un poste de traite près du site abandonné par la Baie d’Hudson.
Durant les années qui ont suivi, la ruée vers l’or du Klondike a entraîné
une augmentation du trafic des bateaux à roue sur le fleuve entre Whitehorse et
Dawson, ce qui a amené la prospérité à Fort Selkirk. La ville est devenue un
des principaux centres de commerce et d’approvisionnement sur un territoire s’étendant
en amont et en aval du fleuve Yukon. Bon nombre de boutiques, d’hôtels et de
bars ont élu domicile à Fort Selkirk. Au milieu des années 1930, la Baie d’Hudson
avait même établi un nouveau poste de traite à Fort Selkirk.
La construction de la route de l’Alaska en 1942 et celle d’une route
praticable en tout temps de Mayo à Dawson au début des années cinquante ont
sonné le glas de l’époque des bateaux à roue et du trafic continu se
rendant à Fort Selkirk. Bien des gens ont quitté Fort Selkirk et se sont
installés à Minto afin de travailler à la construction de la route. À mesure
que la population diminuait, les commerces de la ville fermaient leurs portes.
Le transport routier s’avérait plus rapide et plus économique que le
transport fluvial. Les gens qui ont quitté Fort Selkirk ne sont pas retournés
vivre dans la communauté éloignée située le long du fleuve. Dès le milieu
des années cinquante, Fort Selkirk était ni plus ni moins un village
abandonné.
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