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LA FAUNE
Description d’un piège à poissons de 16 pieds de longueur :
Des fois il y a 60 saumons dedans. Vérifier le piège le matin et vérifier
le soir. Couper le poisson sur place, il ne faut pas l’emballer. Pas d’enfant
autour quand on coupe le poisson. Pas de jeunes filles autour non plus. Manger
un bon souper de poisson sur place. Emporter le poisson au campement principal.
- Harry Baum, 1993
J’ai souvent observé les caribous traverser la rivière, six à la fois.
Bien sûr, tout le monde s’énervait et se mettait à tirer sur les caribous,
mais on n’était pas du tout des chasseurs. On avait tout le gibier qu’on
voulait par exemple.
- Martha Cameron (FSOHP 1984, p. 43.)
L’HISTOIRE
Bon nombre des espèces animales du Yukon utilisent les habitats le long du
fleuve Yukon et autour de Fort Selkirk. Parmi les mammifères communs que pourra
croiser le voyageur, on trouve : l’orignal, l’ours noir, le coyote, le
renard roux, le spermophile arctique, le lièvre et le rat musqué. D’autres
espèces moins communes comprennent notamment le grizzli, le mouflon, le loup,
le carcajou, le lynx, la martre, le vison et la belette. Les oiseaux de proie,
les oiseaux aquatiques, les oiseaux chanteurs et le gibier à plumes tel que le
tétras à queue fine sont fréquemment observés le long de la vallée fluviale.
La chasse et le piégeage sont des activités qui sont pratiquées dans les
environs de Fort Selkirk depuis des générations. Les aînés de Fort Selkirk
racontent que le mouflon, le caribou, l’orignal et le poisson étaient les
plus importantes sources de nourriture dans la région.
Caribou
Des caribous vivent dans la région depuis des temps immémoriaux. Des
fouilles près des falaises de basalte en face de l’emplacement du village ont
permis de découvrir des os datés à 1,6 million d’années, avant l’activité
volcanique qui est à la source de la palissade de basalte qu’on aperçoit en
face de Fort Selkirk. Ces os de caribou sont les plus anciens qui soient
parvenus jusqu’à nous. Les aînés racontent la migration du caribou de l’autre
côté de la terrasse de lave au nord de Fort Selkirk. Le géologue Hugh Bostock
a écrit dans les années 1930 : «Certaines années, les caribous vont en
grand nombre le long de la rivière Lewes de Fort Selkirk à Carmacks… (ils)
reviennent en hardes de plusieurs milliers de bêtes en juillet.» Les
migrations de la harde de Forty Mile ont pris fin, mais elles sont un élément
essentiel de l’héritage de Fort Selkirk. Certains avancent que la harde a
migré plus au sud pendant plusieurs années, poussée par l’activité
suscitée par la ruée vers l’or du Klondike.
Le caribou des forêts, qui vit aussi dans la région, ressemble beaucoup au
caribou de la toundra, mais il est plus lourd. Les caribous sont des animaux
grégaires qui vivent normalement en groupes de 10 à 50 bêtes. Les hardes
migrent des sommets secs et découverts des montagnes jusqu'au fond des vallées
verdoyantes. Le lichen, qui pousse souvent sur les arbres, constitue la
principale source de nourriture du caribou. En été, les caribous mangent aussi
divers feuillages, branchages et herbes. Les caribous sont d’excellents
nageurs.
Le saumon
Le saumon du Pacifique, ou saumon quinnat, et le saumon kéta commencent leur
migration dans la mer de Bering et remontent le fleuve Yukon sur 3000
kilomètres pour le frai. Des milliers de saumons quinnats et kétas viennent
normalement frayer dans les endroits où l’eau souterraine remonte à la
surface de part et d’autre des chenaux ou dans les marais du fleuve Yukon, de
Fort Selkirk à Minto. Le saumon fraie également à contre-courant en aval de
Fort Selkirk. Le frai du saumon quinnat a lieu à la fin de juillet et en
septembre, tandis que celui du saumon kéta, ou saumon à chien, a lieu de
septembre à novembre. Le poisson qui fraie pendant ces périodes attire les
ours noirs et les grizzlis dans la région. Après l’éclosion, le saumon
quinnat passe presque une année entière en eau douce avant de retourner à l’océan
Pacifique. Le saumon kéta quant à lui retourne à la mer dès que possible
après la ponte du printemps.
La pêche au saumon dans le fleuve Yukon et la rivière Pelly se pratique
probablement depuis des milliers d’années. Three-Way Channel, à 21
kilomètres en aval de Fort Selkirk, marque l’emplacement d’un important
site ancestral où des nasses et des pièges à poissons ainsi que d’autres
artefacts ayant trait à la pêche ont été retrouvés. La rivière Pelly est
également l’habitat d’une grande espèce de corégone appelée poisson
blanc de Tezra. Ces poissons forment une importante part de la pêche d’espèces
comestibles dans la région. L’ombre, le brochet et la truite sont des
espèces qu’on retrouve également dans le fleuve Yukon et la rivière Pelly.
La grue du Canada
Fort Selkirk fait partie d’une importante voie migratoire nord-américaine
pour les oiseaux migrateurs qui longent le sillon de Tintina. Des centaines de
milliers d’oiseaux aquatiques et de grues suivent la route du sillon de
Tintina pour se rendre en Alaska. La jonction du fleuve Yukon et de la rivière
Pelly sert souvent de relais aux oiseaux migrateurs tels que la grue du Canada.
Ces oiseaux à longues pattes et à long cou se reposent sur les barres de sable
et les îles durant les migrations du printemps et de l’automne. La grue du
Canada migre en grandes bandes, en volées en forme de V ou en formation
linéaire. Les grues migrent de jour comme de nuit, et lorsqu’elles sont en
vol, la vallée fluviale résonne de leur cri obsédant.
Autres espèces d’oiseaux
Le faucon pèlerin niche dans les nombreuses falaises qui longent le fleuve,
de Minto jusqu’en Alaska. Cette partie du fleuve Yukon présente d’ailleurs
les plus importantes populations de faucons pèlerins en Amérique du Nord. À
la fin des années soixante, ces oiseaux étaient en voie de disparition. Des
faucons pèlerins Bonaparte élevés en captivité ont été relâchés sous
surveillance avec succès dans la région et placés sous la garde de faucons
adultes sans petits ou qui, pour une raison quelconque, n’étaient pas en
mesure d’élever leur propre progéniture. Le programme a vu le jour en 1978
et a duré sept ou huit ans. La population de faucons pèlerins a ainsi pu
augmenter, et l’espèce est désormais bien établie.
L’hirondelle de rivage et l’hirondelle à front blanc nichent également
dans les falaises qui longent le fleuve Yukon, et des corbeaux dans les falaises
basaltiques de Fort Selkirk. La ferme Pelly attire les tétras à queue fine,
les cygnes et les oies pendant la migration.
Pour en savoir plus
Banfield, A.W.F. The Mammals of Canada, 1974.
Feuilles d’information de Pêches et Océans Canada. Yukon Fish Facts.
McClellan, C. et autres. Part of the Land, Part of the Water, 1987.
Peterson, Roger. National Audubon Society, Field Guide to Western Birds, 1961.
Ministère des Richesses renouvelables du Yukon. Furbearers of Yukon, 1985.
Ministère des Richesses renouvelables du Yukon. Yukon Big Game Animals, 1986.
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