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LA CONSERVATION ET LA GESTION DE FORT SELKIRK
Selkirk sera un lieu commémoratif pendant bien des années encore. L’histoire
du peuple indien est la raison d’être de cet endroit. Danny Roberts est là
tous les étés pour rencontrer les touristes.
- Sam Williams, 1994
Tout le monde est bienvenu à cet endroit.
- Harry Baum, 1993
Faites en sorte que Selkirk reste un lieu de rassemblement.
- Emma Alfred, 1993
Fort Selkirk deviendra un lieu de renouveau et un moyen de resserrer les
liens avec le passé. Ce sera aussi un endroit où les visiteurs pourront voir
et entendre d’eux-mêmes le patrimoine que nous ont légué les premiers
colons et négociants.
- Plan de gestion de Fort Selkirk, 1990
L’HISTOIRE
L’importance de Fort Selkirk
Fort Selkirk revêt une grande importance pour tous les Yukonnais, car l’endroit
illustre plusieurs des principaux thèmes de l’histoire du Yukon. Il s’agit
également de l’une des rares collectivités encore intactes qui a précédé
la ruée vers l’or du Klondike. Fort Selkirk était un lieu de commerce et de
rassemblement des premières nations bien avant que les commerçants
euro-américains n’arrivent au Yukon. L’une des premières rencontres entre
les premières nations du Yukon et la culture de l’extérieur s’est produite
à Fort Selkirk, et c’est le seul endroit où un négociant européen s’est
fait déloger par ses compétiteurs autochtones. Fort Selkirk était un poste de
traite et une mission déjà bien établis bien avant la ruée vers l’or. L’endroit
a même pris de l’ampleur à l’époque de la ruée vers l’or, et a abrité
200 soldats de la Troupe de campagne du Yukon. Fort Selkirk fut un temps
considéré comme la capitale du nouveau territoire du Yukon.
Dans les années plus tranquilles qui ont suivi la ruée vers l’or, la
communauté a survécu, s’est diversifiée, et la plupart des membres ont
été prospères jusqu’à la fin de l’époque des bateaux à roue. L’ambiance
exceptionnelle du village provient entre autre de son abandon précipité. Le
lieu regorge de ressources historiques en bon état.
Fort Selkirk garde son importance aux yeux de la première nation de Selkirk.
Le village est au cœur de son territoire ancestral; il s’agit de la patrie de
ses ancêtres et d’un haut lieu de leur tradition orale. Certaines des
histoires qu’on raconte encore s’y sont déroulées il y a plusieurs
milliers d’années. Le concept de «lieu de rassemblement» décrit Fort
Selkirk comme un endroit où les membres de la première nation de Selkirk se
visitent entre eux et viennent rencontrer des membres d’autres premières
nations et d’autres cultures.
Le travail accompli à Fort Selkirk
Depuis 1982, des membres de la première nation de Selkirk et des
représentants de la Direction du patrimoine du gouvernement du Yukon ont
travaillé de concert afin de conserver, d’aménager et de gérer l’emplacement
du village. Des membres de la première nation de Selkirk travaillent ainsi sur
place à maintenir les bâtiments et les structures en bon état pour éviter qu’ils
continuent de se détériorer. Important lieu de rassemblement, la maison de Big
Jonathan a été reconstruite à la mémoire du chef Big Jonathan Campbell, un
des chefs héréditaires de la première nation de Selkirk.
Des archéologues ont aussi travaillé avec des aînés et des étudiants
pour approfondir leur connaissance des ancêtres de la première nation de
Selkirk et pour apprendre plus de choses sur des sites particuliers, comme les
deux postes de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il y a également eu des
projets d’histoire orale qui ont permis de recueillir des information sur les
us et coutumes du village au cours des années 1920 à 1950. La première nation
de Selkirk a commandité une étude culturelle au cours de laquelle des aînés
ont aidé des anthropologues et des chercheurs autochtones à parfaire leurs
connaissances sur leur patrimoine.
Des recherches dans les documents ont permis de retrouver la trace des ventes
et des transferts de propriété jusqu'au premier levé d’arpentage du village
effectué en 1898. La poursuite des recherches dans les archives a permis la
découverte d’une multitude de photographies, de cartes, de films et de
dossiers gouvernementaux historiques ainsi que de documents écrits sur Fort
Selkirk à ses premières années d’existence.
Plus récemment, des installations destinées aux visiteurs (camping, abris)
et les installations d’exploitation (camp de travail) ont été améliorées.
Le camp de travail est en cours de modernisation selon des principes
écologiques. Il y aura notamment une usine hydroélectrique au fil de l’eau
à laquelle s’ajouteront des capteurs solaires et un chauffe-eau alimenté par
l’énergie solaire.
Travailler de concert pour l’avenir
La signature, le 21 juillet 1997, de l’entente définitive avec la
première nation de Selkirk a marqué une importante étape du développement de
Fort Selkirk. Cette entente entre la première nation de Selkirk, le
gouvernement du Yukon et le gouvernement du Canada reconnaît et consacre les
droits de propriété des autochtones sur les terres ainsi que les fonctions de
gouvernement indépendant et accorde également aux autochtones une partie des
pouvoirs habituellement dévolus au gouvernement territorial ou provincial et
aux administrations municipales.
L’entente comporte une partie réservée au patrimoine qui concerne l’établissement
d’un Plan de gestion de Fort Selkirk. Ce plan de gestion de Fort Selkirk
remonte à 1990 et concerne tous les aspects de Fort Selkirk. Le plan a fait l’objet
d’un renouvellement qui a débouché sur l’acceptation du Plan de gestion du
site historique de Fort Selkirk, marquée par une cérémonie qui eu lieu à
Fort Selkirk le 16 août 2000. Le plan maintient l’orientation du plan d’origine,
qui a connu un vif succès.
Fort Selkirk est un lieu culturel vivant et fait partie intégrante de la
patrie de la première nation de Selkirk. C’est un endroit particulier marqué
par le renouveau spirituel et culturel. Les visiteurs sont invités à
comprendre et à respecter la culture de la première nation de Selkirk ainsi
que les ressources historiques. Les buts du plan de gestion sont mis en œuvre
et dirigés par le Groupe de gestion de Fort Selkirk, conformément aux
dispositions de l’entente définitive. Le groupe est composé à parts égales
de membres de la première nation de Selkirk et de représentants du
gouvernement du Yukon.
Toute planification ultérieure sera fondée sur les plans de gestion. Ainsi,
en 1992, les directives concernant la restauration des bâtiments, l’entretien
et l’usage futur des structures ont été inscrites dans le Plan de
conservation de Fort Selkirk. Le Plan d’interprétation de Fort Selkirk (1994)
procure quant à lui un cadre d’interprétation du site et renseigne sur
les histoires à raconter et sur la meilleure façon de les raconter. La
planification et le travail sont établis selon une approche communautaire, à
un rythme et selon une portée qui conviennent aux membres de la première
nation. Le but recherché consiste à permettre à la communauté de
bénéficier le plus possible de la formation, des emplois et des avantages
sociaux et économiques.
Un ensemble de stands d’interprétation peu encombrants ont été
construits dans le village en 1996. En 2001, deux petits centres d’interprétation
ont ouvert leurs portes à Fort Selkirk, l’un dans la maison de pierres (Stone
House) à l’extrémité ouest du village, et l’autre dans la maison de Big
Jonathan reconstruite à l’autre bout du village. À l’aide de présentoirs,
d’affiches, de bandes vidéo et d’objets, les nombreux aspects du patrimoine
de la première nation de Selkirk et de l’histoire de Fort Selkirk sont
présentés aux visiteurs. On a aussi mis sur pied un programme d’interprétation
directe présentée par une interprète autochtone, Maria Van Bibber, qui est
née à Fort Selkirk, dans la cabane de Robert Joe. Maria forme également des
assistants interprètes au cours des mois d’été.
Fort Selkirk reste un endroit cher au cœur des membres de la première
nation de Selkirk. Les ressources historiques et naturelles propres à Fort
Selkirk ont fait de l’endroit une halte très en demande parmi les voyageurs
qui remontent le fleuve et autres touristes. Les membres de la première nation
de Selkirk accueillent tous ceux qui respectent leur village ancestral et sont
fiers de partager avec eux leur histoire.
Pour en savoir plus
Peepre, J. S. & Associates. Fort Selkirk Management Plan, 1990.
Keay, John et Robert Patterson. A Preservation Plan for Fort Selkirk, 1992.
Midnight Arts et autres, Fort Selkirk Interpretive Plan, 1994.
Inukshuk Planning & Development. Fort Selkirk Historic Site Management
Plan, 2000.
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