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Les effets de la Résistance de 1885 sur l’Ouest du Canada

La Résistance de 1885 a eu de profondes conséquences à court et à long terme sur l’ouest du Canada. En particulier, la Résistance de 1885 a empoisonné les relations entre les Premières nations de la région, les Métis et les colons euro canadiens et européens. Le résultat de cette Résistance a été une plus grande marginalisation des Autochtones de l’ouest du Canada.

Au Manitoba, la Résistance de 1885 a rendu la vie dure aux Métis et aux Premières nations, mais elle n’a apporté que des avantages à court terme aux hommes d’affaires et aux agriculteurs euro canadiens. Quand la nouvelle de l’insurrection des Métis dans le district de la Saskatchewan est parvenue au Manitoba, les colons euro canadiens, craignant que les Métis et les Premières nations de la région ne se soulèvent aussi contre l’autorité civile, établirent des surveillances de leurs maisons à Brandon, Minnedosa, Shoal Lake, Woodworth, Oak Lake, Millford, Turtle Mountain, Virden et Plum Creek. Certains colons, toutefois, pensaient que de tels actes étaient irrationnels et que la lutte ne s’étendrait pas au Manitoba. Néanmoins, l’économie du Manitoba a profité du début de la Résistance. Il fallait des centaines de chevaux et de bœufs pour le transport des troupes et le ravitaillement. Des douzaines de transporteurs de marchandises ont été embauchés dans les fermes de la région pour mener des équipages de chevaux. (De ce fait, les agriculteurs n’ont pas pu semer leurs cultures). Le gouvernement fédéral a aussi dépensé plus de 20 000 $ pour équiper les éclaireurs de Boulton basés au Manitoba. Les agriculteurs ont aussi vendu leurs produits pour nourrir les troupes.

La population non autochtone des Territoires du Nord-Ouest (aujourd’hui l’Alberta, la Saskatchewan et le nord du Manitoba) craignait aussi que la lutte ne s’étende en dehors de la région de Batoche. L’hystérie collective faisait croire aux gens des rumeurs erronées et sensationnelles, qui étaient basées sur des craintes racistes et irrationnelles que les Métis, et surtout les Premières nations, se comporteraient comme des sauvages si l’occasion se présentait. Par exemple, les journaux comme le Winnipeg Daily Times publièrent des récits sans fondement et faux comme celui qui disait que les «rebelles» avaient effectué un raid sur Saskatoon et pillé toutes les provisions. Il y eut un autre récit erroné dans le numéro du 27 mars 1885 du Saskatchewan Herald, qui disait que les Sioux dakotas de la réserve Whitecap de la région avaient attaqué Saskatoon. Le 16 avril, le Regina Leader publia le même article en ajoutant que la ville de Saskatoon avait été pillée et finalement, le 21 avril, le Manitoba Daily Free Press utilisa le gros titre suivant, «Pillage de la colonie de Saskatoon» et déclara que douze Dakotas de la réserve Whitecap avait pillé le magasin Copeland à Saskatoon et menacé de tuer le commerçant. La même histoire entièrement fausse a été imprimée dans presque tous les journaux du centre du Canada et de l’Atlantique. Même les soldats canadiens étaient fâchés par ces faux récits parce que certains journaux avaient publié qu’ils avaient été tués dans la bataille, ce qui causa des souffrances inutiles à leurs familles.

Indubitablement, les événements de Frog Lake (aujourd’hui en Alberta, près de la frontière de la Saskatchewan) du 2 avril 1885, lors desquels des guerriers cris dirigés par Wandering Spirit (Kapapamahchakwew) ont assassiné neuf Euro Canadiens, y compris des prêtres et un agent des sauvages qui était brutal, n’ont fait qu’ajouter à cette hystérie. Cependant, ce fut un acte de violence isolé parce que les chefs Big Bear (Mistahimaskwa) et Poundmaker (Pitikwahanapiwiyin) avaient fait tout leur possible pour éviter un carnage inutile durant la Résistance de 1885.

La Résistance de 1885 allait avoir des conséquences négatives à long terme sur la population autochtone de l’ouest du Canada. Après 1885, la société euro canadienne dominante mit en place un nouveau régime colonial, qui marginalisa systématiquement et qui assimila les Autochtones. Par exemple, les Premières nations étaient dans des réserves et ne pouvaient les quitter que dans des circonstances limitées, et pire encore pour leur culture, y compris leurs langues et leurs spiritualités, allaient être attaquées dans des pensionnats administrés par l’église et financés par l’état. Les Métis allaient devenir encore plus dépossédés et stigmatisés comme peuple rebelle. Par conséquent, de nombreux Métis squattaient sur des terres et faisaient de menus travaux, incapables d’avoir accès à de bons soins de santé ou de recevoir de l’éducation pour leurs enfants. Ironiquement, les régionalistes de l’ouest du Canada s’approprièrent la mémoire de Louis Riel, de Gabriel Dumont et des autres combattants de la résistance, fâchés par ce qu’ils percevaient comme la colonisation continue de leur région par le Canada central.

Référence:

Coates, Ken. «Western Manitoba and the 1885 Rebellion», Manitoba History, Numéro 20 (automne) 1990, pp. 32-41.

Lalonde, André N. «The North-West Rebellion and its Effects on Settlers and Settlement in the Canadian West». Saskatchewan History, Volume 27, Numéro 3, pp. 95-102.

 

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