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La position du gouvernement fédéral sur la résistance de 1885

Ce qui suit est un résumé d’un discours du Premier ministre John A. Macdonald prononcé à la Chambre des communes le 6 juillet 1885. Ce discours indique les grandes lignes de la position du gouvernement concernant les griefs des Métis et des Premières nations, qui ont mené à la poussée de la résistance de 1885. Le discours est disponible en français dans sa totalité à

www.collectionscanada.ca/primeministers/h4-4090-f.html.

Pour ce qui est du désir des Métis d’avoir droit à leurs terres, ce qui fut la cause principale de la résistance de 1885, le Premier ministre Sir John A. Macdonald déclara que les Métis des Territoires du Nord-Ouest n’étaient pas au même niveau économique et social que ceux du Manitoba, et qu’ils n’avaient pas plus de droit à la terre que les colons non autochtones. C’est pourquoi, il ne voyait pas pourquoi les Métis, dont les réclamations territoriales avaient été réglées individuellement, devaient recevoir un statut spécial. La politique officielle du gouvernement fédéral (dans la Loi des terres fédérales, 1872, A.32) déclarait que tout homme (ou chef de famille) qui avait dix-huit ans ou plus pouvait recevoir 160 acres (19,7 hectares) de terre gratuite s’il allait vivre sur cette terre et la cultiver pendant trois années consécutives. S’il choisissait d’en acheter davantage, il pouvait avoir 160 acres de plus par préemption (le droit d’acheter une terre avant qu’elle soit mise à la disposition du public). De plus, le Premier ministre croyait aussi que les Métis avait un avantage sur les colons non autochtones parce qu’ils connaissaient le pays, ils y étaient nés, ils y avaient été élevés et ils étaient habitués aux conditions et au climat. Cela aurait dû leur faciliter l’achat et la conservation des terres.

Macdonald déclara aussi que quand les libéraux de l’opposition avaient été au pouvoir (de 1874 à 1878), ils n’avaient pas répondu aux pétitions des Métis parce qu’ils croyaient que les auteurs de cette pétition ne possédaient pas de revendication légitime. Et quand les conservateurs avaient repris le pouvoir, ils avaient dit exactement le contraire et agité les Métis qui pensaient qu’ils avaient un grief légitime. Macdonald ajouta que les Métis, de 1878 à 1884, étaient tout aussi heureux que de 1873 à 1878, parce que rien n’avait changé et on ne leur avait pas retiré leurs terres. Le Premier ministre soutenait aussi que les Métis, du fait de leur style de vie nomade, auraient probablement vendu à bas prix à des spéculateurs tout certificat foncier qu’ils auraient reçu. (Le gouvernement fédéral utilisait les certificats fonciers, soit sous forme de terres ou de billets de banque, pour abolir le droit autochtone à la terre des Métis).

Quand le gouvernement de Macdonald prit le pouvoir en novembre 1878, il déclara que les conservateurs avaient essayé de régler les griefs des Métis. Ensuite il mentionna aux Métis d’écrire à l’archevêque Taché et aux autres membres de la hiérarchie de l’église, et puis au lieutenant gouverneur du Manitoba, David Laird, pour demander des conseils sur leur manque de titres en common law pour leurs terres. Laird avisa le gouvernement fédéral de ne pas accorder de certificats supplémentaires aux Métis. Toutefois, l’archevêque Taché proposa un compromis – la création des réserves de Métis. Dans le plan de l’archevêque, les mille deux cents familles de Métis des Territoires du Nord-Ouest seraient mises dans douze réserves dans lesquelles cent familles vivraient sur une réserve de 12 miles carrés (19 km 2). D’après le plan de Taché, seuls les Métis, hommes, femmes et enfants, qui vivaient dans les Territoires du Nord-Ouest avant le 1 er janvier 1879 recevraient chacun deux certificats fonciers de 80 acres (9,87 hectares) qu’ils pourraient échanger ensuite pour de la terre dans une réserve particulière. L’archevêque indiqua aussi que ces terres de réserve pour les Métis ne pourraient pas être vendues, hypothéquées ou imposées avant qu’au moins trois générations ou leurs représentants aient vécu sur ces terres. En retour, Macdonald déclara à la Chambre des communes que les Métis, comme tous les autres requérants, devaient posséder le droit à cette terre après trois années consécutives de culture plutôt que d’aller au-del à de trois générations. C’était surtout à cause des clauses de la Loi sur les terres fédérales qui offrait 160 acres (19,7 hectares) de terre à plein titre à tous les requérants – du moment qu’ils la cultivaient pendant trois années consécutives.

À la fin, Macdonald dit au Parlement que c’étaient des spéculateurs fonciers non autochtones qui avaient concocté la Résistance de 1885, et pas les Métis ou les Premières nations. Ces spéculateurs avaient financé le retour au Canada de Louis Riel du territoire du Montana. Il déclara aussi que la plupart des Métis qui avaient demandé des certificats en avaient déjà reçu au Manitoba, y compris Gabriel Dumont et son frère Isidore. Dans une pétition, il déclara que quatorze des dix-sept Métis de la liste avaient déjà reçu un certificat foncier.

Quant aux Premières nations, Macdonald dit que le gouvernement avait fait tout son possible pour les transformer en agriculteurs en leur fournissant du bétail, des machines agricoles et en leur expliquant comment s’en servir. Quant à transformer les Premières nations en agriculteurs sédentaires plutôt que de les laisser rester chasseurs et cueilleurs nomades, Macdonald croyait que le Canada avait mieux réussi en peu de temps que les États-Unis en vingt-cinq ans. Il était surpris que le Canada n’ait pas connu un seul décès de 1870 à 1885, en traitant avec les Premières nations, tandis qu’aux États-Unis, beaucoup d’Amérindiens avaient succombé et des millions de dollars avaient été dépensés pour les «pacifier». Macdonald conclut que les agitateurs non autochtones, qui avaient fait oublier les bonnes choses que le gouvernement avait faites aux Premières nations, avaient suscité la rébellion des Premières nations.

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