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La bataille de Batoche (du 9 au 12 mai 1885)

La bataille de Batoche, qui a eu lieu du 9 au 12 mai 885, a été un événement cataclysmique. Après les batailles précédentes de Duck Lake (lac aux Canards) le 26 mars et de Fish Creek (ruisseau Fish) le 25 avril, les Métis décidèrent de faire face aux forces du général Middleton au village de Batoche. Ils creusèrent une série de trous de tirailleurs ou de tranchées tout autour de Batoche pour se défendre. Par conséquent, la bataille fut donc un siège. Ce fut aussi une bataille d’attrition, qui s’est terminée seulement quand les Métis ont été épuisés de se battre et à court de munitions. Le général Middleton était déterminé à venir à bout de la résistance des Métis à Batoche et à mettre fin à la Résistance de 1885. Il utilisa une combinaison de tactiques défensives et offensives pour arriver à ses fins.

Le 9 mai, la vraie bataille a commencé avec l’arrivée du navire à vapeur Northcote. Le général Middleton avait prévu que l’unité combattante du Nord-Ouest et le Northcote arriveraient en même temps; mais le bateau arriva plus tôt que prévu.
Les Métis l’attendaient et l’immobilisèrent en abaissant un câble de traversier, ce qui fit tomber ses cheminées.

Avec le Northcote immobilisé, les Métis formèrent deux détachements d’éclaireurs. Ambroise Champagne en dirigeait un, patrouillant le côté est de la rivière, tandis que Patrice Fleury dirigeait l’autre sur le côté ouest. Les éclaireurs métis étaient organisés comme ils l’étaient lors d’une chasse aux bisons: il y avait neuf ou dix capitaines avec une dizaine d’hommes sous leurs ordres, chacun faisant rapport à Gabriel Dumont, le chef militaire des Métis. Au cours de la première journée de la bataille, les Métis étaient moins nombreux, à raison d’un contre quatre.

Le général Middleton arriva à Batoche vers neuf heures du matin. Les Métis commencèrent à tirer des deux premières maisons du côté est du sentier Humboldt, qui se trouvait à environ 400 yards (357 mètres) de l’église et du presbytère. La mitrailleuse Gatling, qui avait été prêtée par l’armée américaine, tira sur la première maison et un canon de la batterie A lança un obus sur la deuxième maison, et les Métis se dispersèrent. Les deux maisons furent entièrement brûlées. La mitrailleuse Gatling tira aussi sur le presbytère. Une des balles traversa le mur et atteint le père Moulin à la jambe.

Après dix heures moins le quart, la bataille continua entre les Métis et les hommes de Middleton. L’unité combattante du Nord-Ouest arriva à Mission Ridge le premier jour de la bataille, mais elle ne gagna du terrain que le 12 mai. Middleton décida de retirer ses meilleurs soldats de la bataille: les grenadiers. Il se servit de la mitrailleuse Gatling pour retenir les tirs des Métis, qui venaient de leurs trous de tirailleurs. Personne ne fut lors de la première attaque. L’unité de combat ne réussit pas à traverser la ligne métisse.

Du côté des Métis, Élie Dumont et d’autres essayèrent d’encercler l’unité de combat pour s’emparer de la mitrailleuse Gatling, mais ils n’y parvinrent pas. Ils firent une deuxième tentative, mais ne réussirent qu’à mettre le feu à la prairie. L’incendie a pratiquement coupé la ligne d’approvisionnement de Middleton avant de s’éteindre.

Le 9 mai, la bataille s’est terminée vers quinze heures. Middleton avait fait construire une palanque pendant l’après-midi. Une palanque est une enceinte de défense dont le but est de protéger les approvisionnements et les combattants du feu ennemi. Middleton l’utilisa pour protéger ses hommes pendant la nuit et comme base des opérations pendant le jour. La palanque fut construite sur la propriété de Jean Caron senior, sur le terrain le plus élevé possible, ce qui empêchait toute attaque surprise possible par les Métis. À dix-huit heures trente, les Métis continuèrent d’avancer tandis que l’unité de combat retournait dans la palanque. Les Métis et les Premières nations tirèrent sur la palanque toutes les dix minutes pendant toute la nuit.

Au cours de la matinée du 10 mai, les soldats reçurent l’ordre de creuser des trous de mitrailleurs entre la palanque et le cimetière. À dix-sept heures, les troupes de Middleton espéraient démoraliser les Métis en maintenant des tirs nourris sur eux de toutes les positions. L’après-midi, Middleton ordonna à ses hommes de creuser des trous encore plus profonds. Son objectif était d’empêcher les Métis d’utiliser les mêmes tactiques sur la palanque, comme ils l’avaient fait la nuit précédente. Les troupes battirent en retraite à dix-huit heures sous des tirs nourris, incapables de conserver le terrain gagné la veille contre les Métis.

Le 11 mai, Middleton partit à dix heures du matin à cheval vers le nord de la palanque en direction de «Jolie Prairie».  Les Métis tirèrent sur lui et sur ses hommes de leurs trous de tirailleurs. Middleton ordonna le tir de la mitrailleuse Gatlin pour arrêter les tirs des Métis. Avant de retourner à la palanque, ils brûlèrent les maisons en rondins que les Métis pouvaient utiliser comme abris.

Ces Métis qui étaient postés près du cimetière allèrent vers le nord pour rencontrer Middleton à «Jolie Prairie». Cela permit à l’unité de combat d’avancer davantage. Les Métis ne tirèrent pas sur le camp de Middleton cette nuit-là. À ce moment-là, Middleton fut informé que les Métis allaient être à court de munitions. Il décida donc de tenter de remporter la bataille le lendemain.

Pour mettre fin à la bataille, Middleton utilisa des tactiques de diversion. Middleton espérait attirer l’attention des Métis vers le nord et puis que la brigade du colonel Van Straubenzie irait vers le cimetière. Une fois que Van Straubenzie parviendrait à entendre que les hommes de Middleton se battaient, il était censé attaquer le village. Comme il ventait trop, Van Staubenzie n’entendit jamais l’attaque de Middleton. Par conséquent, sa force armée n’avança pas, ce qui fâcha Middleton. À ce moment-là, seulement cinquante à soixante Métis se battaient, ce qui restait de leur force de départ de deux cent cinquante à trois cents hommes. Ils n’avaient que quarante carabines, les autres utilisaient des fusils de chasse à deux coups. Certains Métis utilisèrent des clous et des balles mortes en guise de munitions.

En début d’après-midi, l’unité de combat brisa la ligne de front des trous de tirailleurs Métis. Les Métis se battirent vaillamment contre cette avance, mais tombèrent sous l’assaut. Les soldats canadiens chargèrent les Métis à la baïonnette. Environ vingt-cinq soldats capturés par les Métis furent alors relâchés. À ce moment-là, avec la conclusion de la bataille, les femmes, les enfants et les Aînés métis sortirent de leurs cachettes. Ils avaient creusé des cavernes le long de la rivière, en se servant d’arbres, de broussailles et de terre pour la couverture. Ils s’étaient cachés dans ces cavernes – dont les dimensions variaient de 10 pi (3m45) à 20 pi (6m10) de long, de 5 pi (1m54) à 6 pi (1m80) de large, et de 4 pi (1m22) à 5 pi de profondeur – pendant toute la bataille.

À la tombée du jour le 12 mai, Middleton fit construire une autre palanque. Celle-ci fut placée au nord-est de la maison de Xavier Letendre, dit Batoche, comme mesure de précaution contre toute autre bataille. Cependant, il n’y eut pas d’autre bataille à Batoche. L’aspect métis de la Résistance était terminé.

Référence:

Hildebrandt, Walter. The Battle of Batoche: British Small Warfare and the Entrenched Métis. Ottawa: Division des parcs et lieux historiques nationaux, Environnement Canada, Parcs Canada, 1985.

http://dictionary.reference.com/search?q=palanque

 

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