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Entrevue avec Nelson Sanderson (le créateur des jeux des voyageurs métis)
NS: Ouais, je m’appelle Nelson Sanderson et je suis né à St. Laurent, au Manitoba et, euh, depuis trente ans j’habite dans la ville de Winnipeg. Mais bien sûr, je viens d’une communauté, euh, une communauté métisse très historique St. Laurent, ensuite j’ai déménagé à St. Eustache, qui est aussi une autre communauté fortement métisse. J’ai appris très jeune, vous savez, les traditions des Métis ne sachant pas grand chose de ma culture en grandissant. En grandissant je pense que je savais… mais je n’étais pas conscient de ce que c’était que d’être Métis ou, vous savez, que j’étais Métis. J’avais entendu le nom vous savez et les gens l’utiliser «Michif, tu es Michif». Alors vous savez ça ne me dérangeait pas parce que je savais très souvent en grandissant et en devenant adulte, j’ai commencé à comprendre toutes les choses, vous savez, qu’en tant que Métis j’avais perdues, et peut-être que si j’avais commencé à saisir l’occasion plus jeune, j’aurais peut-être excellé un peu plus. Mais, euh, sachant ce que je sais aujourd’hui et connaissant mon histoire, j’ai commencé il y a dix ans environ, j’ai commencé vers 1991, euh, à créer les jeux des voyageurs métis et, à cette époque-là, je n’étais pas sûr où ça me mènerait vous savez. Soit j’avais peut-être cinq sacs de 100 livres, à l’époque j’utilisais 500 livres et j’essayais de regrouper les gens en fait, c’est un peu ridicule parce que je payais, je payais les gens pour qu’ils s’inscrivent à mon concours. Je pense que ma femme pensait que j’étais un peu fou parce que je mettais 200 $, 100 $, 300 $ comme premier prix et je pense que j’avais du cœur en ce temps-là. Peut-être que je savais que c’était le destin que les jeux des voyageurs métis allaient exceller comme aujourd’hui. Mais euh, les années ont passé et j’ai amené d’autres personnes dans mon camp si on peut dire. L’honorable Yvon Dumont, l’ancien gouverneur général du Manitoba a commencé, euh, a commencé à aimer mes jeux quand il était président de la Fédération des Métis du Manitoba, et puis tout d’un coup en 1992 il obtient le poste de gouverneur général et, euh, il a commencé à participer au concours avec nous et il a battu des records et c’est sûr que moi aussi j’en ai battu quelques-uns, euh, de bons records. J’ai porté euh, 500 livres sur une distance de 142 mètres en 1996 et, en plus de ça, on a, euh, comme j’ai dit, on a réalisé pas mal de choses avec notre petit groupe de gars qui viennent d’une province à l’autre. Je travaille pour une compagnie d’autocars et je fabrique des bus mais j’ai quatre ou cinq semaines l’été et c’est pour les vacances et d’habitude, j’essaie, j’essaie de les équilibrer pour que je puisse venir organiser ces jeux et, quelquefois, comme tout récemment, on nous a demandé d’aller, euh, à Hanovre, en Allemagne, pour les troisièmes jeux traditionnels mondiaux, et ça a été un choc pour moi y’a trois ou quatre mois quand on m’a demandé ça, et vous savez que c’est très court, c’est très court comme préavis. Alors bien sûr, j’ai pas dit non vous savez, vous avez la chance d’aller en Europe, pourquoi pas. *rire* Alors on y est allés environ dix jours et on s’est bien amusés et le truc c’est que, ce qui n’était pas bien je pense, c’est le fait que j’ai amené les jeux là-bas mais j’étais les jeux et j’étais le divertissement si vous voulez. Alors, alors euh on était quelques-uns là-bas. Il y avait des Mohawks de Kahnawake qui étaient là, qui nous ont aidés à organiser les jeux et il y avait un contingent français de France qui nous a aidés avec le chargement, alors c’était bien. Alors en une journée, je me souviens, oh mon dieu ça a failli me tuer presque. Je me rappelle un jour là-bas où j’ai dû, j’ai dû tout charger moi-même devant environ six ou huit cents Allemands et bien sûr des touristes. Alors j’étais là, je devais, je devais porter les 450 livres sur 25-30 mètres puis après avoir porté les 450 ou je devrais dire les 25 ou 30 mètres, aller et retour, je devais prendre les pots de crème de 150 livres, faire l’aller-retour avec et puis j’avais cet énorme rondin et arrivé là je crachais bon, j’avais plus de souffle. Mais j’ai continué quand même alors j’ai pris le rondin et je l’ai sorti. Alors quand je l’ai sorti et que j’ai commencé à le mettre sur mon épaule, j’ai pas réussi mais j’ai dit aux gens, j’ai dit eh bien, eh bien peut-être demain alors les gars ont bien apprécié ça hein.
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