Pour de nombreux soldats canadiens blessés pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le soldat Robert Eddy, le rétablissement dans un hôpital de campagne était un important volet de l’expérience de guerre. Même si le personnel des ambulances et des hôpitaux de campagne ne ménageait pas sa peine pour assurer des soins de qualité à tous les soldats, les rigueurs de la guerre lui compliquaient souvent la tâche à l’extrême. Les ambulances de campagne ne pouvaient pas toujours se rendre dans la zone de combat pour ramasser les blessés, et nombre d’infirmiers étaient eux-mêmes blessés lorsqu’ils s’y aventuraient. Les soldats qui parvenaient à un hôpital devaient attendre leur tour pendant des heures et, malheureusement, il fallait souvent laisser mourir les plus grièvement blessés pour pouvoir sauver les soldats moins sérieusement atteints. L’infection et la maladie ont emporté bien des vies et ont nécessité bien des amputations alors que le « traumatisme dû aux bombardement
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Pour de nombreux soldats canadiens blessés pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le soldat Robert Eddy, le rétablissement dans un hôpital de campagne était un important volet de l’expérience de guerre. Même si le personnel des ambulances et des hôpitaux de campagne ne ménageait pas sa peine pour assurer des soins de qualité à tous les soldats, les rigueurs de la guerre lui compliquaient souvent la tâche à l’extrême. Les ambulances de campagne ne pouvaient pas toujours se rendre dans la zone de combat pour ramasser les blessés, et nombre d’infirmiers étaient eux-mêmes blessés lorsqu’ils s’y aventuraient. Les soldats qui parvenaient à un hôpital devaient attendre leur tour pendant des heures et, malheureusement, il fallait souvent laisser mourir les plus grièvement blessés pour pouvoir sauver les soldats moins sérieusement atteints. L’infection et la maladie ont emporté bien des vies et ont nécessité bien des amputations alors que le « traumatisme dû aux bombardements » détruisait les esprits. Malgré les complications, les ambulances et les hôpitaux de campagne ont sauvé des milliers de vie. De nombreux hommes seraient morts sur le champ de bataille, n’eût été du courageux personnel de ces unités.
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« (Revenons à l’Italie. Vous êtes débarqué en Italie en avril 1944 et vous êtes resté avec ce régiment à compter de ce moment.)
C’est là que j’ai appris que j’allais être affecté au Princess Pats. Nous ne savions rien avant d’arriver, nous ne savions pas si nous allions être dans le Princess Pats ou dans un autre régiment.
(Mais après, vous êtes resté avec le régiment jusqu’à la fin de la guerre?)
Oui.
(Alors, quand vous êtes parti avec le régiment vous êtes allé en France?)
Non, j’ai été blessé en septembre, avant cela.
(En septembre 1944?)
En 44, oui. Mais si je n’avais pas été blessé si tôt, j’aurais peut-être pu m’en tirer. Je ne sais pas. Mon copain Williard Whyte, il a dit : « C’est le type qui a pris... »
J’étais affecté aux communications radio, un petit type avec un walkie-talkie, le type qui
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« (Revenons à l’Italie. Vous êtes débarqué en Italie en avril 1944 et vous êtes resté avec ce régiment à compter de ce moment.)
C’est là que j’ai appris que j’allais être affecté au Princess Pats. Nous ne savions rien avant d’arriver, nous ne savions pas si nous allions être dans le Princess Pats ou dans un autre régiment.
(Mais après, vous êtes resté avec le régiment jusqu’à la fin de la guerre?)
Oui.
(Alors, quand vous êtes parti avec le régiment vous êtes allé en France?)
Non, j’ai été blessé en septembre, avant cela.
(En septembre 1944?)
En 44, oui. Mais si je n’avais pas été blessé si tôt, j’aurais peut-être pu m’en tirer. Je ne sais pas. Mon copain Williard Whyte, il a dit : « C’est le type qui a pris... »
J’étais affecté aux communications radio, un petit type avec un walkie-talkie, le type qui a pris ma place, il a été tué. La fois d’après, j’ai dit : « Je n’ai pas été tué, mais je l’ai échappé belle. »
(Alors, vous étiez avec le régiment en Italie d’avril 1944 à septembre 1944?)
Oui.
(Vous n’avez pas été renvoyé au combat après votre blessure, n’est-ce-pas?)
Non, non. J’avais perdu la jambe.
(Oh, vraiment?)
La gangrène.
(Ah! Je vois.)
J’ai été blessé vers les 7 h du matin. Nous sommes restés une quinzaine dans ce vieux bâtiment toute la journée. À la nuit tombante, nous avons entendu une ambulance, c’est ce que nous pensions. Nous étions dans ce vieux bâtiment. Ce n’était pas vraiment une bâtisse, c’était une maison et la partie réservée aux animaux était dessous et on pouvait voir à l’extérieur. On pouvait voir le gars de la Croix-Rouge qui arrivait, mais il y avait tellement de poussière! Et peut-être que... je ne sais pas, tout à coup il y a eu un grand bruit et il n’était plus là. Il n’y avait que des petits morceaux qui retombaient un peu partout. Je ne sais pas s’il a mis le pied sur une mise ou s’il a été touché par un obus. Alors personne n’est venu à notre aide. Il a fallu attendre jusqu’au lendemain matin, et j’avais été blessé vers 7 h du matin la veille.
(Alors il vous a fallu attendre au moins 24 heures pour être évacué?)
Ouais, c’est cela. Je dirais que nous étions neuf ou dix dans la maison cette nuit-là.
(Quelle sorte de traitement médical avez-vous reçu entre-temps?)
Il y avait un type de la Croix-Rouge avec nous.
(Est-ce que c’était un adjoint médical, ou seulement le secouriste du bataillon?)
Du bataillon? Non, non.
(Avez-vous vu le médecin militaire?)
Non, il ne pouvait pas s’approcher.
(Alors il s’agissait seulement d’un brancardier, j’imagine.)
Oui, c’est cela. On n’a rien reçu. Ils essayaient de passer, d’arriver jusqu’à nous.
(Quelle bataille était-ce?)
Ils ont pris la route, ils sont sortis de Rimini. La route et le chemin de fer, et nous étions sur un chemin de terre. Nous étions au sud de là. La bonne route était près du chemin de fer.
(Cela faisait partie de la bataille de la ligne de Rimini, n’est-ce pas?)
Dans cette région.
(Rappelez-moi la date, s’il vous plaît?)
Pardon?
(Quel jour était-ce, lorsque vous avez été blessé?)
Le 18 septembre 1944.
(Quand on vous a finalement évacué, comment s’y est-on pris?)
Il y avait une veille ambulance. Ils ont dit : « Voilà, nous pouvons mettre tant d’hommes là-dedans, et c’est tout. » Je crois que c’était quatre qu’ils transportaient habituellement.
« Mais si nous nous y prenons ainsi, nous pouvons en mettre un ou deux de plus. » Je crois qu’ils nous ont tous embarqués parce que ma jambe, celle qui était encore bonne, était à moitié paralysée alors je ne souffrais pas, ils pouvaient me déplacer et faire tout ce qu’ils voulaient. Un type était à moitié assis sur ma jambe.
(Est-ce que vous aviez de la morphine ou quelque chose comme ça?)
Non, pas avant d’arriver derrière nos lignes, au premier hôpital, j’imagine.
(Alors pendant tout ce temps-là, vous n’aviez rien pour soulager la douleur?)
Non. Du moins il ne me semble pas. J’ai reçu quelque chose dans le dos, mais je n’avais pas... Tout semblait amorti. Mais c’est revenu bien avant que ma blessure soit guérie et pas pour une jambe ou quoi que ce soit. Alors j’imagine que c’est sans doute pour cela. Si ça s’était enfoncé plus, il y aurait eu plus de dommages, mais cela s’est arrêté et... mais je ne souffrais pas.
(Lorsqu’ils vous ont sorti de là et ramené dans l’ambulance, est-ce que vous êtes allé à l’hôpital ou à un...)
Au 5e Hôpital de campagne.
(Vous êtes allé directement à l’hôpital, vous ne vous êtes pas arrêté à une ambulance de campagne ou à un poste de tri des blessés?)
Ah oui, c’est vrai. En effet, ils se sont arrêtés là quelque temps. Peut-être que j’ai reçu de la morphine alors, parce qu’on m’a donné quelque chose. Ça m’a fait perdre conscience.
(Combien de temps, y compris le temps qu’il a fallu pour vous évacuer du champ de bataille, combien de temps a-t-il fallu pour arriver à l’hôpital?)
Avec l’arrêt au poste de tri des blessés, environ une journée, je pense.
(Environ un jour, après qu’ils vous aient ramassé, un jour de plus?)
Oui, il a fallu un deuxième jour. Parce que c’était le mercredi, ils m’ont opéré le mercredi et ils ont dit : « Oh, vous avez dû arriver hier soir ».
J’ai répondu : « Non, hier soir j’étais en route ».
(Alors vous avez attendu deux jours avant d’être opéré.)
Oui, et c’est la raison pour laquelle je crois que la gangrène a pu s’installer. C’était dur.
(Si vous n’aviez pas eu la gangrène, vous auriez sans doute gardé la jambe.)
Non, je crois que le plus gros des éclats d’obus m’avait atteint juste sous le genou et avait réduit l’os en mille morceaux. Je ne pouvais plus redresser la jambe, mais je ne sentais rien.
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Aucun soldat ne souhaite être capturé et envoyé dans un camp de prisonniers de guerre, mais nombre de soldats canadiens étaient pourtant munis d’une trousse d’évasion : une pochette de coton kaki qui contenait généralement des cartes d’Europe, deux boussoles et un pistolet.
Malgré cet équipement, peu de prisonniers de guerre canadiens ont réussi à s’évader. Ceux qui l’ont fait, comme le lieutenant Rex Carey, ont souvent été repris. De fait, presque tous les prisonniers de guerre canadiens sont demeurés en captivité jusqu’à la fin de la guerre. Pour les soldats pris dès les premières batailles, par exemple à Dieppe ou à Hong Kong, la captivité a été très longue.
Aucun soldat ne souhaite être capturé et envoyé dans un camp de prisonniers de guerre, mais nombre de soldats canadiens étaient pourtant munis d’une trousse d’évasion : une pochette de coton kaki qui contenait généralement des cartes d’Europe, deux boussoles et un pistolet.
Malgré cet équipement, peu de prisonniers de guerre canadiens ont réussi à s’évader. Ceux qui l’ont fait, comme le lieutenant Rex Carey, ont souvent été repris. De fait, presque tous les prisonniers de guerre canadiens sont demeurés en captivité jusqu’à la fin de la guerre. Pour les soldats pris dès les premières batailles, par exemple à Dieppe ou à Hong Kong, la captivité a été très longue.
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Trousse d'évasion composée d'une pochette kaki, de 4 cartes en coton (3 de l'Italie et 1 de la France), de 2 petites boussoles et d'un étui à pistolet en cuir.
Musée et archives régimentaires du Princess Patricia's Canadian Light Infantry
© Musée et archives régimentaires du Princess Patricia's Canadian Light Infantry
« Every German Had His Price: B.C. Boxer Tells of Life in Prison, Escaped Under Sentry's Nose » (Tous les Allemands pouvaient être achetés : Un boxeur de la C.-B. raconte son emprisonnement et son évasion au nez de ses gardiens). Article consacré à Rex Carey, avec date manuscrite : 12 juillet 1945. Source inconnue.
Musée et archives régimentaires du Princess Patricia's Canadian Light Infantry
© Musée et archives régimentaires du Princess Patricia's Canadian Light Infantry
Un officier anglais a planifié l’évasion, il a coupé les barbelés « sous le nez de la sentinelle », à quelques mètres seulement de la guérite.
Dans des lettres qu’il a adressées à sa famille, il a décrit la réaction des soldats allemands qui l’ont repris lorsqu’ils ont constaté qu’il avait un étui à pistolet allemand et d’autres éléments de l’équipement nazi. « Ils m’ont traité de tous les noms! »
Il s’étonne encore de la facilité avec laquelle les soldats allemands pouvaient être achetés – « tout le monde a son prix », mais il a affirmé que les Canadiens avaient été « bien traités » par les soldats des premières lignes,
qui « auraient facilement pu m’abattre à trois reprises mais qui n’ont pas tiré. »
Les célèbres soldats SS étaient parmi les plus vénaux.
Les priso
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Un officier anglais a planifié l’évasion, il a coupé les barbelés « sous le nez de la sentinelle », à quelques mètres seulement de la guérite.
Dans des lettres qu’il a adressées à sa famille, il a décrit la réaction des soldats allemands qui l’ont repris lorsqu’ils ont constaté qu’il avait un étui à pistolet allemand et d’autres éléments de l’équipement nazi. « Ils m’ont traité de tous les noms! »
Il s’étonne encore de la facilité avec laquelle les soldats allemands pouvaient être achetés – « tout le monde a son prix », mais il a affirmé que les Canadiens avaient été « bien traités » par les soldats des premières lignes,
qui « auraient facilement pu m’abattre à trois reprises mais qui n’ont pas tiré. »
Les célèbres soldats SS étaient parmi les plus vénaux.
Les prisonniers de guerre, d’après lui, « vivaient comme des rois » en comparaison des prisonniers politiques civils en Allemagne, mais lorsque l’avance alliée a interrompu la livraison des colis de la Croix-Rouge, pendant le dernier hiver, la vie est devenue beaucoup plus difficile. Les prisonniers ont alors dû se contenter des rations allemandes, et le lieutenant Carey lui-même a perdu 40 livres.
Les paysans italiens aidaient les prisonniers évadés, mais ils étaient commandés par la peur, tout comme la population civile allemande.
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Dans le dernier camp où il a été interné, près de Brunswick, les prisonniers étaient très près des cibles militaires et s’inquiétaient des raids de la R.A.F. et de la U.S.A.F. [United States Air Force – Aviation américaine], mais la précision de ces bombardements les a étonnés.
Une fois, cependant, l’ancien champion amateur catégorie poids moyen de la Colombie-Britannique s’est trouvé à moins de 20 mètres de la cible sur laquelle la R.A.F. avait largué une bombe de 500 livres. Les dispositifs incendiaires étaient encore plus inquiétants, mais Carey affirme que tous les bâtiments à l’intérieur du camp ont été épargnés alors que des centaines de bâtiments allemands à l’extérieur de l’enceinte du camp ont brûlé.
Dans le dernier camp où il a été interné, près de Brunswick, les prisonniers étaient très près des cibles militaires et s’inquiétaient des raids de la R.A.F. et de la U.S.A.F. [United States Air Force – Aviation américaine], mais la précision de ces bombardements les a étonnés.
Une fois, cependant, l’ancien champion amateur catégorie poids moyen de la Colombie-Britannique s’est trouvé à moins de 20 mètres de la cible sur laquelle la R.A.F. avait largué une bombe de 500 livres. Les dispositifs incendiaires étaient encore plus inquiétants, mais Carey affirme que tous les bâtiments à l’intérieur du camp ont été épargnés alors que des centaines de bâtiments allemands à l’extérieur de l’enceinte du camp ont brûlé.
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Objectifs d'apprentissage
L’apprenant va :
- développer une meilleure compréhension de la participation et du rôle des Forces canadiennes dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale;
- examiner les contributions, sacrifices et expériences des personnes qui ont participé ’a des événements militaires au cours de la Seconde Guerre mondiale;
- identifier les principaux lieux où les militaires canadiens ont opéré pendant la Seconde Guerre mondiale.