Kay Larsen, critique d’art pour le New York Magazine, a écrit au sujet de cette œuvre réalisée par Samuel Colman en 1866 et intitulée Storm King on the Hudson qu’elle « marque l’époque où le paradis a été envahi par les commerçants... Les peintres étaient en butte à un dilemme : que faire devant les tanneries, les moulins à scie, les moulins à papier et autres petites entreprises qui commençaient à occulter le décor idyllique des chutes d’eau et des forêts attrayantes le long de la rivière Hudson. » [traduction libre]

La controverse qui subsiste encore de nos jours entre les tenants de la préservation et les promoteurs du développement était déjà un sujet de préoccupation important au milieu du XIXe siècle. Samuel Colman accordait un temps égal aux deux camps en divisant soigneusement ses tableaux en deux parties.

Le sujet principal de la parti Pour en lire plus
Kay Larsen, critique d’art pour le New York Magazine, a écrit au sujet de cette œuvre réalisée par Samuel Colman en 1866 et intitulée Storm King on the Hudson qu’elle « marque l’époque où le paradis a été envahi par les commerçants... Les peintres étaient en butte à un dilemme : que faire devant les tanneries, les moulins à scie, les moulins à papier et autres petites entreprises qui commençaient à occulter le décor idyllique des chutes d’eau et des forêts attrayantes le long de la rivière Hudson. » [traduction libre]

La controverse qui subsiste encore de nos jours entre les tenants de la préservation et les promoteurs du développement était déjà un sujet de préoccupation important au milieu du XIXe siècle. Samuel Colman accordait un temps égal aux deux camps en divisant soigneusement ses tableaux en deux parties.

Le sujet principal de la partie de droite est cette montagne que beaucoup de gens connaissaient sous le nom de Butter Hill (la colline de beurre) en raison de sa forme douce et arrondie. Aujourd’hui, on l’appelle Storm King Mountain (la montagne du roi des tempêtes), par allusion aux sombres nuages qui en voilent fréquemment le sommet. Colman consacre près du tiers de la hauteur de sa toile à la représentation de ces nuages imposants.

Au pied de la montagne, l’artiste a reproduit sa vision des temps jadis importants sur le plan historique, c.-à.-d. vers l’époque de la guerre de Sécession. De petites embarcations serrent la côte tandis qu’à l’avant-plan trois hommes pêchent au filet. Il est clair qu’il s’agit d’une entreprise familiale ou locale.

La partie de gauche représente le futur industrialisé. De grandes barges commerciales sont reliées les unes aux autres, leurs énormes roues à aubes actionnées par des chaudières à vapeur fonctionnant au charbon. Le centre de cette moitié de la composition est occupé par des cheminées – évocation de la menace industrielle faisant écho aux sombres nuages qui flottent au-dessus de Storm King Mountain. Les barges semblent foncer de façon menaçante sur les petites embarcations de pêche.

À bien y regarder, on se rend compte que les deux moitiés du tableau sont reliées l’une à l’autre de façon ténue par les fragiles filets de pêche tendus sous l’eau. Comme si Colman savait déjà que la difficile coexistence de ces deux modes de vie dans son propre présent allait bientôt être rompue pour donner naissance à deux mondes très différents : le passé et le futur.

En agençant soigneusement son tableau en deux parties égales, Colman réussit à maintenir un équilibre dans le débat entre les tenants de l’industrie et les défenseurs de la nature. Les barges sont-elles un symbole d’espérance et de progrès, ou un présage de destruction?

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Storm King on the Hudson

Storm King Mountain, qui domine l’Hudson près de West Point, dans l’État de New York, tire son nom des nuées d’orage qui ornent régulièrement son sommet. Les volutes de fumée gris-noir qui s’échappent des vapeurs se mêlent au banc de nuages en une tapisserie inspirée de la nature et de l’intervention de l’homme. Pour souligner davantage cette union entre l’homme et la nature, Colman met en scène trois types d’embarcations fluviales : les vapeurs, les voiliers et les chaloupes à rames.

Samuel Colman
Smithsonian American Art Museum ; don de John Gellatly
1866
ÉTATS-UNIS
huile sur toile
© Smithsonian American Art Museum


Objectifs d'apprentissage

L'apprenant va :

  • prendre conscience de l’impact émotionnel qui est provoqué et façonné par les œuvres d’art;
  • comprendre comment des concepts artistiques fondamentaux, tels que la symétrie, donnent un sens aux œuvres d’art;
  • se faire une opinion subjective d’une œuvre d’art et décrire ce qui, dans cette œuvre, est attirant ou non;
  • reconnaître que le choix du moyen artistique, l’époque et la culture ont une influence sur la création d’une œuvre d’art.