Les réalités matérielles d’un lieu et les valeurs culturelles de ses habitants se combinent pour créer des paysages en constante mutation. Les pays de l’Amérique du Nord ont ceci de commun que, depuis longtemps, leurs peuples autochtones et leurs immigrants ont subi d’immenses changements sociaux qui ont laissé leur trace sur le paysage et traînent après eux des conséquences douces-amères : les possibilités de développement économiques se sont accompagnées de pertes culturelles. Toutefois, nos pays ont aussi en commun le dynamisme et la diversité culturelle qui naissent du changement. De nouvelles attitudes et un nouvel art de vivre continuent à se faire jour tandis que nous imprimons notre identité culturelle sur les paysages que nous habitons.
Les réalités matérielles d’un lieu et les valeurs culturelles de ses habitants se combinent pour créer des paysages en constante mutation. Les pays de l’Amérique du Nord ont ceci de commun que, depuis longtemps, leurs peuples autochtones et leurs immigrants ont subi d’immenses changements sociaux qui ont laissé leur trace sur le paysage et traînent après eux des conséquences douces-amères : les possibilités de développement économiques se sont accompagnées de pertes culturelles. Toutefois, nos pays ont aussi en commun le dynamisme et la diversité culturelle qui naissent du changement. De nouvelles attitudes et un nouvel art de vivre continuent à se faire jour tandis que nous imprimons notre identité culturelle sur les paysages que nous habitons.
© RCIP 2001. Tous droits réservés
Airplane (L’Avion)
David Ruben Piqtoukun (1950 - )
Collection du Winnipeg Art Gallery ; don de Rosalie Seidelman
1995
CANADA
stéatite du Brésil et pyrophyllite
26,00 X 36,50 X 27,50 cm
© The Winnipeg Art Gallery
L’artiste David Ruben Piqtoukun est bien connu pour son intérêt pour l’effritement culturel et la confusion qui marquent l’existence des Inuits. Dans cette sculpture en pierre, il s’est souvenu de l’avion qui, dans son enfance, était venu l’arracher à sa famille pour le conduire dans un pensionnat d’Inuvik. À l’école, il ne fut pas autorisé à parler l’inuktitut ni à professer les croyances de son peuple. En outre, il perdit contact avec ses parents, car en général, lorsqu’il rentrait dans la région de Paulatuk pour l’été, il ne retrouvait pas leur campement.
L’artiste David Ruben Piqtoukun est bien connu pour son intérêt pour l’effritement culturel et la confusion qui marquent l’existence des Inuits. Dans cette sculpture en pierre, il s’est souvenu de l’avion qui, dans son enfance, était venu l’arracher à sa famille pour le conduire dans un pensionnat d’Inuvik. À l’école, il ne fut pas autorisé à parler l’inuktitut ni à professer les croyances de son peuple. En outre, il perdit contact avec ses parents, car en général, lorsqu’il rentrait dans la région de Paulatuk pour l’été, il ne retrouvait pas leur campement.
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Bilking the Toll (Fraude au péage)
Cornelius David Krieghoff (1815 - 1872)
Collection du Winnipeg Art Gallery ; don de W.F. Alloway par l’entremise de la Winnipeg Foundation
1860
CANADA
huile sur toile
43,70 X 64,00 cm
© The Winnipeg Art Gallery
Au début du XIXe siècle, on exploitait, pour financer les travaux de voirie, des postes de péage à l’entrée des principales routes qui menaient à Montréal et à Québec. La population des campagnes, en grande partie francophone, n’appréciait guère de devoir verser des droits à un gouvernement anglophone, et les jeunes habitants (ainsi qu’on appelait souvent les paysans de langue française) essayaient parfois de franchir ces postes sans payer. Un artiste non francophone s’est amusé de cette situation et nous montre ces jeunes gens sous les traits d’habitants futés mais inoffensifs. Les stéréotypes de ce genre venaient confirmer l’impression que beaucoup d’anglophones entretenaient à tort à propos des habitants, en qui ils voyaient tout simplement des gens simples et frivoles et non des individus aux prises avec de graves problèmes politiques et sociaux.
Au début du XIXe siècle, on exploitait, pour financer les travaux de voirie, des postes de péage à l’entrée des principales routes qui menaient à Montréal et à Québec. La population des campagnes, en grande partie francophone, n’appréciait guère de devoir verser des droits à un gouvernement anglophone, et les jeunes habitants (ainsi qu’on appelait souvent les paysans de langue française) essayaient parfois de franchir ces postes sans payer. Un artiste non francophone s’est amusé de cette situation et nous montre ces jeunes gens sous les traits d’habitants futés mais inoffensifs. Les stéréotypes de ce genre venaient confirmer l’impression que beaucoup d’anglophones entretenaient à tort à propos des habitants, en qui ils voyaient tout simplement des gens simples et frivoles et non des individus aux prises avec de graves problèmes politiques et sociaux.
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Despondency (Découragement)
William Kurelek (1927 - 1977)
Collection du Winnipeg Art Gallery ; donateur anonyme
1963
CANADA
huile sur masonite
© The Winnipeg Art Gallery
Le fermier solitaire qui examine ses champs inondés nous rappelle puissamment la fragilité du rapport entre l’homme et la terre. On sent toutefois aussi la vie qui continue malgré les épreuves. Au loin, un train, qui transporte sans doute des céréales, poursuit sa route, insoucieux de l’agriculteur qui pleure les pertes subies. Ce tableau fait partie d’une suite consacrée à la vie du père de l’artiste, un immigrant ukrainien qui s’est livré à l’agriculture dans les Prairies canadiennes avant d’aller s’installer sous le climat plus doux de l’Ontario. En évoquant par la posture abattue et la solitude de son personnage le mal du pays et la nostalgie de l’Ouest (« ce royaume perdu ») à laquelle était en proie le père de Kurelek, Découragement prend donc un sens bien personnel.
Le fermier solitaire qui examine ses champs inondés nous rappelle puissamment la fragilité du rapport entre l’homme et la terre. On sent toutefois aussi la vie qui continue malgré les épreuves. Au loin, un train, qui transporte sans doute des céréales, poursuit sa route, insoucieux de l’agriculteur qui pleure les pertes subies. Ce tableau fait partie d’une suite consacrée à la vie du père de l’artiste, un immigrant ukrainien qui s’est livré à l’agriculture dans les Prairies canadiennes avant d’aller s’installer sous le climat plus doux de l’Ontario. En évoquant par la posture abattue et la solitude de son personnage le mal du pays et la nostalgie de l’Ouest (« ce royaume perdu ») à laquelle était en proie le père de Kurelek, Découragement prend donc un sens bien personnel.
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Untitled (Sans titre)
Artiste inconnu
Musée canadien des civilisations
1840 - 1870
CANADA
huile sur toile
© Musée canadien des civilisations
Tout comme les particularités d’un espace naturel — la végétation, les caractéristiques géologiques, le relief — peuvent permettre de reconnaître un lieu géographique, les éléments d’un paysage façonnés par la main de l’être humain — l’architecture, la manière dont le territoire est divisé, l’utilisation des terres agricoles — peuvent nous indiquer qui y vit. Une des marques de son identité et de son patrimoine religieux que la population catholique francophone du Québec a laissées dans son environnement est la croix de chemin. Quelque 3 000 symboles de dévotion de ce type, simples ou recherchés et faits de matériaux divers, parsèment la campagne québécoise. Beaucoup de croix sont coiffées d’une statuette de coq, symbole du christianisme (saint Pierre) et de la France.
Tout comme les particularités d’un espace naturel — la végétation, les caractéristiques géologiques, le relief — peuvent permettre de reconnaître un lieu géographique, les éléments d’un paysage façonnés par la main de l’être humain — l’architecture, la manière dont le territoire est divisé, l’utilisation des terres agricoles — peuvent nous indiquer qui y vit. Une des marques de son identité et de son patrimoine religieux que la population catholique francophone du Québec a laissées dans son environnement est la croix de chemin. Quelque 3 000 symboles de dévotion de ce type, simples ou recherchés et faits de matériaux divers, parsèment la campagne québécoise. Beaucoup de croix sont coiffées d’une statuette de coq, symbole du christianisme (saint Pierre) et de la France.
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Untitled (Sans titre)
Elizabeth Angrnatquak (1938 - )
Musée canadien des civilisations
vers 1970
CANADA
laine et coton
© Musée canadien des civilisations
Les marques de l’identité d’une population dans son milieu ne sont pas toutes physiques. Certaines existent dans une tout autre dimension. Dans la tradition inuite, les esprits des morts à qui l’on n’a pas insufflé une vie nouvelle en donnant leurs noms à des nourrissons errent sur terre en semant la maladie et la mort. Les vivants doivent se soustraire à la terrible influence omniprésente de ces esprits en évitant absolument certains comportements. Ces âmes en peine qui, pour certains, sont aussi réelles que des édifices, des personnes ou des animaux sont souvent représentées dans l'art inuit sous forme de créatures à deux têtes, dont beaucoup ont de longues griffes et un air tragique.
Les marques de l’identité d’une population dans son milieu ne sont pas toutes physiques. Certaines existent dans une tout autre dimension. Dans la tradition inuite, les esprits des morts à qui l’on n’a pas insufflé une vie nouvelle en donnant leurs noms à des nourrissons errent sur terre en semant la maladie et la mort. Les vivants doivent se soustraire à la terrible influence omniprésente de ces esprits en évitant absolument certains comportements. Ces âmes en peine qui, pour certains, sont aussi réelles que des édifices, des personnes ou des animaux sont souvent représentées dans l'art inuit sous forme de créatures à deux têtes, dont beaucoup ont de longues griffes et un air tragique.
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Objectifs d'apprentissage
L'apprenant va :
- prendre conscience de l’impact émotionnel qui est provoqué et façonné par les œuvres d’art;
- reconnaître que le choix du moyen artistique, de même que les souffrances des peuples autochtones et des immigrants, ont une influence sur l’œuvre d’art;
- reconnaître que l’art peut nous renseigner sur les enjeux sociaux et l’empreinte que laissent les changements sociaux sur le paysage;
- être sensibilisé aux thèmes communs abordés dans l’art du paysage des différents pays d’Amérique du Nord.