Les extraits sonores de la narratrice décrivent sa vie à Toronto lorsqu’elle était une enfant

Écoutez les courts extraits d’un récit oral et testez vos habiletés d’écoute. Est-ce que vous avez entendu ce que la narratrice a dit ?

EXTRAIT UN

Intervieweur : Comment les filles s’habillaient lorsque vous étiez jeune ?

Maureen : Oh, nous portions des jupes, toujours, à moins d’aller en camping, en randonnée, à la plage ou autre. Nous portions toujours des jupes.

Tant que je suis allée à l’école, il ne vous était pas permis de porter des pantalons. Même après que j’aie commencé à enseigner, il était toujours interdit de porter des pantalons à l’école.
Donc, nous portions des robes, des jupes, des blouses et, pour la classe de gym, je ne sais pas si vous avez déjà vu ces petits ensembles culottes que nous portions ? Oh, ils étaient assommants. Ils avaient un élastique là où vous savez, hum, ils ressemblaient à un ensemble barboteuse que les bébés pourraient porter.
Lorsque j’avais environ 15 ans, plusieurs d’entre nous sommes allées au Maple Leaf Gardens faire une grande présentation de gymnastique dans nos supers costumes !


EXTRAIT DEUX

Intervieweur : Qu’est-ce que votre mère faisait comme travail ?

Maureen : Ma mère travaillait dans une manufacture de tricot.
Elle était très active dans le milieu syndical là-bas, notamment en organisant un syndicat pour les travailleuses.
Elle était aussi très impliquée dans la Croix Bleue. Savez-vous ce qu’est la Croix Bleue ? Il s’agit d’une assurance-santé.

Elle a été hospitalisée pendant trois semaines lorsqu’elle était dans la trentaine ou la quarantaine. Elle a subit une opération et quelque chose s’est mal déroulée ; elle y est alors restée trois semaines.

Dans ce temps là, il n’y avait pas de Medicare ou d’assurance-santé. Ils ont donc dû débourser beaucoup d’argent pour ça. Alors, lorsqu’ils ont voulu établir l’assurance Croix Bleue, elle s’est beaucoup impliquée dans le recrutement des gens et elle leur a expliqué pourquoi ils devaient s’y inscrire. Ma mère était bonne dans ce genre de choses.

EXTRAIT TROIS

Maureen : Oh, la façon dont nous vivions lorsque j’étais enfant. Nous n’avions pas de congélateur alors, tous les jours, nous marchions jusqu’à l’épicerie. Nous n’avions pas de chariot, nous avions des paniers parce que la plupart des gens n’avaient pas de voitures. De toute façon, vous auriez seulement besoin d’un chariot si vous ne pouviez pas transporter un panier d’épicerie à la maison. Vous aviez donc à sortir tous les jours pour vous procurer de la viande.

Si vous vouliez de la crème glacée pour dessert, quelqu’un, bien, lorsque vous aviez terminé vos courses, quelqu’un courait jusqu’au magasin. Nous avions un petit cube de crème glacée comme ceci et nous le coupions en quatre parties.

Les temps étaient différents. Nous allions chez le boucher. Le boucher avait de la sciure sur son plancher et un gros bloc à débiter. Il débitait la viande pour nous.

C’était différent, nous n’allions dans les magasins qu’une fois par semaine. Vous aviez des fruits et les légumes la fin de semaine et vous pouviez faire des conserves, mais vous n’achetiez pas des aliments congelés parce que la plupart des gens n’avaient pas de congélateur.

M. Miller
Maureen Miller
20e siècle
Ontario, CANADA
© 2007, Musée historique de Scarborough, Tous droits réservés.


Histoire orale est importante

Ton histoire est importante

Sois un grand « fabricant d’histoire »

Tout le monde joue un rôle dans la création de l’histoire au quotidien. Nous avons tous nos propres histoires et souvenirs qui seront peut-être partagés avec le reste du monde un jour, comme faisant partie de notre histoire. Toute personne fait des choses qui valent la peine d'être consignées, conservées et partagées plus tard.

L’histoire orale vient de la tradition de la narration. Elle nous permet de recueillir auprès de personnes des éléments de source primaire qui mettent en perspective des événements historiques.

En tant qu’historiens/chercheurs, il ne faut pas oublier que nous interprétons tous les faits et les vues de façon légèrement différente. L'information peut être biaisée ou inexacte. Peux-tu te fier aux interprétations et aux souvenirs d'une seule personne lorsque tu fais des recherches à propos d'un événement?

En tant que chercheur, tu dois vérifier les faits au moyen de sources primaires et secondaires.

Comment réussir une entrevue

Une fois que le rendez-vous est pris pour une entrevue, il faut préparer le terrain pour obtenir le meilleur résultat possible. Ce n’est pas aussi facile que cela paraît. En effet, deux éléments essentiels du processus sont également des éléments-clés qui peuvent gêner le cours de l'entrevue.

Élément-clé n° 1: Formulaires d’autorisation
Les participants doivent signer des formulaires d’autorisation où figure tout le jargon juridique.
C’est fondamental, car l’établissement a besoin d'une autorisation légale pour pouvoir utiliser les renseignements recueillis dans le cadre de l'entrevue dans nos projets de recherche.

Élément-clé n° 2 : Matériel d’enregistrement
Le matériel d’enregistrement représente une distraction visuelle qui peut intimider.
L'équipement est essentiel pour enregistrer et conserver les renseignements communiqués par le narrateur.

Étapes pour mettre tout le monde à l’aise :
• Réaliser une entrevue préliminaire pour connaître un peu mieux le narrateur
• Expliquer les formulaires d’autorisation et les faire remplir à l’avance
• Expliquer le processus de l’entrevue
• Choisir un lieu adéquat pour l’entrevue (loin du bruit ou des distractions)
• Déterminer à l’avance l’emplacement de l’équipement
• Inviter le narrateur à utiliser des aide-mémoire tels que des albums photos

M. Miller
M. Callaghan, R. Schofield

Ontario, CANADA
© 2007, Musée historique de Scarborough. Tous droits réservés.


Voici une activité rapide qui aidera les élèves à comprendre l’importance d’une bonne communication, de l’écoute et du langage corporel dans le cadre de l'interaction avec les autres.

1re étape : Imprimer les règles d’or d’une bonne entrevue énoncées ci-dessous. Les découper et les séparer en règles individuelles.


2e étape : Distribuer une règle d’or à chaque paire d’élèves.

3e étape : Leur faire imaginer un scénario qui ne respecte pas du tout les règles.

4e étape : Demander aux groupes d’élèves de jouer le scénario en classe.

5e étape : À la fin de chaque sketch, la classe doit essayer de déterminer quelle règle n’a pas été respectée et recommander un moyen de faire de l’entrevue une expérience plus positive.

Remarque : On appelle la personne avec qui l'entrevue est réalisée « le narrateur » Pour en lire plus

Voici une activité rapide qui aidera les élèves à comprendre l’importance d’une bonne communication, de l’écoute et du langage corporel dans le cadre de l'interaction avec les autres.

1re étape : Imprimer les règles d’or d’une bonne entrevue énoncées ci-dessous. Les découper et les séparer en règles individuelles.


2e étape : Distribuer une règle d’or à chaque paire d’élèves.

3e étape : Leur faire imaginer un scénario qui ne respecte pas du tout les règles.

4e étape : Demander aux groupes d’élèves de jouer le scénario en classe.

5e étape : À la fin de chaque sketch, la classe doit essayer de déterminer quelle règle n’a pas été respectée et recommander un moyen de faire de l’entrevue une expérience plus positive.

Remarque : On appelle la personne avec qui l'entrevue est réalisée « le narrateur » parce qu'elle nous raconte son histoire.

RÈGLES D'OR POUR UNE BONNE ENTREVUE

1. Être prêt!
Tu dois bien connaître ton équipement et être prêt à l’utiliser. Vérifie qu’il fonctionne bien!
Prépare le formulaire d'autorisation qui te permettra d’utiliser l’entrevue pour le faire signer par le narrateur (s’il n’a pas déjà été rempli lors de l’entrevue préliminaire).
Prépare bien ta liste de questions.

2. Mets le narrateur aussi à l’aise que possible.
Sois poli et amical.
Présente-toi et parle du projet pour lequel tu réalises l’entrevue.

3. Prends le temps de trouver un endroit calme pour réaliser l'entrevue.
Le tic-tac des pendules ou un appareil bruyant peuvent gêner l’enregistrement. Avant de débuter l’enregistrement, demande à la personne si elle est prête à commencer.


4. Débute l’entrevue par des questions simples auxquelles le narrateur peut répondre facilement.

5. Pose une question à la fois. Laisse à la personne le temps de répondre, ne la presse pas. Les silences améliorent la qualité de l’entrevue; fais une pause d’au moins dix secondes avant de poser une nouvelle question.

6. Pose des questions ouvertes!
C’est très important, car cela encourage le narrateur à raconter des histoires plutôt qu'à répondre par oui ou par non.
« Parlez-moi de... » est une bonne façon de formuler une question.
Par exemple, pose la question suivante « Parlez-moi de l'endroit où vous êtes né » mais PAS « Est-ce que vous êtes né ici? »

7. Écoute activement la réponse du narrateur puis enchaîne avec une autre question comme « Que s’est-il passé ensuite? » ou « Qu’avez-vous ressenti à propos de cela? » pour obtenir plus de détails avant de passer à la question suivante de ta liste.
Réponds au narrateur de façon appropriée.
Fais une pause ou dis quelque chose comme « Cela a dû être difficile » si le narrateur évoque un souvenir douloureux.


8. Tout en écoutant, fais un signe de tête pour prendre acte de ce qui se dit, plutôt que d’avoir recours à des « hum, hum » ou d'autres modes d'acquiescement souvent utilisés.
Lorsqu’on écoute l’enregistrement, cela peut être gênant d’entendre les murmures de la personne qui réalise l’entrevue.


9. Abstiens-toi de contredire ou de corriger le narrateur et garde tes opinions personnelles pour toi autant que possible. Ne pose pas de questions tendancieuses.

Par exemple, formule de la façon suivante « Dites-moi ce que vous avez ressenti… » mais ne dis PAS « Expliquez-moi à quel point cela a dû vous mettre en colère… »

10. Ne précipite pas la fin de l’entrevue. Pose une bonne question de clôture qui aide le narrateur à résumer son point de vue ou à conclure. Remercie toujours le narrateur pour le temps qu'il t'a accordé et son aide dans le cadre du projet.


Adapté d’un plan de leçon de Paula J. Paul, publié dans OAH Magazine of History, Volume 11, n° 3, Printemps 1997

AUTRES ACTIVITÉS
Activité supplémentaire n° 1
Demandez aux élèves de formuler des questions ouvertes qu’ils pourront utiliser dans le cadre d’une entrevue éventuelle.


Activité supplémentaire n° 2
Si vous disposez d’un caméscope, filmez les élèves et analysez avec eux la façon dont le ton de la voix et le langage corporel peuvent influencer une entrevue.


© 2007, Musée historique de Scarborough. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

Les utilisateurs seront en mesure de faire ce qui suit :


• Recueillir des renseignements à propos de l’histoire du Canada et des événements actuels
• Formuler différents types de questions
• Évaluer la crédibilité des sources et de l’information
• Faire la différence entre les faits et les opinions et identifier les éventuels partis pris
• Connaître et appliquer les règles d'écoute


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