Pien, Melvin et Alistair ont construit le canot en grande partie à Uhuniau (« Owl Point », aussi appelé North West Point), à environ 5 km de Sheshatshiu et de North West River, au Labrador. Pien et son épouse Nishet, ainsi que plusieurs membres de leur famille, ont des chalets à cet endroit. Pien Penashue, le maître-constructeur de canots. Né en 1926 dans la région de Akamiuapishku, Pien a appris de son beau-père, Pien Toma, comment construire un katshishtashkuatet (canot à clous).
Pien, Melvin et Alistair ont construit le canot en grande partie à Uhuniau (« Owl Point », aussi appelé North West Point), à environ 5 km de Sheshatshiu et de North West River, au Labrador. Pien et son épouse Nishet, ainsi que plusieurs membres de leur famille, ont des chalets à cet endroit. Pien Penashue, le maître-constructeur de canots. Né en 1926 dans la région de Akamiuapishku, Pien a appris de son beau-père, Pien Toma, comment construire un katshishtashkuatet (canot à clous).

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La construction d’un canot commence par le choix des arbres appropriés. Il faut des minaiku (épinettes blanches) hautes et droites, dont le tronc ne porte aucune branche sur au moins quelques mètres. Un arbre tordu ou dont le tronc porte des branches cause bien des difficultés parce qu’il n’est pas facile à fendre et que les nœuds (à la jonction des branches) font des planches moins solides.

Une qualité importante d’un bon artisan est de savoir quels arbres donneront de bonnes pièces de bois pour faire des canots, des toboggans et des raquettes.

Plusieurs utakan sont fabriqués pour fendre le bois. Ils sont souvent endommagés lorsqu’on les frappe avec une hache ou un maillet, et il faut les remplacer. Des outils tels que le utakan étaient probablement très importants pour les Innus avant qu’ils n’obtiennent du métal en commerçant avec les Européens. Mais on ne trouve pas d’outils en bois dans les sites archéologiques parce que le bois pourrit avec le temps.

On utilise le utakan pour fabriquer Pour en lire plus

La construction d’un canot commence par le choix des arbres appropriés. Il faut des minaiku (épinettes blanches) hautes et droites, dont le tronc ne porte aucune branche sur au moins quelques mètres. Un arbre tordu ou dont le tronc porte des branches cause bien des difficultés parce qu’il n’est pas facile à fendre et que les nœuds (à la jonction des branches) font des planches moins solides.

Une qualité importante d’un bon artisan est de savoir quels arbres donneront de bonnes pièces de bois pour faire des canots, des toboggans et des raquettes.

Plusieurs utakan sont fabriqués pour fendre le bois. Ils sont souvent endommagés lorsqu’on les frappe avec une hache ou un maillet, et il faut les remplacer. Des outils tels que le utakan étaient probablement très importants pour les Innus avant qu’ils n’obtiennent du métal en commerçant avec les Européens. Mais on ne trouve pas d’outils en bois dans les sites archéologiques parce que le bois pourrit avec le temps.

On utilise le utakan pour fabriquer des planches étroites en suivant le grain du bois. Ces planches formeront les anashkan (planches) et les uatshinau (membrures) du canot. Le bois est facile à fendre si son grain est droit. Certaines planches minces peuvent même être fendues à l’aide d’un simple couteau si le grain du bois est bon.


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Melvin s'apprête à abattre un arbre qui donnera des pièces de bois pour le canot

Melvin s'apprête à abattre un arbre qui donnera des pièces de bois pour le canot. Pien a arraché des bandes d'écorce d'un côté de l'arbre afin d'examiner le grain du bois et voir s'il y avait des nœuds et autres imperfections.

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Peter Armitage, conservateur/animateur (St-Jean T.-N), Nympha Byrne, chercheuse (Natuashish, Labrador) et Gillian Davidge, conseiller en éducation (The Rooms, St. John’s, NL)

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Pien enfonce un utakan dans le minaiku pour le fendre.

Pien enfonce un utakan dans le minaiku pour le fendre. Le bois est facile à fendre si son grain est droit. Certaines planches minces peuvent même être fendues à l'aide d'un simple couteau si le grain du bois est bon.

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Alistair et Melvin fendent le bois à l'aide de quelques utakan

Alistair et Melvin fendent le bois à l'aide de quelques utakan

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Alistair façonne des planches minces à l'aide d'un rabot, sous la supervision de Pien.

Les quartiers bruts de minaik (épinettes blanches) seront davantage affinées à l'aide d'un couteau croche, d'un rabot ou d'une raboteuse électrique pour donner des planches et des membrures.

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Le mukutakan (couteau croche)

Le mukutakan (couteau croche) d'Alistair, qui lui a été donné par son grand-père, le défunt Matiu Penashue. Le manche est recouvert d'une peau de belette.

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Le minikukanashku étendu sur le sol. Les épaulures doivent être courbées vers le haut pour former le giron dans la coque du canot. Le giron est la courbure du fond, qui détermine le degré de manœuvrabilité du canot. Plus le giron est arrondi, plus le canot est manœuvrable. Un canot dont le giron est peu arrondi est moins manœuvrable mais il « trace » bien, c’est-à-dire qu’il est facile à diriger en ligne droite.
Le minikukanashku étendu sur le sol. Les épaulures doivent être courbées vers le haut pour former le giron dans la coque du canot. Le giron est la courbure du fond, qui détermine le degré de manœuvrabilité du canot. Plus le giron est arrondi, plus le canot est manœuvrable. Un canot dont le giron est peu arrondi est moins manœuvrable mais il « trace » bien, c’est-à-dire qu’il est facile à diriger en ligne droite.

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Détail d'une extrémité du plat-bord.

Détail d'une extrémité du plat-bord.

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Melvin et Pien travaillent sur le plat-bord.

Melvin et Pien travaillent sur le plat-bord. Des bancs temporaires servent à maintenir le plat-bord jusqu'à ce qu'il soit fixé aux membrures et que les bancs permanents soient installés.

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Tremper les membrures dans l'eau bouillante avant de les courber.

Le mishta-passikan (« gros canon ») utilisé par Pien pour tremper les membrures dans l'eau bouillante avant de les courber. Cet ingénieux dispositif consiste en un bout de gros tuyau enfoncé en diagonale dans le sable. Le tuyau est rempli d'eau, et celle-ci est chauffée par un feu allumé sous le tuyau.

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Courber une membrure

Pien courbe une membrure (uatshinau) du canot. Malgré son âge (76 ans sur la photo), Pien a toute la souplesse d'un maître du yoga.

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Vue latérale montrant la disposition des membrures le long du banc d'assemblage ainsi que le cadre du plat-bord (pieux vertic

Le canot est assemblé sur un « banc » formé de quelques longueurs de madriers de 2 x 4 po cloués sur de courts poteaux posés sur le sol. Les planches du fond et les membrures sont temporairement cloués à ce banc d'assemblage. Lorsque toutes les planches et membrures du canot sont posées, on retire les clous temporaires pour détacher le canot du banc d'assemblage. Vue latérale montrant la disposition des membrures le long du banc d'assemblage ainsi que le cadre du plat-bord (pieux verticaux plantés dans le sol et traverses).

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Pien commence à fixer des planches au fond du canot.

Pien commence à fixer des planches au fond du canot.

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Alistair se sert d'une râpe pour limer les extrémités des membrures au-dessus du plat-bord.

Alistair se sert d'une râpe pour limer les extrémités des membrures au-dessus du plat-bord. Tous les bancs temporaires ont été enlevés.

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Une fois le travail du bois terminé, le canot est retiré du banc d’assemblage et transporté chez Pien, à Sheshatshiu, où il sera couvert de toile et peint. Avant leur établissement dans des villages, les Innus peignaient leurs canots en vert ou en blanc avec de la peinture achetée à la Compagnie de la Baie d’Hudson, à North West River. Une bande de métal est appliquée sur l’étrave du canot.
Une fois le travail du bois terminé, le canot est retiré du banc d’assemblage et transporté chez Pien, à Sheshatshiu, où il sera couvert de toile et peint. Avant leur établissement dans des villages, les Innus peignaient leurs canots en vert ou en blanc avec de la peinture achetée à la Compagnie de la Baie d’Hudson, à North West River. Une bande de métal est appliquée sur l’étrave du canot.

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On lave la toile à l'eau chaude savonneuse afin de la préparer

Une fois que la toile neuve est étendue sur la coque du canot, on lave la toile à l'eau chaude savonneuse afin de la préparer pour l'étape de peinture.

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Pien cloue une bande de métal au canot.

Pien cloue une bande de métal au canot.

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Objectifs d'apprentissage

• Décrivez les étapes de la fabrication d’un canot innu (canots à clous).
• Appréciez le degré de connaissances, les habiletés et la patience nécessaires à la tâche de fabrication d’un canot innu.
• Appréciez le rôle important que jouaient les Aînés innus relativement à la transmission des connaissances et des habiletés traditionnelles aux plus jeunes Innus.


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