Avant le contact avec les Européens, nos ancêtres wolastoqiyik avaient établi un système économique fondé sur le troc. Les principales activités économiques dépendaient de la relation entre le peuple wolastoqiyik et la terre qu’ils occupaient depuis la création. Cette relation était fondée sur le respect, l’harmonie, l’équilibre et l’interdépendance. L’adhésion à ces principes garantissait que les générations à venir bénéficieraient des ressources fournies par la Terre mère et perpétueraient ainsi un système économique qui consolidait une relation harmonieuse avec toute la création, tout en comblant les besoins essentiels de la société wolastoqiyik.

La terre appartenait collectivement au peuple wolastoqiyik, et chaque membre devait veiller à la protéger, elle et les ressources qu’elle offrait. Des territoires de chasse étaient assignés aux clans de la nation wolastoqiyik, qui en étaient les gardiens. Chaque Pour en lire plus
Avant le contact avec les Européens, nos ancêtres wolastoqiyik avaient établi un système économique fondé sur le troc. Les principales activités économiques dépendaient de la relation entre le peuple wolastoqiyik et la terre qu’ils occupaient depuis la création. Cette relation était fondée sur le respect, l’harmonie, l’équilibre et l’interdépendance. L’adhésion à ces principes garantissait que les générations à venir bénéficieraient des ressources fournies par la Terre mère et perpétueraient ainsi un système économique qui consolidait une relation harmonieuse avec toute la création, tout en comblant les besoins essentiels de la société wolastoqiyik.

La terre appartenait collectivement au peuple wolastoqiyik, et chaque membre devait veiller à la protéger, elle et les ressources qu’elle offrait. Des territoires de chasse étaient assignés aux clans de la nation wolastoqiyik, qui en étaient les gardiens. Chaque génération des membres d’un clan était censée veiller à assurer la durabilité des ressources pour celle qui lui succéderait. Par conséquent, non seulement la pratique d’activités économiques sur le territoire wolastoqiyik n’épuisait pas les ressources précieuses dont les générations suivantes auraient besoin, mais elle les enrichissait et en augmentait la disponibilité.

À la suite du contact avec les colons européens, ce système économique a subi des transformations, ce qui a entraîné des changements radicaux dans les moyens de subsistance de nos ancêtres. La nouvelle société des colons a mis en place un système économique fondé sur l’exploitation des ressources sans égard pour les générations ultérieures. Ce nouveau système reposait sur le contrôle de l’environnement et l’accumulation de la richesse matérielle. Dorénavant, la Terre mère était considérée comme un objet à contrôler, exploiter et dominer. Le but premier des compagnies des colons, nouvelles ou établies, était la quête du profit et elles ne se souciaient pas des effets négatifs de l’exploitation, du développement désordonné ou de la mauvaise gestion des ressources naturelles.

Le système économique traditionnel des Wolastoqiyik a fini par être remplacé par celui des Européens. Les Wolastoqiyik ont été mis dans des « réserves », ce qui a imposé d’énormes restrictions à la pratique de leurs activités économiques traditionnelles et, au bout du compte, détruit le système économique de leurs ancêtres.

Opolahsomuwehs 07

© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.

Les collections d’objets artisanaux autochtones du Musée du Nouveau-Brunswick témoignent d’un petit aspect particulier de l’ingéniosité et de la capacité d’adaptation des Wolastoqiyik. Experts dans le travail du bois, la construction de canots, la fabrication d’outils et l’artisanat, ils confectionnaient les produits durables, pratiques et fiables dont ils avaient besoin pour conserver leur mode de vie actif. Technologues compétents, ils produisaient aussi des pièges, des toboggans, des raquettes, des pagaies, des haches, des couteaux, des filets, des paniers, des lances, des arcs, des instruments de musique, toutes sortes de vêtements et plus encore. À la fin du XIXe siècle, la présence des colonies européennes et les changements technologiques avaient perturbé le mode de vie traditionnel des peuples autochtones du Nouveau-Brunswick. Le gibier a commencé à disparaître, et les Wolastoqiyik se sont trouvés dans la nécessité de faire du troc pour avoir de la nourriture ou de chercher du travail dans les fermes et les c Pour en lire plus
Les collections d’objets artisanaux autochtones du Musée du Nouveau-Brunswick témoignent d’un petit aspect particulier de l’ingéniosité et de la capacité d’adaptation des Wolastoqiyik. Experts dans le travail du bois, la construction de canots, la fabrication d’outils et l’artisanat, ils confectionnaient les produits durables, pratiques et fiables dont ils avaient besoin pour conserver leur mode de vie actif. Technologues compétents, ils produisaient aussi des pièges, des toboggans, des raquettes, des pagaies, des haches, des couteaux, des filets, des paniers, des lances, des arcs, des instruments de musique, toutes sortes de vêtements et plus encore. À la fin du XIXe siècle, la présence des colonies européennes et les changements technologiques avaient perturbé le mode de vie traditionnel des peuples autochtones du Nouveau-Brunswick. Le gibier a commencé à disparaître, et les Wolastoqiyik se sont trouvés dans la nécessité de faire du troc pour avoir de la nourriture ou de chercher du travail dans les fermes et les camps de bûcherons ou comme guides. Certains ont trouvé une source de revenus plus sûre dans la fabrication de paniers qu’ils pouvaient vendre ou échanger. Cette relation est attestée dans des récits écrits ainsi que par des artéfacts comme des broches en argent utilisées pour le troc ou les paniers tressés à motifs ornementaux qu’on associe aux cultures autochtones. Alors que le Nouveau-Brunswick s’engageait sur le chemin cahoteux du « progrès » au tournant du XXe siècle, les Wolastoqiyik luttaient pour leur survie. Dans l’ensemble, l’accès aux emplois de l’économie industrielle leur était refusé. Toutefois, ils ont réussi à trouver du travail en tant que guides de nature pour les touristes venus chercher l’aventure, chasser et pêcher dans l’arrière-pays du Nouveau-Brunswick.

© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.

En allant au marché

tableau : En allant au marché, v. 1845

John Thomas Stanton, v. 1815-1866
Don d'Emma Disbrow, 1908

Nouveau-Brunswick, CANADA
5179.2
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Ronald Paul discute de l’économie autochtone estivale

Avant, ils allaient plus haut ou plus bas que la rivière. Indian Point, c’est là qu’il y a l’ancienne réserve; ils venaient et passaient l’été ici, comme dans un terrain de camping. Tout comme ils allaient à Public Landing, Browns Flat, c’est comme ça qu’ils appellent cet endroit, ils s’installent là-bas et, mon Dieu, ils fabriquent des paniers, des arcs et des flèches en tous genres et plein de choses de même pour les Blancs; des chaises…

Avec la permission de Ronald Paul

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


un grand panier utilitaire

panier, v. 1890, Premières Nations; Wolastoqiyik

Inconnu, photographie de W. Mark Polchies
Achat, 1978

Nouveau-Brunswick, CANADA
1978.136
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Fabrication de paniers

tableau : Fabrication de paniers, v. 1845

John Thomas Stanton, v. 1815-1866
Don d'Emma Disbrow, 1908

Nouveau-Brunswick, CANADA
5179.1
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Ronald Paul parle du prix des paniers

Tous les samedis matin, Tom Brooks, Frank [indéchiffrable] et Ben Brooks descendaient là-bas vendre des paniers à linge pour deux dollars cinquante chaque. On travaillait dur toute la semaine : des paniers à pommes, à patates, à linge et pour la pêche. Le panier pour la pêche coûtait quatre-vingt-dix sous, le panier à pommes soixante-quinze et cinquante cents. Si le panier était muni d’une anse pivotante, il valait une piastre. Les paniers à patates, les petits et les grands, il fallait qu’ils aient un double fond si on voulait les vendre un dollar, un dollar dix. Les anses pivotantes on les vendait quatre dollars cinquante la douzaine.

Avec la permission de Ronald Paul

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Bonnet de broderie perlée

bonnet, v. 1851, Premières Nations; Wolastoq

Marie Francis
Don de Susan Rankine MacKay, 1936

Nouveau-Brunswick, CANADA
24555
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Manche d'éventail décoratif

manche d'éventail, 1850-1875, Premières Nations; Wolastoqiyik

Inconnu

Nouveau-Brunswick, CANADA
5404.9
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Maquette d'un tendeur de peaux

maquette d'un tendeur de peaux : 1930-1940, Première Nation de Woodstock

le major Edwin Tappan Adney, 1868-1950
Don du major Edwin Tappan Adney, 1944

Nouveau-Brunswick, CANADA
1944.397
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Ronald Paul parle du commerce de la fourrure.

Quand j’étais un jeune gars et que j’allais à l’école, un soir je suis rentré à la maison après le souper, et par terre, chez mon père, il y avait soixante-dix-huit carcasses de ratons laveurs. Au sous-sol, il y avait 122 carcasses de castors et dix-sept de renards roux. Il était tout seul et je lui ai dit que je voulais apprendre à faire ça. Il m’a regardé et il m’a dit : « Tu veux apprendre? » J’ai répondu : « Oui, je veux apprendre pour t’aider. » Bon, une fois que j’ai eu maîtrisé la technique, je suis devenu le meilleur, le numéro un, et ils n’ont fait que m’aider. L’argent coulait à flots. Je suis dans le commerce de fourrures depuis l’âge de 16 ans, ça fait cinquante ans, cinquante ans... Je suis devenu le meilleur au Nouveau-Brunswick. Je me suis fait un nom et je suis devenu une légende. Tout le monde me connaît, partout, et j’ai rencontré plein de gens.

Avec la permission de Ronald Paul

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Couronne d'argent

couronne, 1800-1830

Inconnu
Achat de la Webster Museum Foundation, 1961

Nouveau-Brunswick, CANADA
1979.130.1
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Coquille d'argent

coquille, avant 1851

Inconnu
Achat de la Webster Museum Foundation, 1961

Nouveau-Brunswick, CANADA
1979.130.3
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Ronald Paul aborde la question du commerce

Mes grands-parents, ils travaillaient toute la semaine, il fallait qu’on batte les frênes pour eux, et qu’on aille les chercher. Et les vieilles femmes, les vieilles femmes, elles se rassemblaient pour les écorcer et les raboter. Elles fabriquaient des petits paniers, des paniers fantaisie, les femmes, et les hommes fabriquaient des grands paniers, des paniers pour transporter des charges, des paniers pour la pêche, des paniers à patates, des paniers à linge, ça, c’était pour les fermiers. Quand ils avaient terminé, quand ils avaient travaillé toute la semaine, ils prenaient les paniers avec eux, ils les mettaient dans leurs canots, et ils remontaient la rivière jusqu’à Jemseg, et même jusqu’à Grand Lac. Partout dans la région du Grand Lac, le long du fleuve, ils s’arrêtaient dans toutes les fermes et tous les magasins qu’ils voyaient. Ils ne vendaient pas les paniers, tout s’échangeait. Ça, c’était au début des années trente, au moment de la Dépression, quand tout était très difficile : l’argent, l’essence et tout le reste. La Dépression, c’était vraiment dur, les gens avaient faim. J’allais avec eux et ils échangeaient des marchandises, et si les gens pouvaient donner un peu d’essence ou de carburant pour le bateau à moteur, c’était correct. Une couple de gallons, ou des pommes de terre et de la viande, de la farine, parce que les fermiers, ils en avaient plein et ils voulaient des paniers, du beurre, du lait, de la farine à crêpes; alors ils échangeaient. De temps en temps, dans les magasins, ils te donnaient éventuellement quelques pièces et toutes sortes de camelote, des habits, et tout le reste. Tout était basé sur l’échange de marchandises, presque pas d’échange d’argent. C’est comme ça qu’ils ont survécu et que tout le monde s’en est tiré.

Avec la permission de Ronald Paul

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Ronald Paul traite de la fabrication et de la vente de beurriers.

Il y a un truc que je détestais… ah là là! On partait l’après-midi. En été, tu as envie d’aller te baigner, et on nous disait : « Vous pourrez aller vous baigner après le souper. Maintenant, vous allez couper un peuplier, et assurez-vous qu’il est bien net. » Alors on y allait, on cherchait un peuplier de dix ou douze pouces et bien net sur environ huit pieds. On l’abattait – à l’époque, on n’avait pas de tronçonneuses, on utilisait des scies à main – il fallait l’abattre et le fendre. Pour le fendre, on partait du haut et on descendait par le milieu, après, il fallait qu’on l’équarrisse. Une fois qu’on avait fait ça, on le mettait sur le côté, on en faisait huit ou neuf billes et on les apportait à la maison. J’avais fini mon travail! Il y avait aussi les beurriers. À l’époque, ça valait pas grand-chose, mais cinq dollars, c’était cinq dollars. Aujourd’hui, les mêmes beurriers dont je parle, ils valent de soixante-quinze à quatre-vingts dollars.

Avec la permission de Ronald Paul

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

L’objet d’apprentissage « Une devise de changement » est conçu pour que les élèves et les éducateurs atteignent les objectifs suivants :

  • Analyser les défis et les occasions politiques pouvant avoir une incidence sur l’avenir du Canada : examiner les enjeux liés à l’autonomie des peuples autochtones, y compris l’autonomie gouvernementale.
  • Analyser les difficultés et les occasions sociales et culturelles pouvant avoir une incidence sur l’avenir du Canada : prédire l’impact possible sur l’avenir de la société canadienne en analysant les tendances socioéconomiques dans des sphères comme le milieu de travail, le niveau de vie, la famille et les programmes sociaux; prédire les difficultés et les occasions qui pourraient se présenter aux groupes ethniques et culturels alors que le Canada continue d’évoluer.
  • Analyser comment les décisions économiques sont prises par des personnes, des organisations et les gouvernements, en fonction de la rareté et du coût de renonciation.
  • Évaluer le rôle joué par les institutions économiques et examiner leur impact sur les personnes et les organisations privées et publiques.
  • Évaluer les différences entre les systèmes d’économie traditionnelle, dirigée et de marché et expliquer le développement des économies mixtes.
  • Évaluer les facteurs qui influencent la répartition des richesses à l’échelle régionale, nationale et internationale.
  • Appliquer la connaissance de concepts économiques pour élaborer une réponse aux enjeux économiques actuels comme la disparité et la durabilité.
  • Examiner les idées des autres et synthétiser ce qu’il est utile de clarifier et de développer dans la compréhension qu’ils en ont.
  • Poser des questions perspicaces pour obtenir, interpréter, analyser et évaluer des idées et de l’information.
  • Exprimer, défendre et justifier des positions sur des enjeux ou des textes de manière convaincante, en montrant une compréhension de divers points de vue.
  • Écouter d’une oreille critique pour analyser et évaluer des concepts, des idées et de l’information.
  • Adapter le langage et la manière de s’exprimer à différents auditoires et objectifs dans des contextes à caractère officiel ou non, desquels certains sont caractérisés par la complexité de l’objectif, de la procédure et du sujet.
  • Répondre à une vaste gamme de questions complexes et d’indications.

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