Des milliers d’années durant, les Wolastoqiyik ont vécu dans le respect du fleuve, de la mer, des animaux, de la terre et des arbres. Cette relation profitait à tous les êtres vivants. Dans ce mode de vie, tout ce dont dépendait la survie des Wolastoqiyik se trouvait dans la vallée et le fleuve Wolastoq, dont ils tirent leur nom.

Pour se nourrir, ils pratiquaient la cueillette, la culture et la chasse en forêt. Ils pêchaient dans les ruisseaux, le fleuve et la mer. Ils fabriquaient de leurs mains habiles les outils, les pièges et les armes nécessaires à ces activités, et ce savoir-faire se transmettait d’une génération à l’autre. Pour se rendre sur les lieux de ces activités, ils utilisaient des canots en écorce de bouleau, eux aussi faits de leurs mains habiles. Ils ont aussi utilisé le thuya, l’érable et l’épinette pour fabriquer ce moyen de transport. La fabrication des canots illustre bien comment ils tiraient parti au mieux de divers matériaux.

La transformation manuelle des mat&ea Pour en lire plus
Des milliers d’années durant, les Wolastoqiyik ont vécu dans le respect du fleuve, de la mer, des animaux, de la terre et des arbres. Cette relation profitait à tous les êtres vivants. Dans ce mode de vie, tout ce dont dépendait la survie des Wolastoqiyik se trouvait dans la vallée et le fleuve Wolastoq, dont ils tirent leur nom.

Pour se nourrir, ils pratiquaient la cueillette, la culture et la chasse en forêt. Ils pêchaient dans les ruisseaux, le fleuve et la mer. Ils fabriquaient de leurs mains habiles les outils, les pièges et les armes nécessaires à ces activités, et ce savoir-faire se transmettait d’une génération à l’autre. Pour se rendre sur les lieux de ces activités, ils utilisaient des canots en écorce de bouleau, eux aussi faits de leurs mains habiles. Ils ont aussi utilisé le thuya, l’érable et l’épinette pour fabriquer ce moyen de transport. La fabrication des canots illustre bien comment ils tiraient parti au mieux de divers matériaux.

La transformation manuelle des matériaux naturels en objets pratiques reflétait la philosophie selon laquelle tout sert à quelque chose. Toutefois, les objets utilitaires n’étaient pas nécessairement quelconques ou ordinaires. La nature elle-même étant belle, il n’y avait pas de raison pour que les objets créés ne soient pas beaux. Bien des motifs et des couleurs utilisés étaient tirés de l’environnement. Certains sont devenus des traits distinctifs de familles, de groupes ou de tribus.

Une grande importance était accordée à la durabilité des objets créés. C’était une manière de s’assurer que les ressources étaient bien utilisées, que le temps n’était pas perdu et que les matériaux n’étaient pas gaspillés. Ne prendre que le nécessaire était une façon d’honorer la terre.

La relation des Wolastoqiyik avec les animaux était de même nature, mais parce que l’animal utilisé devait mourir, ils célébraient des cérémonies de prière et d’offrandes à son esprit. Une relation juste devait exister, du chasseur au consommateur, du créateur au porteur. Il n’y avait pas de gaspillage, et les parties inutilisables étaient rendues à la Terre en signe de reconnaissance. Tout devait s’accorder avec la force créatrice de l’univers.

Tout cela demeure vrai aujourd’hui encore. Traiter avec l’esprit naturel était – et est encore – un honneur. Le mode de vie de la nation a changé, tout comme ses besoins. Les arbres et les animaux ne sont plus aussi importants pour la survie des Wolastoqiyik. La fonction esthétique est plus importante dans leurs créations contemporaines. Toutefois, les artisans et les artistes d’aujourd’hui redécouvrent et réintègrent les valeurs pérennes de leurs ancêtres. Les paniers qu’ils fabriquent sont beaux et fonctionnels. La broderie perlée est aussi colorée et harmonieuse que l’est la toile de la vie tissée par le Créateur, et à l’instar des wampums du passé, chaque perle est gardienne d’une prière. Les artisans d’aujourd’hui qui travaillent avec de l’écorce de bouleau s’inspirent encore des motifs ancestraux pour transmettre le même message aux générations futures : « Nous sommes Wolastoq. »
In The Spirit of Mother Earth
Schmidt, Jeremy
1994 McQuiston & McQuiston
San Francisco

Expressive Culture
Akwe: Kon Journal
1994 Cornell University
Vol. XI, Nos 3 & 4, Ithaca; New York

Unbroken Circles
Northeast Indian Quarterly 1990
VII, No 4, Winter

Encyclopedia of American Indian Costume
Paternak, Josephine
1994 WW Norton & Co. Inc.
New York; New York

The Sacred
Beck, Peggy V; Francisco, Nia; Walters, Anna Lee
1977 Navajo Community College Press
Tsaile, Arizona

The Wabenakis of Maine & the Maritimes
1989 American Friends Committee

© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.

Chez les Wolastoqiyik, les traditions en matière de décoration d'objets puisent leur source dans la sensibilité des artisans et leur appréciation du milieu naturel, comme dans la compréhension approfondie qu’ils ont des matériaux et des techniques. L’effet combiné de ces éléments, ajouté à un immense talent, une qualité de design exceptionnelle et d’excellentes aptitudes pour la création, donne des objets impressionnants de beauté et de complexité. La collection d'objets d'origine wolastoqiyik du Musée du Nouveau-Brunswick nous permet de faire quelques observations précises à propos de ces traditions cr éatives.

Bien des objets, qu’ils soient fonctionnels ou décoratifs, présentent des modifications de la surface. D’une manière générale, les bords ou lisérés de nombreux objets des Wolastoqiyik semblent avoir reçu une attention particulière, et leur décoration très minutieuse offre un contraste saisissant avec les grandes surfaces de c Pour en lire plus
Chez les Wolastoqiyik, les traditions en matière de décoration d'objets puisent leur source dans la sensibilité des artisans et leur appréciation du milieu naturel, comme dans la compréhension approfondie qu’ils ont des matériaux et des techniques. L’effet combiné de ces éléments, ajouté à un immense talent, une qualité de design exceptionnelle et d’excellentes aptitudes pour la création, donne des objets impressionnants de beauté et de complexité. La collection d'objets d'origine wolastoqiyik du Musée du Nouveau-Brunswick nous permet de faire quelques observations précises à propos de ces traditions cr éatives.

Bien des objets, qu’ils soient fonctionnels ou décoratifs, présentent des modifications de la surface. D’une manière générale, les bords ou lisérés de nombreux objets des Wolastoqiyik semblent avoir reçu une attention particulière, et leur décoration très minutieuse offre un contraste saisissant avec les grandes surfaces de couleur unie. Les motifs les plus courants allient des formes sinueuses et naturalistes, inspirées de plantes ou d'animaux, à des figures géométriques. Parfois, des silhouettes ou des scènes reproduites de façon réaliste sont également intégrées à la composition. Au sein des motifs, des éléments sont souvent répétés ou modifiés pour s’adapter à la forme particulière de l’objet. De nombreux objets de matières différentes (tissu, écorce de bouleau, bois) portent le motif en double courbe.

Au chapitre de la broderie perlée, des sections très denses, comptant des centaines ou des milliers de perles de verre de différentes couleurs, ornent les bords, poches, fronteaux, revers et col des vêtements. Parfois, des appliqués de laine ou de soie forment des motifs géométriques. Certaines broderies perlées intègrent des motifs très fins qui sont d’abord travaillés sur des formes de papier lesquelles sont ensuite cousues sur les v êtements.

La fabrication des contenants en écorce de bouleau exige qu’on retourne l’écorce pour en exposer la face interne, plus foncée. On peut pratiquer des incisions dans cette dernière ou la gratter pour exposer la couche du dessous, de couleur claire. Sur les pagaies en bois, les tuyaux de pipe et les poignées des calibres utilisés pour mesurer les éclisses à panier, les motifs sont gravés superficiellement, puis imprégnés d'un pigment, habituellement rouge ou noir. Sur la poignée des couteaux à lame incurvée et les fourneaux de pipe, des sculptures d’animaux en bas-relief s’allient aux motifs g éométriques gravés.

Chez les Wolastoqiyik, la vannerie témoigne d’habiletés exceptionnelles dans le domaine du tressage, du tissage et de la mise en forme des paniers. On a recensé toute une gamme de techniques de tressage, y compris les motifs en damier, hexagonaux (raquettes), croisés et de type vannerie. Le nattage en surface décoratif, quand les éclisses horizontales du panier sont tordues ou modifiées, comprend la dentelle, les guirlandes de ruban, le losange simple (uni), le chardon (porc-épic) et la boule (grain, bigorneau, coquillage, jikajidg). Parfois, les motifs sont créés en tressant des éclisses teintes de couleurs contrastantes. À l’occasion, certains paniers ont été décorés à l’aide d’une technique d’impression au tampon ou en peignant certaines des éclisses.

La beauté de chacun de ces objets soigneusement travaillés témoigne du maintien des traditions artisanales et de la transmission des connaissances depuis des milliers d’années. L’excellence du travail illustre de façon manifeste l’intégrité de la culture wolastoqiyik et la profondeur des liens intellectuels, spirituels et émotifs symbolisés par les objets créés par ce peuple.

© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.

boîte d'écorce de bouleau

boîte, v. 1850, Premières Nations; Wolastoqiyik

Sarah Sacobie, v. 1812-1909
Don de Stella Gunter, 1927

Nouveau-Brunswick, CANADA
10877
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Ronald Paul aborde les usages du frêne noir et d’autres matériaux.

On fabriquait des chaises en bois d’aulne, d’érable, de saule et en écorce, en écorce de bouleau, en cèdre. Le bois était bien plus facile à travailler quand il était vert. On faisait aussi les dessous et les dossiers de chaises. Tu sais, le frêne noir on peut l’utiliser pour fabriquer presque n’importe quoi. Et quand je dis n’importe quoi, c’est vraiment n’importe quoi, bon sang, c’est comme de la ficelle! On peut attacher des choses avec, faire des paniers, assembler les chaises, on peut s’en servir pour tenir et assujettir n’importe quoi.

Avec la permission de Ronald Paul

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Sommet de coiffure de la broderie perlée

sommet de coiffure, 1884-1888, Premières Nations; Wolastoqiyik

attribué à Mary Acquin
Don de la succession de Sir John Douglas Hazen, 1959, photographie de W. Mark Polchies

Nouveau-Brunswick, CANADA
1959.88.2B
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


boîte de la broderie perlée

boîte, v. 1900, Premières Nations; Wolastoqiyik

Inconnu
Don de Mary Quartley, à la mémoire de Beatrice Wiggins (Lunnin), 1998

Nouveau-Brunswick, CANADA
1998.7
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Insignes de chef wolastoqiyik

Reproduction d'insignes de chef wolastoqiyik, 1760-1780

Reproduction faite en 1987 par Jan Vuori avec l’aide de Chris Paulocik à l'ICC, Ottawa

Nouveau-Brunswick, CANADA
1983.47.2
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Ronald Paul aborde la récolte et les nombreux usages du frêne noir.

Tu sais, le frêne noir on peut l’utiliser pour fabriquer presque n’importe quoi. Et quand je dis n’importe quoi, c’est vraiment n’importe quoi, bon sang, c’est comme de la ficelle! On peut attacher des choses avec, faire des paniers, assembler les chaises, on peut s’en servir pour tenir et assujettir n’importe quoi. On regardait les vieilles femmes. Elles coupaient des petites bandes, de fines languettes, à peu près de la largeur d’un lacet, des grandes lanières qu’elles accrochaient. Après, elles prenaient un cercle à panier, elles le tenaient et enroulaient de la ficelle de frêne tout autour. Il n’y avait jamais de clous dans les paniers, ils étaient entièrement tissés. Elles mettaient deux bâtons ensemble, tissaient tout autour, et arrivées à l’anse, elles la rabattaient, la ficelaient entièrement et repassaient encore une fois tout autour. Il y avait toujours un double fond dans les paniers car ils servaient beaucoup et s’usaient beaucoup; c’était pas évident de travailler avec.

Avec la permission de Ronald Paul

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Panier de motif de chardon

panier, v. 1890, motif de chardon, Premières Nations; Wolastoqiyik

Inconnu
Don de Grace W. Leavitt, 1907, photographie de W. Mark Polchies

Nouveau-Brunswick, CANADA
5090
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Maurice Sacobie aborde la confection des paniers.

Ben, je suis resté avec Marjorie Perley pendant un bon bout de temps. J’avais décidé de fabriquer des paniers et elle m’a dit : « Je vais t’aider. » Je savais comment faire, hein, mais pour la technique de base, j’avais besoin d’aide. Elle m’a dit : « Alors je vais t’aider. » J’ai récupéré tout mon frêne et Marjorie m’a aidé pour les petites choses. Il ne m’a pas fallu bien longtemps, parce que je me rappelais ce que mes oncles faisaient, je revoyais les modèles des paniers qu’ils fabriquaient. Je les revoyais. C’est comme ça que j’ai fait, et j’ai continué à partir de là. Je suis arrivé à un point où je pouvais fabriquer quasiment n’importe quoi. Maintenant, je ne sais pas, je suis un peu rouillé.

Avec la permission de Maurice Sacobie

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Panier de motif de boules

panier : Panier à fraises, v. 1900, motif de boules, Premières Nations; Wolastoqiyik

Inconnu
Photographie de W. Mark Polchies

Nouveau-Brunswick, CANADA
5685.5
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Ronald Paul aborde les usages des paniers.

Des paniers, il y en avait de toutes sortes, vraiment de toutes sortes. Il y en avait qui étaient à peu près de la même taille que cette table, de trois ou quatre pieds de largeur, avec une grande anse, et ils passaient des sangles dessous pour pouvoir les transporter. Les paniers servaient à porter des charges, des fruits et des légumes. C’est un peu comme les barriques aujourd’hui. Ils avaient aussi des paniers pour les melons, les concombres, les tomates et tout le reste. Ceux-là avaient une forme d’un gros melon d’eau!

Avec la permission de Ronald Paul

Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

L’objet d’apprentissage « Les arts de la terre » est conçu pour que les élèves et les éducateurs atteignent les objectifs suivants :

  • Évaluer et appliquer des techniques complexes de création d’images.
  • Produire un ensemble original d’œuvres d’art intégrant de l’information de diverses sources pour communiquer une interprétation personnelle.
  • Créer des d’œuvres d’art qui communiquent des intentions.
  • Analyser et utiliser des relations, procédés et contenus visuels complexes, tout en établissant des distinctions subtiles.
  • Expliquer en quoi la biodiversité d’un écosystème contribue à sa durabilité.
  • Sélectionner, compiler et afficher des données et des renseignements de diverses sources sous divers formats, pour étayer une présentation sur un changement dans l'écosystème.
  • Communiquer des questions, des idées et des intentions, recevoir, interpréter, comprendre et soutenir les idées d'autrui, ainsi qu'y répondre, dans la préparation d'un rapport sur un changement dans l'écosystème.
  • Explorer comment l’expression artistique et littéraire reflète les facettes suivantes de l’identité canadienne : le paysage, le climat, l’histoire, la population et la citoyenneté et les défis et possibilités connexes.
  • Décrire une compréhension personnelle de l’identité canadienne.
  • Analyser les facteurs qui contribuent à la perception de soi et au développement d’une vision du monde.
  • Expliquer pourquoi les cultures élaborent divers moyens d’expression matériels et immatériels.
  • Donner des instructions précises, suivre des indications à la lettre et répondre de façon réfléchie à des questions complexes.
  • Utiliser l’écriture et d’autres moyens de représentation pour communiquer des idées et des expériences, réfléchir aux sentiments suscités et les valeurs et les attitudes suggérées, décrire et évaluer les processus et stratégies d’apprentissage.
  • Faire preuve de motivation à rédiger des textes et à produire d’autres représentations.

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