LA CHAÎNE D’ALLIANCE DES TRAITÉS
par B. Marshall, Université du Cap-Breton

Avant l’arrivée des Européens, les Mi’kmaq négociaient avec les nations voisines au moyen d’alliance de traités et d’alliance d’amitié. Leurs négociations étaient fondées sur le respect mutuel et les processus des traités. Pour les Mi’kmaq, les traités sont sacrés et ont une valeur spirituelle. Ils sont plus que des porteurs de politiques ou d’avantages. Chaque traité représente un ajout à la famille mi’kmaq.

Lorsque les Européens ont commencé à s’établir pour de bon en Amérique du Nord, les relations entre les Mi’kmaq et les Britanniques ont été influencées par des événements qui se produisaient en Nouvelle-Angleterre. Le nombre de colons était en hausse et les établissements prenaient de l’expansion dans les territoires des Wabenakis (Abénakis) et des Mi’kmaq. Ces perturbations Pour en lire plus
LA CHAÎNE D’ALLIANCE DES TRAITÉS
par B. Marshall, Université du Cap-Breton

Avant l’arrivée des Européens, les Mi’kmaq négociaient avec les nations voisines au moyen d’alliance de traités et d’alliance d’amitié. Leurs négociations étaient fondées sur le respect mutuel et les processus des traités. Pour les Mi’kmaq, les traités sont sacrés et ont une valeur spirituelle. Ils sont plus que des porteurs de politiques ou d’avantages. Chaque traité représente un ajout à la famille mi’kmaq.

Lorsque les Européens ont commencé à s’établir pour de bon en Amérique du Nord, les relations entre les Mi’kmaq et les Britanniques ont été influencées par des événements qui se produisaient en Nouvelle-Angleterre. Le nombre de colons était en hausse et les établissements prenaient de l’expansion dans les territoires des Wabenakis (Abénakis) et des Mi’kmaq. Ces perturbations sous forme d’utilisation des terres ancestrales et dans le mode de vie de notre peuple ont fini par déclencher les hostilités. Voulant assurer la protection des droits tribaux, la Couronne a commencé à négocier des traités de paix et d’amitié et, en 1717, au moins onze traités avaient été conclus avec les Wabenakis du Sud-Est. Ces accords ne concernaient pas les Mi’kmaq ni ne faisaient écho à leurs préoccupations au sujet de leurs territoires en Mi’kmakik [la patrie des Mi’kmaq, dont le Nouveau-Brunswick].

En 1725, la confédération des Wabanaki, représentée par les chefs des Penobscots, des Malécites et des Passamaquoddy, a signé un traité de paix avec les Britanniques, à Boston, acceptant seulement une souveraineté britannique symbolique et convenant uniquement de ne pas importuner les établissements existants. Le traité de 1725, modelé sur le traité d’Utrecht, incluait toutes les conditions négociées dans les traités conclus depuis 1693; il a été ratifié lentement par les tribus alliées. En 1726 à Annapolis Royal, après de longues négociations et plusieurs versions du traité de 1725, les Mi’kmaq ont finalement accepté de signer. Ils étaient tous là, les « Cape Sable » (Mi’kmaq) et leur chef de district, de même qu’une centaine d’autres parmi lesquels les chefs d’Annapolis Royal et de Chignecto, Minas, Shubenacadie, La Have, Shediac, Richibucto, Cap-Breton et Terre-Neuve, ou Winanogig, de même que de Penobscot et de Passamoquoddy. En 1728, certains chefs qui n’avaient pas pu signer le traité à Annapolis Royal en 1726 ont décidé de ratifier et de signer cette année-là le pacte de 1725.

Les autorités coloniales avaient une idée fausse du gouvernement et de la société mi’kmaq. Par exemple, des activités coloniales qui étaient approuvées dans un district mi’kmaq étaient rejetées dans d’autres. De plus, nos archives montrent comment les autorités coloniales ont très souvent confronté les habitants mi’kmaq d’un district quand des délits présumés étaient commis contre elles par un autre Mi’kmaq d’un autre district, et elles les ont accusé de violer les traités signés.

En 1749, le colonel Edward Cornwallis a négocié le renouvellement et la ratification des traités de 1725 et 1726 par les chefs de la rivière Saint-Jean (Malécites) et des tribus de Chignectou et de Passamaquoddy. Par la suite en 1752, une autre entente de renouvellement du traité de 1725 a été signée entre John Baptiste Cope et Thomas Hobson à Halifax. Une clause relative aux « maisons de troc » a été ajoutée à ce traité de même qu’une affirmation des droits de chasse et de pêche des Mi’kmaq. En 1760, de nouvelles négociations ont eu lieu pour promouvoir de meilleures relations avec les Britanniques, et un traité a été signé avec les tribus de Passamaquoddy et de la rivière Saint-Jean (Malécites) et les Mi'kmaq de La Have, Richibucto, Shubenacadie et Musquodoboit. Par la suite en 1761, ce même traité a été signé entre le gouverneur Jonathon Belcher de la colonie de Nouvelle-Écosse et les autres chefs mi’kmaq. Ce traité était également fondé sur les modalités de 1725 et comportait des clauses relatives à la traite et au commerce. Il comportait aussi des clauses relatives aux otages et à l’échange d’otages; l’événement s’est terminé par l’enterrement de la hache de guerre.

Ensuite, en 1778, un traité a été signé au fort Howe, sur la rivière Saint-Jean, entre Michael Franklin et les Malécites de Saint John ainsi que les Mi’kmaq de Richibucto, Miramichi, Chignecto, Poukamouche et du Bassin des Mines.

Des traités comme ceux-là ont été négociés et conclus avec de nombreuses nations autochtones en Amérique du Nord afin de consolider une chaîne d’alliance des confédérations avec la Couronne britannique. Cette chaîne a été décrite en 1775 par Sir William Johnson, surintendant aux affaires autochtones de Grande-Bretagne, comme étant une chaîne en argent fixée à des montures mobiles. Ainsi, aussi troublante que semble avoir été la décision Marshall au Canada, celle-ci n’est vraiment que la pointe de l’iceberg! Si nous associons l’affaire Marshall à une chaîne de traités, et même au traité de1760-1761, nous voyons bien que ce n’est qu’un maillon de la chaîne. Les juges de la Cour suprême dans l’affaire Marshall, en reconnaissant le droit de chasse, de pêche et de cueillette des Mi’kmaq, ont mis à jour la pointe de l’iceberg. Cet iceberg est le concept appelé « Netukulimk » en langue mi’kmaq. Subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille, c’est le « Netukulimk », le lien durable. C’est un mode de vie, une culture. Les négociateurs mi’kmaq des traités voulaient préserver un mode de vie, pas seulement un niveau de vie.


- « Looking Forward: Treaty Implementations » – communication faite à une conférence coprésidée par le Congrès des chefs des Premières Nations de l’Atlantique et l’Assemblée des Premières Nations à St. John’s, Terre-Neuve, en 2000.


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Objectifs d'apprentissage

Les apprenants seront en mesure de comprendre la séquence des divers traités signés entre les Premières Nations et les représentants de la Couronne britannique 18e siècle.


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