Représentation fidèle de la danse autochtone à la résidence du gouverneur à Fredericton au Nouveau Brunswick, le 1er jan

« Représentation fidèle de la danse autochtone à la résidence du gouverneur à Fredericton au Nouveau-Brunswick, le 1er janvier 1835, à laquelle assistait le major W. N. Grange. Œuvre du capitaine J. Campbell, 38e régiment, aide de camp de son père, Sir Archibald Campbell, baronet, KCGB. Et maintenant brigadier général », 1835

Direction du patrimoine, province du Nouveau-Brunswick
1835-01-01
NB 993.11.31
© 2006, Direction du patrimoine, province du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.


La légende de l’artiste sur cette peinture se lit comme suit : « Représentation fidèle de la danse autochtone à la résidence du gouverneur, à Fredericton, au Nouveau Brunswick le 1er janvier 1835, à laquelle assistait le major W. N. Grange. Œuvre du capitaine J. Campbell, 38e régiment, aide de camp de son père, Sir Archibald Campbell, baronet, KCGB. Et maintenant brigadier général ». Sir John Campbell, le fils du lieutenant gouverneur Sir Archibald Campbell (1831-1837), était un artiste amateur accompli. Il est aussi bien connu pour sa scène d’hiver de Fredericton intitulée « New Brunswick Fashionables!!! » (1834) qui fait partie de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick (W581 A).

Sir John Campbell a servi en Inde, en Birmanie, dans la Méditerranée, aux Antilles, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. À Fredericton, il était l’aide de camp de son père pendant le mandat de ce dernier à titre de lieutenant Pour en lire plus

La légende de l’artiste sur cette peinture se lit comme suit : « Représentation fidèle de la danse autochtone à la résidence du gouverneur, à Fredericton, au Nouveau Brunswick le 1er janvier 1835, à laquelle assistait le major W. N. Grange. Œuvre du capitaine J. Campbell, 38e régiment, aide de camp de son père, Sir Archibald Campbell, baronet, KCGB. Et maintenant brigadier général ». Sir John Campbell, le fils du lieutenant gouverneur Sir Archibald Campbell (1831-1837), était un artiste amateur accompli. Il est aussi bien connu pour sa scène d’hiver de Fredericton intitulée « New Brunswick Fashionables!!! » (1834) qui fait partie de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick (W581 A).

Sir John Campbell a servi en Inde, en Birmanie, dans la Méditerranée, aux Antilles, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. À Fredericton, il était l’aide de camp de son père pendant le mandat de ce dernier à titre de lieutenant gouverneur (1831-1837). Posté en Crimée en mars 1854, Sir John Campbell a participé aux batailles d’Alma et d’Inkerman. Il a été tué au combat dans le Redan en 1855.

Le tableau de la danse autochtone à la résidence du gouverneur décrit la visite annuelle des Malécites à la résidence du lieutenant gouverneur le 1er janvier 1835 – une coutume instaurée par Sir Howard Douglas. Dès 1827, le lieutenant gouverneur du Nouveau-Brunswick recevait les Malécites de la région le jour de l’An. Les invités autochtones arrivaient en tenue de cérémonie, rencontraient les représentants provinciaux et exécutaient des danses cérémoniales au son de la musique militaire. Tomah Francis de Pilick (Kingsclear) était le chef ou Sachum à l’époque. Il est représenté dans cette peinture, debout dans le coin droit de la pièce, avec les insignes de ses fonctions de chef et une coiffure bleue.

Au cours de cette période, les peuples autochtones du Nouveau-Brunswick s’inquiétaient grandement de l’intrusion des squatteurs sur leurs terres. Ils ressentaient des pressions constantes de la part des colons qui s’intéressaient à leur territoire traditionnel et éprouvaient de plus en plus de difficulté à maintenir leur mode de vie traditionnel. Les nouveaux colons arrivaient par milliers chaque année. Les catastrophes tel le Grand incendie de Miramichi en 1825 ont détruit les territoires de chasse traditionnels et les spéculateurs fonciers s’octroyaient d’importants monopoles sur le bois et l’agriculture. De bien des façons, les Malécites, les Mi’kmaq et les Passamaquoddy devenaient des « peuples invisibles » et avaient très peu à dire dans les décisions du gouvernement qui les concernaient. Pour les Malécites, les visites annuelles à la résidence du gouverneur étaient un effort pour établir un dialogue officiel avec le représentant de la Reine, le lieutenant gouverneur.

Ces visites s’inscrivaient dans une tradition de renouvellement qui a commencé par le Traité de paix et d’amitié signé par les chefs malécites, mi'kmaq et passamaquoddy à Annapolis Royal, le 4 juin 1726. Dans ce traité souvent désigné sous « Traité Mascarene de 1725 », les autorités britanniques promettaient que les Wabanaki « ne seraient pas molestés dans leurs personnes, leurs droits de pêche, de chasse et d’ensemencement sur leurs territoires ni dans toutes autres occasions légitimes. »

À leur arrivée au Canada atlantique, les Européens ont établi une relation commerciale avec les Premières Nations. Les deux partis se considéraient autonomes et les retombées commerciales n’étaient pas la seule raison. On croyait aussi qu’il existait un lien entre les choses. Pour les Premières Nations, le pouvoir reposait dans l’aptitude à maintenir de nombreuses relations et à éviter les conflits. De telles ententes reconnaissaient les relations amicales entre les nations et étaient basées sur une compréhension partagée du respect mutuel de leur souveraineté respective. Comme les saisons, ces relations devaient être renouvelées régulièrement.

La première visite archivée à la résidence du gouverneur a eu lieu le 1er janvier 1827.

VISITE DES CHEFS INDIENS ET DE LEURS TRIBUS
à Son Excellence le lieutenant gouverneur

Lundi dernier, après l’office du matin à Christ Church, les Indiens, précédés par leurs chefs Tomer (sic) Francis et Mitchell Wallis, se sont rendus à la résidence du gouverneur afin de rendre hommage à Son Excellence qui, en présence d’un groupe nombreux de dames et de messieurs, les a accueillis très favorablement. Son Excellence était en grande tenue de cérémonie, accompagné de sa suite, du lieutenant-colonel et des officiers du 81e régiment, dont la fanfare militaire. Les Indiens n’étaient pas discourtois au point de laisser leurs squaws derrière eux. Toute la tribu s’est régalée pleinement de gâteaux et de vin. Son Excellence a présenté aux chefs de beaux fusils de chasse. Les commissaires aux Indiens leur ont remis une demi-carcasse de bœuf et un baril de farine, et quelques autres articles pour les réjouissances du Nouvel An. Et vraiment la mine gracieuse et heureuse des membres du groupe, les minauderies des squaws et leurs regards joyeux vers leurs Saunips créaient une réelle scène intéressante et gratifiante.

(The Royal Gazette, le 9 janvier 1827)

Le lieutenant gouverneur, Sir Howard Douglas, a par la suite rendu visite aux villages de Pilick (Kingsclear) et Medoctec (Meductic) trois jours plus tard, où il a été reçu par les Sachums Tomah Francis et Mitchell Wallis.

VISITE de Son Excellence le lieutenant gouverneur
AUX CHEFS INDIENS ET À LEURS TRIBUS
À FRENCH VILLAGE

Jeudi dernier, à 10 h, des traîneaux menés par Son Excellence Sir Howard Douglas, Lady Douglas et sa famille, suivis des commissaires aux affaires indiennes, et de la suite de Son Excellence, ont quitté la résidence du gouverneur pour effectuer une visite aux Indiens de French Village. À leur arrivée à un endroit à environ un demi-mille du village, Son Excellence et Madame, avec tout le groupe, sont descendus de leurs traîneaux et ont poursuivi la route à pied dans les bois jusqu’au camp d’hiver des Indiens, où les chefs indiens Tomer (sic) Francis et Mitchell Wallis, revêtus de leurs costumes, les ont accueillis. Les chefs ont témoigné une grande satisfaction à l’approche de Son Excellence, qui est demeuré longtemps dans leurs tentes pour converser avec eux d’une manière très affable et condescendante. Son Excellence et le groupe ont alors visité plusieurs autres tentes. Après avoir pris quelques rafraîchissements préparés pour eux par les chefs, ils sont retournés à leurs traîneaux et se sont rendus à la résidence d’été des Indiens au bord de l'eau où toute la tribu était à nouveau rassemblée et pour recevoir un salut à l’arrivée de Son Excellence. Les Indiens ont alors exécuté plusieurs danses nationales, au grand amusement et à la satisfaction de Son Excellence et de son groupe. Madame a distribué des colliers et des perles, et divers autres ornements aux femmes qui ont manifesté leur joie de les recevoir et qui étaient ravies de la délicate attention de Madame. Vers 3 h, le groupe a pris le chemin du retour. Le chef et les autres Indiens ont escorté Son Excellence jusqu’à son traîneau, qui accordait (?) son approbation de leur respect reconnaissant, et de leur accueil chaleureux envers lui et les autres visiteurs. Au retour, le groupe a pris une collation à la résidence de George Leek, écuyer. Étaient alors présents, le secrétaire de la province et Madame, l’honorable George Shore et Madame, l’honorable Thomas Baillie, commissaire aux terres de la Couronne et Mme Bartlet Ramsford – ainsi que l’honorable S. P. Hurd, arpenteur en chef, l’archevêque vénérable Best, et C. S. Putnam, écuyer, commissaire aux affaires indiennes – George, Charles et Thos. Lee, et James Holbrooke, écuyer– plusieurs officiers du 81e régiment, le maître de caserne, Dr Woodford, Dr Turner, &c, &c; et plusieurs autres dames et messieurs. La musique militaire du 81e régiment accompagnait les traîneaux. La fanfare a interprété différentes mélodies au village. Une très belle journée.

(The Royal Gazette, le 9 janvier 1827)

Il est intéressant de noter que le commissaire aux terres de la Couronne, Thomas Baillie, et l’arpenteur en chef, S. P. Hurd, étaient parmi les dignitaires ayant participé à la visite. Deux mois plus tard, soit le 1er mars 1827, Thomas Baillie a présenté un nouveau système d'attribution des terres de la Couronne au Nouveau-Brunswick lors d' une vente aux enchères.

Tomah Francis a été élu Sachum à Pilick (Kingsclear) le 15 octobre 1813. Il est demeuré Sachum jusque dans les années 1850. Même si sa loyauté envers la Couronne a toujours été inébranlable, la période a été extrêmement difficile pour le chef. Le gouvernement colonial n’a pas maintenu de lien continu avec les Premières Nations et les colons exerçaient constamment des pressions pour s’approprier le territoire des Premières Nations. Au cours de la visite de 1830, Tomah Francis a exprimé des préoccupations concernant les droits territoriaux des autochtones

Dans une courte réponse par l’entremise de l’interprète, le Sergum (sic) a indiqué sa satisfaction à l’égard de tout ce qui avait été dit mais a saisi l’occasion pour demander « s’il était vrai, comme certaines personnes l’avaient dit aux Indiens, que leurs territoires leur seraient enlevés? » On leur a assuré que la rumeur était sans fondement; on les a priés de ne pas prêter attention aux propos de personnes malveillantes qui souhaitaient seulement les rendre malheureux et on leur a dit que si, en tout temps, ils voulaient de l’information, de s’adresser aux autorités pertinentes; ils ont été avisés de cultiver leurs terres le plus tôt possible car c’était le moyen le plus sûr de les garder en leur possession. (The Royal Gazette, le 6 janvier 1830).

En fait, ces préoccupations n’étaient pas sans fondement. Au début des années 1840, le gouvernement provincial a décidé de réglementer les droits des squatteurs en leur louant le territoire des Premières Nations. En réponse, Tomah Francis a présidé un conseil à Pilick pour protester contre cette décision. Les Malécites, selon la requête du 10 janvier 1843, voulaient devenir agriculteurs, adopter les « habitudes des colons », s’instruire et bénéficier des « bienfaits sociaux »… bref, ils voulaient simplement profiter du confort de la vie. Mais cela n’était pas possible parce que leurs territoires étaient pillés quotidiennement. Ils ont demandé d’avoir le contrôle de leurs territoires et de les conserver en fiducie commune pour partager les bienfaits. Leur appel est resté sans réponse. En 1850, Tomah Francis s’est de nouveau plaint des empiètements sur les territoires des Premières Nations dans le comté de Carleton.

Les visites annuelles à la résidence du gouverneur ont été archivées dans The Royal Gazette jusqu’en 1833. Dans le dernier rapport du journal en 1841, il est mentionné que Tomah Francis a été décoré publiquement de la médaille du Couronnement de la reine Victoria : « un magnifique médaillon en argent suspendu à un ruban bleu, à l’effigie de notre gracieuse reine d’un côté et les armoiries royales de l’autre » (The Royal Gazette, le 6 janvier 1841). Il s’agissait encore une fois d’un autre geste de renouvellement de la relation avec la Couronne. La médaille en soi a été transmise d’une génération à l’autre par l’entremise des sachums de Pilick. Elle a été portée par William Polchies lorsqu’il a été photographié en 1930.

On dit que, chez les Malécites, seul le sachum vivant à Kingsclear, Tomah Francis, a reçu une telle médaille.

(préparé par Cynthia Wallace-Casey, le 23 mars 2006)


© 2006, Province du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

Les apprenants seront en mesure de comprendre le sens des cérémonies dans le cadre des bonnes relations entre les Premières Nations et la Couronne britannique.


Page d'accueil du Centre des enseignants | Trouvez des ressources d'apprentissage et des plans de leçons