Dans l’ancienne Acadie, l’agriculture représente bien souvent l’unique moyen de subsistance. On y cultive le blé d’Inde, le blé, l’orge et l’avoine. Sans oublier les troupeaux de bovins qui font la richesse des Acadiens et l’envie de leurs voisins. Relativement semblable au Canadien, l’Acadien est toutefois à ce moment, avec l’aboiteau, un spécialiste de la culture des marais. Au pont où des contemporains l’affublent du nom de « défricheur d’eau ».

Tout cela change après la Déportation. Dès la fin des années 1700, les Acadiens se retrouvent obligés de s’établir sur des terres peu fertiles le long des côtes. N’ayant d’autre choix que de se tourner vers la mer pour se nourrir, la plupart des familles ne peuvent toutefois pas espérer survivre sans l’agriculture. La pratique d’un minimum de culture et d’élevage reste donc essentielle. En fait, peu importe que l’économie de leur région soit dominée par la forêt, la pêche ou une combinaison des deux, l’agriculture reste intimement liée à leur subsistance jusqu’au milieu du 20e siècle. Pour en lire plus
Dans l’ancienne Acadie, l’agriculture représente bien souvent l’unique moyen de subsistance. On y cultive le blé d’Inde, le blé, l’orge et l’avoine. Sans oublier les troupeaux de bovins qui font la richesse des Acadiens et l’envie de leurs voisins. Relativement semblable au Canadien, l’Acadien est toutefois à ce moment, avec l’aboiteau, un spécialiste de la culture des marais. Au pont où des contemporains l’affublent du nom de « défricheur d’eau ».

Tout cela change après la Déportation. Dès la fin des années 1700, les Acadiens se retrouvent obligés de s’établir sur des terres peu fertiles le long des côtes. N’ayant d’autre choix que de se tourner vers la mer pour se nourrir, la plupart des familles ne peuvent toutefois pas espérer survivre sans l’agriculture. La pratique d’un minimum de culture et d’élevage reste donc essentielle. En fait, peu importe que l’économie de leur région soit dominée par la forêt, la pêche ou une combinaison des deux, l’agriculture reste intimement liée à leur subsistance jusqu’au milieu du 20e siècle. Pour bien des familles, elle est même un facteur de stabilité sur lequel elles peuvent s’appuyer en temps de crise, le fait de posséder ou pas une terre cultivable dé`terminant alors la frontière entre la pauvreté et le « confort économique ».

Bien que valorisée par le discours des notables acadiens qui l’associent à la préservation de leur société traditionnelle, l’agriculture acadienne n’évolue que très peu. Quoique les fermes acadiennes soient plus nombreuses au début du 20e siècle, elles sont moins développées soient plus nombreuses au début du 20e siècle, elles sont moins développées qu’en milieu anglophone. En fait, dans bien des cas, elles sont bien modestes et ne comblent que les besoins de la famille. Aussi, à l’exception des œufs et des patates, dans certaines régions, peu de produits sont exportés massivement vers l’extérieur des communautés acadiennes.

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.

Vue d'ensemble de la ferme Robichaud [scène du VHA]

Jusqu'au début des années 1900, les fermes acadiennes sont relativement petites.



Rares sont les familles acadiennes qui ne cultivent pas un jardin ou un potager. Les légumes qui y sont récoltés à la fin de l'été ou au début de l'automne sont nécessaires à leur survie.

Village Historique Acadien

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.


Peu importe leur occupation principale, la plupart des familles acadiennes possède au moins quelques poules ou volailles pour les alimenter en œufs… et en viandes fraîches à l'occasion.



Très utiles pour les travaux de halage et de défrichage, les bœufs sont parmi les animaux les plus appréciés par le fermier.

Village Historique Acadien
2002
© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.


Selon un plan prédéfini, on creuse d’abord dans le marais les canaux d’assèchement, eux-mêmes reliés à un canal central plus gros qui se déverse dans la rivière. Avec la terre glaise prise du marais, on construit de chaque côté de la rivière des digues ou remparts d’environ sept pieds de haut. Bâtie en talus et recouverte de «parements», cette levée est très solide et durable. Les «parements» sont des mottes de terre couvertes de gazon dont on recouvre uniformément la levée de haut en bas. Les racines, devenues après un an ou deux inexpugnables, produisent un gazon luxuriant contribuant à solidifier la levée. À certains endroits, à la base de la levée, on laisse un passage pour un canal acheminant l’eau qui passe à travers l’aboiteau.

Fait de madriers de violon (mélèze), chevillés les uns aux autres, l’aboiteau large de dix ou douze pouces peut mesurer jusqu’à vingt pieds. C’est une dalle étroite et rectangul Pour en lire plus
Selon un plan prédéfini, on creuse d’abord dans le marais les canaux d’assèchement, eux-mêmes reliés à un canal central plus gros qui se déverse dans la rivière. Avec la terre glaise prise du marais, on construit de chaque côté de la rivière des digues ou remparts d’environ sept pieds de haut. Bâtie en talus et recouverte de «parements», cette levée est très solide et durable. Les «parements» sont des mottes de terre couvertes de gazon dont on recouvre uniformément la levée de haut en bas. Les racines, devenues après un an ou deux inexpugnables, produisent un gazon luxuriant contribuant à solidifier la levée. À certains endroits, à la base de la levée, on laisse un passage pour un canal acheminant l’eau qui passe à travers l’aboiteau.

Fait de madriers de violon (mélèze), chevillés les uns aux autres, l’aboiteau large de dix ou douze pouces peut mesurer jusqu’à vingt pieds. C’est une dalle étroite et rectangulaire formant un tunnel, munie à l’une de ses extrémités d’un clapet, installée de façon à laisser s’écouler à marée basse l’eau amenée dans les canaux. La marée montante exerce une pression sur cette porte, empêchant celle-ci de s’ouvrir pour laisser pénétrer l’eau. Il faut que cette écluse soit solidement fixée à l’intérieur de la levée pour remplir efficacement son rôle. Il faut aussi surveiller très attentivement l’état de la levée et garder les canaux libres de tout débris tel que les restes de foin. Des brèches permettraient à l’eau de mer de se répandre sur les prés.

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.

On appelle «aboiteau» l’instrument installé dans la levée et «les aboiteaux», le système d’assèchement des marais utilisé par les Acadiens pour les rendre cultivables. C’est une technique empruntée à la France (région de la Saintonge), mais d’inspiration hollandaise qui, en utilisant les grandes marées, fertilise les terres basses. En ancienne Acadie, jusqu’au moment de la Déportation, on y cultive de façon intensive des céréales et certains légumes.

Fait intéressant, cette méthode de culture se démarque par son aspect communal. Les terres marécageuses sont généralement réparties entre les membres d’un village. Lorsqu’il y a une brèche dans une levée, chacun va avec ses voisins la «rapiécer». Puisque chacun est propriétaire d’une partie du pré, le danger menace tous les habitants. La surveillance et l’entretien des prés et des aboiteaux sont donc cruciaux pour préserver le bon fonctionnem Pour en lire plus
On appelle «aboiteau» l’instrument installé dans la levée et «les aboiteaux», le système d’assèchement des marais utilisé par les Acadiens pour les rendre cultivables. C’est une technique empruntée à la France (région de la Saintonge), mais d’inspiration hollandaise qui, en utilisant les grandes marées, fertilise les terres basses. En ancienne Acadie, jusqu’au moment de la Déportation, on y cultive de façon intensive des céréales et certains légumes.

Fait intéressant, cette méthode de culture se démarque par son aspect communal. Les terres marécageuses sont généralement réparties entre les membres d’un village. Lorsqu’il y a une brèche dans une levée, chacun va avec ses voisins la «rapiécer». Puisque chacun est propriétaire d’une partie du pré, le danger menace tous les habitants. La surveillance et l’entretien des prés et des aboiteaux sont donc cruciaux pour préserver le bon fonctionnement de tout le système.

Pour voir une animation sur des aboiteaux et mettre vos connaissances à l’épreuve avec un jeu-questionnaire, suivez ce lien.

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.

Après la Déportation, les Acadiens, cultivateurs par tradition, s’installent pour la plupart le long des côtes. Plus que jamais auparavant, la mer accapare dès lors leur quotidien. Depuis toujours, elle fournit un moyen pour se déplacer; mais dorénavant, elle prend aussi plus d’importance au niveau d la subsistance de plusieurs familles. À tel point que l’on cherche généralement, jusqu’au début des années 1900, à s’établir près d’un accès à la haute mer.

Pour survivre, bon nombre d’Acadiens doivent, dès la fin des années 1700, s’adonner à la pêche et se mettent au service des compagnies jersiaises telles que les Robin. Exerçant un monopole inébranlable sur cette industrie pendant plus d’un siècle, cette compagnie et d’autres dans son genre implantent des contres de pêche un peu partout dans les Provinces maritimes, dont celui de Caraquet. De nombreux Acadiens se retrouvent alors dans un état de quasi servitude, en raison due système d Pour en lire plus
Après la Déportation, les Acadiens, cultivateurs par tradition, s’installent pour la plupart le long des côtes. Plus que jamais auparavant, la mer accapare dès lors leur quotidien. Depuis toujours, elle fournit un moyen pour se déplacer; mais dorénavant, elle prend aussi plus d’importance au niveau d la subsistance de plusieurs familles. À tel point que l’on cherche généralement, jusqu’au début des années 1900, à s’établir près d’un accès à la haute mer.

Pour survivre, bon nombre d’Acadiens doivent, dès la fin des années 1700, s’adonner à la pêche et se mettent au service des compagnies jersiaises telles que les Robin. Exerçant un monopole inébranlable sur cette industrie pendant plus d’un siècle, cette compagnie et d’autres dans son genre implantent des contres de pêche un peu partout dans les Provinces maritimes, dont celui de Caraquet. De nombreux Acadiens se retrouvent alors dans un état de quasi servitude, en raison due système du crédit utilisé pour les rémunérer. Obligés d’échanger leurs poissons contre des denrées dans les magasins de ces marchands, ils terminent rarement l’hiver sans s’endetter et doivent consacrer la prochaine saison de pêche à rembourser leurs dettes. Et le cycle continue longtemps…

Dans cette nouvelle Acadie, on pêche surtout la morue, le saumon, le maquereau et le hareng; puis, à partir des années 1850, le homard et les huîtres. Longtemps boudé par les Acadiens, le homard, par contre, n’est pratiquement pas consommé localement. Pêché au carrelet, la cage n’apparaissant qu’au début des années 1900, on le réserve surtout aux nombreuses conserveries établies le long des côtes acadiennes. Seul poisson acheté par les compagnies aux pêcheurs, la morue demeure cependant le poisson le plus pêché au Nouveau-Brunswick. À tel point que des certaines régions, « poisson frais » signifie automatiquement morue. Toujours vendue salée et séchée, on l’exporte dans des barils.

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.

La morue fraîche est apprêtée et salée dès son débarquement par les employés des compagnies de pêches ou par les pêcheurs eux-mêmes. Elle est ensuite séchée sur des vigneaux…

Cette méthode est pendant longtemps le moyen le plus efficace pour sa conservation et son exportation. Jusqu'au début des années 1900, des vigneaux de ce genre, alors chargés de poisson durant la saison de pêche, sont donc très communs.

Village Historique Acadien

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.


Jusqu'au début des années 1900, la pêche à la morue en haute mer se pratiquent avec des petites goélettes peu équipées.

La plupart des pêcheurs acadiens fabriquent et réparent eux-mêmes leurs filets de pêche.

Village Historique Acadien

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.


Il existe deux types de pêche à la morue : la semi-hauturière et la côtière.
La semi-hauturière se pratique avec une goélette et un équipage composé de trois à cinq hommes. Pendant un séjour d’une semaine, on pêche la morue à la ligne à la main ou à la ligne dormante. Une fois vidé et nettoyé, le poisson est salé pour sa conservation, puis mis en cale. Seule la morue pêchée le dernier jour est débarquée fraîche; celle conservée en cale, la «morue verte», est mise en saumure dans des barils.

Dans le cas de la pêche côtière, pratiquée dans des petites embarcations à moins de quinze milles des côtes, la morue est débarquée fraîche. Une fois déchargée, nettoyée puis salée, on la met à sécher sur des vigneaux pour environ trois semaines. Il faut alors sans cesse la protéger de la pluie et des ardeurs du soleil, la retourner régulièrement et l’assembler tous les soi Pour en lire plus
Il existe deux types de pêche à la morue : la semi-hauturière et la côtière.
La semi-hauturière se pratique avec une goélette et un équipage composé de trois à cinq hommes. Pendant un séjour d’une semaine, on pêche la morue à la ligne à la main ou à la ligne dormante. Une fois vidé et nettoyé, le poisson est salé pour sa conservation, puis mis en cale. Seule la morue pêchée le dernier jour est débarquée fraîche; celle conservée en cale, la «morue verte», est mise en saumure dans des barils.

Dans le cas de la pêche côtière, pratiquée dans des petites embarcations à moins de quinze milles des côtes, la morue est débarquée fraîche. Une fois déchargée, nettoyée puis salée, on la met à sécher sur des vigneaux pour environ trois semaines. Il faut alors sans cesse la protéger de la pluie et des ardeurs du soleil, la retourner régulièrement et l’assembler tous les soirs en tas appelés «moutons».

Après avoir choisi la morue de première qualité, la plus blanche, à la chair la plus fine et sans flétrissure, on procède au «tubage», opération qui consiste à entasser le poisson dans des barils en le comprimant au fur et à mesure à l’aide d’une presse à vis. C’est dans ces barils, contenant environ 490 lbs (222 kg) de morue, qu’on expédie la morue vers l’Europe, les États-Unis ou l’Amérique du Sud.

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.

À leur arrivée en Acadie, les Acadiens découvrent de vastes étendues de forêt composée essentiellement des mêmes essences que celles de France (pins, sapins, cèdres, hêtres, bouleaux, etc.); alors que certaines, telles que le prusse et le violon (mélèze), sont particulières à l’Amérique. Pratiquant une agriculture axée sur l’assèchement des marais, ils ne sont toutefois pas portés à s’aventurer très loin à l’intérieur des terres pour s’établir. En général, leur exploitation de la forêt se limite donc à la coupe de bois pour leurs besoins domestiques, puis à une chasse du gros et petit gibier qui leur fournit de la viande et du cuir pour leurs vêtements.

Pour les Acadiens, ce désintéressement de la forêt se poursuit dans leur nouvelle Acadie. Même si la majorité d’entre eux s’établissent alors le long des donné sa forte densité sur le littoral. Les arbres abattus à la hache pour fai Pour en lire plus
À leur arrivée en Acadie, les Acadiens découvrent de vastes étendues de forêt composée essentiellement des mêmes essences que celles de France (pins, sapins, cèdres, hêtres, bouleaux, etc.); alors que certaines, telles que le prusse et le violon (mélèze), sont particulières à l’Amérique. Pratiquant une agriculture axée sur l’assèchement des marais, ils ne sont toutefois pas portés à s’aventurer très loin à l’intérieur des terres pour s’établir. En général, leur exploitation de la forêt se limite donc à la coupe de bois pour leurs besoins domestiques, puis à une chasse du gros et petit gibier qui leur fournit de la viande et du cuir pour leurs vêtements.

Pour les Acadiens, ce désintéressement de la forêt se poursuit dans leur nouvelle Acadie. Même si la majorité d’entre eux s’établissent alors le long des donné sa forte densité sur le littoral. Les arbres abattus à la hache pour faire des terres neuves sont donc surtout ramassés en pilots et brûlés, ce qui permet une culture sur brûlis pour les premières semences de sarrasin et de patates.

Bien sûr, la forêt conserve son importance pour son apport en bois de construction et de chauffage. Qu’ils soient d’abord pêcheurs ou fermiers, de nombreux Acadiense se rendent dans les camps de bûcherons l’hiver pour se procurer un revenu d’appoint. Dans la deuxième moitié des années 1800, les scieries deviennent plus communes dans les régions acadiennes; puis, au début des années 1900, on voit l’arrivée des moulins à papier dans des villes adjacentes aux communautés acadiennes telles que Bathurst et Chatham. Mais, alors que plusieurs Acadiens trouvent de l’emploi dans ces industries, certains profitent plutôt de l’occasion pour devenir commerçants de bois.

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.

L'Acadien entretien son fusil avec soin. Il s'en sert surtout pour la chasse qui lui procure de la viande du gros (orignal, chevreuil) ou petit gibier (perdrix,lièvre).

Village Historique Acadien

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.


La coupe du bois de chauffage est essentiel à la cuisson des aliments et au chauffage de la maison. C'est une activité qui demande du temps car les poêles et les foyers de l'époque exigent beaucoup de bois.

La coupe du bois est aussi nécessaire à la fabrication d'un bon nombre des objets du quotidien. Il sert, entre autre, à la construction des bâtiments et de mobilier.

À la fin des années 1800, les moulins à scie sont moins rares et fournissent de l'ouvrage à bien des Acadiens.

Village Historique Acadien

© Village Historique Acadien, Province du Nouveau-Brunswick, 2003. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • résumer la relation que les Acadiens entretenaient avec la forêt et la mer;
  • expliquer comment les Acadiens ont dû passer de l’agriculture en terre fertile à l’agriculture en terre infertile et les défis qui accompagnent ce changement.

Page d'accueil du Centre des enseignants | Trouvez des ressources d'apprentissage et des plans de leçons | Partagez des leçons et créez des projets | Interagissez avec votre classe virtuelle