À une certaine époque, la vase coquillière a eu un impact considérable sur la vie sociale à l’Île-du-Prince-Édouard. Les premiers colons dépendaient de ce produit pour revitaliser leurs champs et assurer la subsistance de leur famille. À partir du début du 19e siècle et jusqu’aux années 1940, époque à laquelle l’exploitation de la vase coquillière a cessé, cette matière a un joué un rôle prépondérant dans la vie des Insulaires. Contrairement à d’autres industries, la vase coquillière n’a pas entraîné de rentrées massives de capitaux ou fait la renommée de l’Île. Elle a toutefois eu un impact très direct sur la qualité de la vie des habitants. L’exploitation de la vase coquillière a créé une camaraderie entre les hommes qui passaient leurs hivers sur les rivières et les estuaires gelés de l’Île. Elle a donné lieu à bien des histoires de famille et elle constituait un des étalons de mesure de la valeur d’un homme dans sa soc Pour en lire plus
À une certaine époque, la vase coquillière a eu un impact considérable sur la vie sociale à l’Île-du-Prince-Édouard. Les premiers colons dépendaient de ce produit pour revitaliser leurs champs et assurer la subsistance de leur famille. À partir du début du 19e siècle et jusqu’aux années 1940, époque à laquelle l’exploitation de la vase coquillière a cessé, cette matière a un joué un rôle prépondérant dans la vie des Insulaires. Contrairement à d’autres industries, la vase coquillière n’a pas entraîné de rentrées massives de capitaux ou fait la renommée de l’Île. Elle a toutefois eu un impact très direct sur la qualité de la vie des habitants. L’exploitation de la vase coquillière a créé une camaraderie entre les hommes qui passaient leurs hivers sur les rivières et les estuaires gelés de l’Île. Elle a donné lieu à bien des histoires de famille et elle constituait un des étalons de mesure de la valeur d’un homme dans sa société.

L’impact premier de la vase coquillière s’observait bien sûr dans les champs et sur les récoltes qu’on y faisait. La quantité de vase coquillière qu’on épandait variait selon la qualité des terres et les convictions de l’agriculteur. Certains disaient qu’il fallait entre 10 et 15 voyages de vase par acre pour fertiliser un champ, tandis que d’autres affirmaient qu’il en fallait plutôt entre 30 et 40. Il fallait de nombreuses années pour engraisser tous les champs d’une exploitation agricole. Selon plusieurs agriculteurs, on voyait tout de suite la différence entre un champ ayant été engraissé avec de la vase et un autre qui ne l’avait pas été. On disait que l’impact de la vase était si évident qu’on pouvait immédiatement discerner l’endroit où l’on avait cessé d’épandre cette dernière dans le champ. Certains disaient même que les plants des champs engraissés avec de la vase atteignaient des dizaines de centimètres de plus que les autres.


© L'Association des musées communautaires de l'Île-du-Prince-Édouard 2005, Tous droits réservés.

On trouve dans plusieurs communautés de nombreux vestiges de l’industrie du prélèvement de la vase coquillière.

Musée Keir Memorial

© Musée Keir Memorial


L’efficacité de la vase coquillière a été vantée par de nombreux agriculteurs au cours du 19e siècle et au début du 20e siècle. Il n’y avait pas que les agriculteurs qui vantaient les mérites de ce produit. Sir Andrew Macphail disait : « Un homme qui, au terme d’une longue vie, regarde ses champs peut constater que la vase coquillière est à la source de sa fortune ». Cela résume bien l’impact de la vase coquillière sur la population et sur l’agriculture de l’Île.

La vase coquillière a été à la fois une source de camaraderie et de querelles entre les habitants de l’Île. Des familles entières effectuaient le long chemin les menant de leur ferme aux cours d’eau où l’on prélevait la vase. Ces excursions débutaient au petit matin et prenaient fin très tard en soirée. Il s’agissait d’une occasion unique pour ces gens de passer du temps ensemble, à travailler bien sûr, mais auss Pour en lire plus

L’efficacité de la vase coquillière a été vantée par de nombreux agriculteurs au cours du 19e siècle et au début du 20e siècle. Il n’y avait pas que les agriculteurs qui vantaient les mérites de ce produit. Sir Andrew Macphail disait : « Un homme qui, au terme d’une longue vie, regarde ses champs peut constater que la vase coquillière est à la source de sa fortune ». Cela résume bien l’impact de la vase coquillière sur la population et sur l’agriculture de l’Île.

La vase coquillière a été à la fois une source de camaraderie et de querelles entre les habitants de l’Île. Des familles entières effectuaient le long chemin les menant de leur ferme aux cours d’eau où l’on prélevait la vase. Ces excursions débutaient au petit matin et prenaient fin très tard en soirée. Il s’agissait d’une occasion unique pour ces gens de passer du temps ensemble, à travailler bien sûr, mais aussi à blaguer, à rire et à partager leurs repas.

Il en allait de même pour les entrepreneurs qui exploitaient la vase coquillière. Bien qu’il y ait certainement eu une saine concurrence entre eux, il semble aussi y avoir eu une bonne part d’entraide et de camaraderie. Personne n’hésitait à venir en aide à quelqu’un d’autre ou à intervenir sans tarder si un malheureux tombait à l’eau. On a en effet rapporté très peu de noyades dans le cadre de cette industrie.


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La vase coquillière était un engrais très efficace pour la culture de la pomme de terre.

L'Association des musées communautaires de l'Î.-P.-É.

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Sans l’apport d’engrais, les champs s’appauvrissaient rapidement.

Ministère de l’Agriculture de l'Î.-P.-É.

© Ministère de l’Agriculture de l'Î.-P.-É.


L’industrie a cependant constitué une pomme de discorde dans la communauté. Au début des années 1900, on a assisté à d’amères querelles entre les exploitants de la vase coquillière et les pêcheurs d’huîtres. Les pêcheurs considéraient que l’exploitation de la vase coquillière détruisait les huîtres et réduisait les stocks à un point tel que leur mode de vie était menacé. On s’est par la suite rendu compte que les difficultés des pêcheurs d’huîtres étaient dues en fait à une mauvaise gestion des ressources et à une surpêche, mais l’animosité entre les deux groupes a perduré. Des conflits ont également éclaté entre les exploitants de la vase et les cultivateurs de pomme de terre lorsque ces derniers ont constaté que l’usage de cet engrais entraînait une forme de gal Pour en lire plus
L’industrie a cependant constitué une pomme de discorde dans la communauté. Au début des années 1900, on a assisté à d’amères querelles entre les exploitants de la vase coquillière et les pêcheurs d’huîtres. Les pêcheurs considéraient que l’exploitation de la vase coquillière détruisait les huîtres et réduisait les stocks à un point tel que leur mode de vie était menacé. On s’est par la suite rendu compte que les difficultés des pêcheurs d’huîtres étaient dues en fait à une mauvaise gestion des ressources et à une surpêche, mais l’animosité entre les deux groupes a perduré. Des conflits ont également éclaté entre les exploitants de la vase et les cultivateurs de pomme de terre lorsque ces derniers ont constaté que l’usage de cet engrais entraînait une forme de gale de la pomme de terre au cours des premières années suivant l’épandage de la vase. On a donc abandonné l’emploi de cet engrais à mesure que les exportations de pommes de terre se sont intensifiées.

L’exploitation de la vase coquillière et l’usage qu’on en faisait a aussi eu un impact sur la réputation des agriculteurs. En effet, un agriculteur qui prélevait sans tarder sa vase et qui l’épandait sur ses champs dans les plus brefs délais était considéré comme un homme responsable. En contrepartie, celui qui prenait trop son temps pour cette tâche était considéré comme un agriculteur de deuxième zone dont l’éthique de travail laissait à désirer.


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L’industrie de la vase coquillière a laissé sa trace à l’Île-du-Prince-Édouard. Tout Insulaire ayant été en contact avec l’agriculture connaît bien ce terme. Cette industrie a eu cours dans toute l’Île et a eu des retombées sur bien d’autres activités. La plupart des musées communautaires de l’Île possèdent désormais des parties d’excavateurs de vase coquillière et bien des gens ont tenté de ressusciter cette industrie au fil des ans, mais sans succès. La vase coquillière a constitué un engrais de choix pendant un siècle et certains clament toujours en voir les effets dans les champs, même si aucun épandage de vase coquillière n’a été effectué depuis plus d’un demi-siècle.
L’industrie de la vase coquillière a laissé sa trace à l’Île-du-Prince-Édouard. Tout Insulaire ayant été en contact avec l’agriculture connaît bien ce terme. Cette industrie a eu cours dans toute l’Île et a eu des retombées sur bien d’autres activités. La plupart des musées communautaires de l’Île possèdent désormais des parties d’excavateurs de vase coquillière et bien des gens ont tenté de ressusciter cette industrie au fil des ans, mais sans succès. La vase coquillière a constitué un engrais de choix pendant un siècle et certains clament toujours en voir les effets dans les champs, même si aucun épandage de vase coquillière n’a été effectué depuis plus d’un demi-siècle.

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • résumer les raisons des conflits qui ont surgi entre les agriculteurs et les pêcheurs d’huîtres;
  • expliquer les aspects sociaux de la récolte de la vase coquillière.

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