Bien que la pratique de l’épandage de la vase coquillière soit à toute fin pratique disparue, elle a laissé un souvenir impérissable aux Insulaires et a joué un rôle très important dans l’histoire et l’évolution de l’agriculture à l’Île-du-Prince-Édouard. Dès les débuts de l’agriculture sur l’Île, on s’est rendu compte que la terre perdait très rapidement sa capacité à faire croître autre chose que des mauvaises herbes. Il fallait donc trouver un moyen d’engraisser les terres et de leur rendre leur fertilité. Après plusieurs essais, on s’est rendu compte la boue riche en chaux qu’on trouvait dans de lit de nombreuses rivières donnait d’excellents résultats. On a appelé cette substance vase coquillière puisqu’elle consistait en bonne partie en de Pour en lire plus
Bien que la pratique de l’épandage de la vase coquillière soit à toute fin pratique disparue, elle a laissé un souvenir impérissable aux Insulaires et a joué un rôle très important dans l’histoire et l’évolution de l’agriculture à l’Île-du-Prince-Édouard. Dès les débuts de l’agriculture sur l’Île, on s’est rendu compte que la terre perdait très rapidement sa capacité à faire croître autre chose que des mauvaises herbes. Il fallait donc trouver un moyen d’engraisser les terres et de leur rendre leur fertilité. Après plusieurs essais, on s’est rendu compte la boue riche en chaux qu’on trouvait dans de lit de nombreuses rivières donnait d’excellents résultats. On a appelé cette substance vase coquillière puisqu’elle consistait en bonne partie en des restes de coquillages d’huîtres riches en chaux, lesquels fournissaient un substrat nutritif à long terme aux cultures.
Faisant appel à leur esprit inventif, les Insulaires ont mis au point des machines actionnées par des chevaux afin de faciliter le prélèvement de cette vase. Pendant des générations, on a tiré pelleté après pelleté de cette substance du lit des rivières. La cueillette se faisait l’hiver afin qu’on puisse épandre la boue dans les champs au printemps. Plusieurs personnes ne juraient que par cet engrais. Ils disaient observer d’immenses différences de rendement selon qu’on utilisait ou non la vase coquillière dans les champs. Après l’introduction de la chaux à bon marché en provenance de l’extérieur de l’Île et en raison du fait que cette boue entraînait une forme de gale de la pomme de terre, l’usage de cet engrais est peu à peu tombé en désuétude à partir des années 1940. À part un bref regain de popularité à la fin des années 1980, l’usage de la vase coquillière n’est plus qu’un souvenir, même si cette pratique a été primordiale pour l’agriculture à l’Île-du-Prince-Édouard pendant plus d’un siècle.
Dessin d’un extracteur de vase coquillière réalisé circa 1880 par l’artiste insulaire George Ackerman
George Ackerman
Galerie d’art du Centre des arts de la Confédération
© Galerie d’art du Centre des arts de la Confédération
Explication de l’utilisation de l’extracteur de vase coquillière.
L'Association des musées communautaires de l'Î.-P.-É.
© L'Association des musées communautaires de l'Île-du-Prince-Édouard 2005, Tous droits réservés.
Engraisser la terre veut dire l’enrichir, la rendre plus fertile. Pour ce faire, on peut utiliser des engrais naturels à base de matières organiques. Dès les débuts de la colonie, on employé plusieurs types d’engrais, avec des succès variables. On a notamment fait appel à des cendres, des algues, des carcasses d’animaux morts et des déjections d’animaux. Vers 1860, on a commencé à employer les boues provenant de dépôts, principalement constitués de coquillages d’huîtres riches en chaux, qu’on trouvait dans le lit des rivières de l’Île. On a appelé cette substance la vase coquillière. Dans son livre intitulé The Prince Edward Island Agriculturalist, publié en 1886, Francis Bain décrit ces dépôts comme suit :
« Ils sont composés d’huîtres, de moules, de palourdes américaines, de petracola, de bigorneaux, de littorina, de cuminia, d’urosalpinx, de corraline, d’étoiles de mer, d’éponges et de protozoaires qui sont emprisonnés ou qui se nourrissent de la masse. Des milliers d’algues ajoutent encore à sa richesse. »
Keir Memorial Museum
© Keir Memorial Museum
Explication de l’utilisation de certaines innovations servant à l’extraction de la vase coquillière.
L'Association des musées communautaires de l'Î.-P.-É.
© L'Association des musées communautaires de l'Île-du-Prince-Édouard 2005, Tous droits réservés.
On a vanté très tôt les mérites de la vase coquillière. Dès 1820, un Insulaire inscrivait ce qui suit dans son rapport à l’Empire britannique : « On sait d’expérience que l’application de vase coquillière accroît la fertilité du sol pendant 10 à 12 ans ». On faisait cependant peu usage de cet engrais à cette époque parce qu’elle était très difficile à obtenir. Au début, on récoltait la vase coquillière au cours de l’été. On la prélevait à marée basse et on la transportait dans de petits bateaux lorsque la marée remontait suffisamment pour que ces derniers puissent s’approcher des berges. Ce travail était éreintant et très salissant. Il ne valait donc pas le coup pour les agriculteurs qui ne possédaient qu’une modeste ferme.
Vers les années 1860, quelqu’un a eu l’idée de récolter la vase pendant l’hiver sur les rivières et les estuaires gelés. Cette méthode a été Pour en lire plus
On a vanté très tôt les mérites de la vase coquillière. Dès 1820, un Insulaire inscrivait ce qui suit dans son rapport à l’Empire britannique : « On sait d’expérience que l’application de vase coquillière accroît la fertilité du sol pendant 10 à 12 ans ». On faisait cependant peu usage de cet engrais à cette époque parce qu’elle était très difficile à obtenir. Au début, on récoltait la vase coquillière au cours de l’été. On la prélevait à marée basse et on la transportait dans de petits bateaux lorsque la marée remontait suffisamment pour que ces derniers puissent s’approcher des berges. Ce travail était éreintant et très salissant. Il ne valait donc pas le coup pour les agriculteurs qui ne possédaient qu’une modeste ferme.
Vers les années 1860, quelqu’un a eu l’idée de récolter la vase pendant l’hiver sur les rivières et les estuaires gelés. Cette méthode a été très rapidement adoptée par la population. En 1867, on rapportait que près de 300 hommes s’adonnaient à cette activité partout dans la province.
La vase coquillière est rapidement devenue un élément courant de la vie des agriculteurs. L’hiver, il était aussi normal d’aller chercher de la vase chez le plus proche fournisseur que de couper des arbres pour en faire du bois de chauffage. À la fin du 19e siècle, l’usage de la vase coquillière s’était répandu dans presque toutes les fermes, ce qui a beaucoup contribué à sa popularité. À cette époque, la proximité de cette ressource influait autant sur la valeur des terres que la proximité du chemin de fer.
David Weale
© David Weale
David Weale
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