Samuel Denny Street

"L’honorable Samuel Denny Street était un petit homme fier, provoquant et provoqué".

"M. Samuel Denny Street était un petit homme d’environ 5 pieds 7 pouces et l’un de ses pairs l’a décrit comme un coq fier qui ne se laissait pas marcher sur les pieds par personne."

Samuel Denny Street (1752-1830) a été avec Ward Chipman codéfenseur dans l’affaire R. c. Jones. Né et éduqué en Angleterre, M. Street était un important avocat et politicien au Nouveau Brunswick. De récents historiens et ses pairs l’ont décrit comme étant un homme impétueux qui s’impliquait dans n’importe quelle bataille politique. M. Street était un ferme artisan de la réforme de la Chambre d’assemblée. Son alliance avec son adversaire, le conservateur Ward Chipman, dans l’affaire R. c. Jones, était étonnante. On peut se demander qui a dirigé la défense dans le procès de 1800, vu l’importance accordée à Pour en lire plus

Samuel Denny Street

"L’honorable Samuel Denny Street était un petit homme fier, provoquant et provoqué".

"M. Samuel Denny Street était un petit homme d’environ 5 pieds 7 pouces et l’un de ses pairs l’a décrit comme un coq fier qui ne se laissait pas marcher sur les pieds par personne."

Samuel Denny Street (1752-1830) a été avec Ward Chipman codéfenseur dans l’affaire R. c. Jones. Né et éduqué en Angleterre, M. Street était un important avocat et politicien au Nouveau Brunswick. De récents historiens et ses pairs l’ont décrit comme étant un homme impétueux qui s’impliquait dans n’importe quelle bataille politique. M. Street était un ferme artisan de la réforme de la Chambre d’assemblée. Son alliance avec son adversaire, le conservateur Ward Chipman, dans l’affaire R. c. Jones, était étonnante. On peut se demander qui a dirigé la défense dans le procès de 1800, vu l’importance accordée à la réforme par M. Street et les racines conservatrices de M. Chipman. David Bell considère M. Street comme étant derrière le mouvement pour abolir légalement l’esclavage au Nouveau-Brunswick, car c’est lui qui a présenté le bref d’habeas corpus contre Caleb Jones. I. Allen Jack, pour sa part, crédite M. Chipman pour avoir consacré toute son énergie et toute sa compétence à la défense pour obtenir la libération de l’esclave Nancy". Quatre ans après le procès, quand l’esclave Richard Hopefield est allé devant le tribunal pour prouver son statut d’homme libre, M. Street a défendu M. Hopefield, tandis que M. Chipman défendait le maître de cet esclave. De plus, M. Street a lui-même fait l’objet d’un procès en 1806 parce qu’il hébergeait un esclave. Voici une adaptation du compte-rendu de ce procès qui est paru dans le Royal Gazette.

FREDERICTON, le 26 août 1806.

Son Honneur, le juge en chef, est revenu samedi dernier du comté de Queen et des circuits de Sunbury. Dans le comté de Queen, le grand jury a été libéré peu après son assermentation parce qu’il n’y avait aucune affaire à entendre et dans les circuits de Sunbury, il n’y avait pas un seul cas justifié. Pour se conformer aux directives de la Cour, le grand jury a étudié une plainte au juge en chef contre les deux filles de M. JAMES TAYLOR de Maugerville qui, d’après le témoignage d’une femme noire (de mauvais caractère notoire), auraient tué le bâtard de l’une d’entre elles, mais le grand jury a signalé à la Cour qu’il n’avait pas trouvé matière à procès. D’après ce qu’il avait découvert, la plainte n’était pas fondée. En fait, il n’y avait pas de témoignage (digne de foi) prouvant qu’un enfant était né ou que la prétendue mère ait eu un enfant. Dans le circuit pour Queen, seulement deux causes civiles et de peu d’importance ont fait l’objet d’un procès. À l’autre Cour, onze causes ont été proposées, mais quatre ont fait l’objet d’une entente tandis que les autres ont été réglées au moyen d’un procès. Quatre de ces affaires avaient très peu d’importance sauf pour les parties concernées, mais les trois autres affaires portaient sur des questions d’intérêt public. 1. La première est l’action de Trover intentée par l’avocat JOSEPH CLARKE contre l’avocat SAMUEL D. STREET, pour un garçon esclave réclamé par le demandeur comme étant son esclave. Le demandeur a présenté comme élément de preuve l’acte de vente par Gabriel Fowler à lui même de la mère du garçon en question et un permis du bureau de police de New York, daté de 1783, qui autorisait M. Fowler à transporter au Canada cette femme qui était son esclave. Il semble que le garçon soit né près de la ville de Saint John après la date de l’acte de vente et que son père (s’il était connu) était un homme libre. Il semble que le garçon se soit échappé de chez le plaignant et qu’il soit hébergé chez le défendeur. L’appropriation a été prouvée de façon satisfaisante par le refus implicite de rendre le garçon sur demande. L’avocat de défenseur a demandé un non-lieu pour les 4 motifs suivants : 1. Qu’il n’a pas été prouvé de manière satisfaisante que la mère du garçon est une esclave (car la question générale de l’esclavage n’a pas été soulevée). 2.Qu’il semble que le garçon soit un bâtard ou autrement, que son père était un homme libre, et que d’une façon ou de l’autre, le garçon doit être libre puisque, d’après les lois de l’Angleterre, son statut dépend de celui de son père et non de celui de sa mère. 3. Qu’il n’existe aucune loi dans cette province créant l’esclavage et que son existence ici repose uniquement sur plusieurs lois du Parlement britannique qui ne contiennent aucune disposition concernant les enfants des esclaves, ce qui signifie qu’ils ne sont pas assujettis à l’esclavage, mais qu’ils ont droit, à titre de sujets britanniques nés dans cette province, à tous les avantages prévus par le Common Law d’Angleterre, qui est le système de droit de notre pays, et par conséquent, admettant que la règle du droit civil que l’enfant hérite du statut de la mère ou que l’enfant soit né de deux parents africains esclaves, puisqu’il est né dans cette province, il doit être libre. 4. Que l’action de Trover ne peut s’appliquer à une esclave noire, car personne ne peut avoir le droit de posséder un esclave de façon incontrôlable et illimitée, ce qui était nécessaire pour appuyer cette action. L’avocat du plaignant a répondu qu’une action de ce genre avait été intentée en Nouvelle-Écosse par M. De Lancey et il a cité l’opinion de M. Aplin, appuyée par plusieurs gentilshommes instruits en Angleterre, (comme on peut le constaté dans le Pamphlet publié dans cette province), mais le juge en chef ne considérait pas l’affaire comme une raison suffisante et il a déclaré un non-lieu en se fondant sur les troisième et quatrième motifs du défendeur. Son Honneur était d’avis que le titre visant la mère a été établi de façon satisfaisante, mais il n’a rien dit concernant le second motif. (1806/9/10)

Après le procès de 1800, l’un des plus riches propriétaires d’esclaves au Nouveau Brunswick, M. Stair Agnew, a provoqué en duel le juge Allen. Le juge Allen était l’un des deux juges qui avaient statué en faveur de l’esclave Nancy. Le juge Allen a refusé de se battre en duel, mais M. Street a volontairement pris sa place, car il avait l’habitude des duels. M. Hill a mentionné que l’admiration vouée au fier esprit de M. Street peut très bien avoir influencé les jeunes hommes de la région, car il y a eu plusieurs duels près de Fredericton. Plus tôt en 1800, M. Street avait provoqué en duel M. John Murray Bliss, un autre avocat. M. Street pensait que M. Bliss l’avait accusé d’avoir menti au jury au cours d’un procès qui avait eu lieu ce jour-là. Le duel entre MM. Street et Bliss a été raconté par le témoin de M. Street, M. Anderson, et c’est le premier duel au Nouveau Brunswick qui a fait l’objet d’un document écrit. Le récit de M. Anderson confirme les autres descriptions de la nature passionnée de M. Street, car il raconte que M. Street avait vivement insisté qu’il exigeait la réparation de cette offense ou qu’il ferait couler le sang de son adversaire. 

M. Street était un officier britannique lors de la Révolution américaine et, en 1781, il était affecté au Fort Howe à Saint John. Un récit sur sa capture du Fort Howe et de son évasion subséquente laisse entrevoir son tempérament batailleur :

En 1781, M. Street se trouvait dans un navire armé avec des soldats qui venait de quitter Saint John quand le navire et son équipage ont été capturés. Par deux fois, on a fait l’offre de retourner le lieutenant Street en échange de deux capitaines, mais l’offre a été refusée. Les gens de Machias avaient envoyé un mémoire disant que M. Street était bien trop dangereux pour être libéré et on a demandé qu’il soit gardé prisonnier durant la guerre. Il s’est évadé à trois reprises et la troisième fois d’un navire de prisonniers dans le port de Boston. Il a nagé avec la marée sur une distance de plus d’un mille du port et s’est réfugié chez un Anglais avant de retourner finalement au Fort Howe.

M. Street a été admis au barreau du Nouveau Brunswick en 1785 et il a bâti un important cabinet d’avocat. Il a aussi été député à la Chambre d’assemblée durant de nombreuses années. À titre de partisan et de collègue de M. James Glenie, le réformiste le plus radical de la province, M. Street défendait le réformisme politique à MM. Chipman et Carleton ainsi qu’à de nombreux autres membres du gouvernement. Jusqu’en 1804, les réformistes avaient un appui répandu au Nouveau Brunswick et leur présence était assez marquée à la Chambre d’assemblée. Par exemple, en 1803, le greffier de la Chambre est mort et l’Assemblée a rejeté le choix de Carleton pour un nouveau greffier, car elle préférait nommer M. Street à ce poste. Cela a mené à un imbroglio législatif dans lequel M. Street était ridiculisé. Edward Winslow l’avait décrit alors comme étant cette petite bestiole à pattes courtes qui bourdonne et grouille comme une mouche à marde. La situation a été résolue quand la personne choisie par Carleton comme greffier a reçu les honoraires alors que c’était M. Street qui accomplissait les fonctions de greffier. Un autre membre de la Chambre d’assemblée a mentionné que tout le monde était content de cette solution sauf une seule personne.

En 1804, M. Street a perdu son siège comme de nombreux autres réformistes. M. MacNutt impute ce déclin dans l’appui au réformisme à la guerre entre l’Angleterre et la France, ce qui a renouvelé le patriotisme pour la Bretagne. M. Street a été élu de nouveau à la Chambre d’assemblée, surtout pendant la guerre de 1812. M. Street a souvent eu l’impression qu’on lui avait refusé la nomination au Conseil et à d’autres postes parce qu’il était un Anglais dans une mer de réfugiés américains. Néanmoins, il a finalement été nommé membre du Conseil en 1819.




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Les apprenants seront en mesure de comprendre à quel point la vie d’une personne ayant vécu il y a plus de deux-cents ans pouvait être compliquée et imprévisible.

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