Nancy ou Ann

Ann, alias Nancy était une esclave noire et protagoniste dans l’affaire du procès de 1800 (R c. Jones). Peu de renseignements sont disponibles pour dresser un portrait de la vie de Nancy, mais une image se dégage des divers articles de journaux et des archives judiciaires de l’époque.

Caleb Jones, le propriétaire de Nancy, a eu recours à l’ordonnance d'habeas corpus pour déclarer que Nancy était une esclave depuis sa naissance. Selon M. Jones, Nancy était née dans le Maryland d’une mère africaine esclave et elle avait quitté le Maryland pour le Nouveau-Brunswick en compagnie de M. Jones en 1785. Quelques articles relatifs à la vie de Nancy avaient été publiés dans le journal de Saint John, la Royal Gazette, avant le procès en 1800. Le 19 septembre 1786, M. Jones avait déclaré dans la Gazette que Nancy s’était échappée de sa propriété située à Nashwaaksis, avec un jeune homme noir et trois autres adultes escl Pour en lire plus

Nancy ou Ann

Ann, alias Nancy était une esclave noire et protagoniste dans l’affaire du procès de 1800 (R c. Jones). Peu de renseignements sont disponibles pour dresser un portrait de la vie de Nancy, mais une image se dégage des divers articles de journaux et des archives judiciaires de l’époque.

Caleb Jones, le propriétaire de Nancy, a eu recours à l’ordonnance d'habeas corpus pour déclarer que Nancy était une esclave depuis sa naissance. Selon M. Jones, Nancy était née dans le Maryland d’une mère africaine esclave et elle avait quitté le Maryland pour le Nouveau-Brunswick en compagnie de M. Jones en 1785. Quelques articles relatifs à la vie de Nancy avaient été publiés dans le journal de Saint John, la Royal Gazette, avant le procès en 1800. Le 19 septembre 1786, M. Jones avait déclaré dans la Gazette que Nancy s’était échappée de sa propriété située à Nashwaaksis, avec un jeune homme noir et trois autres adultes esclaves. Il a dit qu’elle s’appelait « NANCY, qu’elle avait environ 24 ans et qu’elle avait amené avec elle un enfant noir prénommé LIDGE âgé d’environ 4 ans. » M. Jones a offert une récompense de six dollars pour le retour de Nancy et de six dollars pour le retour de l’autre femme esclave, ainsi que deux guinées pour chaque homme. En juillet et en septembre 1786, une annonce indiquant que M. Jones avait de la difficulté à récupérer ses esclaves a paru dans la Gazette :


FUGITIFS
Entre le 15 et le 21 juillet dernier, se sont enfuis de la propriété d’un abonné vivant à Nashwakshis, comté de York, les esclaves noirs suivants : ISAAC, environ 30 ans, né à Long Island près de New York, portait au moment de sa fuite un court manteau bleu, un chapeau rond et un pantalon blanc. BEN, environ 35 ans, portait une veste en tricot uni du Devonshire doublé d’un manteau écossais, un pantalon d'équitation en velours côtelé et un chapeau rond. FLORA, une jeune femme d’environ 27 ans avec la petite variole. Elle portait une veste en coton blanc et un jupon. NANCY, environ 24 ans, accompagnée d’un enfant noir âgé d’environ 4 ans prénommé LIDGE. Les quatre derniers noirs sont nés dans le Maryland et sont arrivés au pays dernièrement.

Par la présente, il est interdit d’héberger les personnes de race noire susmentionnés et il est défendu à tous les préposés de navires de les faire monter à bord, sinon ils devront répondre de leurs actes. Une récompense de DEUX GUINÉES sera remise par M. THOMAS JENNINGS pour chaque homme et SIX DOLLARS pour chaque femme noire. Si on les amène à York Point, ville de Saint John, directement à M. JENNINGS ou à l’abonné du comté de York, ledit JENNINGS ou l’abonné remettra la récompense et les frais raisonnables.

CALEB JONES.
Le 25 juillet 1786.

Lorsque les juges ont rendu leur décision dans l’affaire R. c. Jones, Nancy dû retourner chez Caleb Jones qui, ensuite, l’a rendu à son ancien propriétaire, William Bailey. Au tournant du siècle, l’historien Allen Jack a décrit avec dédain le sort de Nancy à la suite du procès : « Elle s’est dévouée à M. Bailey pendant 15 ans et l’histoire l’a ensuite oubliée.

Il a été difficile de savoir ce qui est arrivé à Nancy avant et après le procès, en partie en raison du manque de documents disponibles sur les esclaves au Nouveau-Brunswick, mais également en raison de l’incertitude concernant le nom complet de Nancy. Plusieurs années après le procès, quelques éléments d’information pouvant avoir un lien avec la Nancy de l’affaire R c. Jones ont paru dans la Gazette, mais il est impossible d’établir certains liens. Par exemple, en 1806, une femme de couleur noire, Nancy Richards, a été acquittée du meurtre d’un enfant bâtard et envoyée dans une maison de correction pendant une période de six mois (Gazette, le 10 septembre 1806). Trois ans plus tard, un certain Monsieur D. Brown a mis une annonce dans la Gazette du 16 octobre 1809 pour vendre « une femme de race noire prénommée Nancy ». Malgré l’incertitude concernant la vie de Nancy avant et après le procès, elle a sans aucun doute joué un rôle important, en raison de l’affaire R c. Jones, dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage.



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Objectifs d'apprentissage

Les apprenants seront en mesure de comprendre que l’on peut écrire la biographie d’une personne vivant au bas de l’échelle socio-économique en utilisant des éléments d’information historique trouvés çà et là.

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