Les observations de David Gray pendant la saison des accouplements vers la fin de l’hiver à Sverdrup Pass sur l’île d’Ellesmere (avril et mai) consignent pour la première fois un comportement curieux de la part des lièvres arctiques mâles (Lepus arcticus). Ce comportement marque le début de la saison des accouplements chez le lièvre.

La manifestation a lieu à la fin d’une période de repos et de toilettage. De fait, elle suit le toilettage de la fourrure du corps. Pendant que le mâle se dresse sur ses pattes tendues, le long et mince pénis de couleur sombre se déplie et s’étire le long du ventre, s’étendant souvent au-delà des pattes de devant. Tel un fouet, cet étirement du pénis dure environ 1,5 secondes et se répète jusqu’à douze fois en une séance.

David Gray a observé ce comportement pour la première fois tôt en avril. Il est plus fréquent vers la fin du mois et au début de mai. Plus tard dans la saison, il coïncide avec d’autres comportements associés à l’accouplement et se poursuit jusqu’à la terminaison de la période des accouplements vers la fin mai. La manifestation se produit au se Pour en lire plus
Les observations de David Gray pendant la saison des accouplements vers la fin de l’hiver à Sverdrup Pass sur l’île d’Ellesmere (avril et mai) consignent pour la première fois un comportement curieux de la part des lièvres arctiques mâles (Lepus arcticus). Ce comportement marque le début de la saison des accouplements chez le lièvre.

La manifestation a lieu à la fin d’une période de repos et de toilettage. De fait, elle suit le toilettage de la fourrure du corps. Pendant que le mâle se dresse sur ses pattes tendues, le long et mince pénis de couleur sombre se déplie et s’étire le long du ventre, s’étendant souvent au-delà des pattes de devant. Tel un fouet, cet étirement du pénis dure environ 1,5 secondes et se répète jusqu’à douze fois en une séance.

David Gray a observé ce comportement pour la première fois tôt en avril. Il est plus fréquent vers la fin du mois et au début de mai. Plus tard dans la saison, il coïncide avec d’autres comportements associés à l’accouplement et se poursuit jusqu’à la terminaison de la période des accouplements vers la fin mai. La manifestation se produit au sein d’importants groupes réunissant les deux sexes, de même que lorsque le mâle est seul.

Ce comportement sert peut-être à stimuler visuellement les femelles et à les amener à s’accoupler. Les lièvres arctiques mâles montrent un intérêt accru pour les femelles avant que celles-ci ne commencent à être réceptives. Il s’ensuit que les mâles doivent être actifs sexuellement pour initier la saison des accouplements. Le comportement du lièvre arctique mâle est peut-être déclenché par l’accroissement de la lumière du jour en mars (dans l’Extrême-Arctique, la luminosité augmente de façon soutenue de décembre à avril). Le moment où ce comportement du mâle apparaît coïncide avec le moment où les accouplements doivent commencer afin de donner aux levrauts suffisamment de temps pour croître avant l’hiver.

Cette coïncidence porte à croire qu’il y a une raison autre que celle de la luminosité croissante au printemps pour expliquer pourquoi les hases deviennent réceptives, même si l’accroissement de la lumière du jour stimule d’autres mammifères femelles (y compris certaines espèces de lièvres) à le devenir. Aucun accroissement supplémentaire de la lumière du jour n’est possible au moment où les femelles doivent être réceptives. En effet, à la mi-avril, le soleil est au-dessus de l’horizon 24 heures par jour.

L’enchaînement de la réceptivité, de la copulation et de l’ovulation est primordial. (L’ovulation est stimulée par la copulation.) Tous les accouplements doivent avoir lieu à un moment spécifique et limité dans le temps. Il faut en effet que la naissance des petits survienne au moment optimal pour leur assurer une alimentation et une croissance adéquates pendant l’été, ce qui leur permettra de survivre à l’hiver qui vient.

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.

Lièvre arctique

Le pénis de ce lièvre arctique (Lepus arcticus) mâle est visible sous le ventre. Lors de la parade du lièvre arctique, le pénis est déployé, puis rétracté. Il apparaît comme une torsade noire.

Générique de l'illustration : David R. Gray
Musée canadien de la nature

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.


Lièvre arctique

Le troisième lièvre arctique (Lepus arcticus) en partant de la gauche est un mâle qui fait parade de son pénis.

Musée canadien de la nature

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.


Pour que l’accouplement ait lieu, les lièvres arctiques mâles (Lepus arcticus) doivent trouver des femelles et évaluer leur état sexuel par l’odorat. À cette fin, le principal comportement des mâles lors de la saison des accouplements est de s’approcher de tout autre individu. Chaque mâle cherche une femelle réceptive avec laquelle il pourra copuler. Il jugera si elle est réceptive par sa senteur (les hormones) et son comportement (non agressif).

Le mâle chercheur se déplace ordinairement avec prudence, d’un pas hésitant, en remuant le nez et les oreilles. En général, il s’approche sous le vent, ce qui l’oblige fréquemment à tourner en rond. S’il est contre le vent et que l’individu visé ignore son approche, le lièvre chercheur est en mesure de toucher le derrière de l’autre. Ceci peut mener à une rencontre agressive si le lièvre abordé n’est pas une femelle réceptive.

Les mâles abordent habituellement tout individu qui s’approche du groupe, qu’il s’agisse d’un lièvre inconnu ou d’un membre égaré qui retourne parmi les siens. Au plus fort de la saison des accoup Pour en lire plus
Pour que l’accouplement ait lieu, les lièvres arctiques mâles (Lepus arcticus) doivent trouver des femelles et évaluer leur état sexuel par l’odorat. À cette fin, le principal comportement des mâles lors de la saison des accouplements est de s’approcher de tout autre individu. Chaque mâle cherche une femelle réceptive avec laquelle il pourra copuler. Il jugera si elle est réceptive par sa senteur (les hormones) et son comportement (non agressif).

Le mâle chercheur se déplace ordinairement avec prudence, d’un pas hésitant, en remuant le nez et les oreilles. En général, il s’approche sous le vent, ce qui l’oblige fréquemment à tourner en rond. S’il est contre le vent et que l’individu visé ignore son approche, le lièvre chercheur est en mesure de toucher le derrière de l’autre. Ceci peut mener à une rencontre agressive si le lièvre abordé n’est pas une femelle réceptive.

Les mâles abordent habituellement tout individu qui s’approche du groupe, qu’il s’agisse d’un lièvre inconnu ou d’un membre égaré qui retourne parmi les siens. Au plus fort de la saison des accouplements, ces rencontres deviennent plus fréquentes et sont parfois presque frénétiques lorsque plusieurs mâles encerclent et flairent le même individu et se flairent même l’un l’autre. La réaction de la femelle détermine le prochain geste du mâle. Si elle part, il peut la poursuivre. Il n’est pas exclu qu’il s’en aille tout simplement après l’avoir reniflée, qu’il fasse face à une agression ou qu’il s’approche de plus près et initie un contact sexuel.

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.

Lièvre arctique

Un lièvre arctique (Lepus arcticus) mâle avec les oreilles en V s'approche d'une femelle.

Générique de l'illustration : David R. Gray
Musée canadien de la nature

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.


La ’boxe’ chez les lièvres a déjà été interprétée comme une lutte pour la dominance entre lièvres arctiques mâles (Lepus arcticus). Toutefois, les observations de David Gray de lièvres connus de Sverdrup Pass sur l’île d’Ellesmere confirment que de telles rencontres ont lieu entre mâles et femelles lors de la saison des accouplements. À cet endroit, la plupart des luttes longues et hautes en couleur ont eu lieu autour de la saison de la copulation à la fin avril.

Le reniflement continuel des femelles par les mâles individuels mène souvent à des rencontres agressives : si un mâle s’approche de trop près d’une femelle non réceptive, il risque de subir une vive rebuffade.

Le combat s’amorce lorsqu’une femelle se tourne pour faire face au mâle et se dresse sur ses pattes postérieures de manière à lui taper dessus avec ses pattes de devant, toutes griffes dehors. Habituellement, le mâle se rétracte immédiatement et la femelle ne le poursuit pas, ce qui écourte la plupart des bagarres. Si le mâle persiste cependant, un plus long combat peut en résulter, au cours duquel le mâle et la femelle s’adonnent à Pour en lire plus
La ’boxe’ chez les lièvres a déjà été interprétée comme une lutte pour la dominance entre lièvres arctiques mâles (Lepus arcticus). Toutefois, les observations de David Gray de lièvres connus de Sverdrup Pass sur l’île d’Ellesmere confirment que de telles rencontres ont lieu entre mâles et femelles lors de la saison des accouplements. À cet endroit, la plupart des luttes longues et hautes en couleur ont eu lieu autour de la saison de la copulation à la fin avril.

Le reniflement continuel des femelles par les mâles individuels mène souvent à des rencontres agressives : si un mâle s’approche de trop près d’une femelle non réceptive, il risque de subir une vive rebuffade.

Le combat s’amorce lorsqu’une femelle se tourne pour faire face au mâle et se dresse sur ses pattes postérieures de manière à lui taper dessus avec ses pattes de devant, toutes griffes dehors. Habituellement, le mâle se rétracte immédiatement et la femelle ne le poursuit pas, ce qui écourte la plupart des bagarres. Si le mâle persiste cependant, un plus long combat peut en résulter, au cours duquel le mâle et la femelle s’adonnent à la ’boxe’, mordant et saisissant l’autre avec les dents. Parmi les tactiques employées, on dénombre les suivantes : égratigner à l’aide des griffes de devant, mordre la fourrure, le cou et le corps, et saisir un membre de l’adversaire avec les dents. Des blessures peuvent en résulter : il est fréquent de voir des lièvres avec des cicatrices au visage.

Il y a aussi des agressions entre mâles vers la fin de l’hiver au moment de l’accouplement, où il est habituellement question d’éloigner un lièvre d’une source alimentaire. Toutefois, ce type d’agression est beaucoup moins fréquent, moins violent et de plus courte durée.

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.

Lièvre arctique

Un lièvre arctique (Lepus arcticus) mâle et une femelle en combat lors de la saison des accouplements.

Générique de l'illustration : David R. Gray
Musée canadien de la nature

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.


Lièvres jeune

Un combat entre un lièvre arctique mâle et une femelle.

Générique de l'illustration : David R. Gray

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.


Folie de minuit

La ’folie’ des lièvres d’Europe (Lepus europaeus) est un cliché bien connu qui fait allusion à un certain comportement ayant cours lors des accouplements au printemps. Il n’était donc pas étonnant de découvrir que le lièvre arctique (Lepus arcticus) présente lui aussi des signes de ce que l’on pourrait appeler une ’folie’ à la saison des amours.

La ’folie’ en question décrit la situation chaotique d’accouplements réussis ou non au sein d’un important groupe de lièvres. Il y a beaucoup d’activité : les mâles flairent, suivent, pourchassent et inspectent, les femelles les repoussent (et se battent) ou bien les acceptent.

Dans le cas du lièvre d’Europe, l’accouplement a lieu en mars, d’où l’expression : ’Fou comme un lièvre en mars’ (cf. le nom du Lièvre de Mars dans Alice au pays des merveilles). Le printemps arrive plus tard dans l’Arctique canadien cependant, et puisque David Gray a observé le jeu de la séduction à Sverdrup Pass sur l’île d’Ellesmere tard en soirée et au petit matin, il lui Pour en lire plus
Folie de minuit

La ’folie’ des lièvres d’Europe (Lepus europaeus) est un cliché bien connu qui fait allusion à un certain comportement ayant cours lors des accouplements au printemps. Il n’était donc pas étonnant de découvrir que le lièvre arctique (Lepus arcticus) présente lui aussi des signes de ce que l’on pourrait appeler une ’folie’ à la saison des amours.

La ’folie’ en question décrit la situation chaotique d’accouplements réussis ou non au sein d’un important groupe de lièvres. Il y a beaucoup d’activité : les mâles flairent, suivent, pourchassent et inspectent, les femelles les repoussent (et se battent) ou bien les acceptent.

Dans le cas du lièvre d’Europe, l’accouplement a lieu en mars, d’où l’expression : ’Fou comme un lièvre en mars’ (cf. le nom du Lièvre de Mars dans Alice au pays des merveilles). Le printemps arrive plus tard dans l’Arctique canadien cependant, et puisque David Gray a observé le jeu de la séduction à Sverdrup Pass sur l’île d’Ellesmere tard en soirée et au petit matin, il lui donna le nom de ’folie de minuit’.

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.

Lièvre arctique

Une chasse folle au sein d'un groupe de lièvres arctiques au cours de la « folie de minuit ». Le lièvre surnommé Blue Bun par David Gray est au centre du groupe; il a une tache orange sur le flanc.

Générique de l'illustration : David R. Gray
Musée canadien de la nature

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.


Lièvre arctique

Dans cette scène de « folie de minuit », un couple de lièvres arctiques (Lepus arcticus) s'accouple (au centre), pendant que deux mâles (le lièvre à gauche avec la tache orange et le troisième lièvre en partant de la droite) abordent des femelles.

Générique de l'illustration : David R. Gray
Musée canadien de la nature

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.


Lièvre arctique

Lièvres arctiques (Lepus arcticus) se battant et s'accouplant.

Générique de l'illustration : David R. Gray
Musée canadien de la nature

© 2004, Musée canadien de la nature. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

L’élève sera en mesure de :
  • discuter de la parade des lièvres arctiques mâles;
  • résumer ce qu’est la ’folie de minuit’ chez le lièvre arctique;
  • expliquer certains comportements agressifs des lièvres arctiques.

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