L’histoire de la peinture russe remonte aux icônes du 12e siècle, tandis qu’au Canada, l’émergence de la peinture ne date que de la seconde moitié du 18e siècle. Dans ce même siècle apparaissent, dans les deux pays, les premières représentations de paysage : en Russie avec les « veduttistes » et au Canada, avec les topographes de l’armée britannique. Les premiers réalisaient des vues de paysages urbains ou de paysages peuplés de ruines antiques, alors que les seconds, formés à l’Académie militaire de Greenwich près de Londres, avaient pour tâche de dessiner ou de peindre à l’aquarelle la topographie du paysage.

Le genre du paysage tarde toutefois à s’affirmer ; il faut attendre le dernier tiers du 19e siècle pour assister à une recrudescence de ces représentations. Dans les années 1860, les peintres s’attachent de plus en plus au paysage local, pour son intérêt en soi ou pour son importance historique. Rendus Pour en lire plus
L’histoire de la peinture russe remonte aux icônes du 12e siècle, tandis qu’au Canada, l’émergence de la peinture ne date que de la seconde moitié du 18e siècle. Dans ce même siècle apparaissent, dans les deux pays, les premières représentations de paysage : en Russie avec les « veduttistes » et au Canada, avec les topographes de l’armée britannique. Les premiers réalisaient des vues de paysages urbains ou de paysages peuplés de ruines antiques, alors que les seconds, formés à l’Académie militaire de Greenwich près de Londres, avaient pour tâche de dessiner ou de peindre à l’aquarelle la topographie du paysage.

Le genre du paysage tarde toutefois à s’affirmer ; il faut attendre le dernier tiers du 19e siècle pour assister à une recrudescence de ces représentations. Dans les années 1860, les peintres s’attachent de plus en plus au paysage local, pour son intérêt en soi ou pour son importance historique. Rendus en conformité avec les canons de la peinture d’Europe de l’Ouest, ces tableaux constituent davantage des visions stéréotypées que de véritables représentations du paysage local.

Formé selon les critères de l’Europe occidentale, le regard que portent les peintres russes et canadiens sur leurs paysages passe par le filtre de leurs propres influences. Des courants dominants, tels que la peinture académique, le romantisme, le naturalisme et l’impressionnisme, ont donc une très forte incidence sur leurs œuvres. Le choix du cadrage, le traitement de la lumière ou de la couleur, ou encore le choix de la technique, sont souvent la transposition plus ou moins intuitive de conventions.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Boris Ivanovitch Lebedinski

Lédon dans les Saïany de l’est, par Boris Ivanovitch Lebedinski, 1922.

Boris Ivanovitch Lebedinski
1922
huile sur toile
150 x 216 cm
© Musée régional des beaux-arts Soukatchev d’Irkoutsk


Les Saïany sont une région montagneuse au sud du lac Baïkal. Ses crêtes sont hautes et majestueuses, et, entre elles, se trouvent, telles des pauses picturales, les combes larges où courent de nombreuses rivières rapides et où poussent maintes forêts de pins et de mélèzes. On aperçoit, plus haut, des conifères sombres et des blocs de pierre. Chaque printemps, s’épanouissent les fleurs délicates du lédon (buisson sibérien). Lebedinski, comme de nombreux autres artistes, a été attiré par la force épique du paysage de la région du lac Baïkal; il travaillait avec passion, utilisant la spatule pour rendre les puissants versants de pierre, et son pinceau nerveux pour peindre les tapis de fleurs. La composition de cette grande œuvre semble un fragment de la nature elle-même. On aperçoit quelques traces subtiles de la présence humaine : une route s’éloignant de l’observateur, ainsi qu’un petit pont en bois surplombant un ruisseau printanier impétueux.

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Les Saïany sont une région montagneuse au sud du lac Baïkal. Ses crêtes sont hautes et majestueuses, et, entre elles, se trouvent, telles des pauses picturales, les combes larges où courent de nombreuses rivières rapides et où poussent maintes forêts de pins et de mélèzes. On aperçoit, plus haut, des conifères sombres et des blocs de pierre. Chaque printemps, s’épanouissent les fleurs délicates du lédon (buisson sibérien). Lebedinski, comme de nombreux autres artistes, a été attiré par la force épique du paysage de la région du lac Baïkal; il travaillait avec passion, utilisant la spatule pour rendre les puissants versants de pierre, et son pinceau nerveux pour peindre les tapis de fleurs. La composition de cette grande œuvre semble un fragment de la nature elle-même. On aperçoit quelques traces subtiles de la présence humaine : une route s’éloignant de l’observateur, ainsi qu’un petit pont en bois surplombant un ruisseau printanier impétueux.

Boris Ivanovitch Lebedinski


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Nikolai Andreevitch Andreev

Tomaksite, par Nikolai Andreevitch Andreev, 1925

Nikolai Andreevitch Andreev
1925
huile sur toile
93 x 93 cm
© Musée régional des beaux-arts Soukatchev d’Irkoutsk.


Dans Tomaksite, Andreev a su créer une représentation impressionnante d’un vrai maître de la Yakoutie, pays majestueux et sévère. « La toile nous montre un vieux toungouse nous regardant de façon pensive. Ses mains décharnées se cramponnent au bâton avec la même énergie que s’il se cramponnait à la vie. Autour de lui, on voit les montagnes froides de l’île de Mamontovy moguily (les Tombeaux des mammouths), près de la baie Tiksi. Après avoir été transporté sur une banquise avec ses chiens, le chasseur s’est retrouvé là, sur cette île. Il y a passé deux ans à élever une grande meute de chiens et à se nourrir uniquement de poisson. Ce sont les membres d’une expédition dont Nikolai Andreev faisait partie qui le retrouvèrent. L’artiste a été extrêmement impressionné par la force de caractère de ce nouveau Robinson. » Ces propos furent écrits en 1936 par I. Argounsky, journaliste d’Irkoutsk. Ce n&rsqu Pour en lire plus

Dans Tomaksite, Andreev a su créer une représentation impressionnante d’un vrai maître de la Yakoutie, pays majestueux et sévère. « La toile nous montre un vieux toungouse nous regardant de façon pensive. Ses mains décharnées se cramponnent au bâton avec la même énergie que s’il se cramponnait à la vie. Autour de lui, on voit les montagnes froides de l’île de Mamontovy moguily (les Tombeaux des mammouths), près de la baie Tiksi. Après avoir été transporté sur une banquise avec ses chiens, le chasseur s’est retrouvé là, sur cette île. Il y a passé deux ans à élever une grande meute de chiens et à se nourrir uniquement de poisson. Ce sont les membres d’une expédition dont Nikolai Andreev faisait partie qui le retrouvèrent. L’artiste a été extrêmement impressionné par la force de caractère de ce nouveau Robinson. » Ces propos furent écrits en 1936 par I. Argounsky, journaliste d’Irkoutsk. Ce n’est pas tellement l’exotisme de la situation qui intéressa l’artiste ; il tenta plutôt de comprendre la culture et la vie quotidienne des peuples nordiques et chercha un style particulier qui soit le plus fidèle possible à la spécificité du caractère national. Tomaksite (nom du héros de l’histoire) est un tableau qui ne peut être réduit à la définition d’un portrait. Il devient l’image de tout un pays.

Nikolai Andreevitch Andreev


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Boris Fiodorovitch Rybtchenkov

La Promenade, par Boris Fiodorovitch Rybtchenkov, 1933

Boris Fiodorovitch Rybtchenkov
1933
huile sur toile
64,2 x 92 cm
© Galerie nationale Tretiakov (Moscou).


Dans les paysages urbains de Rybtchenkov qui sont « pleins d’émotion », selon le critique Boris Ternoviets, comme dans sa toile La Promenade, on ressent une douce ironie qui n’efface pas le sentiment de légère tristesse qui en émane par ailleurs. Le sourire discret du peintre apparaît dans la représentation des petits arbres frêles, de l’inscription sur la palissade « Interdiction de s’arrêté », autoritaire mais incorrecte dans son orthographe, des silhouettes un peu grotesques des deux flâneurs : une dame assez grande et son cavalier élancé portant un veston qui n’est pas à sa taille.

Boris Fiodorovitch Rybtchenkov

Dans les paysages urbains de Rybtchenkov qui sont « pleins d’émotion », selon le critique Boris Ternoviets, comme dans sa toile La Promenade, on ressent une douce ironie qui n’efface pas le sentiment de légère tristesse qui en émane par ailleurs. Le sourire discret du peintre apparaît dans la représentation des petits arbres frêles, de l’inscription sur la palissade « Interdiction de s’arrêté », autoritaire mais incorrecte dans son orthographe, des silhouettes un peu grotesques des deux flâneurs : une dame assez grande et son cavalier élancé portant un veston qui n’est pas à sa taille.

Boris Fiodorovitch Rybtchenkov


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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • Comprendre l’influence de la géographie sur la culture;
  • Comprendre que l’art peut représenter des expériences vécues par les gens;
  • Examiner comment les principaux mouvements artistiques européens ont influencé l’interprétation des paysages dans la peinture russe;
  • Connaître les différences et les similitudes entre la peinture de paysage russe et canadienne avant 1940;
  • Se rendre compte du développement d’un style de peinture de paysage typiquement russe;
  • Être capable de poser un regard critique sur différents styles artistiques;
  • Reconnaître les émotions que peut susciter l’art.

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