J’ai beau être tunisienne et musicienne, étudiante à l’Institut supérieure de Musique de Tunis, mais je n’ai jamais eu l’occasion, par le passé, de connaître la tabla « Tijania ». Il a fallu donc que je participe à un atelier ayant pour objectif la mise sur pied d’un musée virtuel d’instruments de musique dans la cadre du projet des Musiques du Monde de la Francophonie pour que je le découvre. Mieux vaut tard que jamais. Mais en fait, j’ai découvert, en même temps que des amis venant d’horizons lointains (des étudiantes canadiennes), un instrument appartenant à des confréries religieuses en Tunisie, et qui est aujourd’hui en perte de vitesse. Il me fallait donc, après le coup de coeur que j’ai eu pour cet instrument dans la vitrine d’exposition (au palais d’Erlanger), partir à la connaissance de ce membranophone dont les allures rappellent bien celles de ses cousins d’Afrique noire et d’ailleurs. Le fait de plonger dans la documentation fournie par le Centre des musiques arabes e Pour en lire plus
J’ai beau être tunisienne et musicienne, étudiante à l’Institut supérieure de Musique de Tunis, mais je n’ai jamais eu l’occasion, par le passé, de connaître la tabla « Tijania ». Il a fallu donc que je participe à un atelier ayant pour objectif la mise sur pied d’un musée virtuel d’instruments de musique dans la cadre du projet des Musiques du Monde de la Francophonie pour que je le découvre. Mieux vaut tard que jamais. Mais en fait, j’ai découvert, en même temps que des amis venant d’horizons lointains (des étudiantes canadiennes), un instrument appartenant à des confréries religieuses en Tunisie, et qui est aujourd’hui en perte de vitesse. Il me fallait donc, après le coup de coeur que j’ai eu pour cet instrument dans la vitrine d’exposition (au palais d’Erlanger), partir à la connaissance de ce membranophone dont les allures rappellent bien celles de ses cousins d’Afrique noire et d’ailleurs. Le fait de plonger dans la documentation fournie par le Centre des musiques arabes et méditerranéennes, a titillé ma mémoire et m’a rappelé quelques témoignages de ma grand-mère, dont la mémoire a certes flétri, mais continue quand même à retenir l’essentiel.

Les « Tijani » adeptes d’une congrégation mystique en Tunisie ayant pour saint patron Sidi -Ahmed Tijani, et notamment les formations féminines ont une prédilection spéciale pour cet instrument qui leur est propre. Son utilisation est assez particulière. En effet, quatre dames s’assoient à même le sol, autour de la tabla et jouent ensemble faisant usage de leurs mains dont les doigts sont réunis.

Feu Manoubi Snoussi (1910-1967) un des spécialiste de la musicologie en Tunisie, a affirmé que la tijania n’a pas de semblable parmis les instruments en usage chez les autres mystiques ou dans les orchestres de musique profane. À cause de son usage exclusif par les « Tijani », la tabla est devenue en quelque sorte le symbole de leur ordre. Elle est utilisée pour soutenir les voix au cours des chants de la « Tijania » et leur imposer la cadence et le mouvement du rythmes. Puis-je m’arrêter à ce niveau dans ma quête et mon désir de faire plus ample connaissance avec cet instrument et le répertoire des « Tijania » ?

Je ne pense pas. Au contraire, l’envie d’aller encore plus loin est si forte, qu’elle devient irrésistible.

C’est la première fois que je vois un instrument dont ma grand-mère m’avait tant parlé dans ses merveilleux contes. Elle me disait que les esclaves noirs l’utilisaient pour se libérer des Jin*. C’est une des histoires qui m’avait si impressionnée et émerveillée.

La tabla tijania est un instrument très original, très ancien, même préhistorique, qui malgré la limite de ses capacités. Elle permet la réalisation de rythmes exotiques d’une sonorité très particulière. En fait, cet instrument est d’origine africaine. Plus précisément, il a été introduit en Tunisie par les esclaves noirs sub-sahariens et par leurs descendants libérés. Ces derniers ont créér; un nouveau genre de musique qui s’appelle le « Stambali »**. Actuellement, la tabla est utilisée par les Touareg***.

La tabla tijania appartient à la famille des membranophones. En fait, elle est composée d’une membrane de peau de gazelle, tendue sur une caisse conique en bois sculpté, à l’aide d’une corde. L’utilisation de cet instrument est très particulière. En effet, quatre dames s’assoient par terre, le mettant au milieu d’elles et jouent ensemble en mettant en vibration la membrane à l’aide de leurs mains, en réunissant leurs doigts. L’occasion qui m’a été offerte par l’atelier tuniso-canadien m’a permis de faire une recherche sur un instrument que je ne connaissais pas ou dont j’entendais parler. Ceci m’a donné l’envie de découvrir d’autres instruments afin de pouvoir m’imprimer de la culture musicale tunisienne traditionnelle.

*Esprit de l’air, bon génie ou démon, dans les croyances arabes
** genre de musique (qui mène à la transe pour éloigner les mauvais esprits) qui a été créé par la communauté noire d’origine sub-saharienne.
*** populations qui habitent la région sub-saharienne

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Tabla tijania

Tabla tijania

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Centre des musiques arabes et méditerranéennes, Tunisie

Peau de gazelle, bois, corde
Diam : 45 cm
© 1999, RCIP. Tous droits réservés.


tijania

La tabla tijania (tambour)

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Centre des musiques arabes et méditerranéennes, Tunisie

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.


Il s’agit d’un instrument utilisé par des formations féminines, adeptes d’une congrégation mystique ayant pour saint patron « Sidi Ahmed Tijani ».
Son utilisation est assez particulière. En effet, quatre dames s’assoient au sol autour de la tabla et jouent ensemble faisant usage de leurs mains dont les doigts sont réunis.

À cause de son usage exclusif par les « Tijani », la tabla est devenue en quelques sorte le symbole de leur ordre. Elle est utilisée pour soutenir les voix au cours des chants de la Tijania .
Il s’agit d’un instrument utilisé par des formations féminines, adeptes d’une congrégation mystique ayant pour saint patron « Sidi Ahmed Tijani ».
Son utilisation est assez particulière. En effet, quatre dames s’assoient au sol autour de la tabla et jouent ensemble faisant usage de leurs mains dont les doigts sont réunis.

À cause de son usage exclusif par les « Tijani », la tabla est devenue en quelques sorte le symbole de leur ordre. Elle est utilisée pour soutenir les voix au cours des chants de la Tijania .

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans toutes les cultures;
  • comprendre que le lien entre les sentiments personnels et la musique dépasse les frontières et les cultures;
  • acquérir un respect pour la musique provenant de divers contextes culturels;
  • examiner les pratiques de la musique traditionnelle dans certains pays francophones en particulier;
  • faire preuve d’une conscientisation géographique en identifiant les pays francophones;
  • être conscient des contributions musicales de divers groupes culturels au sein de sa propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification normalisé.

Page d'accueil du Centre des enseignants | Trouvez des ressources d'apprentissage et des plans de leçons | Partagez des leçons et créez des projets | Interagissez avec votre classe virtuelle