Par un après-midi ensoleillé de juillet, je me promenais dans Agonlin, un village du département du Zou (au centre du Bénin) quand soudain, j’eus comme une vision, une révélation. Là, devant moi, se déroulait une cérémonie. Au centre d’un cercle délimité par un groupe hétéroclite de parents, d’alliés et de curieux, se trouvait un tambour géant (1,90 m environ de hauteur), fabriqué avec du bois et recouvert au sommet d’une peau, autour duquel tournoyaient de jeunes hommes dans la force de l’âge. Ces derniers tenaient, certains dans la main gauche et d’autres dans la main droite, des mailloches avec lesquelles ils tapaient à intervalles réguliers sur le tambour et ceci, sur le rythme endiablé d’autres musiciens jouant une série d’instruments d’accompagnement, composée de trois tambours dénommés « danhoun », de castagnettes et de gongs. Le manège dura environ quatre heures de temps, quand soudain, la peau du tambour se déchira. Aussit Pour en lire plus
Par un après-midi ensoleillé de juillet, je me promenais dans Agonlin, un village du département du Zou (au centre du Bénin) quand soudain, j’eus comme une vision, une révélation. Là, devant moi, se déroulait une cérémonie. Au centre d’un cercle délimité par un groupe hétéroclite de parents, d’alliés et de curieux, se trouvait un tambour géant (1,90 m environ de hauteur), fabriqué avec du bois et recouvert au sommet d’une peau, autour duquel tournoyaient de jeunes hommes dans la force de l’âge. Ces derniers tenaient, certains dans la main gauche et d’autres dans la main droite, des mailloches avec lesquelles ils tapaient à intervalles réguliers sur le tambour et ceci, sur le rythme endiablé d’autres musiciens jouant une série d’instruments d’accompagnement, composée de trois tambours dénommés « danhoun », de castagnettes et de gongs. Le manège dura environ quatre heures de temps, quand soudain, la peau du tambour se déchira. Aussitôt, la musique cessa ; il eût quelques minutes de libation et tout fut rangé.

J’étais intrigué ! Mon étonnement était grand et j’entrepris d’en savoir plus. J’ai appris après, que c’est un tambour rituel joué par les orphelins, cela pendant les cérémonies funéraires de hauts dignitaires. De nos jours, le sato continue d’être un instrument sacré et gare aux profanes !!! En effet, après sa fabrication, il subit une consécration dans les couvents avant d’être utilisé. Et l'interdiction est faite à quiconque voulant regarder l’intérieur qui serait le refuge des esprits des défunts. Aussi, le dispose-t-on debout et il n’est transporté que la nuit. Telle fut ma découverte que je me devais de partager avec vous. J’espère que vous avez pris du plaisir à découvrir avec moi le sato, cet instrument qui a défié le temps, parce que n’ayant subi aucune modification. Vos impressions et votre passion pour un instrument du même genre, dans votre pays seraient les bienvenues.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Le sato

Le sato

Réseau canadien d'information sur le patrimoine

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.


Sato

Le sato est un tambour géant d'environ 1,75 m de hauteur.

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé, Bénin

Bois, peau d'animal
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Sato

Sato (tambour)

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé, Bénin

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Le sato est un tambour géant d’environ 1,75 m de hauteur. Figurant parmi les plus élevés de la catégorie des membranophones, cet instrument se présente sous deux formes, mâle et femelle . Mais il peut être parfois bisexué et porte de manière saillante les attributs sexuels.

Ce tambour appartient à l’orchestre du même nom et se joue lors des cérémonies commémoratives des morts qui ont lieu une fois l’an. À ces occasions, les enfants du défunt, dansant aux rythmes d’autres petits tambours : « gbéhoun », « ahlomidon », « alangandan » et d’un gong, sautent et frappent le tambour « sato » à l’aide de bâtons recourbés. Cet orchestre est généralement joué par 8 à 12 tambourinaires (2 par tambour pour permettre le relais). Deux chanteurs l’accompagnent vocalement et exécutent des morceaux ayant trait à la mort, à l’influence des morts sur les vivants.

Le tambour sato participe au passage d Pour en lire plus
Le sato est un tambour géant d’environ 1,75 m de hauteur. Figurant parmi les plus élevés de la catégorie des membranophones, cet instrument se présente sous deux formes, mâle et femelle . Mais il peut être parfois bisexué et porte de manière saillante les attributs sexuels.

Ce tambour appartient à l’orchestre du même nom et se joue lors des cérémonies commémoratives des morts qui ont lieu une fois l’an. À ces occasions, les enfants du défunt, dansant aux rythmes d’autres petits tambours : « gbéhoun », « ahlomidon », « alangandan » et d’un gong, sautent et frappent le tambour « sato » à l’aide de bâtons recourbés. Cet orchestre est généralement joué par 8 à 12 tambourinaires (2 par tambour pour permettre le relais). Deux chanteurs l’accompagnent vocalement et exécutent des morceaux ayant trait à la mort, à l’influence des morts sur les vivants.

Le tambour sato participe au passage du défunt, du monde visible au monde invisible. C’est pourquoi l’on croit que celui qui n’aurait pas bénéficié des rites funéraires, gage de sa séparation et de sa transition, pourrait demeurer sur terre et tourmenter les vivants.

Le sato est en usage dans les régions de Covè, Zagnannado, Abomey, Porto-Novo, Vallée de l’Ouémé et reste un élément caractéristique de la culture adja-fon du sud du Bénin.

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans toutes les cultures;
  • comprendre que le lien entre les sentiments personnels et la musique dépasse les frontières et les cultures;
  • acquérir un respect pour la musique provenant de divers contextes culturels;
  • examiner les pratiques de la musique traditionnelle dans certains pays francophones en particulier;
  • faire preuve d’une conscientisation géographique en identifiant les pays francophones;
  • être conscient des contributions musicales de divers groupes culturels au sein de sa propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification normalisé.

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