Vers l’âge de dix ans, j’ai effectué un voyage dans le nord du Québec, où j’ai pu me familiariser avec la culture inuit. J’ai été fascinée par l’importance de la musique dans cette région, malgré la prépondérance de grandes plaines de neige très silencieuses. C’est donc pourquoi il me fait plaisir de vous faire part de mes recherches concernant le qilaut, un des instruments répondant le mieux à cette tâche.

Le qilaut est un instrument qui revêt une grande importance dans la culture inuit. En plus d’être l’un des plus anciens vestiges de l’instrumentation indigène, on peut en dire qu’il est resté fidèle à sa fabrication d’antan. Composé de matériaux de la vie courante inuit, il se divise en deux grandes parties : l’isik, qui est la surface frappée et le pablu, qui est le manche du tambour. On joue de cet instrument avec un kututarq, soit une mailloche de fabrication assez simple. Le diamètre du qilaut mesure en moyenne 50 centim&eg Pour en lire plus
Vers l’âge de dix ans, j’ai effectué un voyage dans le nord du Québec, où j’ai pu me familiariser avec la culture inuit. J’ai été fascinée par l’importance de la musique dans cette région, malgré la prépondérance de grandes plaines de neige très silencieuses. C’est donc pourquoi il me fait plaisir de vous faire part de mes recherches concernant le qilaut, un des instruments répondant le mieux à cette tâche.

Le qilaut est un instrument qui revêt une grande importance dans la culture inuit. En plus d’être l’un des plus anciens vestiges de l’instrumentation indigène, on peut en dire qu’il est resté fidèle à sa fabrication d’antan. Composé de matériaux de la vie courante inuit, il se divise en deux grandes parties : l’isik, qui est la surface frappée et le pablu, qui est le manche du tambour. On joue de cet instrument avec un kututarq, soit une mailloche de fabrication assez simple. Le diamètre du qilaut mesure en moyenne 50 centimètres.

Initialement, le qilaut se voulait un instrument religieux pour les indigènes. En effet, il servait à invoquer les dieux animistes lors de la célébration des rites. Grâce à ces cérémonies, les chasseurs et les pêcheurs étaient protégés contre les risques de leur occupation et le familles conjuraient le mauvais sort.

Après la période shamaniste, le qilaut a changé de vocation. Il est devenu l’instrument central de la vie sociale inuit, servant à mettre en musique la danse à tambour. Une fois par année, les Inuit se réunissaient en familles ou clans pour participer à une compétition amicale où le chant devait décerner le clan le plus heureux. Le même type de compétition avait lieu avec des danses inuit, toujours au son du qilaut. Cette fête permet la célébration des retrouvailles ainsi que l’acceptation des nouveaux arrivants dans le village ou la tribu.

Ce qu’il y a de particulier avec cet instrument, c’est le peu d’importance que revêt son timbre. On peut d’ailleurs noter le choix de matériaux peu résonnants tels la peau de caribou. Cependant, lors des cérémonies spéciales, la peau est humectée de façon à avoir un son particulier. Cela fait donc du qilaut un instrument accessible à tous. En somme, la musique a un caractère unificateur chez les Inuit du nord du Canada et le qilaut en est l’une des meilleures preuves, puisque sa facilité d’utilisation et son accessibilité à tous lui confèrent un caractère universel. Sa vocation est d’ailleurs très près de celle du darbouka ou du béton de pluie en Afrique.

Voici donc un bref résumé des utilités de cet instrument. J’espère de tout coeur que vous me communiquerez vos impressions et votre passion pour un instrument de musique typique à votre pays !

Tambour et mailloche de tambour. Tambour à membrane unique en peau de caribou, tendue par une corde encerclant un cadre circulaire en bois. Il s’agit de matériaux modernes (autrefois, un tendon de phoque et du bois de flottage étaient utilisés). Un manche-poignée en bois est reliée au cadre. Ce type de tambour est utilisé dans les "danses à tambour" (pisiq).

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Qilaut

Utilisé dans les « danses à tambour » (pisiq) le musicien frappe son tambour avec la mailloche, sculptée dans une seule pièce de bois.

Faculté de musique, Université de Montréal
Collection du laboratoire de recherche sur les musiques du monde (LRMM)

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.


Le qilaut

Utilisé dans les « danses à tambour » (pisiq) le musicien frappe son tambour avec la mailloche, sculptée dans une seule pièce de bois.

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Collection du laboratoire de recherche sur les musiques du monde (LRMM), Faculté de musique, Université de Montréal

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.


Ce tambour qui nous vient des Netsiliq, de la famille Inuit, est composé d’une membrane unique en peau de caribou, tendue par une corde encerclant un cadre circulaire en bois. Ces matériaux sont de facture moderne puisqu’auparavant on utilisait un tendon de phoque et du bois de flottage. Un manche-poignée en bois est relié au cadre et permet de le tenir.

Utilisé dans les « danses à tambour » (pisiq) le musicien frappe son tambour avec la mailloche, sculptée dans une seule pièce de bois.
Ce tambour qui nous vient des Netsiliq, de la famille Inuit, est composé d’une membrane unique en peau de caribou, tendue par une corde encerclant un cadre circulaire en bois. Ces matériaux sont de facture moderne puisqu’auparavant on utilisait un tendon de phoque et du bois de flottage. Un manche-poignée en bois est relié au cadre et permet de le tenir.

Utilisé dans les « danses à tambour » (pisiq) le musicien frappe son tambour avec la mailloche, sculptée dans une seule pièce de bois.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans toutes les cultures;
  • comprendre que le lien entre les sentiments personnels et la musique dépasse les frontières et les cultures;
  • acquérir un respect pour la musique provenant de divers contextes culturels;
  • examiner les pratiques de la musique traditionnelle dans certains pays francophones en particulier;
  • faire preuve d’une conscientisation géographique en identifiant les pays francophones;
  • être conscient des contributions musicales de divers groupes culturels au sein de sa propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification normalisé.

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