Au moment du contact avec les Européens, les aborigènes australiens ne formaient pas une société unique et homogène. De nombreux groupes se distinguaient par divers aspects de leur organisation culturelle et sociale. Dans le Territoire du Nord (Northern Territory) seulement, on parlait plus de 100 langues différentes. On estime qu’avant 1788, environ 700 langues étaient parlées en Australie et dans le détroit de Torrès.

L’existence de réseaux sociaux étendus signifiait que les gens devaient parler plusieurs langues pour pouvoir communiquer. Par exemple, les Arrernte du centre de l’Australie pouvaient parler jusqu’à 10 langues et dialectes.

De la même manière, la musique et la danse, les systèmes de parenté, les formes d’art et les cérémonies différaient de façon spectaculaire d’une région à l’autre. Mais ces différences étaient probablement moins importantes que les ressemblances qui rapprochaient les groupes pour des cérémonies, l Pour en lire plus
Au moment du contact avec les Européens, les aborigènes australiens ne formaient pas une société unique et homogène. De nombreux groupes se distinguaient par divers aspects de leur organisation culturelle et sociale. Dans le Territoire du Nord (Northern Territory) seulement, on parlait plus de 100 langues différentes. On estime qu’avant 1788, environ 700 langues étaient parlées en Australie et dans le détroit de Torrès.

L’existence de réseaux sociaux étendus signifiait que les gens devaient parler plusieurs langues pour pouvoir communiquer. Par exemple, les Arrernte du centre de l’Australie pouvaient parler jusqu’à 10 langues et dialectes.

De la même manière, la musique et la danse, les systèmes de parenté, les formes d’art et les cérémonies différaient de façon spectaculaire d’une région à l’autre. Mais ces différences étaient probablement moins importantes que les ressemblances qui rapprochaient les groupes pour des cérémonies, le commerce et les mariages mixtes, et grâce auxquels des mythes, des paroles de chanson et des cycles d’échanges purent se répandre sur des centaines de kilomètres. Même de nos jours, les différences entre régions subsistent. Les sociétés aborigènes sont multiples, et les personnes des diverses régions ont tendance à mettre en valeur leur identité et ce qui les distingue.

Les noms et les légendes des aborigènes à propos de certaines étoiles varient d’un endroit à l’autre en Australie. Les légendes des régions côtières parlent surtout de pêche parce que c’est la principale source de nourriture, alors que les légendes des déserts du centre du pays parlent plus souvent d’oiseaux, de chasseurs ou de héros des tribus. Par exemple, près des côtes, la Croix du Sud est souvent représentée comme une raie géante poursuivie par un requin (les deux pointeurs), alors que dans les déserts du centre, elle est souvent décrite comme l’empreinte d’un aigle géant.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

Sans titre

Légendes célestes des aborigènes d'Australie

Veronica Patlas

© Veronica Patlas


Taparra the Moon Man

Légendes célestes des aborigènes d'Australie

Glen Farmer Ilortaminni

Ocres naturels sur lin
71 x 85 cm
© Glen Farmer Ilortaminni


C’est l’histoire d’un groupe de femmes, de leurs dingos et du chasseur qui les poursuit.

Chez le peuple pitjantjatjara du désert occidental de l’Australie, ces constellations représentent des femmes et un homme qui les poursuit. Les femmes portent le nom de Kungkarungkara. Elles élèvent une meute de dingos qui les protègent contre Nirunja, un chasseur qui les poursuit dans le désert. Nirunja attrape l’une des femmes (l’étoile la moins brillante des Pléiades) mais il n’est pas satisfait pour autant. Les femmes finissent par se transformer en oiseaux et volent pour fuir le chasseur. Mais celui-ci défie leurs dingos et les suit dans le ciel. On peut le voir, avec sa lance, dans les étoiles de la ceinture d’Orion, poursuivant les Pléiades. Les Pléiades sont visibles à l’aube en automne, la saison de l’accouplement des dingos. Les Pitjantjatjara chantent cette légende et exécutent des danses de fécondité pour les dingos.

Cette légende parle des dangers de vivre près des c& Pour en lire plus
C’est l’histoire d’un groupe de femmes, de leurs dingos et du chasseur qui les poursuit.

Chez le peuple pitjantjatjara du désert occidental de l’Australie, ces constellations représentent des femmes et un homme qui les poursuit. Les femmes portent le nom de Kungkarungkara. Elles élèvent une meute de dingos qui les protègent contre Nirunja, un chasseur qui les poursuit dans le désert. Nirunja attrape l’une des femmes (l’étoile la moins brillante des Pléiades) mais il n’est pas satisfait pour autant. Les femmes finissent par se transformer en oiseaux et volent pour fuir le chasseur. Mais celui-ci défie leurs dingos et les suit dans le ciel. On peut le voir, avec sa lance, dans les étoiles de la ceinture d’Orion, poursuivant les Pléiades. Les Pléiades sont visibles à l’aube en automne, la saison de l’accouplement des dingos. Les Pitjantjatjara chantent cette légende et exécutent des danses de fécondité pour les dingos.

Cette légende parle des dangers de vivre près des côtes australiennes, où il y a souvent des tempêtes tropicales.

À Yirrkala, sur la côte de la Terre d’Arnhem en Australie, la constellation d’Orion et le groupe d’étoiles des Pléiades sont associées aux dangers de vivre près des côtes, où il y a souvent des tempêtes tropicales et des cyclones. On dit que la constellation d’Orion est un canot rempli de pêcheurs alors que leurs femmes, les Pléiades, sont dans un second canot. Tous arrivent d’une autre contrée située plus à l’est. En chemin, les hommes ont capturé une tortue, et les femmes deux gros thazards, mais alors qu’ils approchaient de la côte, une forte tempête a renversé les canots et noyé tous leurs occupants, qui sont devenus des étoiles pour avertir les générations futures de pêcheurs. Les deux canots, les hommes et les femmes, la tortue et les deux poissons (des groupes d’étoiles voisins dans la Voie Lactée) sont tous visibles dans le ciel pendant toute la saison des pluies. Dans sa forme primitive, cette légende est un avertissement à propos des dangers de la pêche à une période de tempêtes soudaines, mais dans la partie nord-est de la Terre d’Arnhem, la version locale de cette légende comporte aussi un message moral : la noyade des pêcheurs est une punition parce qu’ils ont attrapé un thazard, dont la consommation est traditionnellement interdite dans cette tribu.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

Le groupe d'étoiles des Pléiades

Quelquefois, plus particulièrement vers la fin de l'enfance des étoiles, quelques traces de filaments de nébuleuse réfléchissent la lumière de leur descendance stellaire : on les appelle les nébuleuses à réflexion.

Robert Gendler

Robert Gendler © 2002


La planète Vénus est souvent confondue avec une étoile - la première à apparaître le soir (on l’appelle donc souvent l’Étoile du soir) et la dernière à disparaître dans la lumière du matin (on l’appelle donc souvent aussi l’Étoile du matin). C’est pourquoi cette planète fait partie des légendes dans de nombreuses cultures différentes. Elle constituait également un signe important pour les peuples aborigènes d’Australie, qui se levaient à l’aube pour commencer à chasser ou à pêcher. Ils la considéraient souvent comme une jeune fille.

Cette légende est celle de l’Étoile du matin, qui vit sur l’île des morts.

Dans une légende de la Terre d’Arnhem (à l’extrême nord de l’Australie), l’Étoile du matin s’appelle Barnumbir. Elle vit dans une île appelée Bralgu, l’île des morts. Comme elle était très brillante, les gens de son peuple lui demandaient s Pour en lire plus
La planète Vénus est souvent confondue avec une étoile - la première à apparaître le soir (on l’appelle donc souvent l’Étoile du soir) et la dernière à disparaître dans la lumière du matin (on l’appelle donc souvent aussi l’Étoile du matin). C’est pourquoi cette planète fait partie des légendes dans de nombreuses cultures différentes. Elle constituait également un signe important pour les peuples aborigènes d’Australie, qui se levaient à l’aube pour commencer à chasser ou à pêcher. Ils la considéraient souvent comme une jeune fille.

Cette légende est celle de l’Étoile du matin, qui vit sur l’île des morts.

Dans une légende de la Terre d’Arnhem (à l’extrême nord de l’Australie), l’Étoile du matin s’appelle Barnumbir. Elle vit dans une île appelée Bralgu, l’île des morts. Comme elle était très brillante, les gens de son peuple lui demandaient souvent de venir avec eux lorsqu’ils partaient à la pêche tôt le matin, afin qu’ils puissent mieux voir. Mais Barnumbir avait tellement peur de se noyer qu’elle refusait toujours de les accompagner sur l’eau. Deux vieilles femmes de la tribu ont finalement résolu le problème. Elles lui attachèrent une longue corde autour de la taille afin de pouvoir la ramener sur l’île de Bralgu et la garder en sécurité pendant le jour dans un panier tressé. Comme elle est attachée à cette corde, elle ne peut pas monter très haut dans le ciel et reste toujours près de la ligne d’horizon - ce qui est le cas de la planète Vénus. Dans les peintures sur écorce, Barnumbir est représentée par une lumière brillante attachée par une corde à un panier tressé qui est sur l’île des morts.

Dans la Terre d’Arnhem, l’Étoile du matin joue un rôle important dans les funérailles, à cause de son lien avec l’île des morts. Elle est représentée par un totem au sommet duquel est fixée une grappe de plumes blanches ou de duvet blanc, qui symbolise l’étoile brillante, et de longues cordes qui se terminent par de petits bouquets de plumes, qui symbolisent les rayons. Selon la croyance du peuple Arnhem, l’étoile conduit l’esprit de la personne décédée vers le lieu de son dernier repos dans Bralgu.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

Venus

Vénus

NASA

© NASA / JPL


Presque tous les peuples aborigènes d'Australie considéraient la Voie Lactée comme une rivière dans le ciel. Les grosses étoiles de la Voie Lactée étaient des poissons, alors que les petites étaient des bulbes de nénuphar (également bons à manger).

Voici la légende du héros tribal Priepriggie, célèbre pour ses chants et ses talents de chasseur.

Dans le Queensland, la légende aborigène à propos de la Voie Lactée mettait en vedette un héros tribal du nom de Priepriggie. Il était aussi connu pour ses chants et ses danses que pour ses exploits de chasseur. Lorsqu'il chantait, les gens dansaient jusqu'à tomber d'épuisement et déclaraient que si Priepriggie le voulait, il pourrait même faire danser les étoiles. Un matin, Priepriggie se leva très tôt, pendant que tous dormaient encore, pour aller chasser. Loin du camp, il trouva un arbre plein de roussettes qui dormaient pendues aux branches. Même si elles sont petites, elles constituent un repas délicieux lors Pour en lire plus
Presque tous les peuples aborigènes d'Australie considéraient la Voie Lactée comme une rivière dans le ciel. Les grosses étoiles de la Voie Lactée étaient des poissons, alors que les petites étaient des bulbes de nénuphar (également bons à manger).

Voici la légende du héros tribal Priepriggie, célèbre pour ses chants et ses talents de chasseur.

Dans le Queensland, la légende aborigène à propos de la Voie Lactée mettait en vedette un héros tribal du nom de Priepriggie. Il était aussi connu pour ses chants et ses danses que pour ses exploits de chasseur. Lorsqu'il chantait, les gens dansaient jusqu'à tomber d'épuisement et déclaraient que si Priepriggie le voulait, il pourrait même faire danser les étoiles. Un matin, Priepriggie se leva très tôt, pendant que tous dormaient encore, pour aller chasser. Loin du camp, il trouva un arbre plein de roussettes qui dormaient pendues aux branches. Même si elles sont petites, elles constituent un repas délicieux lorsqu'il n'y a rien de plus gros à manger. Priepriggie tua la plus grosse pour la rapporter à la maison. Malheureusement, cette roussette était celle qui dirigeait le groupe. Les autres se réveillèrent et, très en colère, fondirent sur Priepriggie. Pour le punir, elles le transportèrent dans le ciel.

Au camp, les autres se réveillèrent et se rendirent compte de l'absence de Priepriggie. Après avoir cherché partout en vain, ils décidèrent d'exécuter sa danse dans l'espoir qu'il reviendrait pour se joindre à eux. Mais ils se rendirent compte que, sans son chant, ils ne se souvenaient pas du rythme et ne pouvaient pas danser en mesure. Le soir venu, ils traînaient toujours les pieds, tout en désordre et désespérant de jamais pouvoir se rappeler les danses et chants traditionnels. Tout à coup, ils entendirent chanter une voix faible qui venait du ciel. À mesure que la voix devenait plus forte et le rythme plus net, les membres de la tribu retrouvaient le rythme et se souvenaient des chants. Puis les étoiles, jusqu'alors dispersées de manière désordonnée dans le ciel, commencèrent à scintiller et à danser au son du chant de Priepriggie. Petit à petit, elles se disposèrent en un large ruban étincelant dans le ciel - la Voie Lactée. La Voie Lactée leur rappelle donc constamment que leur héros tribal doit être célébré avec le cérémonial approprié et qu'ils ne doivent jamais oublier ces danses et chants traditionnels.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

La Voie Lactée

Un demi-milliard d'étoiles sont représentées dans ce panorama de la Voie Lactée vue de l'intérieur. Les grands et petits nuages de Magellan, deux galaxies voisines, apparaissent comme des taches diffuses sur la droite inférieure.

2MASS (2 Micron All Sky Survey) / CALTECH / MIT

© 2MASS / CALTECH / MIT


Chez les aborigènes de Murray River, dans l’Australie du Sud, l’origine du Soleil est liée au lancement d’un oeuf d’émeu géant dans le ciel, où il frappa un tas de bois sec et éclata en une flamme dorée, de la couleur du jaune d’oeuf, éclairant ce qui avait été jusque-là un monde plongé dans l’obscurité. Le Grand Esprit Baiame, voyant jusqu’à quel point le monde ainsi inondé de lumière dorée était meilleur, décida de rallumer le tas de bois chaque jour.

Le Soleil vient d’une femme qui vit dans le ciel et dont le camp est situé à l’est. Chaque matin, elle se réveille et allume une torche en écorce, qu’elle va transporter en traversant le ciel pendant la journée.

Tôt le matin, la Femme-Soleil se pare d’une poudre d’ocre rouge. Une partie de cette ocre tombe sous forme de poussière qui colore le ciel et les nuages en rose. C’est le lever du Soleil. Sa fille veut l’accompagner mais la Femme-Soleil ref Pour en lire plus
Chez les aborigènes de Murray River, dans l’Australie du Sud, l’origine du Soleil est liée au lancement d’un oeuf d’émeu géant dans le ciel, où il frappa un tas de bois sec et éclata en une flamme dorée, de la couleur du jaune d’oeuf, éclairant ce qui avait été jusque-là un monde plongé dans l’obscurité. Le Grand Esprit Baiame, voyant jusqu’à quel point le monde ainsi inondé de lumière dorée était meilleur, décida de rallumer le tas de bois chaque jour.

Le Soleil vient d’une femme qui vit dans le ciel et dont le camp est situé à l’est. Chaque matin, elle se réveille et allume une torche en écorce, qu’elle va transporter en traversant le ciel pendant la journée.

Tôt le matin, la Femme-Soleil se pare d’une poudre d’ocre rouge. Une partie de cette ocre tombe sous forme de poussière qui colore le ciel et les nuages en rose. C’est le lever du Soleil. Sa fille veut l’accompagner mais la Femme-Soleil refuse car deux soleils dans le ciel provoqueraient une chaleur telle qu’elle consumerait le pays. Le soir, la Femme-Soleil atteint l’extrémité ouest du monde. Elle se décore à nouveau, ce qui produit les couleurs flamboyantes du crépuscule, avant de commencer son long voyage sous la terre pour revenir à l’est. Dans certaines légendes, elle se transforme en wallaby et traverse en sautant un long tunnel souterrain. Pendant son trajet sous la terre, sa torche réchauffe la terre, ce qui permet aux plantes de pousser.

Comme bien d’autres légendes, celle-ci évoque la relation étroite entre le ciel et la terre.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

Le Soleil

Le Soleil

NASA / Extreme UV Imaging Consortium

© NASA / Extreme UV Imaging Consortium


Comme la Lune croît de la nouvelle lune à la pleine lune avant de décroître jusqu’à presque disparaître, elle est associée à la fécondité (la production d’une nouvelle vie) et à la mort. De nombreuses légendes tentent d’expliquer la croissance et le déclin de la Lune.

Le peuple milingimbi de la Terre d’Arnhem en Australie croyait qu’au moment de la création, l’Homme-Lune, Alinda, avait deux femmes qui donnèrent chacune naissance à un fils. Un jour, alors que les femmes étaient sorties cueillir des racines et des baies, Alinda envoya les garçons pêcher quelques poissons pour lui. Les garçons allèrent sur la lagune mais ils ne trouvèrent pas de poisson. Par contre, ils attrapèrent un canard siffleur. Comme ils avaient très faim, ils décidèrent rapidement que, puisqu’on ne leur avait pas demandé de rapporter un canard, ils pourraient le manger et ne pas en parler à leur père. Lorsqu’ils revinrent à la maison et que leur p& Pour en lire plus
Comme la Lune croît de la nouvelle lune à la pleine lune avant de décroître jusqu’à presque disparaître, elle est associée à la fécondité (la production d’une nouvelle vie) et à la mort. De nombreuses légendes tentent d’expliquer la croissance et le déclin de la Lune.

Le peuple milingimbi de la Terre d’Arnhem en Australie croyait qu’au moment de la création, l’Homme-Lune, Alinda, avait deux femmes qui donnèrent chacune naissance à un fils. Un jour, alors que les femmes étaient sorties cueillir des racines et des baies, Alinda envoya les garçons pêcher quelques poissons pour lui. Les garçons allèrent sur la lagune mais ils ne trouvèrent pas de poisson. Par contre, ils attrapèrent un canard siffleur. Comme ils avaient très faim, ils décidèrent rapidement que, puisqu’on ne leur avait pas demandé de rapporter un canard, ils pourraient le manger et ne pas en parler à leur père. Lorsqu’ils revinrent à la maison et que leur père leur demanda du poisson, ils dirent qu’ils n’en avaient pas attrapé. Alinda remarqua la graisse de canard sur leurs doigts et leur demanda d’où elle venait. Craignant une punition, les garçons refusèrent d’admettre qu’ils avaient attrapé un canard. Alinda, qui lui aussi avait faim, était furieux. Il mit ses deux fils dans un sac qu’il noua et chargea dans son canot. Il rama ensuite jusqu’au centre de la lagune, où il jeta les garçons par-dessus bord.

Lorsqu’Alinda revint à la maison, ses femmes demandèrent où étaient les garçons. Alinda dit qu’ils étaient partis chasser et qu’ils reviendraient le soir. Comme les garçons ne rentraient pas pour le repas, les deux mères eurent des soupçons. Elles suivirent les traces d’Alinda et du lourd sac qu’il avait traîné jusqu’au bord de l’eau, et elles comprirent bientôt ce qui s’était passé. Ivres de douleur et de rage, elles coururent incendier la hutte où dormait Alinda, jouissant de ses hurlements de douleur pendant qu’il brûlait à mort. Mais les femmes virent son corps revenir à la vie sous forme d’un fin croissant qui devint lentement une grosse sphère et s’éleva dans le ciel. Du haut du ciel, Alinda annonça que désormais toute la création mourrait pour ne plus jamais revivre. Lui par contre serait mort trois jours par mois mais reviendrait toujours à la vie. À la pleine lune, le peuple aborigène montre les marques foncées qui traversent le milieu de la Lune - les cicatrices des brûlures qu’Alinda avait subies dans sa hutte.

Les nombreuses apparences de la Lune.

Pour les aborigènes d’Australie, la formation d’un anneau ou d’un halo autour de la Lune indique habituellement que la pluie s’en vient. L’anneau représente un abri dont l’Homme-Lune s’entoure pour se protéger de la pluie. Le peuple Tiwi de l’île Melville croit qu’un anneau autour de la Lune est le signe que l’Homme-Lune participe à une kulama, cérémonie du peuple tiwi. L’anneau représente le cercle de terre amoncelée autour du terrain de la cérémonie, où le peuple des étoiles danse et entonne les chants de la kulama comme le font les Tiwis. Cette légende évoque très clairement l’unité de la terre et du ciel, où l’on retrouve les mêmes rituels et les mêmes manières de faire.

D’autres caractéristiques de la Lune sont également expliquées dans des légendes. Une éclipse de Soleil est généralement interprétée comme l’union de l’Homme-Lune et de la Femme-Soleil. Les peuples aborigènes des régions côtières de l’Australie ont remarqué le lien entre les phases de la Lune et les marées. À Yirrkala, sur la côte de la Terre d’Arnhem, et sur Groote Eylandt, les aborigènes croient que les grandes marées, qui atteignent la Lune lorsqu’elle se couche dans la mer, la rendent de nouveau grosse et ronde. Par contre, lorsque les marées sont faibles, l’eau revient dans la mer à partir de la pleine lune, et celle-ci redevient un mince croissant.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

La Lune

La force de gravité maintient la Lune en orbite autour de la Terre.

NASA / U.S. Geological Survey

© NASA / U.S. Geological Survey.


La Croix du Sud est une constellation propre à l’hémisphère sud. Elle comprend quatre étoiles brillantes formant les pointes d’une croix.

Un arbre s’envole dans le ciel pour devenir la Croix du Sud.

Les cultures aborigènes de l’Australie ont de nombreuses légendes à propos de choses qui ne sont pas permises, comme la consommation de certains aliments ou le mariage entre proches parents. Dans ces légendes, les personnages qui ne respectent pas les règles sont punis. Les personnages qui se conduisent bien deviennent parfois des étoiles afin de rappeler aux gens comment ils devraient se comporter. Dans l’une de ces légendes, le Grand Esprit Baiame créa deux hommes et une femme, et leur montra quelles plantes manger et comment récolter des racines. Baiame leur prescrivit également de ne pas tuer d’animaux. Mais lorsque survint une sécheresse et que les plantes moururent, la femme tenta de persuader les hommes d’aller à la chasse et de tuer un animal pour pouvoir manger. L’un des deux hommes accepta et tu Pour en lire plus
La Croix du Sud est une constellation propre à l’hémisphère sud. Elle comprend quatre étoiles brillantes formant les pointes d’une croix.

Un arbre s’envole dans le ciel pour devenir la Croix du Sud.

Les cultures aborigènes de l’Australie ont de nombreuses légendes à propos de choses qui ne sont pas permises, comme la consommation de certains aliments ou le mariage entre proches parents. Dans ces légendes, les personnages qui ne respectent pas les règles sont punis. Les personnages qui se conduisent bien deviennent parfois des étoiles afin de rappeler aux gens comment ils devraient se comporter. Dans l’une de ces légendes, le Grand Esprit Baiame créa deux hommes et une femme, et leur montra quelles plantes manger et comment récolter des racines. Baiame leur prescrivit également de ne pas tuer d’animaux. Mais lorsque survint une sécheresse et que les plantes moururent, la femme tenta de persuader les hommes d’aller à la chasse et de tuer un animal pour pouvoir manger. L’un des deux hommes accepta et tua un kangourou mais l’autre refusa de manger toute créature de Baiame. Il alla dans le désert et tomba épuisé sous un gommier. Pendant qu’il dormait, le Yowi, esprit de la mort, descendit et le tira dans l’arbre, dérangeant deux calopsittes blanches qui nichaient dans l’arbre. L’arbre entier s’envola dans le ciel pour former la Croix du Sud. Les quatre étoiles de la Croix du Sud représentent les yeux de l’homme et du Yowi, et les pointeurs les deux calopsittes qui tentent de regagner leur nid dans le gommier.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

La Croix du Sud

La Croix du Sud

Le Centre de l'Univers (CU)

© Le Centre de l'Univers (CU)


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • être en mesure de raconter des histoires des peuples indigènes de l’Australie sur les objets dans l’espace ;
  • comprendre l’importance de l’astronomie pour les peuples indigènes de l’Australie ;
  • comprendre et interpréter des histoires communiquées à l’aide de textes, d’images et de supports sonores.

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