Il peut sembler paradoxal qu’un artiste soit capable de prendre un sujet aussi « extérieur », au sens propre du terme, à lui-même que le paysage pour en faire l’écho intime de sa propre existence ou le reflet de l’humanité dans son ensemble.

Nous allons découvrir ici trois façons dont les artistes s’y prennent pour opérer cette métamorphose. Il y a d’abord le « paysage mémoriel », celui qui décrit le vécu personnel de l’artiste et s’assimile à un retour dans un passé réel, idéalisé ou chimérique.

Il y a ensuite la fusion du paysage et du corps féminin, lequel n’est parfois qu’un concept, mais qui s’inscrit parfois littéralement dans les limites du paysage proprement dit.

Enfin, il y a des artistes qui agrémentent les paysages réels ou leur surimposent une réalité créée de toutes pièces dans le dessein de leur imposer une sorte d’ordre esthétique qui proclamera bien Pour en lire plus
Il peut sembler paradoxal qu’un artiste soit capable de prendre un sujet aussi « extérieur », au sens propre du terme, à lui-même que le paysage pour en faire l’écho intime de sa propre existence ou le reflet de l’humanité dans son ensemble.

Nous allons découvrir ici trois façons dont les artistes s’y prennent pour opérer cette métamorphose. Il y a d’abord le « paysage mémoriel », celui qui décrit le vécu personnel de l’artiste et s’assimile à un retour dans un passé réel, idéalisé ou chimérique.

Il y a ensuite la fusion du paysage et du corps féminin, lequel n’est parfois qu’un concept, mais qui s’inscrit parfois littéralement dans les limites du paysage proprement dit.

Enfin, il y a des artistes qui agrémentent les paysages réels ou leur surimposent une réalité créée de toutes pièces dans le dessein de leur imposer une sorte d’ordre esthétique qui proclamera bien haut leur existence sur le territoire.

© RCIP 2001. Tous droits réservés

Train in Coal Town

Train in Coal Town (Train dans une ville charbonnière)

Jack Savitsky (1910 - 1991)
Smithsonian American Art Museum ; don de Herbert Waide Hemphill Jr. et acquisition par le musée grâce à M. Ralph Cross Johnson
1968
ÉTATS-UNIS
huile sur panneau de fibres
© Smithsonian American Art Museum


Jack Savitsky a travaillé dans les mines de charbon de Pennsylvanie pendant près de quarante ans avant de se retirer en 1959 et de se mettre à la peinture. Ce tableau représente un train de passagers avec locomotive au charbon, qui emporte les mineurs de Pottsville aux mines de Silver Creek, où Savitsky a vécu et commencé sa carrière de mineur. La bordure allègre est faite de petites maisons rouges comme celles qui appartenaient à la Philadelphia and Reading Coal and Iron Company, où Savitsky a grandi. « Il en coûtait sept dollars par mois pour vivre dans six pièces. Toutes les maisons étaient semblables, alignées et impossibles à distinguer les unes des autres », se rappelait-il plus tard.
Jack Savitsky a travaillé dans les mines de charbon de Pennsylvanie pendant près de quarante ans avant de se retirer en 1959 et de se mettre à la peinture. Ce tableau représente un train de passagers avec locomotive au charbon, qui emporte les mineurs de Pottsville aux mines de Silver Creek, où Savitsky a vécu et commencé sa carrière de mineur. La bordure allègre est faite de petites maisons rouges comme celles qui appartenaient à la Philadelphia and Reading Coal and Iron Company, où Savitsky a grandi. « Il en coûtait sept dollars par mois pour vivre dans six pièces. Toutes les maisons étaient semblables, alignées et impossibles à distinguer les unes des autres », se rappelait-il plus tard.

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Camas para Sueños

Camas para Sueños (Un lit pour rêver)

Carmen Lomas Garza (1948 - )
Smithsonian American Art Museum ; acquisition par le musée par l’intermédiaire du Smithsonian Institution Collections Acquisition Program
1985
ÉTATS-UNIS
gouache sur papier
71,40 X 52.10 cm
© Smithsonian American Art Museum


Inspiré par le mouvement chicano des années 1960 et 1970, Lomas Garza espérait que son art contribue à éliminer le racisme et la discrimination qui ont marqué son enfance dans le sud du Texas. Elle était déterminée à représenter les Américains d’origine mexicaine occupés à des activités positives : la confection des tamales, le jeu de cartes appelé lotería et la célébration des quinceañeras, c’est-à-dire le quinzième anniversaire des jeunes filles. Camas para Sueños représente l’artiste et sa sœur assises sur le toit de la maison familiale, rêvant de devenir artistes. Dans la maison, leur mère pense aussi à leur avenir. Le tableau décrit une expérience particulière, mais il honore aussi les familles de toutes cultures qui entretiennent les rêves de leurs enfants.
Inspiré par le mouvement chicano des années 1960 et 1970, Lomas Garza espérait que son art contribue à éliminer le racisme et la discrimination qui ont marqué son enfance dans le sud du Texas. Elle était déterminée à représenter les Américains d’origine mexicaine occupés à des activités positives : la confection des tamales, le jeu de cartes appelé lotería et la célébration des quinceañeras, c’est-à-dire le quinzième anniversaire des jeunes filles. Camas para Sueños représente l’artiste et sa sœur assises sur le toit de la maison familiale, rêvant de devenir artistes. Dans la maison, leur mère pense aussi à leur avenir. Le tableau décrit une expérience particulière, mais il honore aussi les familles de toutes cultures qui entretiennent les rêves de leurs enfants.

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Seminole Indian Summer Camp

Seminole Indian Summer Camp (Campement estival des Séminoles)

Earl Cunningham (1893 - 1977)
Smithsonian American Art Museum ; don de Michael et Marilyn Mennello
vers 1963
ÉTATS-UNIS
huile sur masonite
© Smithsonian American Art Museum


Né à Edgecomb, dans le Maine, le peintre autodidacte Earl Cunningham sillonna la côte Est des États-Unis avant de s’établir à St. Augustine, en Floride, en 1949. Il y ouvrit un magasin d’antiquités en plus de s’adonner à la peinture dans ses temps libres. Les paysages terrestres et marins, complexes mais idylliques de Cunningham constituent une sorte de fantaisie historique. On y observe des réminiscences du passé et de lieux visités par l’artiste, combinés à des éléments issus de son imagination. Cunningham a souvent représenté les Indiens séminoles de Floride, aidé d’une palette colorée et de son penchant pour l’histoire. Campement estival des Séminoles représente les Autochtones dans les Everglades, en Floride, entourés de flamants et d’embarcations vikings.
Né à Edgecomb, dans le Maine, le peintre autodidacte Earl Cunningham sillonna la côte Est des États-Unis avant de s’établir à St. Augustine, en Floride, en 1949. Il y ouvrit un magasin d’antiquités en plus de s’adonner à la peinture dans ses temps libres. Les paysages terrestres et marins, complexes mais idylliques de Cunningham constituent une sorte de fantaisie historique. On y observe des réminiscences du passé et de lieux visités par l’artiste, combinés à des éléments issus de son imagination. Cunningham a souvent représenté les Indiens séminoles de Floride, aidé d’une palette colorée et de son penchant pour l’histoire. Campement estival des Séminoles représente les Autochtones dans les Everglades, en Floride, entourés de flamants et d’embarcations vikings.

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Miss Liberty Celebration

Miss Liberty Celebration (L’anniversaire de Miss Liberté)

Malcah Zeldis (1931 - )
Smithsonian American Art Museum ; don de Herbert Waide Hemphill Jr.
1987
ÉTATS-UNIS
huile sur carton ondulé
© Smithsonian American Art Museum


Récupérant à la suite d’un cancer, en 1986, l’artiste autodidacte Malcah Zeldis était trop faible pour soulever des panneaux de masonite, son support habituel. Pour célébrer sa guérison, elle a donc choisi du carton ondulé trouvé dans la rue et y a peint un symbole bien connu de libération, la statue de la Liberté, érigée dans le port de New York. Zeldis a réuni dans son habituelle explosion de couleurs des personnages célèbres et des personnes qui tenaient une grande place dans sa vie. Parmi les invités à cette fête imaginée figurent, tout au bas du tableau, Ben Applebaum (un voisin), Elvis Presley, Marilyn Monroe, Beethoven et Bert Hemphill, le collectionneur d’art populaire qui a donné cette œuvre au Smithsonian.
Récupérant à la suite d’un cancer, en 1986, l’artiste autodidacte Malcah Zeldis était trop faible pour soulever des panneaux de masonite, son support habituel. Pour célébrer sa guérison, elle a donc choisi du carton ondulé trouvé dans la rue et y a peint un symbole bien connu de libération, la statue de la Liberté, érigée dans le port de New York. Zeldis a réuni dans son habituelle explosion de couleurs des personnages célèbres et des personnes qui tenaient une grande place dans sa vie. Parmi les invités à cette fête imaginée figurent, tout au bas du tableau, Ben Applebaum (un voisin), Elvis Presley, Marilyn Monroe, Beethoven et Bert Hemphill, le collectionneur d’art populaire qui a donné cette œuvre au Smithsonian.

© RCIP 2001. Tous droits réservés

Untitled, from the “Silueta” series (Sans titre, série Silueta)

Untitled, from the “Silueta” series (Sans titre, série Silueta)

Ana Mendieta (1948 - 1985)
Smithsonian American Art Museum ; acquisition par le musée en partie grâce au Smithsonian Collections Acquisition Program
1980
ÉTATS-UNIS
photo noir et blanc, montée
© Smithsonian American Art Museum


Séparée de ses parents et de son île natale de Cuba, Ana Mendieta est arrivée aux États-Unis en 1961, à l’âge de 13 ans. Ses parents n’ayant pu s’enfuir, Mendieta et sa sœur furent élevées dans des orphelinats et des foyers d’accueil, en Iowa. Mendieta devint sculpteure et s’adonna à l’art conceptuel. Son œuvre porte l’évidente marque du traumatisme que fut la perte de sa famille et de son pays natal. Silueta est une série de géosculptures que Mendieta a exécutées et photographiées dans l’espoir de rétablir des liens avec ses ancêtres et sa terre ancestrale. En modelant des formes féminines à même le sol, Mendieta a tenté de recréer les déesses terrestres des cultures anciennes, où les femmes jouissaient de leur place propre et d’un réel pouvoir.
Séparée de ses parents et de son île natale de Cuba, Ana Mendieta est arrivée aux États-Unis en 1961, à l’âge de 13 ans. Ses parents n’ayant pu s’enfuir, Mendieta et sa sœur furent élevées dans des orphelinats et des foyers d’accueil, en Iowa. Mendieta devint sculpteure et s’adonna à l’art conceptuel. Son œuvre porte l’évidente marque du traumatisme que fut la perte de sa famille et de son pays natal. Silueta est une série de géosculptures que Mendieta a exécutées et photographiées dans l’espoir de rétablir des liens avec ses ancêtres et sa terre ancestrale. En modelant des formes féminines à même le sol, Mendieta a tenté de recréer les déesses terrestres des cultures anciennes, où les femmes jouissaient de leur place propre et d’un réel pouvoir.

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Objectifs d'apprentissage

L'apprenant va :

  • prendre conscience de l’impact émotionnel qui est provoqué et façonné par les œuvres d’art;
  • prendre conscience que les représentations d’un paysage sont le reflet de la vie des personnes ou de l’humanité en soi;
  • décrire, à l’aide d’exemples, comment les artistes d’Amérique du Nord ont utilisé les paysages mémoriels et le corps féminin en leur superposant des paysages réels pour refléter leur propre vie ou celle des autres;
  • comparer les reflets de soi dans l’art du paysage des différents pays d’Amérique du Nord.

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