La Politique nationale et les déboires de l’Oncle Sam

Clip vidéo traitant de la Politique nationale, mise sur pied par le gouvernement conservateur de John A. Macdonald en 1879. Cette politique vise notamment à soutenir l’industrie canadienne naissante et à favoriser un marché intérieur en imposant des tarifs douaniers protectionnistes. Les marchandises américaines sont ainsi désavantagées par rapport aux produits canadiens. (Durée : 3 min 22 s)

À la fin des années 1870, plus de dix ans après la Confédération (1867), l’économie canadienne piétine. Scandale politique, récession économique, le nouveau pays est ébranlé par de nombreuses difficultés. Les richesses naturelles dont il regorge ne sont pas en cause. Mais les moyens pour les mettre à profit manquent à l’appel. Le premier ministre John A. Macdonald (1815-1891) entend adopter trois grandes mesures : soutenir l’industrie canadienne naissante, favoriser la création d’un marché intérieur en reliant le Canada d’un océan à l’autre et mettre en valeur les vastes territoires de l’Ouest. Cette Politique nationale constitue le cadre dans lequel le Canada se développe durant plusieurs décennies. Thème abondamment illustré par les caricaturistes, la Politique nationale est souvent représentée par un éléphant blanc tandis que les États-Unis, acteurs de premier plan, sont personnifiés par « l’Oncle Sam », arborant les étoiles du drapeau américain.

Au cœur de la Politique nationale se trouvent les mesures douanières protectionnistes. Le gouvernement choisit de hausser les droits sur les produits importés des États-Unis. Comme les entreprises canadiennes sont plus jeunes et qu’elles ne disposent pas d’un bassin de consommateurs aussi large qu’aux États-Unis, elles produisent en moins grande quantité. Cette situation les conduit à vendre leurs produits à un prix supérieur à celui fixé par leurs concurrents américains, ce qui n’incite pas la population canadienne à acheter les biens d’ici. À partir de 1879, des tarifs douaniers imposés sur les marchandises américaines augmentent leur prix et les désavantagent face aux produits canadiens.

En soutenant la croissance des entreprises canadiennes, la politique douanière favorise la création d’emplois au pays. En outre, l’augmentation des droits de douane, qui représentent alors les trois quarts des revenus du gouvernement fédéral, enrichit le trésor public et procure des liquidités pour financer la construction du chemin de fer transcontinental. Ainsi équipé, le pays est confiant de parvenir à renforcer sa cohésion intérieure.

Le chemin de fer représente aussi le moyen par lequel désenclaver l’Ouest et l’ouvrir à la colonisation. Le peuplement de l’Ouest constitue le troisième élément sur lequel on mise autant pour rentabiliser le chemin de fer, que pour développer le marché intérieur dans l’axe est-ouest. Mais en dépit des mesures incitatives, les immigrants préfèrent s’établir dans l’Ouest américain, ce qui retarde la mise en valeur de l’Ouest canadien. Il faut attendre la toute fin du 19e siècle et la période de prospérité qui s’ensuit avant que la Politique nationale ne porte vraiment ses fruits.

Musée McCord
vers 1879
© 2007, Musée McCord d'histoire canadienne. Tous droits réservés.


À la fin des années 1870, plus de dix ans après la Confédération (1867), l’économie canadienne piétine. Scandale politique, récession économique, le nouveau pays est ébranlé par de nombreuses difficultés. Les richesses naturelles dont il regorge ne sont pas en cause. Mais les moyens pour les mettre à profit manquent à l’appel. Le premier ministre John A. Macdonald (1815-1891) entend adopter trois grandes mesures : soutenir l’industrie canadienne naissante, favoriser la création d’un marché intérieur en reliant le Canada d’un océan à l’autre et mettre en valeur les vastes territoires de l’Ouest. Cette Politique nationale constitue le cadre dans lequel le Canada se développe durant plusieurs décennies. Thème abondamment illustré par les caricaturistes, la Politique nationale est souvent représentée par un éléphant blanc tandis que les États-Unis, acteurs de premier plan, sont personnifiés par « l’Oncle Sam », arborant les Pour en lire plus

À la fin des années 1870, plus de dix ans après la Confédération (1867), l’économie canadienne piétine. Scandale politique, récession économique, le nouveau pays est ébranlé par de nombreuses difficultés. Les richesses naturelles dont il regorge ne sont pas en cause. Mais les moyens pour les mettre à profit manquent à l’appel. Le premier ministre John A. Macdonald (1815-1891) entend adopter trois grandes mesures : soutenir l’industrie canadienne naissante, favoriser la création d’un marché intérieur en reliant le Canada d’un océan à l’autre et mettre en valeur les vastes territoires de l’Ouest. Cette Politique nationale constitue le cadre dans lequel le Canada se développe durant plusieurs décennies. Thème abondamment illustré par les caricaturistes, la Politique nationale est souvent représentée par un éléphant blanc tandis que les États-Unis, acteurs de premier plan, sont personnifiés par « l’Oncle Sam », arborant les étoiles du drapeau américain.

Au cœur de la Politique nationale se trouvent les mesures douanières protectionnistes. Le gouvernement choisit de hausser les droits sur les produits importés des États-Unis. Comme les entreprises canadiennes sont plus jeunes et qu’elles ne disposent pas d’un bassin de consommateurs aussi large qu’aux États-Unis, elles produisent en moins grande quantité. Cette situation les conduit à vendre leurs produits à un prix supérieur à celui fixé par leurs concurrents américains, ce qui n’incite pas la population canadienne à acheter les biens d’ici. À partir de 1879, des tarifs douaniers imposés sur les marchandises américaines augmentent leur prix et les désavantagent face aux produits canadiens.

En soutenant la croissance des entreprises canadiennes, la politique douanière favorise la création d’emplois au pays. En outre, l’augmentation des droits de douane, qui représentent alors les trois quarts des revenus du gouvernement fédéral, enrichit le trésor public et procure des liquidités pour financer la construction du chemin de fer transcontinental. Ainsi équipé, le pays est confiant de parvenir à renforcer sa cohésion intérieure.

Le chemin de fer représente aussi le moyen par lequel désenclaver l’Ouest et l’ouvrir à la colonisation. Le peuplement de l’Ouest constitue le troisième élément sur lequel on mise autant pour rentabiliser le chemin de fer, que pour développer le marché intérieur dans l’axe est-ouest. Mais en dépit des mesures incitatives, les immigrants préfèrent s’établir dans l’Ouest américain, ce qui retarde la mise en valeur de l’Ouest canadien. Il faut attendre la toute fin du 19e siècle et la période de prospérité qui s’ensuit avant que la Politique nationale ne porte vraiment ses fruits.

RÉFÉRENCES

Atlas Historique du Canada. Vol. II : La transformation du territoire, 1800-1891, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1993 : expansion du territoire, planche 21; expansion ferroviaire, planche 27; vie politique et partis politiques, planche 28.

Brown, Robert Craig. « The Nationalism of the National Policy », dans R. Douglas Francis et Donald B. Smith (sous la dir. de), Readings in Canadian History. Post-Confederation, Toronto, Holt, Rinehart and Winston of Canada Ltd, 3e édition, 1990, p. 36-43.

Brown, Robert Craig. « Politique nationale », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne].
[http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1ARTf0005632] (page consultée le 24 mai 2007).

Finlay, J. L. et D. N. Sprague. « A Tariff and a Railway », dans The Structure of Canadian History, Scarborough, Prentice-Hall, 4e édition, 1993, p. 227-230.

Lewis, Thomas H. « Les Territoires du Nord-Ouest, 1870-1905 », Société historique du Canada, brochure historique no 26, 1973, [en ligne].
[http://www.collectionscanada.ca/cha-shc/002013-119.01-f.php?&booklet_id=H-26&page_sequence_nbr=1&browse=yes&&PHPSESSID=daa80894e2764db363eb1d2e3093bc78] (page consultée le 24 mai 2007).

Masters, D. C. « La réciprocité 1846-1911 », Société historique du Canada, brochure historique no 12, 1973, 24 p., [en ligne].
[http://www.collectionscanada.ca/002/013/002013-119.01-f.php?&booklet_id=H-12&page_sequence_nbr=1&browse=yes&&PHPSESSID=448d2e0cc4ea40b570d7f4bef821fce3] (page consultée le 24 mai 2007). 


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M982.530.5307 : La ligne 45 ou notre grande muraille de Chine

Caricature sur le commerce entre les États-Unis et le Canada avant l’instauration de la Politique nationale. Disposant d’une importante base manufacturière, les États-Unis pouvaient écouler de nombreux surplus au Canada en bas du prix coûtant. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

Henri Julien
1876 02 12
M982.530.5307
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Avant la mise en œuvre de la Politique nationale canadienne dans la deuxième moitié des années 1870, les industriels américains écoulent sans contraintes majeures leurs produits sur le marché canadien, une pratique que l’on appelle « dumping » et qui consiste à vendre des produits à l’étranger à un prix inférieur à celui offert dans le pays d’origine.

Cette caricature montre justement un avide Oncle Sam faisant passer ses nombreux produits au Canada. On dénonce ainsi dans ce dessin la disparité entre les tarifs douaniers des deux nations qui favorise grandement les biens produits aux États-Unis et qui nuit à la compétitivité de l’industrie canadienne.

C’est en réponse à cette situation qu’est mise de l’avant la Politique nationale instaurée officiellement en 1879 par le gouvernement conservateur de John A. Macdonald (1815-1891). Il s’agit d’un programme de développement économique visant à stimuler l’industrie manuf Pour en lire plus
Avant la mise en œuvre de la Politique nationale canadienne dans la deuxième moitié des années 1870, les industriels américains écoulent sans contraintes majeures leurs produits sur le marché canadien, une pratique que l’on appelle « dumping » et qui consiste à vendre des produits à l’étranger à un prix inférieur à celui offert dans le pays d’origine.

Cette caricature montre justement un avide Oncle Sam faisant passer ses nombreux produits au Canada. On dénonce ainsi dans ce dessin la disparité entre les tarifs douaniers des deux nations qui favorise grandement les biens produits aux États-Unis et qui nuit à la compétitivité de l’industrie canadienne.

C’est en réponse à cette situation qu’est mise de l’avant la Politique nationale instaurée officiellement en 1879 par le gouvernement conservateur de John A. Macdonald (1815-1891). Il s’agit d’un programme de développement économique visant à stimuler l’industrie manufacturière de la nouvelle fédération canadienne. Un élément central de cette politique est le protectionnisme économique, à savoir l’implantation de tarifs douaniers élevés favorisant l’achat de produits canadiens.

Quoi
Les États-Unis disposaient d’une importante base manufacturière et pouvaient écouler de nombreux surplus au Canada en bas du prix coûtant, comme des objets de quincaillerie, du coton ou du sucre. De taille plus modeste, l’industrie canadienne est ici représentée par des produits typiques comme les chaussures et le sirop d’érable.


L’endroit évoquant la « Grande Muraille de Chine » est la frontière canado-américaine, dans l’est, située géographiquement près du 45e parallèle nord.

Quand
Cette caricature, qui date de 1876, fut publiée trois ans avant la mise en œuvre de la Politique nationale en mars 1879. Le Canada était alors dirigé par les libéraux d’Alexander MacKenzie (1822-1892), qui favorisaient davantage le libre-échange.

Qui
Le personnage qui tente de faire passer un baril de marchandises par-delà la frontière canadienne est le fameux « Oncle Sam », personnage emblématique des États-Unis. Le Canada, quant à lui, est représenté par un « habitant » typique portant une ceinture fléchée.


RÉFÉRENCES

Bélanger, Claude. « The National Policy and Canadian Federalism », Marianopolis College, Studies on the Canadian Constitution and Canadian Federalism, [en ligne]. [http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/federal/npolicy.htm] (page consultée le 8 mai 2007).

Brown, Robert Craig. « La politique nationale », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://www.thecanadianencyclopedia.com] (page consultée le 8 mai 2007).

Johnson, J. K. et P. B. Waite. « Macdonald, sir John Alexander », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. XII, Québec, Presses de l'Université Laval, c1990, p. 643-666. Publié aussi en anglais.

Morton, Desmond. A Short History of Canada, Toronto, McClelland & Stewart, 1997, p. 107-121.

« Le Canada dans le monde. 1867-1896 : construire une nation », Affaires étrangères et Commerce international Canada, [en ligne]. [http://www.international.gc.ca/department/history/canada2-fr.asp] (page consultée le 8 mai 2007).

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M994X.5.273.154 : La position conservatrice

Caricature sur la position du Parti conservateur de John A. Macdonald à partir de 1876, en faveur de l’instauration d’une politique protectionniste. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

John Wilson Bengough
1876 12 02
M994X.5.273.154
© 2007, Musée McCord d'histoire canadienne. Tous droits réservés.


Commentaire de l'artiste John Wilson Bengough à propos de cette caricature originellement publiée originellement publiée dans Grip, 2 décembre 1876 : «Chacun des gestes du chef conservateur prouvait que sa politique protectionniste n'était qu'une simple tactique politique de sa part. Lui et ses principaux partisans au Parlement avaient, tout au long de leur carrière politique, adhéré au système du tarif fiscal au même titre que leurs adversaires. C'était donc trop demander à la population que de croire qu'ils avaient été réellement convertis au protectionnisme au moment même où une élection générale allait être déclenchée, alors qu'il régnait une atmosphère d'insatisfaction générale en raison des temps économiques difficiles. »1

Bien avant leur arrivée au pouvoir en septembre 1878, les conservateurs de John A. Macdonald (1815-1891), que l’on voit dans cette caricature assis au sommet du poteau de Pour en lire plus

Commentaire de l'artiste John Wilson Bengough à propos de cette caricature originellement publiée originellement publiée dans Grip, 2 décembre 1876 :

  • «Chacun des gestes du chef conservateur prouvait que sa politique protectionniste n'était qu'une simple tactique politique de sa part. Lui et ses principaux partisans au Parlement avaient, tout au long de leur carrière politique, adhéré au système du tarif fiscal au même titre que leurs adversaires. C'était donc trop demander à la population que de croire qu'ils avaient été réellement convertis au protectionnisme au moment même où une élection générale allait être déclenchée, alors qu'il régnait une atmosphère d'insatisfaction générale en raison des temps économiques difficiles. »1

Bien avant leur arrivée au pouvoir en septembre 1878, les conservateurs de John A. Macdonald (1815-1891), que l’on voit dans cette caricature assis au sommet du poteau de « l’opinion publique », militaient pour la mise en place de leur Politique nationale. Ce programme de développement économique visait à stimuler l’industrie manufacturière canadienne grâce à l’imposition de tarifs douaniers élevés sur les biens entrant au Canada.

Comme le montre cette caricature, les détracteurs des conservateurs soulignaient toutefois l’ambivalence de leurs orientations économiques et leur apparent opportunisme politique. En effet, John A. Macdonald avait tenté de négocier un accord de libre-échange limité avec les Américains lors des discussions qui menèrent au Traité de Washington de 1871. Toutefois, lors de la session d’hiver de 1877, les conservateurs s’affichèrent ouvertement en faveur du protectionnisme économique.

Quoi
Le libre-échange est une politique économique qui repose sur l’absence de barrières douanières afin de faciliter les échanges commerciaux entre les nations. À l’opposé, le protectionnisme est un système où l’État intervient pour protéger ses industries, notamment par l’imposition de tarifs douaniers élevés.


Lorsque cette caricature fut publiée, les conservateurs de John A. Macdonald n’étaient pas au pouvoir, mais formaient plutôt l’opposition officielle à la Chambre des communes à Ottawa.

Quand
La Politique nationale est devenue un des éléments clés de la plate-forme conservatrice quand les libéraux d’Alexander Mackenzie (1822-1892) ont échoué dans la négociation d’un nouveau traité de réciprocité avec les États-Unis en 1874-1875 et qu’ils n’ont pas majoré les tarifs douaniers dans leur budget de 1876.

Qui
John A. Macdonald est surtout connu pour son rôle de père de la Confédération et de premier ministre, mais il a aussi siégé dans l’opposition à Ottawa entre 1873 et 1878.

RÉFÉRENCES

Bélanger, Claude. « The National Policy and Canadian Federalism », Marianopolis College, Studies on the Canadian Constitution and Canadian Federalism, [en ligne]. [http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/federal/npolicy.htm] (page consultée le 8 mai 2007).

Brown, Robert Craig. « La politique nationale », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://www.thecanadianencyclopedia.com] (page consultée le 8 mai 2007).

Johnson, J. K. et P. B. Waite. « Macdonald, sir John Alexander », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. XII, Québec, Presses de l'Université Laval, c1990, p. 643-666. Publié aussi en anglais.

Morton, Desmond. A Short History of Canada, Toronto, McClelland & Stewart, 1997, p. 107-121.

« Le Canada dans le monde. 1867-1896 : construire une nation », Affaires étrangères et Commerce international Canada, [en ligne]. [http://www.international.gc.ca/department/history/canada2-fr.asp] (page consultée le 8 mai 2007).

1 Extrait de: Bengough, John Wilson, A Caricature History of Canadian Politics: Events from the Union of 1841, as Illustrated by Cartoons from "Grip", and Various Other Sources, Toronto, The Grip Printing and Publishing Co, 1886.
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M994X.5.273.193 : Anciennes tactiques de Troie

Caricature sur l’importance des promesses protectionnistes dans l’élection du gouvernement conservateur de John A. Macdonald en septembre 1878. Officiellement instaurée en mars 1879, la Politique nationale contribue largement à garder le gouvernement conservateur au pouvoir jusqu’en 1896. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

John Wilson Bengough
1878 07 06
M994X.5.273.193
© 2007, Musée McCord d'histoire canadienne. Tous droits réservés.


Commentaire de l'artiste John Wilson Bengough à propos de cette caricature originellement publiée dans Grip, 6 juillet 1878 : «Cette caricature exprimait l'opinion partagée par plusieurs selon laquelle le Parti tory, en adoptant la Politique nationale, ne visait que l'accession au pouvoir. On y faisait bien entendu allusion à l'histoire classique de la méthode employée par les Grecs pour envahir la ville de Troie. »1

La promesse de hausser les tarifs douaniers et de protéger l’industrie manufacturière canadienne permet aux conservateurs de John A. Macdonald (1815-1891) de se faire élire en 1878.

La Politique nationale, officiellement instaurée en mars 1879 par John A. Macdonald, contribue largement à garder son gouvernement conservateur au pouvoir jusqu’en 1896. Il s’agit d’un programme protectionniste de développement économique visant à stimuler l’industrie manufacturière de la fédération canadienne. Cette Politique nationale a un tel imp Pour en lire plus

Commentaire de l'artiste John Wilson Bengough à propos de cette caricature originellement publiée dans Grip, 6 juillet 1878 :

  • «Cette caricature exprimait l'opinion partagée par plusieurs selon laquelle le Parti tory, en adoptant la Politique nationale, ne visait que l'accession au pouvoir. On y faisait bien entendu allusion à l'histoire classique de la méthode employée par les Grecs pour envahir la ville de Troie. »1

La promesse de hausser les tarifs douaniers et de protéger l’industrie manufacturière canadienne permet aux conservateurs de John A. Macdonald (1815-1891) de se faire élire en 1878.

La Politique nationale, officiellement instaurée en mars 1879 par John A. Macdonald, contribue largement à garder son gouvernement conservateur au pouvoir jusqu’en 1896. Il s’agit d’un programme protectionniste de développement économique visant à stimuler l’industrie manufacturière de la fédération canadienne. Cette Politique nationale a un tel impact sur l’économie canadienne que même les libéraux de Wilfrid Laurier, élus en 1896, n’osent pas l’abolir une fois au pouvoir.

La Politique nationale est ici présentée par le caricaturiste comme le cheval de Troie qui permet aux conservateurs de s’introduire dans l’arène du pouvoir à Ottawa.

Quoi
La Politique nationale est devenue un élément central du monde politique et économique canadien. Bien plus qu’une simple politique tarifaire, elle engloba bientôt tous les secteurs du développement national du Canada, allant de ses activités portuaires au développement de ses chemins de fer.


La Politique nationale était très populaire en Ontario et au Québec où de nombreuses industries tiraient avantage de son maintien. Les provinces de l’Ouest y étaient moins favorables, notamment parce que les fermiers devaient acheter de l’équipement agricole produit au Canada à des prix plus élevés.

Quand
Le Parti conservateur du Canada (plus tard le Parti progressiste conservateur) a été fondé en 1854 par John A. Macdonald.

Qui
On retrouve dans le ventre du cheval de Troie le premier ministre John A. Macdonald (à l’extrême droite), de même que certains de ses ministres, tel sir Charles Tupper (1821-1915; à la droite de Macdonald) qui deviendra lui-même premier ministre en 1896, et sir David Lewis MacPherson (1818-1896), le personnage à la grande barbe blanche qui était un sénateur et un membre influent du cabinet.

RÉFÉRENCES

Bélanger, Claude. « The National Policy and Canadian Federalism », Marianopolis College, Studies on the Canadian Constitution and Canadian Federalism, [en ligne]. [http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/federal/npolicy.htm] (page consultée le 8 mai 2007).

Brown, Robert Craig. « La politique nationale », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://www.thecanadianencyclopedia.com] (page consultée le 8 mai 2007).

Johnson, J. K. et P. B. Waite. « Macdonald, sir John Alexander », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. XII, Québec, Presses de l'Université Laval, c1990, p. 643-666. Publié aussi en anglais.

Morton, Desmond. A Short History of Canada, Toronto, McClelland & Stewart, 1997.

« Le Canada dans le monde. 1867-1896 : construire une nation », Affaires étrangères et Commerce international Canada, [en ligne]. [http://www.international.gc.ca/department/history/canada2-fr.asp] (page consultée le 8 mai 2007).

1 Extrait de: Bengough, John Wilson, A Caricature History of Canadian Politics: Events from the Union of 1841, as Illustrated by Cartoons from "Grip", and Various Other Sources, Toronto, The Grip Printing and Publishing Co, 1886.)
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M994X.5.273.206 : En poussant l’éléphant à avancer

Caricature sur le projet d’instauration d’une Politique nationale, promesse électorale des conservateurs de John A. Macdonald en 1878. Les critiques soulignent que le projet tarde à démarrer. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

John Wilson Bengough
1878 11 30
M994X.5.273.206
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Commentaire de l'artiste John Wilson Bengough à propos de cette caricature originellement publiée dans Grip,  30 novembre 1878 : «La curiosité s'était emparée de toute la nation dans l'intervalle entre l'élection et la mise en vigueur de la Politique nationale. La presse réformiste exacerbait l'impatience populaire en protestant constamment - parfois de façon exagérée - contre le retard. Certains journalistes exaspérés étaient même allés jusqu'à affirmer que le gouvernement n'avait nullement l'intention d'inaugurer une nouvelle politique fiscale.» 1



Le Parti conservateur avait mené sa campagne électorale de 1878 en proposant une nouvelle stratégie visant à protéger le secteur industriel naissant du Canada contre les produits étrangers vendus à prix réduits sur le marché canadien. Le slogan conservateur était alors « Le Canada aux Canadiens! ».

En stimulant la production Pour en lire plus

Commentaire de l'artiste John Wilson Bengough à propos de cette caricature originellement publiée dans Grip,  30 novembre 1878 :

  • «La curiosité s'était emparée de toute la nation dans l'intervalle entre l'élection et la mise en vigueur de la Politique nationale. La presse réformiste exacerbait l'impatience populaire en protestant constamment - parfois de façon exagérée - contre le retard. Certains journalistes exaspérés étaient même allés jusqu'à affirmer que le gouvernement n'avait nullement l'intention d'inaugurer une nouvelle politique fiscale.» 1



Le Parti conservateur avait mené sa campagne électorale de 1878 en proposant une nouvelle stratégie visant à protéger le secteur industriel naissant du Canada contre les produits étrangers vendus à prix réduits sur le marché canadien. Le slogan conservateur était alors « Le Canada aux Canadiens! ».

En stimulant la production de biens dans les usines canadiennes, cette stratégie avait pour objectif de créer une base industrielle forte grâce à laquelle le Canada pourrait concurrencer ses rivaux, créer une prospérité économique, mais surtout, en bout le ligne, assurer la survie de la jeune fédération. Connue comme la « Politique nationale », elle était représentée par ses détracteurs comme un éléphant blanc que le gouvernement conservateur nouvellement élu tardait à mettre en marche.

Comme le montre cette caricature, la Politique nationale était effectivement une initiative d’envergure. On y fait aussi allusion au soutien implicite que cette politique offrait aux riches industriels canadiens, faveur que ces derniers retourneront en aidant les conservateurs à demeurer au pouvoir jusqu’en 1896.


Quoi
La Politique nationale visait l’ensemble du secteur manufacturier et industriel canadien, allant des producteurs de sucre aux métallurgistes.


La barrière tarifaire instaurée par la Politique nationale incita plusieurs compagnies américaines à établir des succursales sur le territoire canadien pour éviter les droits de douanes.

Quand
Cette caricature a été publiée peu après l’élection des conservateurs en septembre 1878. Il faudra toutefois attendre le budget de mars 1879 pour que la Politique nationale soit instaurée de façon officielle.

Qui
La Politique nationale visait surtout à protéger l’économie canadienne des États-Unis. John A. Macdonald (1815-1891) avait lui-même dit qu’à la suite des échecs répétés de rapprochement économique avec les Américains, il était temps, avec la Politique nationale, de leur rendre « la monnaie de leur pièce ».

Références :

« Le Canada dans le monde. 1867-1896 : construire une nation », Affaires étrangères et Commerce international Canada, [en ligne]. [http://www.international.gc.ca/department/history/canada2-fr.asp] (page consultée le 8 mai 2007).

Bélanger, Claude. « The National Policy and Canadian Federalism », Marianopolis College, Studies on the Canadian Constitution and Canadian Federalism, [en ligne]. [http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/federal/npolicy.htm] (page consultée le 8 mai 2007).

Brown, Robert Craig. « La politique nationale », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://www.thecanadianencyclopedia.com] (page consultée le 8 mai 2007).

Johnson, J. K. et P. B. Waite. « Macdonald, sir John Alexander », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. XII, Québec, Presses de l'Université Laval, c1990, p. 643-666. Publié aussi en anglais.

Morton, Desmond. A Short History of Canada, Toronto, McClelland & Stewart, 1997, p. 107-121.



1 Extrait de: Bengough, John Wilson, A Caricature History of Canadian Politics: Events from the Union of 1841, as Illustrated by Cartoons from "Grip", and Various Other Sources, Toronto, The Grip Printing and Publishing Co, 1886.
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M984.306.1351 : « Le devoir envers son pays »

Caricature sur l’instauration en 1879 de la Politique nationale qui impose aux États-Unis et à la Grande-Bretagne des droits douaniers sur la marchandise entrant sur le marché canadien. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

Emma Leff
1879 03 08
M984.306.1351
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Avec l’implantation de la Politique nationale du gouvernement de John A. Macdonald (1815-1891) à la fin des années 1870, le Canada s’engage dans une ère de protectionnisme économique. Le gouvernement canadien vise à stimuler l’industrie manufacturière nationale et à favoriser l’achat de biens canadiens.

À la base, cette politique a surtout pour objectif de favoriser l’essor du Canada comme fédération forte et indépendante. Bientôt toutefois, cette politique comprendra aussi des initiatives ayant pour but de soutenir le développement économique national et le transit de marchandises, comme la construction de chemins de fer et de canaux ou le réaménagement d’installations portuaires, de même que la colonisation des provinces de l’Ouest.

Comme le montre la caricature, les partenaires économiques du Canada, en l’occurrence la Grande-Bretagne et les États-Unis, ici représentés comme des colporteurs, devront payer des droits douaniers pour toute marchandise entrant sur l Pour en lire plus

Avec l’implantation de la Politique nationale du gouvernement de John A. Macdonald (1815-1891) à la fin des années 1870, le Canada s’engage dans une ère de protectionnisme économique. Le gouvernement canadien vise à stimuler l’industrie manufacturière nationale et à favoriser l’achat de biens canadiens.

À la base, cette politique a surtout pour objectif de favoriser l’essor du Canada comme fédération forte et indépendante. Bientôt toutefois, cette politique comprendra aussi des initiatives ayant pour but de soutenir le développement économique national et le transit de marchandises, comme la construction de chemins de fer et de canaux ou le réaménagement d’installations portuaires, de même que la colonisation des provinces de l’Ouest.

Comme le montre la caricature, les partenaires économiques du Canada, en l’occurrence la Grande-Bretagne et les États-Unis, ici représentés comme des colporteurs, devront payer des droits douaniers pour toute marchandise entrant sur le marché canadien.

Quoi
Les tarifs douaniers sont des sommes perçues par une nation pour chaque bien importé. Quand ils sont très élevés, comme ceux imposés par la Politique nationale, on parle alors de protectionnisme économique. Dans le cas contraire, s’ils sont très bas ou inexistants, on parle de libre-échange.


Les produits étrangers qui entrent sur le marché canadien proviennent alors surtout des États-Unis, le puissant voisin au sud de la frontière, et de la Grande-Bretagne, l’ancienne métropole avec qui le Canada maintient encore des liens très étroits.

Quand
Cette caricature a été publiée le 8 mars 1879, soit huit jours seulement avant le dépôt du budget conservateur qui mettait officiellement en vigueur de stricts tarifs douaniers sur l’importation de produits manufacturés à l’extérieur du Canada.

Qui
Les autorités politiques canadiennes sont représentées par l’officier Macdonald, une référence directe au premier ministre John A. Macdonald, promoteur de la Politique nationale. Ses interlocuteurs sont John Bull et Oncle Sam, figures emblématiques de la Grande-Bretagne et des États-Unis.

RÉFÉRENCES

Bélanger, Claude. « The National Policy and Canadian Federalism », Marianopolis College, Studies on the Canadian Constitution and Canadian Federalism, [en ligne]. [http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/federal/npolicy.htm] (page consultée le 8 mai 2007).

Brown, Robert Craig. « La politique nationale », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://www.thecanadianencyclopedia.com] (page consultée le 8 mai 2007).

Johnson, J. K. et P. B. Waite. « Macdonald, sir John Alexander », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. XII, Québec, Presses de l'Université Laval, c1990, p. 643-666. Publié aussi en anglais.

Morton, Desmond. A Short History of Canada, Toronto, McClelland & Stewart, 1997.

« Le Canada dans le monde. 1867-1896 : construire une nation », Affaires étrangères et Commerce international Canada, [en ligne]. [http://www.international.gc.ca/department/history/canada2-fr.asp] (page consultée le 8 mai 2007).


© 2007, Musée McCord d'histoire canadienne. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

Cette activité sur l'objet d'apprentissage La Politique nationale et les déboires de l’Oncle Sam s’arrime au programme québécois d’Histoire et d’éducation à la citoyenneté, en 3e secondaire (1re année du 2e cycle du secondaire). Elle est conçue pour amener les élèves d’une part, à interpréter la formation de la fédération canadienne, plus précisément sous l’angle des concepts de l’industrialisation et de la « Politique nationale », et d’autre part, à réfléchir aux changements économiques et au pouvoir politique dans le contexte actuel. Elle prend notamment appui sur des caricatures anciennes, datant des années 1870.

L’intention éducative consiste à « amener l’élève à faire preuve de sens critique, éthique et esthétique à l’égard des médias », plus précisément, à constater la place et l’influence des médias dans sa vie quotidienne et la société, et à apprécier des représentations médiatiques.

Les intentions pédagogiques visées sont :

  • Compétence disciplinaire 1 : interroger les réalités sociales dans une perspective historique.
  • Compétence disciplinaire 2 : interpréter les réalités sociales à l’aide de la méthode historique.
  • Compétence disciplinaire 3 : consolider l’exercice de sa citoyenneté à l’aide de l’histoire
  • Technique : interprétation d’un document iconographique.
  • Réalité sociale : formation de la fédération canadienne.
  • Concepts: industrialisation, libre-échangisme, Politique nationale.
  • Connaissances historiques : conjoncture économique.
  • Compétence transversale 1 : exploiter l’information.
  • Compétence transversale 4 : mettre en œuvre sa pensée créatrice.
  • Compétence transversale 6 : exploiter les technologies de l’information et des communications.

Tiré de :
Québec, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport [MÉLS]. Histoire et éducation à la citoyenneté, Programme de formation de l’école québécoise, secondaire, 2e cycle, version approuvée, 2006.


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