Politiciens un jour, têtes de Turc toujours : Introduction à la caricature éditoriale

Ce clip vidéo traite de la caricature éditoriale et de la caricature ayant pour sujet les politiciens, de la seconde moitié du 19e siècle à aujourd’hui. (Durée : 2 min 48 s)

Quel est le sujet idéal pour un caricaturiste? Une situation politique délicate, une nouvelle croustillante, un scandale qui fait la manchette? Un personnage public baignant dans des histoires douteuses… ou dégageant un fort parfum de corruption? Ou encore un politicien maladroit s’étant mis les pieds dans les plats? Car il est bien connu que les caricaturistes aiment particulièrement se moquer des politiciens.

Irrévérencieux, le caricaturiste souligne en caractères gras les travers des personnages publics et est à l’affût de la moindre maladresse. Il dénonce, grossit à la loupe, dépeint la réalité avec humour ou sarcasme. Pourvu d’une imagination débridée, il multiplie les stratégies qui lui permettent d’illustrer son point de vue. Ainsi, il exagère à outrance les caractéristiques physiques, les expressions et la gestuelle de personnalités connues jusqu’à créer des personnages parfois plus vrais que nature. De la même façon, ces personnalités peuvent être mises en scène, se retrouver sous les traits d’Ulysse ou de personnages de Shakespeare. Et aux symboles et éléments visuels utilisés afin de renforcer son message, le caricaturiste ajoute souvent des titres, des dialogues ou des légendes. Bref, rien n’est laissé au hasard!

Mais pourquoi une caricature arrive-t-elle à faire sourire et même souvent à faire rire? Virtuose du crayon et du trait d’esprit, le caricaturiste présente un éditorial en image qui commente l’actualité. Il offre sa vision du monde, teintée par son expérience et sa culture et même par le fait d’être un homme ou une femme! Le caricaturiste fait réfléchir sur des enjeux sociaux, provoque, attise la controverse… Si certaines caricatures semblent parler d’elles-mêmes, en réalité c’est principalement la connaissance du contexte de la caricature qui permet de la décoder et surtout de l’apprécier! Pour cette raison, il n’est pas toujours facile de saisir le sens d’une caricature ancienne. Mais dans tous les cas, il faut fouiller un peu, lire entre les lignes, être attentif aux moindres détails et… se poser quelques questions!

Musée McCord
19e-20e siècle
© 2007, Musée McCord d'histoire canadienne. Tous droits réservés.


Quel est le sujet idéal pour un caricaturiste? Une situation politique délicate, une nouvelle croustillante, un scandale qui fait la manchette? Un personnage public baignant dans des histoires douteuses… ou dégageant un fort parfum de corruption? Ou encore un politicien maladroit s’étant mis les pieds dans les plats? Car il est bien connu que les caricaturistes aiment particulièrement se moquer des politiciens.

Irrévérencieux, le caricaturiste souligne en caractères gras les travers des personnages publics et est à l’affût de la moindre maladresse. Il dénonce, grossit à la loupe, dépeint la réalité avec humour ou sarcasme. Pourvu d’une imagination débridée, il multiplie les stratégies qui lui permettent d’illustrer son point de vue. Ainsi, il exagère à outrance les caractéristiques physiques, les expressions et la gestuelle de personnalités connues jusqu’à créer des personnages parfois plus vrais que nature. De la même façon, ces personnalités peuve Pour en lire plus
Quel est le sujet idéal pour un caricaturiste? Une situation politique délicate, une nouvelle croustillante, un scandale qui fait la manchette? Un personnage public baignant dans des histoires douteuses… ou dégageant un fort parfum de corruption? Ou encore un politicien maladroit s’étant mis les pieds dans les plats? Car il est bien connu que les caricaturistes aiment particulièrement se moquer des politiciens.

Irrévérencieux, le caricaturiste souligne en caractères gras les travers des personnages publics et est à l’affût de la moindre maladresse. Il dénonce, grossit à la loupe, dépeint la réalité avec humour ou sarcasme. Pourvu d’une imagination débridée, il multiplie les stratégies qui lui permettent d’illustrer son point de vue. Ainsi, il exagère à outrance les caractéristiques physiques, les expressions et la gestuelle de personnalités connues jusqu’à créer des personnages parfois plus vrais que nature. De la même façon, ces personnalités peuvent être mises en scène, se retrouver sous les traits d’Ulysse ou de personnages de Shakespeare. Et aux symboles et éléments visuels utilisés afin de renforcer son message, le caricaturiste ajoute souvent des titres, des dialogues ou des légendes. Bref, rien n’est laissé au hasard!

Mais pourquoi une caricature arrive-t-elle à faire sourire et même souvent à faire rire? Virtuose du crayon et du trait d’esprit, le caricaturiste présente un éditorial en image qui commente l’actualité. Il offre sa vision du monde, teintée par son expérience et sa culture et même par le fait d’être un homme ou une femme! Le caricaturiste fait réfléchir sur des enjeux sociaux, provoque, attise la controverse… Si certaines caricatures semblent parler d’elles-mêmes, en réalité c’est principalement la connaissance du contexte de la caricature qui permet de la décoder et surtout de l’apprécier! Pour cette raison, il n’est pas toujours facile de saisir le sens d’une caricature ancienne. Mais dans tous les cas, il faut fouiller un peu, lire entre les lignes, être attentif aux moindres détails et… se poser quelques questions!

RÉFÉRENCES

Desbarats, Peter et Terry Mosher. The Hecklers. A History of Canadian Political Cartooning and a Cartoonists’ History of Canada, Toronto, McClelland and Stewart, National Film Board of Canada, 1979.

Hou, Charles et Cynthia Hou. Great Canadian Political Cartoons. 1820-1914, Vancouver, Moody’s Lookout Press, 1997.

Hou, Charles et Cynthia Hou. The Art of Decoding Political Cartoons. A Teacher’s Guide, Vancouver, Moody’s Lookout Press, 1998.

Hustak, Allan et Don Monet. « Caricature politique », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0001442] (page consultée le 9 août 2006).

Layng, Craig. « Dessin humoristique et bande dessinée », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0001441] (page consultée le 9 août 2006).

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M994X.5.273.82: « Un cas de « Riel » détresse! »

Caricature sur le Métis Louis Riel, dont la tête est mise à prix, et son élection sur la scène fédérale en 1873. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

John Wilson Bengough
1873 10 25
M994X.5.273.82
© 2007, Musée McCord d'histoire canadienne. Tous droits réservés.


Commentaire de l'artiste John Wilson Bengough à propos de la caricature, originellement publiée dans Grip, 25 octobre 1873: « L'assassinat de Thomas Scott à Fort Garry, durant la rébellion de la rivière Rouge, a bien entendu soulevé l'indignation d'un bout à l'autre du Dominion, et l'opinion publique exigea que Louis Riel, chef des rebelles et instigateur de l'acte, soit arrêté et puni. Ce sentiment vertueux s'est toutefois muté en un simple verbiage politique, le gouvernement conservateur, alors au pouvoir, ayant secrètement promis l'amnistie aux rebelles, tout en proclamant publiquement son désir de « mettre la main au collet » de Riel. »1

En 1869, des Métis de la région de la rivière Rouge dirigés par Louis Riel s’organisent face à l’annexion imminente des Territoires du Nord-Ouest au Canada. Ils prennent le fort Gary, un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson, afin de forcer le Canada à négocier leurs droits. Lors de cett Pour en lire plus

Commentaire de l'artiste John Wilson Bengough à propos de la caricature, originellement publiée dans Grip, 25 octobre 1873:

  • « L'assassinat de Thomas Scott à Fort Garry, durant la rébellion de la rivière Rouge, a bien entendu soulevé l'indignation d'un bout à l'autre du Dominion, et l'opinion publique exigea que Louis Riel, chef des rebelles et instigateur de l'acte, soit arrêté et puni. Ce sentiment vertueux s'est toutefois muté en un simple verbiage politique, le gouvernement conservateur, alors au pouvoir, ayant secrètement promis l'amnistie aux rebelles, tout en proclamant publiquement son désir de « mettre la main au collet » de Riel. »1

En 1869, des Métis de la région de la rivière Rouge dirigés par Louis Riel s’organisent face à l’annexion imminente des Territoires du Nord-Ouest au Canada. Ils prennent le fort Gary, un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson, afin de forcer le Canada à négocier leurs droits. Lors de cette rébellion, les Métis capturent plusieurs Canadiens et exécutent Thomas Scott (1842-1870), un arpenteur protestant anglophone particulièrement agressif qui avait notamment incité des colons écossais à la contre-rébellion. L’assassinat est autorisé par Riel.

À l’époque, la tête de Riel est mise à prix en Ontario pour le « meurtre » de Thomas Scott. Louis Riel suscite une vive controverse en 1873. Pour une majorité d’Ontariens, il est considéré comme un meurtrier alors qu’au Québec, il est plutôt perçu comme un héros défendant la foi catholique et la culture francophone au Manitoba. Cette caricature datant du 25 octobre 1873 représente Louis Riel (1844-1885) alors qu’il vient d’être élu dans la circonscription de Provencher, lors des élections partielles fédérales.

Dans cette caricature, Louis Riel se présente à Ottawa suite à son élection, le visage couvert. En réalité, il ne se rendra jamais au Parlement cette année-là, craignant sans doute d’être arrêté ou tué, et s’exilera aux États-Unis. Le premier ministre conservateur John A. Macdonald (1815-1891), redoutant une confrontation politique entre le Québec et l’Ontario, l’encouragera à demeurer en exil.

Quoi
Publiée dans l’hebdomadaire Grip, cette caricature de John Wilson Bengough (1851-1923) montre Riel tendant un document sur lequel est inscrit « Amnistie » (« oubli » d’une infraction devant la loi). C’est ce qu’il espère ardemment obtenir à l’époque.


Cette scène imaginaire se déroule à Ottawa en 1873. En réalité, Riel ne s’y rendra que l’année suivante, en février 1874, lors de sa réélection.

Quand
John A. Macdonald, qui se trouve à droite dans cette caricature, démissionnera moins d’un mois après la publication de celle-ci. En fait, l’élection de Riel survient au moment où le scandale du Pacifique, impliquant le gouvernement de Macdonald, est révélé aux Canadiens.

Qui
À l’arrière-plan, le chef du Parti libéral et chef de l’opposition, Alexander Mackenzie (1822-1892), déclare : « Bonté, j’aimerais bien les arrêter tous les deux ». Riel est représenté sans visage (lui dont la tête est mise à prix) et Macdonald lui tourne le dos, faisant semblant de ne pas le voir.

RÉFÉRENCES

Bumsted, J. M. « Thomas Scott », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne].
[http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1ARTf0007231] (page consultée le 24 avril 2007).

Brown, Craig (dir.). Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990.

Lewis, Thomas H. « Riel, Louis», Dictionnaire biographique du Canada, [en ligne].
[http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=39918] (page consultée le 24 avril 2007).

Rea, J. E. « Scott, Thomas », Dictionnaire biographique du Canada, [en ligne].
[http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=38817&query=Thomas%20AND%20Scott] (page consultée le 24 avril 2007).

Stanley, George F.G. « Riel, Louis », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne].
[http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1ARTf0006837] (page consultée le 24 avril 2007).

« Les rébellions de Riel », Le Canada en devenir, [en ligne].
[http://www.canadiana.org/citm/specifique/rielreb_f.html] (page consultée le 24 avril 2007).

« Louis Riel», « The Northwest Resistance», University of Saskatchewan Libraries and the University Archives, [en ligne].
[http://library2.usask.ca/northwest/background/riel.htm] (page consultée le 24 avril 2007).

« Premier parmi ses pairs », « Sir John A. Macdonald », Bibliothèque et Archives Canada, [en ligne].
http://www.collectionscanada.ca/premiersministres/h4-3031-f.html (page consultée le 24 avril 2007).

« Riel, Louis », Le Canada en devenir, [en ligne]. [http://www.canadiana.org/citm/reference/biographies_f.html#riel] (page consultée le 24 avril 2007).


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M984.306.408: «Énée après le naufrage»

Caricature sur la démission du Parti conservateur de John A. Macdonald, à la suite du scandale du Pacifique en 1873. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

Henri Julien
1873-12-11
M984.306.408
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Le « naufrage » qu’évoque cette caricature est celui du Parti conservateur de Macdonald, qui vient d’être forcé à démissionner après avoir été accusé de corruption. Le gouvernement de Macdonald est accusé d’avoir accepté un pot-de-vin du richissime Hugh Allan (1810-1882) lors des élections de 1872, en échange de l’octroi du contrat de construction du chemin de fer devant relier l’est du Canada à la Colombie-Britannique.

Publiée en décembre 1873, la caricature présente sir John A. Macdonald (1815-1891) sous les traits d’Énée, un héros mythologique lié à la guerre de Troie et à la fondation de Rome. Macdonald est sans doute associé ici à ce héros parce qu’il est le premier premier ministre du Canada, ce qui lui confère un noble statut, celui de « pionnier » ou de « fondateur » du pays.

Comme bien d’autres héros mythologiques, Énée se retrouve dans de nombreux ré Pour en lire plus

Le « naufrage » qu’évoque cette caricature est celui du Parti conservateur de Macdonald, qui vient d’être forcé à démissionner après avoir été accusé de corruption. Le gouvernement de Macdonald est accusé d’avoir accepté un pot-de-vin du richissime Hugh Allan (1810-1882) lors des élections de 1872, en échange de l’octroi du contrat de construction du chemin de fer devant relier l’est du Canada à la Colombie-Britannique.

Publiée en décembre 1873, la caricature présente sir John A. Macdonald (1815-1891) sous les traits d’Énée, un héros mythologique lié à la guerre de Troie et à la fondation de Rome. Macdonald est sans doute associé ici à ce héros parce qu’il est le premier premier ministre du Canada, ce qui lui confère un noble statut, celui de « pionnier » ou de « fondateur » du pays.

Comme bien d’autres héros mythologiques, Énée se retrouve dans de nombreux récits grecs et romains, tels que l’Énéide de Virgile (70-19 av. J.-C.). Dans ce récit, Énée survit au sac de Troie et s’embarque avec des compagnons à bord d’un navire. Il navigue pendant plusieurs années jusqu’à ce qu’une violente tempête rejette le navire sur la côte africaine, près de Carthage (dans la Tunisie d’aujourd’hui). Le caricaturiste s’est approprié cette scène qui ne constitue qu’un épisode de la longue épopée d’Énée.

Quoi
Le caricaturiste Henri Julien procède ici par analogie, en établissant un lien entre la situation vécue par les membres du gouvernement et le récit mythique d’Énée. Il met en scène des personnalités publiques vêtues comme des légionnaires.


Cette caricature a été publiée le 11 décembre 1873 dans l’hebdomadaire francophone L’Opinion publique. Elle a aussi été publiée le 6 décembre dans l’hebdomadaire The Canadian Illustrated News, son pendant anglophone.

Quand
Le scandale du Pacifique a été mis au jour en juillet 1873, après la publication dans les journaux de lettres et de télégrammes compromettants.

Qui
John A. Macdonald est entouré de certains ministres de son gouvernement déchu, comme Hector Langevin (1826-1906), Charles Tupper (1821-1915) et Samuel Tilley (1818-1896).

RÉFÉRENCES

Johnson, J. K. « Macdonald, sir John Alexander », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0004867] (page consultée le 24 avril 2007).

Marsh, James H. « Sir John A. Macdonald », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne].
[http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=ArchivedFeatures&Params=F235] (page consultée le 24 avril 2007).

Suy, Dara. « Énée », « Champ lexical. Mythologie grecque », Laboratoire d’informatique avancée de Saint-Denis, Université Paris 8, [en ligne]. [http://www.ai.univ-paris8.fr/corpus/lurcat/dara/enee.htm] (page consultée le 24 avril 2007).

Waite, P. B. « Scandale du Pacifique », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne].
[http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1ARTf0006041] (page consultée le 24 avril 2007).

« La Confédération canadienne », « Le scandale du Pacifique », Bibliothèque et Archives Canada, [en ligne].
[http://www.collectionscanada.ca/confederation/023001-3000-f.html] (page consultée le 24 avril 2007).

« La Confédération canadienne », « Sir John A. Macdonald », Bibliothèque et Archives Canada, [en ligne].
[http://www.collectionscanada.ca/confederation/023001-2360-f.html] (page consultée le 24 avril 2007).

« La tempête - Les Troyens en péril (81-123) », « Énéide, Livre I
arrivée d’Énée à Carthage », « Biblioteca Classica Selecta », Université Catholique de Louvain (UCL), [en ligne]. [http://bcs.fltr.ucl.ac.be/virg/V01-001-222.html] (page consultée le 24 avril 2007).

« Premier parmi ses pairs », « Sir John Alexander Macdonald », Bibliothèque et Archives Canada, [en ligne].
[http://www.collectionscanada.ca/premiersministres/h4-3025-f.html] (page consultée le 24 avril 2007).


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M988.182.152: « Le discours du trône »

Caricature sur le discours du Trône du Parti libéral d’Alexander Mackenzie prononcé le 8 février 1877. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

Henri Julien
1877-02-24
M988.182.152
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Le 8 février 1877, le discours du Trône prononcé par le gouverneur général Frederick Temple Blackwood, comte de Dufferin (1826-1902), inaugure la nouvelle session parlementaire. Le discours présente les préoccupations, les orientations et les objectifs du gouvernement libéral au pouvoir, alors dirigé par Alexander Mackenzie (1822-1892).

Les sujets traités dans le discours sont nombreux, comme en fait foi un article paru dans le journal The Canadian Illustrated News : le succès de la nouvelle police du Nord-Ouest, les négociations avec les autochtones du Nord-Ouest pour la cession du territoire et l’éventuelle création d’une Cour suprême font partie de ces sujets. L’arpentage en vue de la construction de la route du Canadien Pacifique, les rébellions du Nord-Ouest et les négociations avec le gouvernement de la Colombie-Britannique sur la construction du chemin de fer sont également abordés.

Dans cette caricature, le discours du Trône prend la forme d’une longue recette que s’apprête &a Pour en lire plus

Le 8 février 1877, le discours du Trône prononcé par le gouverneur général Frederick Temple Blackwood, comte de Dufferin (1826-1902), inaugure la nouvelle session parlementaire. Le discours présente les préoccupations, les orientations et les objectifs du gouvernement libéral au pouvoir, alors dirigé par Alexander Mackenzie (1822-1892).

Les sujets traités dans le discours sont nombreux, comme en fait foi un article paru dans le journal The Canadian Illustrated News : le succès de la nouvelle police du Nord-Ouest, les négociations avec les autochtones du Nord-Ouest pour la cession du territoire et l’éventuelle création d’une Cour suprême font partie de ces sujets. L’arpentage en vue de la construction de la route du Canadien Pacifique, les rébellions du Nord-Ouest et les négociations avec le gouvernement de la Colombie-Britannique sur la construction du chemin de fer sont également abordés.

Dans cette caricature, le discours du Trône prend la forme d’une longue recette que s’apprête à concocter le premier ministre Mackenzie. Le chef de l’opposition John A. Macdonald (1815-1891) critique le « plat » qu’il s’apprête à préparer, le comparant à un ver solitaire, long, mais sans « substance ». Mackenzie lui répond de ne pas s’en faire, que justement, le « plat » qu’il prépare descendra aussi facilement qu’un ver solitaire! Le caricaturiste insinue ainsi que Mackenzie est confiant de voir la Chambre des communes voter en faveur du programme présenté dans ce discours. En fait, le discours du Trône est toujours suivi d’un débat qui se conclut par le vote de la Chambre, qui accorde ou non sa confiance au gouvernement.

Quoi
Cette caricature se moque des paroles échangées entre Macdonald et Mackenzie après la lecture du discours du Trône. Macdonald avait en effet lancé d’un ton ironique que le discours était sans « substance ».


Le discours du Trône a lieu au Sénat, puisque le gouverneur général et les sénateurs ne sont pas admis à la Chambre des communes.

Quand
Cette caricature est publiée le 24 février 1877 dans l’hebdomadaire The Canadian Illustrated News, quatre ans après la démission du gouvernement de Macdonald lors du scandale du Pacifique et avant sa réélection en 1878.

Qui
Alexander Mackenzie (à droite), est le second premier ministre de l’histoire du Canada. Il occupe ce poste entre novembre 1873 et octobre 1878. En 1877, John A. Macdonald (à gauche) est chef de l’opposition conservatrice.


RÉFÉRENCES

Johnson, J. K. et P. B. Waite. « Macdonald, John A.», Dictionnaire biographique du Canada, [en ligne].
[http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=40370&query=John%20AND%20A.%20AND%20Macdonald] (page consultée le 20 avril 2007).

 « Blackwood (Hamilton-Temple-Blackwood, Frederick Temple », Dictionnaire biographique du Canada, [en ligne]. [http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=40683&query=Frederick%20AND%20Temple%20AND%20Blackwood] (page consultée le 20 avril 2007).

« Canadian Illustrated News », Bibliothèque et Archives nationales du Québec, [en ligne]. [http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/cin/] (page consultée le 20 avril 2007).

« La procédure et les usages de la Chambre des communes », site du Parlement du Canada, [en ligne].
[http://www.parl.gc.ca/MarleauMontpetit/DocumentViewer.aspx?DocId=1001&Sec=Ch01&Seq=2&Lang=F] (page consultée le 20 avril 2007).

« Mackenzie, Alexander », Dictionnaire biographique du Canada, [en ligne]. [http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=40374&query=Mackenzie] (page consultée le 20 avril 2007).

« Mackenzie, Alexander», L’Encyclopédie canadienne, [en ligne].
[http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1ARTf0004936] (page consultée le 20 avril 2007).


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M982.530.5424: « Le retour au pays »

Caricature représentant Alexander Galt, le nouveau haut-commissaire du Canada à Londres, au moment de son départ pour la Grande-Bretagne, aux côtés du premier ministre du Canada, John A. Macdonald. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

Henri Julien
1879-12-13
M982.530.5424
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En 1879, la Politique nationale du Parti conservateur de John A. Macdonald (1815-1891) est mise en place. En instaurant des mesures protectionnistes, le Canada imite les États-Unis, mais défie l’idéologie libre-échangiste de la Grande-Bretagne, qui a aboli les tarifs préférentiels en 1846. C’est aussi en 1879 que le poste de haut-commissaire du Canada est créé à Londres. Il est confié à Alexander Galt (1817-1893), l’un des « pères de la Confédération ».

Cette caricature, publiée en première page de l’hebdomadaire The Canadian Illustrated News le 13 décembre 1879, représente sir Alexander Galt (1817-1893) sur le point de quitter le Canada pour la Grande-Bretagne. Il se tient aux côtés du premier ministre John A. Macdonald.

La légende qui accompagne la caricature fait allusion aux responsabilités du nouveau haut-commissaire, qui doit notamment encourager l’exportation de produits canadiens vers la Grande-Bretagne ainsi que l’immigration britannique au C Pour en lire plus
En 1879, la Politique nationale du Parti conservateur de John A. Macdonald (1815-1891) est mise en place. En instaurant des mesures protectionnistes, le Canada imite les États-Unis, mais défie l’idéologie libre-échangiste de la Grande-Bretagne, qui a aboli les tarifs préférentiels en 1846. C’est aussi en 1879 que le poste de haut-commissaire du Canada est créé à Londres. Il est confié à Alexander Galt (1817-1893), l’un des « pères de la Confédération ».

Cette caricature, publiée en première page de l’hebdomadaire The Canadian Illustrated News le 13 décembre 1879, représente sir Alexander Galt (1817-1893) sur le point de quitter le Canada pour la Grande-Bretagne. Il se tient aux côtés du premier ministre John A. Macdonald.

La légende qui accompagne la caricature fait allusion aux responsabilités du nouveau haut-commissaire, qui doit notamment encourager l’exportation de produits canadiens vers la Grande-Bretagne ainsi que l’immigration britannique au Canada. Il doit également tenter de trouver des capitaux britanniques pour financer la construction du chemin de fer transcontinental.

Quoi
Des caisses sur lesquelles sont inscrits les mots beurre, fromage, grains, bétail et mouton, instruments agricoles, bottes et chaussures évoquent le type de produits que le Canada exporte vers la Grande-Bretagne à l’époque.


Alexander Galt s’était déjà rendu en France et en Espagne au début de l’année 1879 pour tenter de négocier des ententes commerciales, puis en Grande-Bretagne, en août, aux côtés de Macdonald.

Quand
Sir Alexander Galt ne quittera le Canada que quelques mois après la publication de cette caricature, soit en avril 1880.

Qui
Macdonald vient d’être réélu en 1878, essentiellement grâce à ses promesses protectionnistes. Cinq ans plus tôt, il avait été forcé de démissionner à la suite du scandale du Pacifique.

RÉFÉRENCES

Kesteman, Jean-Pierre. « Alexander Galt », Dictionnaire biographique du Canada, [en ligne].
[http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=40234&query=Alexander%20AND%20Galt] (page consultée le 20 avril 2007).

« Le Canada dans le monde », Affaires étrangères et Commerce international, [en ligne]. [http://www.international.gc.ca/department/history/canada2-fr.asp] (page consultée le 20 avril 2007).

« Notre Passé : L'Histoire du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international », Affaires étrangères et Commerce international, [en ligne]. [http://www.international.gc.ca/department/history/United_Kingdom-fr.asp] (page consultée le 20 avril 2007).

« Politique nationale », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1ARTf0005632] (page consultée le 20 avril 2007).

« Relations extérieures », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne]. [http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1SEC849851] (page consultée le 20 avril 2007).

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M2001X.6.43.6.82: Laurier le Grand - Et tous les autres petits

Caricature représentant le premier ministre sir Wilfrid Laurier sur le point de quitter la Grande-Bretagne pour le Canada, en 1897, après avoir participé à la conférence coloniale et aux festivités entourant le jubilé de diamant de la reine Victoria. Hyperlien pour afficher dans une nouvelle fenêtre la fiche complète provenant du site du musée

Rostap
1897
M2001X.6.43.6.82
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En 1897, Wilfrid Laurier (1841-1919), premier ministre du Canada, se rend en Grande-Bretagne à l’occasion du jubilé de diamant de la reine Victoria, soulignant ses 60 ans de règne. Il doit participer à la Conférence coloniale aux côtés des premiers ministres de dix colonies britanniques.

Au cours de ce voyage, Laurier recevra le titre de chevalier. Au départ, afin de respecter la tradition instaurée par les précédents premiers ministres libéraux, il ne désire pas être anobli. Par contre, comme tout est déjà organisé, il accepte finalement le titre pour ne pas être insolent. Mais cet honneur n’est pas totalement gratuit! Joseph Chamberlain (1836-1914), secrétaire d’État anglais aux Colonies, souhaite un empire uni et fort. Il espère convaincre le Canada de s’allier davantage à son pays, notamment pour la défense de l’Empire britannique. Laurier s’y oppose, même s’il respecte sincèrement la Grande-Bretagne et ses institutions. Il souhaite plutôt que le Pour en lire plus

En 1897, Wilfrid Laurier (1841-1919), premier ministre du Canada, se rend en Grande-Bretagne à l’occasion du jubilé de diamant de la reine Victoria, soulignant ses 60 ans de règne. Il doit participer à la Conférence coloniale aux côtés des premiers ministres de dix colonies britanniques.

Au cours de ce voyage, Laurier recevra le titre de chevalier. Au départ, afin de respecter la tradition instaurée par les précédents premiers ministres libéraux, il ne désire pas être anobli. Par contre, comme tout est déjà organisé, il accepte finalement le titre pour ne pas être insolent. Mais cet honneur n’est pas totalement gratuit! Joseph Chamberlain (1836-1914), secrétaire d’État anglais aux Colonies, souhaite un empire uni et fort. Il espère convaincre le Canada de s’allier davantage à son pays, notamment pour la défense de l’Empire britannique. Laurier s’y oppose, même s’il respecte sincèrement la Grande-Bretagne et ses institutions. Il souhaite plutôt que le Canada, qui est alors le premier « Dominion » britannique, gagne de plus en plus d’autonomie.

Cette caricature publiée en août 1897 représente « sir » Wilfrid Laurier avant son retour au Canada, saluant Joseph Chamberlain, le premier ministre britannique Lord Salisbury (1830-1903), le prince de Galles et « John Bull », un personnage fictif représentant la Grande-Bretagne. Le gigantisme du personnage de Laurier veut sans doute évoquer son audace et sa détermination face aux représentants du pouvoir britannique.

Quoi
La caricature illustre Laurier, à son départ pour le Canada, saluant le prince de Galles, Lord Salisbury et Joseph Chamberlain. John Bull, un personnage qui incarne la Grande-Bretagne, se tient derrière, portant la valise de Laurier.


Laurier se trouve sur un quai en Grande-Bretagne. Il s’agissait de son premier voyage outre-mer.

Quand
En 1897, de nombreuses festivités soulignant les 60 ans de règne de la reine Victoria se déroulent en Grande-Bretagne, dans ses colonies et dans le Dominion du Canada.

Qui
À l’époque, Wilfrid Laurier (1841-1919) est le premier ministre du Canada. Il est le premier francophone à occuper cette fonction depuis la Confédération (1867).

RÉFÉRENCES

Bélanger, Réal. « Laurier, sir Wilfrid », L’Encyclopédie canadienne, [en ligne].
[http://thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0004558] (page consultée le 20 avril 2007).

Bélanger, Réal. « Laurier, Wilfrid », Dictionnaire biographique du Canada, [en ligne].[http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=41636&query=Laurier] (page consultée le 20 avril 2007).

Desbarats, Peter et Terry Mosher. The Hecklers. A History of Canadian Political Cartooning and a Cartoonists’ History of Canada, Toronto, McClelland and Stewart, National Film Board of Canada, 1979, p. 69, 249.

« Chapitre 1. Une défense quasi autonome (1871-1898) », Patrimoine militaire canadien, Gouvernement du Canada, [en ligne].
[http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_542.asp] (page consultée le 20 avril 2007).

« Le Canada dans le monde », Affaires étrangères et Commerce international, [en ligne].
[http://www.international.gc.ca/department/history/canada2-fr.asp] (page consultée le 20 avril 2007).

« Premier parmi ses pairs. Le premier ministre dans la vie et la politique au Canada »,
Bibliothèque et Archives Canada, [en ligne]. [http://www.collectionscanada.ca/premiersministres/h4-2229-f.html] (page consultée le 20 avril 2007).

« Salisbury, Chamberlain and the empire: AD 1897-1903 », History World, [en ligne]. [http://www.historyworld.net/wrldhis/histories.asp?pid=nam&nid=ab07] (page consultée le 20 avril 2007).

« The Queen’s Golden Jubilee », The Official Website of the British Monarchy, [en ligne].
[http://www.royal.gov.uk/output/page929.asp] (page consultée le 20 avril 2007).


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Objectifs d'apprentissage

L'activité sur l'objet d'apprentissage Politiciens un jour, têtes de turc toujours s’arrime au programme québécois d’Histoire et d’éducation à la citoyenneté, en 3e ou en 4e secondaire (1re ou 2e année du 2e cycle du secondaire). Elle est conçue pour initier les élèves à l’interprétation des documents iconographiques que sont les caricatures. Elle prend appui sur des caricatures anciennes, datant des années 1870 à 1890, en lien avec la réalité sociale « Formation de la fédération canadienne ».

L’intention éducative consiste à « amener l’élève à faire preuve de sens critique, éthique et esthétique à l’égard des médias », plus précisément, à constater la place et l’influence des médias dans sa vie quotidienne et la société, et à apprécier des représentations médiatiques.


Les intentions pédagogiques visées sont :

  • Compétence disciplinaire 1 : Interroger les réalités sociales dans une perspective historique.
  • Technique : interprétation d’un document iconographique.
  • Réalité sociale : formation de la fédération canadienne.
  • Compétence transversale 1 : exploiter l’information.
  • Compétence transversale 6 : exploiter les technologies de l’information et des communications.

Tiré de :
Québec, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport [MÉLS]. Histoire et éducation à la citoyenneté, Programme de formation de l’école québécoise, secondaire, 2e cycle, version approuvée, 2006.


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