Illustration représentant des commerçants de fourrure, des missionnaires, des Iroquois et des canots amarrés au rivage

Le commerce des fourrures est lucratif pour l’Empire français et ceux qui lui prêtent leur concours. Les Européens, toujours en quête de nouvelles ressources, finissent par s’engager à l’intérieur des terres, depuis la côte atlantique jusqu’à la vallée du Saint-Laurent et aux Grands Lacs. Cette quête est aussi à l’origine d’alliances et de conflits territoriaux.

Artiste : Ivan Kocsis

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© 2006, Musée royal de l’Ontario. Tous droits réservés.


La vie des premiers colons français est une longue série d’épreuves et de défis. Avant que la colonie ne soit bien établie, beaucoup connaîtront les rigueurs d’un froid extrême, la quasi-famine et une mort prématurée.

Ceux qui survivront le devront aux premiers peuples comme les Micmacs, qui leur enseignent leurs techniques de survie. Les Français apprendront ainsi à bouillir l’écorce du bouleau puis à boire cette décoction pour se prémunir contre le scorbut.

De grands personnages laisseront leur nom dans l’histoire : Membertou, grand chef des Micmacs, et Samuel de Champlain, cartographe et colonisateur français. Ce dernier forgera des alliances avec les Micmacs, les Maliseet, les Innus, et les Wendat (aussi appelés Huron). Ces alliances contribueront au développement du commerce des fourrures et à la défense des colons.

La vie des nouveaux arrivants français est très dure à l’époque mais, le commerce des fourrures et l’établissement de la co Pour en lire plus
La vie des premiers colons français est une longue série d’épreuves et de défis. Avant que la colonie ne soit bien établie, beaucoup connaîtront les rigueurs d’un froid extrême, la quasi-famine et une mort prématurée.

Ceux qui survivront le devront aux premiers peuples comme les Micmacs, qui leur enseignent leurs techniques de survie. Les Français apprendront ainsi à bouillir l’écorce du bouleau puis à boire cette décoction pour se prémunir contre le scorbut.

De grands personnages laisseront leur nom dans l’histoire : Membertou, grand chef des Micmacs, et Samuel de Champlain, cartographe et colonisateur français. Ce dernier forgera des alliances avec les Micmacs, les Maliseet, les Innus, et les Wendat (aussi appelés Huron). Ces alliances contribueront au développement du commerce des fourrures et à la défense des colons.

La vie des nouveaux arrivants français est très dure à l’époque mais, le commerce des fourrures et l’établissement de la colonie aidant, la prospérité finit par arriver.

L’arrivée des Européens apporte de nombreux changements dans la vie des premiers peuples du Canada atlantique. Les Micmacs, au contraire des Béothuk, se rangent tout de suite aux côtés des nouveaux arrivants, devenant leurs alliés militaires et partenaires commerciaux, et se convertissant aux enseignements des missionnaires catholiques. Leur faculté d’adaptation assure la survie de leur peuple, mais ces changements ne leur seront pas tous bénéfiques. Par exemple, leurs nouvelles habitudes alimentaires (ils consomment de plus en plus de denrées obtenues du troc avec les Européens) s’avèrent désastreuses pour leur santé, entraînant malnutrition, troubles pulmonaires et intestinaux.

La vie des premiers peuples comme celle des Français sera transformée par leur rencontre.
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© 2006, Musée royal de l’Ontario. Tous droits réservés.

Peinture d’époque représentant une assistance nombreuse réunie à l’occasion d’un bal

Il existe peu de peintures datant de cette époque lointaine et qui évoquent les passe-temps en vogue dans ce pays. L’artiste s’est intéressé aux costumes, aux coutumes locales et au contexte social. La pièce sans fenêtre est éclairée par un seul luminaire à huile qui produit une fumée abondante. On note parmi les spectateurs des fermiers fumant leur pipe, des marchands cossus, une mère et ses deux enfants, deux hommes d’origine africaine et divers élégants. L’artiste a représenté plusieurs types sociaux : certains personnages sont des caricatures, d’autres des portraits; les hommes en tunique rouge sont des officiers britanniques. La musique est assurée par un violoneux et deux joueurs de tambourin. La tenue vestimentaire de l’assistance est plus décontractée qu’élégante, on voit même plusieurs couvre-chefs en castor, coiffure très prisée de certains « voyageurs ».

Artiste : E. George Hariot
vers 1801
996.124.1
© 2006, Musée royal de l’Ontario. Tous droits réservés.


Dessus de viole en bois dont le manche est décoré d’une tête sculptée

Cette viole a été importée de France à Québec, probablement au début des années 1700. Elle était destinée à la chorale du couvent des Hospitalières de Québec. On sait que cet instrument y a été utilisé, car on a retrouvé des factures pour l’achat de cordes et d’un nouvel archet. La viole était aussi enseignée aux écolières du couvent des Ursulines. L’élève la plus douée qui ait appris à jouer de cet instrument est une jeune autochtone du nom d’Agnès Chabdikouechich.

Nicolas Bertrand, célèbre luthier (confectionneur d’instruments) du XVIIe siècle, basé à Pari
Don de R.S. Williams & Sons Co. Ltd.
17e siècle
913.4.6
© 2006, Musée royal de l’Ontario. Tous droits réservés.


Cette viole a été importée de France à Québec, probablement au début des années 1700.

Cette viole a été importée de France à Québec, probablement au début des années 1700. Elle était destinée à la chorale du couvent des Hospitalières de Québec. On sait que cet instrument y a été utilisé, car on a retrouvé des factures pour l’achat de cordes et d’un nouvel archet. La viole était aussi enseignée aux écolières du couvent des Ursulines. L’élève la plus douée qui ait appris à jouer de cet instrument est une jeune autochtone du nom d’Agnès Chabdikouechich.

Nicolas Bertrand, célèbre luthier (confectionneur d’instruments) du XVIIe siècle, basé à Pari
Don de R.S. Williams & Sons Co. Ltd.
17e siècle
© 2006, Musée royal de l’Ontario. Tous droits réservés.


Le dessus de viole, comme la plupart des instruments de musique de la colonie, vient de France.

À l’époque, la viole et les autres instruments à cordes sont l’apanage de l’aristocratie. Ils sont enseignés et joués en Nouvelle-France. La viole est l’ancêtre du violon et de l’alto. Le dessus de viole est l’un des plus prestigieux instruments à cordes et à archet.

Après la guerre de Sept Ans, lorsque les Britanniques s’emparent de la Nouvelle-France, la plupart des nobles français retournent en Europe, emportant avec eux leurs précieuses possessions, telles que peintures et instruments de musique.

Cette viole aurait certainement été considérée comme un objet précieux, elle aussi, elle a pourtant été oubliée.

La plupart des habitants, ou fermiers, et « voyageurs », ou commerçants de fourrure, restent aussi au Canada. Ensemble, ils contribueront pour une large part aux traditions musicales non seulement du Bas-Canada (aujourd’hui le Québ Pour en lire plus
Le dessus de viole, comme la plupart des instruments de musique de la colonie, vient de France.

À l’époque, la viole et les autres instruments à cordes sont l’apanage de l’aristocratie. Ils sont enseignés et joués en Nouvelle-France. La viole est l’ancêtre du violon et de l’alto. Le dessus de viole est l’un des plus prestigieux instruments à cordes et à archet.

Après la guerre de Sept Ans, lorsque les Britanniques s’emparent de la Nouvelle-France, la plupart des nobles français retournent en Europe, emportant avec eux leurs précieuses possessions, telles que peintures et instruments de musique.

Cette viole aurait certainement été considérée comme un objet précieux, elle aussi, elle a pourtant été oubliée.

La plupart des habitants, ou fermiers, et « voyageurs », ou commerçants de fourrure, restent aussi au Canada. Ensemble, ils contribueront pour une large part aux traditions musicales non seulement du Bas-Canada (aujourd’hui le Québec), mais de l’ensemble du Canada.

De la culture musicale de la Nouvelle-France naîtront la musique et les paroles de notre hymne national « Ô Canada ». On doit la musique à Calixa Lavalée, et les paroles originales en français à sir Adolphe-Basile Routhier. Tous deux étaient nés au Bas-Canada.

Complément d’information sur cet artéfact du Musée :

Les violes de petite taille comme celle-ci se placent sur les genoux. Les plus grandes sont tenues entre les jambes comme un violoncelle.

La viole a plusieurs caractéristiques bien particulières : notamment un dos plat, une table d’harmonie ronde et des frettes disposées le long de la touche.

En 1860, on trouve dix violes dans une cave de Québec où elles avaient été entreposées et oubliées. Cinq d’entre elles étaient en bon état. Ce sont les seuls instruments français qu’il nous reste de cette époque historique du Canada. L’une de ces cinq violes est offerte à une jeune aveugle qui l’échange contre un petit violon. Cette viole aura de nombreux autres propriétaires par la suite jusqu’en 1913, quand Roch Lyonnais la vend à Williams & Sons (marchands de musique à Toronto). C’est ce dessus de viole que l’on peut voir aujourd’hui au ROM.

Trois des quatre autres violes se trouvent au Metropolitan Museum of Art de New York.
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© 2006, Musée royal de l’Ontario. Tous droits réservés.

Statue en bois doré représentant saint Roch debout avec un petit chien à ses pieds

Saint Roch naît et meurt à Montpellier, en France (1295-1327). C’est une figure très populaire et importante pour les habitants de la Nouvelle-France. Il est considéré comme un protecteur. En Italie, on l’appelle San Rocco et San Roque, en Espagne. Sa fête est célébrée le 16 août.

Auteur inconnu, probablement français
vers 1700
936.18.1
© 2006, Musée royal de l’Ontario. Tous droits réservés.


Il y a fort à parier que nombre des Français qui s’installent en Nouvelle-France emportent avec eux une statue de saint Roch.

Comme le Bouddha, saint Roch est issu d’une famille noble et mène une vie privilégiée, qu’il choisit d’abandonner pour partir en pèlerinage. On le représente habituellement vêtu d’habits simples, presque en loques, signe qu’il vivait dans la pauvreté.

Au cours de ses voyages, il soigne les malades des hôpitaux publics. On dit qu’il a accompli de nombreuses guérisons par la prière, le signe de croix et le toucher.

À Plaisance, en Italie, il contracte la peste et se retire dans une forêt pour y mourir seul. Un chien se prend d’affection pour lui et lui apporte à manger pendant toute sa maladie. On dit aussi que le chien a léché les plaies de Roch jusqu’à ce qu’il soit guéri. C’est pour cela que les statues et les peintures de saint Roch le représentent toujours avec un chien, portant une miche de pain dans sa gueule.
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Il y a fort à parier que nombre des Français qui s’installent en Nouvelle-France emportent avec eux une statue de saint Roch.

Comme le Bouddha, saint Roch est issu d’une famille noble et mène une vie privilégiée, qu’il choisit d’abandonner pour partir en pèlerinage. On le représente habituellement vêtu d’habits simples, presque en loques, signe qu’il vivait dans la pauvreté.

Au cours de ses voyages, il soigne les malades des hôpitaux publics. On dit qu’il a accompli de nombreuses guérisons par la prière, le signe de croix et le toucher.

À Plaisance, en Italie, il contracte la peste et se retire dans une forêt pour y mourir seul. Un chien se prend d’affection pour lui et lui apporte à manger pendant toute sa maladie. On dit aussi que le chien a léché les plaies de Roch jusqu’à ce qu’il soit guéri. C’est pour cela que les statues et les peintures de saint Roch le représentent toujours avec un chien, portant une miche de pain dans sa gueule.

Lorsqu’il retourne dans sa ville natale, Montpellier, en France, on le soupçonne à tort d’être un espion et le gouverneur le fait jeter au cachot. Il y mourra cinq ans plus tard, le 16 août 1327.

Saint Roch est le saint patron des personnes faussement accusées, de la peste, des épidémies, des chiens et des handicapés physiques.

Saint Roch est une figure très populaire et importante pour les habitants de la Nouvelle-France. Les maladies et les épidémies, comme le choléra et la dysenterie, souvent mortelles, sont une grave préoccupation à l’époque et saint Roch est considéré comme un protecteur.

En Nouvelle-France, 18 pour 100 des enfants meurent avant l’âge d’un an. L’Hôtel-Dieu de Québec est le premier hôpital du Canada. Il a été construit en 1639. En Nouvelle-France, les soins sont prodigués par les religieuses, les premiers hôpitaux canadiens ont donc été fondés par des femmes.
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© 2006, Musée royal de l’Ontario . Tous droits réservés.

Le lieutenant-général Roméo Dallaire évoque la riche histoire du Canada.

Roméo Dallaire a fait partie des Forces armées canadiennes pendant trente-cinq ans avant d'être nommé sénateur. L'honorable Roméo Dallaire explique comment le Canada s'est développé comme nation sous les régimes français et britanniques. Il s'entretient aussi de la riche histoire du Canada.

La nation a une profondeur que nous dénigrons souvent ou dont nous ne nous rendons même pas compte. Nous avons tendance à nous tourner vers l’histoire de l’Europe et nous sommes souvent bombardés de récits de l’histoire américaine. Mais notre propre histoire est aussi une réalité. Elle a ses hauts et ses bas et ses intrigues, tout en demeurant assez indépendante, par exemple, sous le régime français, par rapport à la France, ce qui permettait plusieurs façons de penser. La conquête en 1759 a radicalement changé les structures futures de la nation. Toutefois, la présence anglaise en tant que puissance coloniale à l’époque était raisonnable, puisqu’elle a permis aux Canadiens français de garder leur langue et leur religion à mesure que le temps avançait, notamment au moment des révoltes de 1837. Ces droits de représentation ne se limitaient pas seulement à la question de la langue, ou certainement pas aux questions de religion, permettant ainsi à la nation de progresser sans que les vieux pays mettent trop d’obstacles. Je ne veux pas dire que leur présence ne se faisait pas sentir, mais ils ne s’imposaient pas trop.

Musée royal de l'Ontario
L'honorable Roméo Dallaire, général à la retraite

© 2006, Musée royal de l'Ontario. Tous droits réservés.


Le lieutenant-général Roméo Dallaire évoque la riche histoire du Canada.

La nation a une profondeur que nous dénigrons souvent ou dont nous ne nous rendons même pas compte. Nous avons tendance à nous tourner vers l’histoire de l’Europe et nous sommes souvent bombardés de récits de l’histoire américaine. Mais notre propre histoire est aussi une réalité. Elle a ses hauts et ses bas et ses intrigues, tout en demeurant assez indépendante, par exemple, sous le régime français, par rapport à la France, ce qui permettait plusieurs façons de penser. La conquête en 1759 a radicalement changé les structures futures de la nation. Toutefois, la présence anglaise en tant que puissance coloniale à l’époque était raisonnable, puisqu’elle a permis aux Canadiens français de garder leur langue et leur religion à mesure que le temps avançait, notamment au moment des révoltes de 1837. Ces droits de représentation ne se limitaient pas seulement à la question de la langue, ou certainement pas aux questions de religion, permettant ainsi à la nation de progresser sans que les vieux pays mettent trop d’obstacles. Je ne veux pas dire que leur présence ne se faisait pas sentir, mais ils ne s’imposaient pas trop.

Musée royal de l'Ontario
L'honorable Roméo Dallaire, général à la retraite

© 2007, Musée royal de l'Ontario. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

  • Analyser les répercussions de la rencontre avec les Européens sur la vie des premiers peuples.
  • Identifier les principales caractéristiques de la vie en Nouvelle-France.
  • Étudier les origines et la culture des communautés francophones en Amérique du Nord.

ACTIVITÉ D’APPRENTISSAGE :

Certains objets, tels cet instrument de musique et cette peinture d’un jour de fête, illustrent l’atmosphère d’allégresse et de réjouissances dans laquelle se déroulait la vie en Nouvelle-France et, plus tard, au Bas-Canada. D’autres, comme cette statue de saint Roch – dont on pensait qu’il protégeait contre la maladie et les épidémies – nous rappellent que la vie en Nouvelle-France était également dangereuse et remplie de risques.

Imaginez que nous soyons au xviie siècle et que vous envisagiez d’immigrer en Nouvelle-France. Décidez du rôle que vous voudriez jouer – celui de commerçant de fourrures, de fermier, de forgeron ou de fille du roi, par exemple – ou de la profession que vous choisiriez parmi celles répandues à l’époque sur ce territoire. Dressez une liste détaillée des avantages et des inconvénients de cette nouvelle vie. Quel choix feriez-vous, à votre avis?


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