Carte montrant les routes prises par le capitaine Bering et le capitaine Chirikov
Maritime Museum of British Columbia
© 2007 Maritime Museum of British Columbia
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Cet extrait ne provient pas des écrits de Béring, mais du compte rendu des expéditions au Kamchatka par Friedrich Müller, un Allemand membre de l’Académie impériale russe des sciences. Müller s’est rendu en Sibérie lors de la seconde expédition, mais il est retourné à Saint-Pétersbourg avant que les navires quittent Okhotsk. En 1758, il a publié le seul rapport officiel à sortir au cours du 18e siècle. Le rapport était basé sur les rapports des membres de l’expédition Spanberg, Walton, Stellar, Waxell et du capitaine Chirikov, ainsi que sur les cartes et les journaux de bord de l’expédition livrés au Collège d’amirauté. Le passage raconte les événements du début de novembre 1741 alors que l’équipage du Sv. Petr souffrant de scorbut dérivait désespérément dans le Pacifique Nord.
« Les pluies continuelles commençaient maintenant à se changer en grêle et en neige. Les nuits devenaient même plus longues et plus noires et à cause de cela, les risques augmentaient parce qu’ils ne pouvaient plus pendant un certain temps être certains de la sécurité du navire. Au même moment, il y a eu une pénuri Pour en lire plus
Cet extrait ne provient pas des écrits de Béring, mais du compte rendu des expéditions au Kamchatka par Friedrich Müller, un Allemand membre de l’Académie impériale russe des sciences. Müller s’est rendu en Sibérie lors de la seconde expédition, mais il est retourné à Saint-Pétersbourg avant que les navires quittent Okhotsk. En 1758, il a publié le seul rapport officiel à sortir au cours du 18e siècle. Le rapport était basé sur les rapports des membres de l’expédition Spanberg, Walton, Stellar, Waxell et du capitaine Chirikov, ainsi que sur les cartes et les journaux de bord de l’expédition livrés au Collège d’amirauté. Le passage raconte les événements du début de novembre 1741 alors que l’équipage du Sv. Petr souffrant de scorbut dérivait désespérément dans le Pacifique Nord.
« Les pluies continuelles commençaient maintenant à se changer en grêle et en neige. Les nuits devenaient même plus longues et plus noires et à cause de cela, les risques augmentaient parce qu’ils ne pouvaient plus pendant un certain temps être certains de la sécurité du navire. Au même moment, il y a eu une pénurie presque complète d’eau fraîche. Les quelques personnes encore sur leurs pieds ne pouvaient plus endurer le surplus de travail. Ils se sont donné cette impossibilité comme excuse et se sont souhaité une mort hâtive, qu’ils voyaient comme inévitable et de beaucoup préférable à cette vie misérable.
Le navire est resté sans aucun gouvernement pendant quelques jours. Il ressemblait à un billot sur l’eau et flottait au gré des vents et des vagues. On n’aurait pu utiliser aucune sévérité envers l’équipage désespéré. Certains se sont permis d’être persuadés de rester sur le pont et ils se sont résolus à travailler aussi longtemps qu’ils le pouvaient.
C’était l’état du bateau quand, au petit matin du 4 novembre, ils ont commencé à naviguer vers l’ouest sans savoir à quelle latitude ils étaient ou à quelle distance ils pouvaient être du Kamchatka. Comment pouvaient-ils le savoir, puisqu’il avait été impossible de prendre des observations pendant une si longue période? En conséquence, l’incertitude du point estimé du navire, puisqu’il était demeuré si longtemps sans correction, avait augmenté quotidiennement. Cependant, un parcours vers l’ouest était le seul sur lequel ils pouvaient compter pour espérer retourner au Kamchatka. Quel plaisir, peu après, lorsque vers huit heures ils ont pu voir la terre! »
Pierre le Grand, tsar de Russie, avait l’intention d’agrandir et de moderniser son pays et il est devenu un partisan des projets scientifiques et exploratoires. Pierre a envoyé une expédition terrestre en Sibérie en 1719 qui est revenue en 1723 avec de l’information sur la péninsule du Kamchatka et certaines îles avoisinantes. Puis, il a commandé une expédition pour déterminer si l’Asie et l’Amérique du Nord étaient unies ou si elles étaient des terres séparées ainsi que pour voir s’il y avait des ports européens de l’autre côté. Le tsar Pierre est mort seulement quelques semaines avant le départ du capitaine Vitus Béring et de son lieutenant Alexei Chirikov de Saint-Pétersbourg en 1725. L’expédition a traversé l’Asie avec 75 chariots, en utilisant des chevaux et en voyageant sur les rivières Vologda et Lena.
Le navire Sv. Gavrill a été construit à Okhotsk et Béring et Chirikov ont finalement pris la mer le 14 juillet 1728. Ils ont navigué le long de la côte asiatique jusqu’à la latitude de 65º 30´ nord, au point où ils croyaient qu’ils avaient prouvé l Pour en lire plus
Pierre le Grand, tsar de Russie, avait l’intention d’agrandir et de moderniser son pays et il est devenu un partisan des projets scientifiques et exploratoires. Pierre a envoyé une expédition terrestre en Sibérie en 1719 qui est revenue en 1723 avec de l’information sur la péninsule du Kamchatka et certaines îles avoisinantes. Puis, il a commandé une expédition pour déterminer si l’Asie et l’Amérique du Nord étaient unies ou si elles étaient des terres séparées ainsi que pour voir s’il y avait des ports européens de l’autre côté. Le tsar Pierre est mort seulement quelques semaines avant le départ du capitaine Vitus Béring et de son lieutenant Alexei Chirikov de Saint-Pétersbourg en 1725. L’expédition a traversé l’Asie avec 75 chariots, en utilisant des chevaux et en voyageant sur les rivières Vologda et Lena.
Le navire Sv. Gavrill a été construit à Okhotsk et Béring et Chirikov ont finalement pris la mer le 14 juillet 1728. Ils ont navigué le long de la côte asiatique jusqu’à la latitude de 65º 30´ nord, au point où ils croyaient qu’ils avaient prouvé la séparation des deux continents. Ils ont continué jusqu’au 67 o de latitude nord, au milieu de ce qui allait être appelé plus tard le détroit de Béring. Ils n’ont pas rencontré la mythique terre de Gama décrite sur les cartes de Delisle qui circulaient à cette époque. Après avoir passé l’hiver sur la péninsule du Kamchatka, l’expédition est retournée à Okhotsk et elle était de retour à Saint-Pétersbourg en mars 1730. Les membres de l’expédition avaient navigué vers l’est et ils sont venus tout près de voir la côte de l’Amérique du Nord.
Maintenant dirigé par Catherine la Grande, le gouvernement russe avait prévu que la deuxième expédition au Kamchatka se rendrait aussi loin au sud que la Mexique. Chirikov avait noté que la distance serait trop grande pour une seule saison d’expédition et le Collège d’amirauté a accepté sa recommandation. De nouveau, l’expédition devait naviguer vers la côte du Pacifique de l’Amérique du Nord pour voir qui s’y trouvait et ce qu’il y avait, en termes de fourrures, métaux et autres ressources. Béring a quitté Saint-Pétersbourg en avril 1733. L’exténuant voyage pour traverser la Sibérie a été répété avec trois expéditions qui, y compris les soldats et les scientifiques, ont totalisé cinq cents personnes.
Un groupe précédent avait déjà commencé la construction de deux nouveaux navires lorsque Béring est arrivé à Okhotsk en 1737. En septembre 1740, sept ans et demi après le premier départ de la Russie occidentale, Béring et Chirikov ont conduit le Sv. Petr et le Sv. Pavel autour de la péninsule du Kamchatka pour passer l’hiver à la baie d’Avacha. Le 4 juin 1741, ils se sont dirigés vers l’est. En moins de deux semaines, les navires ont été séparés. Chirikov est retourné au Kamchatka le 10 octobre 1741. Les membres de l’équipage du Sv. Petr qui ont survécu sont revenus le 27 août 1742. Les membres de l’équipage se sont reposés pendant onze mois avant de faire le voyage de retour vers Saint-Pétersbourg, où l’expédition a officiellement pris fin en 1743.
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La première expédition au Kamchatka de 1725 à 1730 a nécessité des années de préparation et a fourni de nouveaux renseignements géographiques aux Russes. Béring était entré dans le détroit qui porte maintenant son nom, mais il n’avait pas atteint la côte de l’Amérique du Nord. Cependant, l’expédition avait établi des installations de base au port de pêche d’Okhotsk, réfuté l’existence de la terre de Gama et prédit avec justesse que l’Asie et l’Amérique étaient des continents distincts.
La deuxième expédition au Kamchatka de 1733 à 1743 avait des buts scientifiques ainsi qu’impériaux. Après la séparation du Sv. Petr et du Sv. Pavel à la mi-juillet, Chirikov a navigué vers l’est et l’équipage de Béring a aperçu des montagnes et a nommé le plus haut sommet Saint-Elias. Entre le 18 et le 20 juillet, Chirikov et Béring avaient, séparément, atteint l’Amérique du Nord. Béring, craignant de manquer de provisions et les mauvaises conditions de navigation pour le restant du voyage, a permis au botaniste allemand Georg Stellar et à d’autres scientifiques qui avaient fait le long périple d&rsq Pour en lire plus
La première expédition au Kamchatka de 1725 à 1730 a nécessité des années de préparation et a fourni de nouveaux renseignements géographiques aux Russes. Béring était entré dans le détroit qui porte maintenant son nom, mais il n’avait pas atteint la côte de l’Amérique du Nord. Cependant, l’expédition avait établi des installations de base au port de pêche d’Okhotsk, réfuté l’existence de la terre de Gama et prédit avec justesse que l’Asie et l’Amérique étaient des continents distincts.
La deuxième expédition au Kamchatka de 1733 à 1743 avait des buts scientifiques ainsi qu’impériaux. Après la séparation du Sv. Petr et du Sv. Pavel à la mi-juillet, Chirikov a navigué vers l’est et l’équipage de Béring a aperçu des montagnes et a nommé le plus haut sommet Saint-Elias. Entre le 18 et le 20 juillet, Chirikov et Béring avaient, séparément, atteint l’Amérique du Nord. Béring, craignant de manquer de provisions et les mauvaises conditions de navigation pour le restant du voyage, a permis au botaniste allemand Georg Stellar et à d’autres scientifiques qui avaient fait le long périple d’aller travailler à terre pendant seulement une journée. Ils sont arrêtés sur d’autres îles, pour interagir et faire un peu d’échanges avec les Autochtones avec l’aide d’un interprète indigène de la Sibérie orientale. Le 30 août, après avoir jeté l’ancre du Sv. Petr près des îles Shumagin au large de la côte de l’Alaska, ils ont navigué sur le côté sud des îles Aléoutiennes au début de septembre, essayant de retourner au Kamchatka avant l’arrivée de l’hiver.
Chirikov a conduit le Sv. Petr jusqu’au Kamchatka en octobre, mais Béring et le Sv. Petr étaient immobiles car presque tous les membres de l’équipage étaient atteints du scorbut. Les hommes de Béring ont accosté sur une île et après la mort de Béring, ils ont réussi à construire un petit navire avec le bois du Sv. Petr, qui était trop gros pour être renfloué et reprendre la mer avec un équipage réduit. Le menuisier du navire était aussi mort du scorbut, mais les marins ont réussi à fabriquer un petit navire et ont regagné la côte de la Sibérie une fois l’hiver terminé.
Carte maritime de l’expédition russe en Amérique du Nord en 1741, publiée par l’Académie royale des sciences, Saint-Pétersbourg, vers 1760
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Les capitaines ont donné leur vie pour leurs expéditions, se dévouant et basant leur réputation sur devoirs et leurs explorations. Ils ont souvent souffert de maladies contractées en mer, ou, comme Magellan, Cook, Clerke, La Perouse et Béring, ils sont morts avant de retourner chez eux.
À l’automne 1742, lors de la deuxième expédition au Kamchatka, Vitus Béring était, comme la plupart des membres de son équipage, sérieusement atteint du scorbut. L’état des membres de l’équipage du Sv. Petr était si lamentable qu’ils ne pouvaient pas diriger le navire et presque tous avaient perdu espoir de survivre lorsqu’ils se sont échoués sur une île le 5 novembre. Sur l’île, il y avait un ruisseau d’eau fraîche, mais il n’y avait pas de bois pour construire un abri. Les collines sablonneuses de l’île formaient des dépressions ressemblant à des cavernes et ils ont décidé que ceux qui pouvaient encore bouger aideraient les malades à sortir du navire pour essayer de les ramener à la santé. Plusieurs sont morts peu après leur arrivée sur terre. Le capitaine Béring, maintenant dans la soixantai Pour en lire plus
Les capitaines ont donné leur vie pour leurs expéditions, se dévouant et basant leur réputation sur devoirs et leurs explorations. Ils ont souvent souffert de maladies contractées en mer, ou, comme Magellan, Cook, Clerke, La Perouse et Béring, ils sont morts avant de retourner chez eux.
À l’automne 1742, lors de la deuxième expédition au Kamchatka, Vitus Béring était, comme la plupart des membres de son équipage, sérieusement atteint du scorbut. L’état des membres de l’équipage du Sv. Petr était si lamentable qu’ils ne pouvaient pas diriger le navire et presque tous avaient perdu espoir de survivre lorsqu’ils se sont échoués sur une île le 5 novembre. Sur l’île, il y avait un ruisseau d’eau fraîche, mais il n’y avait pas de bois pour construire un abri. Les collines sablonneuses de l’île formaient des dépressions ressemblant à des cavernes et ils ont décidé que ceux qui pouvaient encore bouger aideraient les malades à sortir du navire pour essayer de les ramener à la santé. Plusieurs sont morts peu après leur arrivée sur terre. Le capitaine Béring, maintenant dans la soixantaine, souffrait beaucoup et il a été transporté soigneusement dans son propre abri de sable où le médecin du navire a essayé de l’aider. Béring est mort le 8 décembre 1742 sous le sable et la neige de l’île du Pacifique Nord. On dit que le sable l’enterrait lentement à mesure qu’il faiblissait et qu’il a refusé qu’on enlève le sable à cause du peu de chaleur qu’il lui procurait.
En 1991, des archéologues sont retournés à l’endroit ou l’équipage a passé ce terrible hiver, sur ce qu’on a appelé île de Béring en l’honneur du capitaine. Ils ont déterré les restes de Béring et un scientifique de Moscou a reconstruit le visage de Béring en se basant sur son squelette.
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