Le premier sceau officiel du Nouveau-Brunswick apposé sur les documents signés par le gouverneur a été attribué en 1785.

Le premier sceau officiel du Nouveau-Brunswick apposé sur les documents signés par le gouverneur a été attribué en 1785. Il était recouvert d’un papier enduit de cire. Le sceau illustrait un voilier voguant sur l’eau encadrée de pins majestueux et portait la devise « Spem Reduxit » (« L’espoir renaît »).

Archives provinciales du Nouveau-Brunswick
Archives provinciales du Nouveau-Brunswick
1785
P110-1
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La migration loyaliste ayant plus que doublé la population de la Nouvelle-Écosse, il n’est pas surprenant que l’établissement ait été semé de difficultés. Les colons déjà établis ont profité de la demande inouïe de leurs produits et services en augmentant les prix. Les loyalistes ont de nouveau en l’impression d’être perdants. Puis, en exigeant d’obtenir certains privilèges en contrepartie de leurs sacrifices, ils se sont attiré les mauvais sentiments des habitants de la Nouvelle-Écosse qui ont fait valoir être, après tout, eux aussi, loyalistes.

Edward Winslow, qui était chargé de l’établissement des régiments loyalistes en Nouvelle-Écosse, est devenu l'ardent promoteur d’un plan visant à créer une colonie distincte au nord de la baie de Fundy. Ce plan non seulement éliminerait les nombreuses tensions qui existaient entre les anciens et les nouveaux colons, mais aussi créerait des postes administratifs Pour en lire plus

La migration loyaliste ayant plus que doublé la population de la Nouvelle-Écosse, il n’est pas surprenant que l’établissement ait été semé de difficultés. Les colons déjà établis ont profité de la demande inouïe de leurs produits et services en augmentant les prix. Les loyalistes ont de nouveau en l’impression d’être perdants. Puis, en exigeant d’obtenir certains privilèges en contrepartie de leurs sacrifices, ils se sont attiré les mauvais sentiments des habitants de la Nouvelle-Écosse qui ont fait valoir être, après tout, eux aussi, loyalistes.

Edward Winslow, qui était chargé de l’établissement des régiments loyalistes en Nouvelle-Écosse, est devenu l'ardent promoteur d’un plan visant à créer une colonie distincte au nord de la baie de Fundy. Ce plan non seulement éliminerait les nombreuses tensions qui existaient entre les anciens et les nouveaux colons, mais aussi créerait des postes administratifs pour les loyalistes qui les méritaient.

 Winslow fit valoir qu’une nouvelle colonie sous l’égide des loyalistes donnerait lieu à une administration meilleure que celle des États-Unis ou de la Grande-Bretagne. Dans une lettre écrite à son ami Ward Chipman le 7 juillet 1783, Winslow proposait :

« ... un plan qui conférait le plus grand territoire jamais offert à la spéculation. Prenez la carte générale de la province (même selon ses limites actuelles), voyez comment elle se détache du reste, en étendue, ses rivières, ses ports, etc. Tenez compte des innombrables difficultés que constituent l’éloignement de la métropole et les communications. Songez au nombre de personnes qui sont déjà arrivées ici et à celles qui viendront, puis jugez si, en raison de la nature des choses, cette région ne devrait pas immédiatement former un gouvernement distinct. Si cela se produit, ce sera le gouvernement le plus honorable du monde. »1

Ce passage est la référence la plus ancienne à la partition de la Nouvelle-Écosse et à la création d’une nouvelle colonie.

La proposition de Winslow reposait sur certaines hypothèses non reconnues. En premier lieu, il s’agirait d’une province loyaliste, gouvernée par les exilés, sans concession aucune aux peuples autochtones ni aux Acadiens ni à aucun autre « habitant de longue date » de la région. En deuxième lieu, ses dirigeants seraient membres de l’élite loyaliste, — officiers et gentilshommes aux antécédents irréprochables et à la longue expérience des affaires coloniales, ce qui leur permettraient d’établir un gouvernement exemplaire. Winslow voyait le jour où le gratin de la société américaine, déçu par la république en déclin et la perte du commerce avec les Antilles britanniques, se déplacerait vers le nord et s’installerait dans la future province.

La partition de la Nouvelle-Écosse ne serait pas chose facile, en partie à cause de la ferme opposition des représentants de Halifax au projet. Dans une lettre du 7 mars 1784 à Winslow, Chipman, alors à Londres, estimait que « la présente administration, même si elle est convaincue de la justesse de la mesure, n’ose pas l’adopter; le maintien en fonction est si incertain qu’elle ne s’occupera de rien d’autres que des affaires courantes et ordinaires. »2 Chipman avait espérance qu’un nouveau gouvernement serait peut-être plus ouvert à l’idée : « nous élaborerons un plan de mise en oeuvre dès que le gouvernement répondra à vos exigences, et si la persévérance de nos efforts et l’occasion n’arrivent pas à garantir l’exécution du projet, ils s’y opposeront. »3

Winslow et Chipman n’ont pas eu à attendre longtemps. Moins d’une semaine plus tard, le 13 mars 1783, Chipman déclarait à Winslow que « la tournure des événements semble être favorable à la Nouvelle-Écosse. La situation du présent gouvernement commence à être plus stable et permanente. » L’heureuse conjoncture a permis à Chipman d’annoncer à Winslow qu’ « ...il n’y a aucun doute qu’un gouvernement distinct sera créé à Saint John et que tous vos vœux deviendront réalité. »4 Dans le mois, Chipman a abordé de nouveau le sujet dans une lettre à Winslow en indiquant qu’il avait « espéré le féliciter bien avant à maintenant propos de la décision d’un accord concernant le nouveau gouvernement de la Nouvelle-Écosse, dont l’avènement à mon avis est proche. La décision de séparer la province en deux gouvernements est prise par le conseil des ministres et celui de Saint John sera appelé Nouvelle-Irlande. »5 L’appellation Nouvelle-Irlande qui n'a pas été adoptée et a rapidement été remplacée par Nouveau-Brunswick, en l’honneur de la maison royale de Brunswick. C’est le 18 juin 1784, par un décret du roi George III en conseil et du Conseil privé, que la province du Nouveau-Brunswick a officiellement été fondée.

Corey Slumkoski
Université du Nouveau-Brunswick

1. Letter from Edward Winslow to Ward Chipman, 7 July 1783, Winslow Family Papers, Volume 2-104. 
2. Letter from Ward Chipman to Edward Winslow, 7 March 1784, Winslow Family Papers, Volume 3-62. 
3. Letter from Ward Chipman to Edward Winslow, 7 March 1784, Winslow Family Papers, Volume 3-62. 
4. Letter from Ward Chipman to Edward Winslow, 13 March 1784, Winslow Family Papers Volume 3-63. 
5. Letter from Ward Chipman to Edward Winslow, 13 April 1784, Winslow Family Papers, Volume 3-73.  
 

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Objectifs d'apprentissage

Les apprenants seront en mesure de comprendre le type de gouvernement qu’Edward Winslow souhaitait établir dans la nouvelle province du Nouveau-Brunswick.

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