Ward Chipman, 1748-1824
Ward Chipman était un important avocat, un juge et un loyaliste néo-brunswickois. « Chippy », comme l’appelaient ses amis, est né au Massachusetts. Son père était un brillant avocat. Ward Chipman a obtenu son diplôme de l’Université Harvard en 1770 et il a étudié le droit avec Jonathan Sewall.
M. Chipman a appuyé l’Angleterre pendant la Révolution américaine. En 1777, il a été chef de rassemblement général à New York sous Edward Winslow, qui est resté un de ses grands amis. Après l’évacuation de New York en 1783, Ward Chipman s’est rendu en Angleterre et, un an plus tard, il a été nommé solliciteur général du Nouveau-Brunswick.
P. A. Ryder a affirmé que « la vie de Ward Chipman reflète celle de la province du Nouveau Brunswick de 1784 à 1824 ». Il a participé à de nombreux événements et s’est intéressé à certains en Pour en lire plus
Ward Chipman, 1748-1824
Ward Chipman était un important avocat, un juge et un loyaliste néo-brunswickois. « Chippy », comme l’appelaient ses amis, est né au Massachusetts. Son père était un brillant avocat. Ward Chipman a obtenu son diplôme de l’Université Harvard en 1770 et il a étudié le droit avec Jonathan Sewall.
M. Chipman a appuyé l’Angleterre pendant la Révolution américaine. En 1777, il a été chef de rassemblement général à New York sous Edward Winslow, qui est resté un de ses grands amis. Après l’évacuation de New York en 1783, Ward Chipman s’est rendu en Angleterre et, un an plus tard, il a été nommé solliciteur général du Nouveau-Brunswick.
P. A. Ryder a affirmé que « la vie de Ward Chipman reflète celle de la province du Nouveau Brunswick de 1784 à 1824 ». Il a participé à de nombreux événements et s’est intéressé à certains enjeux importants survenus dans la province. En plus de représenter la Couronne lors de conflits frontaliers avec les États-Unis et la Nouvelle Écosse et d’avoir siégé à la première Chambre d’assemblée du Nouveau Brunswick. Il a également participé à la création de la charte de la ville de Saint John. En 1806, il est devenu conseiller législatif et, en 1809, il a été nommé juge puîné à la Cour suprême du Nouveau Brunswick. Le mariage de M. Chipman avec Elizabeth Hazen l’a uni à l’une des plus anciennes familles de la province. Isabel Louise Hill a écrit que « de son vivant, on considérait toute suggestion de réforme comme une attaque contre la constitution ».
Sa vie publique n’a pas toujours marché comme sur des roulettes. Même s’il a obtenu un siège à la première Chambre d’assemblée, il n’a jamais réussi à se faire réélire par la suite. Après les élections de 1795, il a écrit à la Gazette. Il expliquait que ses amis voulaient qu’il demande un dépouillement judiciaire du scrutin, mais il avait refusé. Il faisait remarquer qu’une telle demande « provoquerait probablement des dissensions et de l’animosité, et troublerait l’ordre public... et je ne mériterais pas la réputation dont je suis fier si je n’avais pas fait de mon mieux » (Gazette, le 1er sept. 1795, p.1). La défaite a été un coup dur pour M. Chipman : « J’espérais que mes efforts inlassables et laborieux au service de la province, depuis le début jusqu’à aujourd’hui, non seulement sans être payé, mais aussi en me causant des désagréments et en m’infligeant des blessures, m’avaient donné droit à l’entière confiance de mes concitoyens. De plus, le souhait de continuer de contribuer du mieux que je le pouvais à la richesse publique, m’avait convaincu de continuer à faire les mêmes sacrifices. »
Le rôle de M. Chipman dans l’affaire R c. Jones lui a valu des éloges. David Bell fait remarquer que « la soi-disant opposition de M. Chipman à l’esclavage est généralement citée comme un des principaux mérites de sa carrière » M. Ryder a décrit M. Chipman comme « un avocat pionnier dans la lutte pour aider les personnes souffrantes ». Son image de « volontaire pour les droits de l’humanité » est cependant obscurcie par le rôle qu’il a joué quelques années plus tard à titre d’avocat d’un propriétaire d’esclaves. En 1805, un esclave de race noire, Richard Hopefield, a tenté de prouver au tribunal qu’il était un homme libre. Samuel Denny Street, l’autre avocat travaillant avec M. Chipman dans l’affaire R c. Jones, représentait M. Hopefield alors que M. Chipman représentait le propriétaire. David Bell fait remarquer que l’affaire en 1805 est un des « cas de défense juridique de l’esclavage les plus complets ayant existé dans tout l’Amérique du Nord britannique ». Les historiens ont tenté d’expliquer son volte face en 1805. David Bell suggère que, pendant le procès de 1800, M. Chipman cherchait à gagner la faveur de certaines personnes en se présentant comme un antiesclavagiste afin d’obtenir une nomination judiciaire. Barry Cahill propose que, pour M. Chipman, l’esclavage ne constituait pas une question de valeur morale, mais plutôt une question de droit. Ce point de vue lui a permis de se positionner dans les deux camps dans le cadre du débat sur l’esclavage, selon les besoins de son client.
Les agissements ultérieurs de Ward Chipman brouillent encore plus les cartes. Pendant la guerre de 1812, des centaines d’esclaves ont quitté les États-Unis et se sont réfugiés au Nouveau Brunswick sous la protection britannique. On avait promis à chaque famille un lot de 50 acres dans la région de Loch Lomond près de Saint John. Cependant, à l’arrivée des anciens esclaves, on n’a pas respecté cette promesse et on leur a plutôt remis un permis pour une période de trois ans. De plus, malgré leur manque total de fonds, on les a informés qu’ils devraient payer eux-mêmes le coût du levé des terres. En 1816, le président Hailes a demandé à Ward Chipman d’aider les anciens esclaves à s’installer. L’année suivante, il a écrit au gouvernement en appui aux esclaves. Il a précisé qu’il était « cruel de la part du gouvernement de les avoir laissé à eux mêmes dans ce climat inhospitalier ». Il a proposé au gouvernement d’organiser le levé et d’en assumer les coûts. Le gouvernement a accepté d’effectuer le levé, mais a refusé de le financer. Ward Chipman a donc assumé lui même une grande partie des coûts.
Son opinion concernant l’esclavage reste un mystère. À titre de politicien, d’avocat et de juge, il était conservateur, mais les gestes qu’il a posés en ce qui a trait à l’esclavage ne suivaient pas toujours l’idéologie conservatrice. En 1800, c’était la première fois que l’esclavage faisait l’objet d’une décision juridique au Nouveau-Brunswick et on s’est toujours fait une idée de l’opinion de M. Chipman concernant l’esclavage en fonction de ce procès.
En 1823, quelques mois seulement avant son décès, on l’a nommé président et commandant en chef du Nouveau Brunswick.