Pour la plupart des civils, les guerres de conquête et les guerres civiles signifient famine, maladie, migration, réfugiés et personnes déplacées. De nos jours encore, ces termes figurent en toutes lettres dans les titres des journaux pour décrire l'actualité internationale. Ces terribles épreuves ont également marqué l'histoire du Canada.
La guerre de Sept Ans a fait passer la Nouvelle-France sous domination britannique. Au sud de notre frontière, les treize colonies cherchent à s'affranchir de la Couronne britannique. La guerre d'indépendance américaine semble inévitable.
Les Britanniques craignent de perdre leur pouvoir, car ils sont confrontés à deux conflits potentiels : le premier en Europe, avec la France, et le second, en Amérique, avec les 13 colonies.
Pour éviter que le mécontentement croissant dans les 13 colonies ne se répande chez les Canadiens français, le Parlement britannique adopte en 1774 l'Acte de Québec, qui accorde à la population francophone le droit de conserver sa langue, sa religion (le catholicisme) et sa structure sociale (le régime seigneurial). Par ailleurs, cette loi limite le pouvoir politique des francophones en leur refusant une assemblée élue et un gouvernement représentatif.
C'est l'un des premiers exemples du besoin croissant d'accommodement entre la population du Québec et la Couronne britannique.
Tout en s'efforçant de se concilier les Canadiens français, les Britanniques cherchent aussi un appui au sud de la frontière. Leurs principaux alliés sont les premiers peuples, les loyalistes de l'Empire-Uni et les loyalistes noirs.
La plupart des loyalistes de l'Empire-Uni ont pour ancêtres des colons écossais, anglais, irlandais ou allemands. Les loyalistes noirs comptent dans leurs rangs aussi bien des citoyens libres que des esclaves. Nombre de ces esclaves ont appartenu à des Américains en vue comme George Washington.
Les Mohawks, les Onondagas, les Oneidas, les Cayugas et les Sénécas faisaient (et font encore) partie de l'Alliance des Six Nations. Ils ont choisi de se battre aux côtés des Britanniques.
L'Empire britannique, les loyalistes et les premiers peuples avaient beaucoup à perdre dans les 13 colonies. La Révolution américaine fut en fait une guerre civile, les opposants aux loyalistes étant qualifiés de « rebelles ». Une victoire des rebelles représentait une perte considérable pour l'Empire britannique et les loyalistes, mais aussi pour les premiers peuples, dont les revendications territoriales avaient été reconnues par la Couronne britannique. _________________________
Musée royal de l'Ontario
Conseiller historique : Alison Faulknor, Institut du Dominion; Nick Brune, auteur et professeur d’histoire