Comme la Lune croît de la nouvelle lune à la pleine lune avant de décroître jusqu’à presque disparaître, elle est associée à la fécondité (la production d’une nouvelle vie) et à la mort. De nombreuses légendes tentent d’expliquer la croissance et le déclin de la Lune.
Le peuple milingimbi de la Terre d’Arnhem en Australie croyait qu’au moment de la création, l’Homme-Lune, Alinda, avait deux femmes qui donnèrent chacune naissance à un fils. Un jour, alors que les femmes étaient sorties cueillir des racines et des baies, Alinda envoya les garçons pêcher quelques poissons pour lui. Les garçons allèrent sur la lagune mais ils ne trouvèrent pas de poisson. Par contre, ils attrapèrent un canard siffleur. Comme ils avaient très faim, ils décidèrent rapidement que, puisqu’on ne leur avait pas demandé de rapporter un canard, ils pourraient le manger et ne pas en parler à leur père. Lorsqu’ils revinrent à la maison et que leur père leur demanda du poisson, ils dirent qu’ils n’en avaient pas attrapé. Alinda remarqua la graisse de canard sur leurs doigts et leur demanda d’où elle venait. Craignant une punition, les garçons refusèrent d’admettre qu’ils avaient attrapé un canard. Alinda, qui lui aussi avait faim, était furieux. Il mit ses deux fils dans un sac qu’il noua et chargea dans son canot. Il rama ensuite jusqu’au centre de la lagune, où il jeta les garçons par-dessus bord.
Lorsqu’Alinda revint à la maison, ses femmes demandèrent où étaient les garçons. Alinda dit qu’ils étaient partis chasser et qu’ils reviendraient le soir. Comme les garçons ne rentraient pas pour le repas, les deux mères eurent des soupçons. Elles suivirent les traces d’Alinda et du lourd sac qu’il avait traîné jusqu’au bord de l’eau, et elles comprirent bientôt ce qui s’était passé. Ivres de douleur et de rage, elles coururent incendier la hutte où dormait Alinda, jouissant de ses hurlements de douleur pendant qu’il brûlait à mort. Mais les femmes virent son corps revenir à la vie sous forme d’un fin croissant qui devint lentement une grosse sphère et s’éleva dans le ciel. Du haut du ciel, Alinda annonça que désormais toute la création mourrait pour ne plus jamais revivre. Lui par contre serait mort trois jours par mois mais reviendrait toujours à la vie. À la pleine lune, le peuple aborigène montre les marques foncées qui traversent le milieu de la Lune - les cicatrices des brûlures qu’Alinda avait subies dans sa hutte.
Les nombreuses apparences de la Lune.
Pour les aborigènes d’Australie, la formation d’un anneau ou d’un halo autour de la Lune indique habituellement que la pluie s’en vient. L’anneau représente un abri dont l’Homme-Lune s’entoure pour se protéger de la pluie. Le peuple Tiwi de l’île Melville croit qu’un anneau autour de la Lune est le signe que l’Homme-Lune participe à une kulama, cérémonie du peuple tiwi. L’anneau représente le cercle de terre amoncelée autour du terrain de la cérémonie, où le peuple des étoiles danse et entonne les chants de la kulama comme le font les Tiwis. Cette légende évoque très clairement l’unité de la terre et du ciel, où l’on retrouve les mêmes rituels et les mêmes manières de faire.
D’autres caractéristiques de la Lune sont également expliquées dans des légendes. Une éclipse de Soleil est généralement interprétée comme l’union de l’Homme-Lune et de la Femme-Soleil. Les peuples aborigènes des régions côtières de l’Australie ont remarqué le lien entre les phases de la Lune et les marées. À Yirrkala, sur la côte de la Terre d’Arnhem, et sur Groote Eylandt, les aborigènes croient que les grandes marées, qui atteignent la Lune lorsqu’elle se couche dans la mer, la rendent de nouveau grosse et ronde. Par contre, lorsque les marées sont faibles, l’eau revient dans la mer à partir de la pleine lune, et celle-ci redevient un mince croissant.
Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Le Centre de l’Univers; Gemini Observatory , Hawaii; Glenbow Museum; Le Planétarium de Montréal; Manitoba Museum; Conseil national de recherches Canada; Australian Museums & Galleries Online, Australie