Le révérend John Rankin était un vieil homme farouche qui vivait avec sa famille sur une pente raide dans l’État « libre » de l’Ohio. De là, il pouvait voir la rivière Ohio jusqu’au Kentucky, où l’esclavage était légal. Nuit et jour, une lumière brillait dans la maison des Rankin pour guider les fugitifs vers un lieu sécuritaire temporaire sur la route vers le nord.
Les Rankins étaient des « chefs de gare » sur le chemin de fer clandestin, formant qu’un seul lien dans une chaîne secrète de 10 000 abolitionnistes. Au cours de la première moitié du XIXe siècle, ce réseau a transporté jusqu’à 100 000 réfugiés vers la liberté. Il s’agissait d’un travail risqué. Mais dans le Nord libre, « voler » des esclaves était un crime, et certains abolitionnistes ont été attaqués par des chasseurs d’esclaves armés qui sont venus au Nord en furie à la poursuite des esclaves.
Le chemin de fer clandestin n’avait rien à voir avec les trains, même s’il empruntait le jargon des chemins de fer pour décrire le transport des fugitifs, à pied ou dans les wagons, d’une maison sûre à l’autre en route vers le nord. Beaucoup des premiers « chefs de gare » étaient des Quakers, dont la religion condamnait tout à fait l’esclavage. Dès les années 1850, par contre, le mouvement était beaucoup plus important et plus généralisé. En fait, il s’agissait de l’exemple le plus massif de désobéissance civile (qui est lorsque des citoyens refusent consciemment d’obéir à la loi) de l’histoire américaine. Même si bon nombre des activistes étaient blancs, les plus braves, ils avaient le plus à perdre, étaient les Noirs eux-mêmes, esclaves et libres. Le chemin de fer clandestin. événement historique national du Canada. Désigné en 1925. Plaque : Windsor, Ontario.
Janet Uren (WordImage Inc.)
Maggie Fawcett, Claire Brodie, L'agence Parcs Canada. Direction générale du multiculturalisme / Ministère du patrimoine canadien