Nous, les Wolastoqiyik, convenons généralement que la documentation se rapportant à notre histoire contient de nombreuses représentations erronées de nos ancêtres. Par exemple, les premiers explorateurs, les autorités coloniales, les missionnaires et les colons leur ont accolé diverses épithètes : « indiens », « sauvages », « barbares », « idolâtres », « païens » et « non civilisés ». Malheureusement, ces termes ont été utilisés dans des ouvrages « universitaires », des documents officiels et des journaux personnels. Ces étiquettes véhiculaient des images négatives des autochtones en général et des Wolastoqiyik en particulier.

Nos ancêtres avaient leurs propres termes pour se désigner, mais on ne leur a jamais demandé, ni même permis, de les communiquer. Ils ont adopté le terme « Wolastoqiyik » pour parler de notre peuple, parce que nous avons toujours vécu le long de la Wolastoq (rebaptisée « fleuve Saint-Jean par Samuel de Champlain »). Par conséquent, nous sommes le peuple de la Wolastoq. Notre identité est liée au fleuve et à la terre qui le borde.

Un examen de la littérature sur les Wolastoqiyik révèle une continuation des représentations erronées. Par exemple, le mot « Malécite » n’est pas un terme wolastoqiyik; il s’agit plutôt d’un terme mi’kmaq désignant les Wolastoqiyik comme « des gens qui parlent lentement ». « Paléoindiens », « Indiens archaïques » et « Etchemins » sont d’autres noms qui ont été imposés à mes ancêtres. Notre droit à l’autodésignation nous a été ôté pour être confié d’abord aux autorités coloniales, puis au Département des Affaires des Sauvages.

Ces premières conceptions des Autochtones ont été nourries et renforcées par les médias. Elles sont répandues dans les films, les sports, les publications, les journaux et même les documents officiels distribués par les gouvernements. Ces images ont des effets négatifs sur les Wolastoqiyik, tant sur le plan historique que contemporain. Elles ont influé sur les politiques et les programmes qui touchent les Wolastoqiyik dans leur vie. Par exemple, nos ancêtres ont été décrits comme des nomades, ce qui a fourni aux autorités coloniales un prétexte pour les déposséder de leurs territoires traditionnels. Elles ont supposé qu’ils n’avaient pas de titres de propriété des terres en raison de leur mode de vie prétendument « nomade ».

Nous, les Wolastoqiyik contemporains, avons l’intention de récupérer nos dénominations traditionnelles définies par nos ancêtres. Ce sera une source de fierté pour les générations actuelles et futures, qui les rattachera à nos ancêtres.

Opolahsomuwehs 07
Imelda Perley
vers XXe
Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick. Tous droits réservés.

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