UN JOUR TRÈS FATAL EST ARRIVÉ SOUDAIN
Un jour-e très fatal est arrivé soudain,
Sur l’Intercolonial, à un bon citoyen,
Venant d’Acadieville de bonne heur’ le matin,
Se croyant pas si proche de sa cruelle fin.
Le mem’ soir de bonne heure, un train devait passer,
Pour attendre à telle heur’, pour prendr’ des passagers,
Tous se dirigent en marche, c’est bien pour embarquer,
Le malheureux sans doute tomba sur le chemin.
Le train prêt de mouvoir partit subitement,
En poursuivant sa rout’ par l’ordr’ du commandant,
Ne voyant pas sans doute, l’infortuné est tombé,
En poursuivant sa route, sur lui, il a passé.
Le conducteur du train fit le signal d’arrêt,
En constatant lui-même avec un grand regret,
L’état du misérable étant broyé en deux,
Jugez, mes chers confrères, l’état du malheureux.
La douleur fut profond’ quand fallut l’arracher,
Les roues des chars encor’, sur lui devaient passer,
Pour l’arracher sans doute, il a fallu s’émouvoir,
Et le traîner sans doute sur le bord du trottoir.
On prépare des linges, il faut l’ensevelir,
Et le mettr’ sur des planch’ pour y passer la nuit;
On consult’ tout’ ensemble avec attention,
De le mettr’ sur des planches dedans la station.
Le même soir de bonne heure on y télégraphie,
Au Coroner, sans dout’, c’est pour l’examiner;
On reçut la visite, le lendemain matin,
Il jugea que cett’ mort était un accident.
Contemplons tout’ ensembl’ le sort du genre humain,
Qu’une mort déroutante à notre dernier pain;
Soyons bien sur nos gardes de bien nous préparer,
Car Dieu a en réserve le choix de nous juger.
Conservons la mémoire, aujourd’hui, parmi nous,
De cet’ cruelle histoir’ du dix-huit d’août,
Son nom est un rappel pour mieux s’en rappeler,
C’est Joseph Johnston dedans Acadieville.